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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 01 JUILLET 1944 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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. La nuit du 30 Juin au 1er
Juillet 1944 fut marquée par le bombardement massif de
la gare de triage de Vierzon par 118 Lancaster de la RAF. A 01h00, les premiers
appareils approchent de l’objectif et larguent de nombreuses
fusées éclairantes au-dessus des voies ferrées afin de bien
marquer l’objectif. La Flak réagit immédiatement avec des
obus traçants. Le restant de la formation arriva et les
bombardiers larguèrent leur cargaison de bombes sur la gare
de triage durant vingt minutes. Les destructions furent
considérables sur la gare de triage, sur le dépôt de
machines SNCF et toute la partie Nord-Ouest de la ville.
Grace à la bonne visibilité, les résultats de cette mission
furent jugés excellents résultats par le haut commandement
britannique.
Gare de Vierzon en Juillet 1944
Toutefois, à son retour, la
formation de bombardiers fut repérée par les radars
allemands puis pourchassés par les chasseurs de nuit
allemands. Pas moins de 12 bombardiers seront abattus dont
trois sur le territoire de l’Eure-et-Loir. Ainsi, vers 02H00, le
LANCASTER I
ME616 (Code « SR-B ») du
101 Squadron (RAF)
est abattu par un chasseur de nuit allemand et s’écrase à
Autheuil
(lieudit « les Bordes »), au Sud de Châteaudun.
Lancaster ME616 à Autheuil
(collection M. Laillet) Ce bombardier avait décollé à
22H15 de sa base anglaise de Ludford Magna avec 10 autres
Lancaster du 101 Squadron pour mission de bombarder la
gare de Vierzon. L’ensemble de l’équipage est
retrouvé mort, carbonisé dans la carlingue et un parachute
est retrouvé ouvert. Les huit corps seront inhumés au
cimetière communal de Châteaudun, où ils reposent
aujourd’hui encore.
. Le crash du Lancaster ND842 à Magny Vers 02H00, un second
bombardier de la RAF, le
LANCASTER III ND842
(Code « PH-K ») du 12
Squadron est également abattu par la chasse de
nuit allemande et s’écrase à
Magny, à 20 Km au
Sud-Ouest de Chartres. Ce bombardier avait décollé de sa
base anglaise de Wichenby à 22H12 avec pour mission de
bombarder la gare de Vierzon.
L’ensemble de l’équipage
trouva la mort et les corps furent inhumés au cimetière
communal de Magny, où ils reposent aujourd’hui encore. Tous les aviateurs (au nombre de 7) sont tués.
(S
Tombe initiale et collective de Magny et Sgt Joseph Edward MASSEY (Source : Famille MASSEY/Eléonor WINSTANLEY)
. F/S Joseph Francis KAWUCHA (Source: www.veteran.cg.ca)
Le F/S Joseph Francis KAWUCHA (fils de Stanley KAWUCHA et Mary BATORSKI) est né le 16 mars 1918 à Hamilton (Canada). Ces parents étaient polonais et avaient fui durant la 1ère guerre mondiale au Canada. Le 15 juillet 1939 (à Hamilton), il épousa Stella MANEL/KAWUCHA avec qui il eut deux enfants (Randolph Joseph KAWUCHA né le 01/1/1940 à Hamilton, puis Joseph KAWUCHA). Le couple vivait au 57, Chestnut à Hamilton (Ontario). Il travailla de 1936 à 1941 dans l'entreprise "Collin's Never- Fair Products" à Hamilton, dans la fabrication de tôle. Joseph intégra la RCAF le 10 juin 1941 et suivit différentes formations militaires dont l'école de bombardement et de tirs d'Alberta (Canada) du 25 janvier 1943 au 30 avril sur des appareils Anson et Fairey Battle, une formation de "air observer" du 3 mai au 11 juin 1943 sur Anson et Lancaster puis une formation de bombardier du 28 juillet 1943 au 30 août 1943. Dès le 1er juillet 1944, le Sgt Joseph Francis KAWUCHA fut porté disparu et sa famille en fut immédiatement informée. Son décès fut formellement confirmé le 31 mai 1945.
