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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| LE RESEAU COMETE | ||
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LA NAISSANCE DU RESEAU "COMETE" Le 10 Mai 1940, l'Allemagne hitlérienne
attaque la Belgique qui dépose rapidement les armes devant un
adversaire trop puissant, en homme et en matériel. L'occupation
de la Belgique commence alors et durera longues 4 années. Les hôpitaux militaires regorgent de
blessés dont beaucoup de militaires anglais survivants des
combats de Belgique et de Dunkerque. Ils sont soignés par les
membres de la Croix-Rouge, parmi eux, une jeune fille de
Bruxelles qui s'est portée volontaire, Andrée DE JONGH.
Profondément patriote et refusant la défaite, elle fait partie
d'un groupe de résistants de la première heure, qui assurent,
entre autres, l'hébergement clandestin de militaires anglais
évadés.
Andrée DE
JONGH
Mais au fil des mois qui passent, et alors
que pour beaucoup, la guerre semble perdue pour les Alliés, des
difficultés de plus en plus grandes se posent aux résistants qui
les cachent: manque de ravitaillement dû au rationnement, danger
d'être dénoncé.... Le groupe de résistants, dont elle fait
partie, a été décimée, entre temps par des arrestations. Seules
deux personnes ont échappé, jusqu'à présent: Andrée DE JONGH et
Arnold DEPPE. André DE JONGH se rend vite compte qu'une solution
d'évacuation s'impose et, après mûre réflexion, elle arrive à la
conclusion qu'il y a , à cette époque du moins, qu'une
possibilité: Traverser la France et l'Espagne et arriver à
Gilbraltar, territoire anglais. Ce projet semble quasi irréalisable alors
que l'Europe est aux mains des nazis: C'est pourtant cette
gageure qui va être menée à bien. Arnold DEPPE connaît bien la région de
Bayonne où il a travaillé avant-guerre et il obtient, d'un ami
sûr, l'adresse d'une belge, réfugiée à Anglet-St-Jean, Madame DE
GREEF, surnommée "Tante GO". Arnold DEPPE part donc en
prospection dans cette région, prend différents contacts et fait
la connaissance de "Tante GO" et de sa famille.
Mme DE
GREFF dite "Tante GO" Il revient à Bruxelles et
fait un compte-rendu de son voyage à Andrée DE JONGH. En Juillet
1941, un premier essai de convoyage fut alors préparé et réalisé
par Andrée DE JONGH et Arnold DEPPE qui prirent la route du Sud
avec un groupe de militaires belges, désireux de gagner
l'Angleterre pour poursuivre la lutte. Ce voyage, plein de
risques fut réussi, au prix d'une épuisante randonnée à
l'aveuglette. Arrivés à Anglet, ils reprirent contact avec Tante
GO et confièrent "leurs passagers" à un guide basque, qui assura
moyennant finances, leur passage en Espagne. Pour faire face aux
frais de voyage et payer le guide, Andrée DE JONGH avait vendu
tous ses bijoux et emprunté des fonds à ses amis et voisins. L'ESPAGNE: UNE DIFFICULTE
SUPPLEMENTAIRE De retour à Bruxelles, un second voyage fut
décidé en Août 1941 avec d'autres évadés: un groupe partit avec
Andrée DE JONGH, le second avec Arnold DEPPE. Mais seule Andrée
arriva à Anglet avec ses évadés, Arnold ayant été arrêté à
Lille, trahi par "un ami"... Andrée apprend aussi que le premier
groupe a bien traversé les Pyrénées, mais que tous ont été
arrêtés par la police espagnole et internés à Miranda. Elle se
rend compte alors qu'il ne suffit pas de faire toute cette
longue route sans être assurée que les aviateurs seront pris en
main par les service anglais en Espagne et conduits en sécurité
à Gilbraltar. Elle décide donc de passer les Pyrénées avec les
aviateurs et de se rendre au Consulat britannique à Bilbao pour
solliciter cette aide. Après des semaines d'attente (les Anglais
ne croyaient pas trop à la réussite des projets de cette très
jeune fille et se méfiaient d'un piège éventuel), elle obtint la
confiance des autorités britanniques et put prendre ainsi toutes
les dispositions pour que les prochains évadés soient pris en
charge et conduits clandestinement à Gilbraltar pour pouvoir
prendre le chemin de l'Angleterre, seul pays à continuer la
lutte contre les allemands. Comète est né le jour de cet accord, en
