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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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LE RESEAU D'EVASION SHELBURN (remerciements à Claude Benech dont est extrait le texte ci-après) . |
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LA MISE EN PLACE DU RESEAU Lors des nombreuses missions de bombardement sur l’Allemagne, beaucoup d’appareils et équipages alliés furent abattus par la chasse allemande ou la Flak. Les aviateurs qui avaient la chance d’être en vie après le crash de leur appareil étaient recueillis par la résistance. Convoyés vers l’Espagne, ils mettaient un an et plus pour rejoindre l’Angleterre, épuisés et sans énergie. De plus, la formation des aviateurs alliée était longue et coûteuse (2 ans et 30.000 dollars pour un pilote) et le retour de ces survivants en Angleterre devenait primordial. Dès 1940, Paul François CAMPINCHI,
fonctionnaire à la préfecture de police à Paris fut très
impliqué dans cette mission. En novembre 1942, il eut l’idée de
raccourcir les délais en testant une évacuation par voie
maritime. L’essai fut une réussite. Avec l’appui des services
secrets britanniques (S.O.E), Paul François
CAMPINCHI créa donc une nouvelle voie d’exfiltration le 1er
mars 1943. Il fut donc le créateur et le chef pour la France de
ce qui allait devenir, plus tard, le réseau SHELBURN. Deux
agents secrets canadiens, Lucien DUMAIS et Raymond LABROSSE
furent chargés par le M.I.9 (branche du S.O.E) et CAMPINCHI
d’organiser sur le terrain, la mise en œuvre du plan. Tirant les
enseignements de l’échec de la mission « OAKTREE » à St Quay-
Portrieux quelques temps auparavant, CAMPINCHI met en place une
solide structure ou le cloisonnement et la sécurité prévalent.
Le réseau est opérationnel le 19 novembre 1943 et sera appelé
(après la guerre) le "Réseau Shelbourn".
Le docteur André Le BALC’H médecin à
Plouézec) fut chargé, par CAMPINCHI de trouver Pierre HUET (pilote d’aéronavale
démobilisé) habitait le village de Kéruzeau-en-Plouha et proposa
à François Le Cornec la plage dite « sous Kéruzeau « pour
mener à bien ces opérations. Le site de l’Anse Cochat fut donc
validé par les britanniques et les opérations prévues sur ce
lieu , prirent le nom de code de « Plan Bonaparte ». La plage
garda ce nom après guerre.
Joseph MAINGUY (alias Job - capitaine de la marine marchande et Pierre HUET (alias Tarzan) étaient des éléments clés du réseau : ils relayaient les ordres, convoyaient les aviateurs et étaient chargés de baliser les mines implantées sur la côte, pour permettre aux fugitifs de se faufiler à travers ces pièges mortels. Sept familles plouhatines hébergeaient les aviateurs lorsqu’ils arrivaient de St-Brieuc dans un premier temps, puis de Guingamp ensuite. Ces hébergeurs étaient souvent parents : beaux frères, cousins …. Ils étaient choisis pour leur extrême discrétion et leur patriotisme. . . LE DEROULEMENT D'UNE EXFILTRATION La BBC émettait quotidiennement
quelques « messages personnels » . Le message « Le bonjour à tous à la
maison d’Alphonse » indiquait l’imminence d’une exfiltration.
Elle était alors prévue entre 0 heure et 2 heures le matin, par
nuit sans lune. Les « colis» quittaient alors la maison
des hébergeurs et convergeaient vers la « maison
d’Alphonse » (propriété de Marie et Jean GICQUEL). Après un
briefing énergique de DUMAIS, les « colis » se dirigeaient , en
file indienne et dans un silence absolu, jusqu’à la falaise…
après avoir passé l’obstacle des mines. Avant le départ de la
maison d’Alphonse, Dumais leur disait « Ce dernier
kilomètre sera le kilomètre le plus long de votre vie , vous
vous en souviendrez très longtemps ». La traversée de la Manche devait se faire par une unité spéciale de la Royale Navy, la 15ème flottille, composée de navires armés MGB (Motor Gun Boat) très maniables équipés de moteurs puissants et silencieux.
Vedette MGB du réseau Shelbiurn
Une corvette de la Royal-Navy attendait alors au mouillage à 900m d’un bunker allemand situé à la Pointe de la Tour. Job MAINGUY était chargé d’émettre le signal qui validait l’opération. Avec sa lampe torche, minutieusement enroulée dans un carton, il indiquait en morse la lettre « B » (B comme Bonaparte) . Un ou deux surf-boats (baleinière) étaient mis à l’eau et, silencieusement, progressaient vers la plage Bonaparte pour récupérer les équipages. Pendant ces deux kilomètres d’avirons, Marie Thérèse LE CALVEZ indiquait l’axe d’approche des chaloupes avec une lumière bleue. Puis, les vedettes de la Royal Navy reprenait la mer (vitesse de pointe à 35 noeuds), la traversée de la Manche se faisait en moins de 4 heures (soit 180 km) jusqu'au Port de Dartmouth, en Angleterre, en évitant les navires allemands.
LA MAISON D'ALPHONSE La maison de la famille Gicquel souleva à
plusieurs reprises les
soupçons de l'occupant durant l'été 1944. Faute de preuves, la
famille ne fut pas éxécutée mais leur maison fut incendiée et
détruite (au lance-flammes) le 24 juillet 1944.
Huit opérations eurent lieu, 135
aviateurs et 15 agents alliés furent sauvés par le courage de la
résistance locale. La première opération (Bonaparte I) se
déroula dans la nuit du 28 au 29 janvier 1944. La MGB 503 assura
cette première (19 exfiltrés dont 16 aviateurs) La 8ème et dernière opération
a été menée le 8 août 1944 avec 3 exfiltrés : Mathurin BRANCHOUX
(chef de l’armée secrète pour les Côtes du nord) , Fernand
TROCHEL (son agent de liaison) et Raymond LABROSSE.
Trois corvettes britanniques assurèrent les rotations vers la liberté : La MGB 503 (commandant Mike MARSHALL - 5 fois, la MGB 502 (commandant Peter WILLIAMS - 2 fois, et la MTB 718 (commandant Ron SEDDON - 1 fois) . Les services secrets britanniques qualifièrent ces actes de « Miracle Shelburn » et encore « le réseau d’évasion le plus efficace de la deuxième guerre mondiale ».
LES EVADES D'EURE-ET-LOIR Le Réseau d'évasion "Shelburn" prit en
charge sans doute plusieurs aviateurs tombés en Eure-et-Loir
mais, pour l'instant, le seul connu est Robert SWEATT
abattus le 07 Janvier 1944 au-dessus de Bouville.
Blessé lors de l'évacuation de son appareil, Robert SWEATT fut
soigné un mois environ par deux résistants locaux de
Montboissier puis il fut remis au Réseau Shelburn. Pour cela, un
certain Mr Deaudeville de Maison-Alfort le prit en charge à
partir de la gare de Moriers (près de Bonneval) et fut
transporté à Paris. De Paris où il resta sans doute quelques
jours, il rejoignit le village de Plouha. Le 23 Mars 1944, il
escalada les falaises de la Anse de Cochat avec 25 autres de ses
camarades et rejoignit l'Angleterre le même jour.
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Dernière mise à jour:
04/05/2025 |
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