Hommage des habitants de Magny
Rapport de mission du 12 Squadron (source:archives RAF)
Lancaster du 12 Squadron
Le Lancaster ND842 de Magny fut très certainement abattu par le pilote de nuit allemand, le Hptm Gerhard RAHT, de la Stab 1./NJG2 qui revendiqua une victoire sur un Lancaster près de Bailleau-le-Pin dans la nuit du 30 juin au 1er Juillet 1944, à 01h44, à une altitude de 2.400 mètres. Ce dernier fut un as de la chasse de nuit avec 58 victoires aériennes revendiquées en 171 missions de combat. Le I./NJG2 était alors équipé de Ju-88C et il était basé à Chateaudun.
Gerhard RAHT
. Le crash du Lancaster PB126 à Lutz-en-Dunois
Voici le témoignage du W/O Wilfried KING et du F/S Francis EVANS: "Nous étions membres du même équipage, comme le F/Sgt ADCOCK et pendant la nuit du 30 Juin 1944, sur le chemin du retour d'une mission de bombardement sur Vierzon, nous avons été attaqués par un chasseur de nuit allemand. Il y a eu trois attaques au total. L'appareil prit feu au niveau d'un réservoirs, qui explosa, et le feu s'étendit vite jusqu'à la tourelle supérieur centrale. Le mitrailleur de cette tourelle (F/Sgt ADCOCK) fut aperçu tentant de sortir de son emplacement mais la propagation du feu fut si rapide. Le Capitaine donna l'ordre d'évacuer le Lancaster et le bombardier, le mécanicien, le navigateur puis le radio-opérateur sautèrent en parachute par la trappe d'évacuation avant. L'appareil était une altitude de 2.000 pieds lorsque le Capitaine sauta finalement, en dernier. Le mitrailleur central aurait pu normelement évacuer par la trappe arrière, compte tenu de la position de l'incendie. Son parachute aurait toutefois pu être endommagé par les flammes, l'empêchant de sauter. Nous avons su que deux corps avaient été retrouvé dans la carlingue et il est possible que le mitrailleur arrière ait été blessé ou tué lors de la 3ème attaque du chasseur allemand".
Un compte-rendu de la défense
passif révèle que « dans la nuit du 30 Juin
au 1er Juillet 1944, un avion anglais est tombé
sur le territoire de la commune de
Lutz-en-Dunois.
Tous les occupants sont carbonisés. Pas de dégâts aux
propriétés ». Contrairement aux informations
contenues dans ce compte-rendu de la Défense Passive
française, seuls deux aviateurs furent retrouvés morts. Le
restant de l’équipage put évacuer l’appareil et sauter en
parachute. Leurs corps furent inhumés sur les lieux du crash
puis exhumés après la guerre par les autorités américaines.
Toutefois, les dépouilles ne purent être identifiées et les
deux noms figurent aujourd’hui sur le mur des disparus du
Mémorial de Runnymede.
Les cinq survivants furent
pris en charge par la résistance :
- Le Sgt Jack BLAKEYatterrit
dans un pré. Il cacha son parachute, sa Mae West et son
harnais dans un champ de blé puis marcha en direction du
Nord en évitant un village ainsi que les fermes
environnantes. Après 4 ou 5 Km, il se reposa dans un bosquet
et entendit un homme hurler les noms de ses co-équipiers. Il
retrouva alors l’imprudent F/S Alfred FOLEY. Ils
marchèrent de nouveau vers le Nord puis se cachèrent dans un
champ de blé. Vers 21h00 (le 1er Juillet), la
pluie commença à tomber et les aviateurs décidèrent de
demander de l’aide à un jeune berger de 15 ans. Ce dernier
leur demanda de se cacher dans un bosquet et il revint avec
6 ou 7 hommes qui leur proposèrent d’abord des cigarettes.
Les aviateurs furent emmenés dans une ferme où ils
retrouvèrent le F/O Wilfried KING. . - De son côté, le F/O
Wilfried KING atterrit dans un champ d’avoine près de
Valainville. Il se foula la cheville en touchant le sol. Il
confectionna un bandage avec une partie de son parachute et
enterra le restant au bord du champ. Il réussit à marcher
environ 2 Km vers le Sud mais, ne pouvant aller plus loin,
il se cacha dans des buissons en bordure d’un champ où il
resta caché jusqu’au 2 Juillet, 20H00. Un fermier et deux
jeunes garçons le découvrirent et lui offrirent à manger.
Vers 23H00, quatre ou cinq autres hommes revinrent le
chercher pour l’emmener en vélo (car il ne pouvait marcher)
jusqu’à une ferme où il retrouva le Sgt Blakey et le F/S
Foley.