Juin 1941. Andrée DE JONGH s'attela alors à l'immense travail
d'organiser une ligne d'évasion : pendant des mois, elle prit
des contacts avec des résistants pour créer ce réseau, héberger
les aviateurs, leur fournir des vêtements civils, des faux
papiers. Elle recruta des guides basques, familier du passage
des Pyrénées, organisa des relais, recruta des fermiers basques
qui pouvaient cacher les pilotes en transit. Le réseau d'évasion
est d'abord surnommé la "ligne DEDEE" L'ARRESTATION D'ANDREE DE JONGH Le 15 Janvier 1943, Andrée DE
JONGH fut arrêtée par la Gestapo, sans doute dénoncée. Le
mauvais temps avait retardé le passage des Pyrénées et le groupe
fut pris au piège par la Gestapo. Interrogé, un des aviateurs de
la RAF aurait identifié à la fois ses passeurs et les maisons
sûres du réseau. D'août 1941 à Janvier 1943, 115 aviateurs
alliés (à ajouter les agents belges et français) furent évadés
grâce au réseau mis en place par Andrée DE JONGH Pendant plusieurs mois, le réseau fut mis
en sommeil. Il du se réorganiser et fut rebaptisée "Ligne
COMETE". Incarcérée dans des camps de concentrations, Andrée DE
JONGH fut libérée en Avril 1945 par les Alliés en Allemagne
(Camp de Mauthausen). Résistant et patriote convaincu, le père
d'Andrée, Frédéric DE JONGH décida de poursuivre l'oeuvre de sa
fille dès Janvier 1943 et prit la tête du réseau d'évasion. Il
avait quitté Bruxelle pour vivre clandestinement à Paris dès le
30 Avril 1942 car il était conscient qu'une éventuelle
arrestation de sa fille entraînerait également la sienne. Ainsi,
depuis Mai 1942, Frédéric DE JONGH organisait le réseau
d'évasion à Paris. Suite à l'arrestation d'Andrée DE JONGH, il
tenta alors, dans un premier temps, de développer un autre
réseau d'évasion par la Suisse (neutre) en contactant
l'ambassade américaine et britannique à Genève (du fait de
l'arrestation de sa fille, il considérait que le réseau
d'évasion par l'Espagne et Gilbraltar était devenu peu sûr).
Toutefois, cette tentative échoua et les évasions par les
Pyrénées continuèrent. Par malchance, il fut arrêté à Paris
(Gare du Nord) le 07 Juin 1943 par la Gestapo (dénoncé par le
traite Jean-Jacques DESOUBRI) et fusillé au Mont-Valérien le 29
Mars 1944. La tête du réseau Comète fut ensuite
confiée à Jean-François NOTHOMP à partir de Juillet 1943
jusqu'en Janvier 1944. LA FIN DU RESEAU COMETE Le Schéma du réseau Comète resta, dans ses
grandes lignes, inchangé jusqu'en janvier 1944, ne subissant que
les modifications imposées par des changements dans les
dispositifs allemands de contrôle ainsi que ceux nécessités par
les arrestations qui décimaient parfois les rangs des agents
Comètes. Toutefois, à partir du printemps 1944,
l'idée d'un débarquement est née et les forces aériennes alliées
intensifient leurs actions sur les cibles stratégiques
allemandes. Le nombre de bombardiers abattus augmenta énormément
ainsi que le nombre d'aviateurs à secourir. Le Réseau Comète rencontra alors trois
difficultés: - La récupération et les évasions
d'aviateurs toujours plus nombreux compliquent et rendent
difficiles le transfert vers l'Espagne. - Les bombardements alliés visent également
les lignes ferrées et les routes françaises, ce qui rend les
transferts problématiques. - L'activité accrue du Réseau attire
davantage l'attention de la Gestapo et des agents infiltrés. Les
lignes d'évacuation et l'ensemble des réseaux de Paris furent
pénétrés par des agents doubles. Pour toutes ces raisons, avec le Colonel
Airy NEAVE (agent secret brittannique), chargé par M.I. 9 de
veiller sur les réseaux d'évasion, Jean DE BOMMAER décidèrent
que les aviateurs dépistés par Comètes seraient désormais cachés
dans des camps: dans les Ardennes belges et à Fréteval (près de
Châteaudun) en France. Les aviateurs y attendirent le
débarquement et la libération. La difficulté des communications
rendant alors le commandement unique très difficile, chaque
secteur agit d'initiative, s'arrangeant pour
conduire les aviateurs vers les camps. Cette solution suscita
des réticences mais elle fut finalement acceptée d'autant plus
qu'elle avait l'avantage de ne plus solliciter l'aide des
"hébergeurs"qui avaient déjà payé un lourd tribut. Les Anglais
appelèrent cette opération "Sherwood" et les Français lui
donnèrent le nom d'"Opération Marathon". Ainsi, l'objectif du Réseau COMETE n'était
plus d'organiser l'évasion des aviateurs alliés par les Pyrénées
mais de diriger ces mêmes aviateurs vers les camps secrets
d'hébergement en tant leur libération. L'INFILTRATION D'UN AGENT DOUBLE Nous nous permettons de revenir sur
l'existence de ce redoutable agent double nommé Jean-Jacques
DESOUBRIE qui se cachait également sous les noms de Pierre
BOULAIN ou de Jean MASSON. Son infiltration dans les réseau
d'évasion entraîna l'emprisonnement de nombreux aviateurs alliés
tombés en Belgique, en France et également en Eure-et-Loir. Nous
savons qu'Août 1941, Jean Jacques DESOUBRIE était déjà un agent
double chargé par les Allemands d'infiltrer les organisations de
résistance. Il semble qu'il est infiltré le Réseau Comète dès
Mai 1943 et il est dit qu'il serait responsable de 1.500
arrestations depuis le début de l'occupation. Voici le témoignage de Jean-Pierre MALLET,
membre actif du Réseau Comète: "La première
fois que nous l'avons rencontré, il se présenta et nous le
reçûmes à notre bureau néanmoins avec la plus grande
circonspection. Il nous parla longuement avec une conviction
communicative, dévoilant des détails exacts tant sur le nom et
les fonctions de plusieurs membres de la lignes que sur les
activités que nous poursuivions pour la même cause. Il développa
longuement ses services "réels" qu'il avait déjà rendus en
convoyant des aviateurs, citant sans erreur le nom de nos divers
contacts et déclarant qu'il savait que nous financions ces
activités. Il conclut en faisant état de son désir de participer
à la lutte à nos côtés en continuant à convoyer les aviateurs.
Cependant, soucieux de contrôler ses déclarations, nous en avons
longuement parlé avec Georges d'Oultremont et avec Jean DE
BLOMMAERT, que nous hébergions alors dans une chambre de bonne
de notre appartement 4, avenue Emile Pouvillon à Paris 7ème.
Après contrôle et recoupement, il fut prouvé que l'homme disait
vrai et nous avons alors décidé de le financer. Mais très vite,
nous acquîmes la conviction que ce personnage jouait double jeu.
Les arrestations se multipliaient. Il arguait trop souvent de
ses difficultés financières, tandis que nous recevions de plus
en plus fréquemment des appels téléphoniques suspects. Un jour,
l'un des nôtres qui allait chercher des "colis" vit le nommé
"BOULAIN" en compagnie d'un personnage connu sous le nom de
"l'homme au doigt coupé", un certain Prosper DESITTER identifié
comme étant au service de la Gestapo. Ce fait emporta notre
décision de rompre toutes relations avec BOULAIN et de le mettre
hors d'état de nuire" (Nous pouvons situer ces faits vers le 15
Mai 1943, DESOUBRI utilisant alors le nom de Jean MASSON). En Juin 1943, de nombreuses et soudaines
arrestations eurent lieu à Paris et Bruxelles (dont celle de
Frédéric DE JONGH), une résistante nommée Françoise DISSART put
rentrer en contact avec ses compagnons incarcérés en chantonnant
sur le trottoir longeant la prison. Elle sut alors que le traite
qui les avait dénoncé était Pierre BOULAIN. Un groupe spécial de
la résistance chargé de "faire disparaître les traîtres"
s'occupa alors du sort de Pierre BOULAIN et annonça ensuite que
l'opération avait été exécutée. En Janvier 1944, Jean Jacques DESOUBRI
refit surface et infiltra à nouveau le Réseau Comète du Sud de
Bruxelles sous une nouvelle identité. De nouvelles arrestations
mirent à mal tout le Réseau bruxellois. Pierre BOULAIN ou Jean MASSON ne donnèrent
plus signe de vie depuis cela. Nous savons seulement que
Jean-Jacques DESOUBRIE ne fut pas exécuté par les résistants en
1943 car il continua à sévir dans les réseaux PICOURT et HUNTER,
en Eure-et-Loir. Par chance, il n'eut pas connaissance de
l'opération Marathon qui put se dérouler dans de bonnes
conditions.
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Dernière mise à jour:
03/02/2024 |
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