- Et enfin, les trois camarades furent ensuite transportés dans une autre ferme située près de la Conie où ils retrouvèrent un quatrième camarade, le Sgt Francis EVANS, amené là par un résistant. Vierzon était sa 17ème mission opérationnelle.
Blessé, le F/O KING reçut des vêtements civils et
il resta quatre nuits supplémentaires dans cette ferme alors
que ses trois camarades furent conduits en direction du camp
d’évasion dans la forêt de Frèteval. De son côté, le F/O KING fut
d’abord transporté dans une autre ferme en charrette, puis
en camion jusqu’à Châteaudun où il rencontra un nouveau
membre de la résistance. On lui donna des vêtements civils
supplémentaires, un médecin vint soigner sa cheville, suivi
plus tard d’un coiffeur qui le rasa. Le 7 Juillet, vers
21H00, il fut placé dans une remorque tirée par deux vélos
et arriva en gare de Saint-Jean-de-Froidmentel où il
rencontra l’organisateur du camp (très certainement Louis
Boussa) dans la forêt de Fréteval. Le 9 Juillet, vers 19H00,
une dame d’une ferme proche du camp vint le chercher pour le
mener dans une charrette au camp même où il rencontre à
nouveau ses trois coéquipiers.
- Pour finir, le pilote F/O
John ELMHURST-BAXTER atterrit dans un champ de blé, près
de la Conie, sur le territoire de Lutz-en-Dunois. Il creusa
difficilement un trou avec son couteau pour y enterrer son
parachute, sa Mae West et son harnais. Il aperçut au loin le
point de chute de son Lancaster toujours en feu et marcha
dans le sens opposé afin d’échapper à l’ennemi, vers le Nord
puis vers l’Ouest en direction des plages normandes. Il
approcha d’une voie ferrée (Châteaudun → Bonneval) qu’il
décida de longer jusqu’à une gare (celle de Marboué). Ce 1er
Juillet, la pluie se mit à tomber et il s’abrita sous un
arbre à 06H00 alors que deux Ju-88 survolaient la zone, sans
doute pour localiser l’endroit des crashs. Vers 08H00, il
reprit sa marche vers le Nord puis alla à la rencontre d’un
homme qui travaillait dans un champ pour lui demander un peu
d’eau. Parlant un bon français, il lui expliqua qu’il était
aviateur anglais et l’homme lui déconseilla de rentrer dans
Bonneval en raison de la présence des Allemands. Le fermier
l’emmena dans sa ferme, lui offrit des vêtements civils et
alla chercher de l’aide auprès de la résistance locale. Il
fut ainsi hébergé du 1er Juillet au 4 Juillet
chez le fermier Marius Penot de Saint-Martin-du-Péan, près
de Bonneval. Il remit notamment les photos de son kit de
secours afin que les résistants confectionnent de faux
papier d’identité. Le 4 Juillet, vers 12H00, deux résistants
vinrent le chercher en vélos, traversant ensuite Châteaudun,
Cloyes pour arriver au camp de Fréteval où il retrouva ses
quatre co-équipiers.
Le camp d’évasion de Fréteval
sera libéré par les troupes américaines le 13 Août 1944 et
les cinq compères s’envolèrent de Banville pour Northolt
(Angleterre) le 18 Août suivant.
Les victoires aériennes allemandes
exposées ci-dessus furent attribuées à :
On note également que les
mitrailleurs des bombardiers du Commonwealth furent efficaces
car trois Ju-88 du I./NJG2 rentrèrent à leur base de Châteaudun
avec des dommages divers, notamment le Ju-88 G-1 n° de série
710581 qui fit un atterrissage forcé (endommagé à 20% et un
blessé en la personne de l’Ofw. Otto SCHULZ du Stab I./NJG2).
Le W/O John Edgar KING s'engagea le 06 Décembre 1941, il embarqua de Melbourne pour la Grande-Bretagne le 15 Janvier 1943 puis débuta une longue formation en tant que navigateur. Il fut affecté au 625 Squadron le 10 Mai 1944. Après le crash de son appareil le 01 Juillet, il fut libéré, fut transporté à Bayeux le 17 Août et regagna la Grande-Bretagne le 19 Août 1944. Il réembarqua en bâteau pour l'Australie le 16 Janvier 1945 pour arriver le 15 Février 1945.
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Dernière mise à jour:
27/02/2025 |
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