Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 04 AOUT 1944

 

Sans doute encore en raison du mauvais temps, la journée du 04 Août 1944 sera calme et l’activité aérienne ne reprendra qu’en fin d’après-midi.

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Un combat aérien vers Nogent-le-Rotrou

Vers 18H15, les Me-109 du 9./JG1 et du JG5 sont en mission au Sud-Ouest de Chartres lorsqu'il croisent la route d'un Squadron de P-47. La supériorité des chasseurs américains est immédiate et au moins trois Me-109 sont abattus dans les environs de Nogent-le-Rotrou: 2 M-109 du JG5 entre Nogent-le-Rotrou et Alençon et un Me-109 au Nord de Nogent-le-Routrou.

L'Uffz. Kurt SCHNEIDER de la 9./JG1 réalisa un atterrissage forcé avec son Me-109 à La Fouche, au Nord de Nogent-le-Rotrou. Gravement blessé, il décèdera le lendemain à l'hôpital de Nogent-le-Rotrou où il sera inhumé.

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Bombardement de Bonneval

A 19H30, deux formations de quatre chasseurs-bombardiers américains surgissent du ciel de Bonneval et bombardent ce qui a été identifié comme un dépôt d’essence ennemi. L’attaque en semi-piqué et à basse altitude endommagera partiellement l’hôpital et causera la mort d’un civil.

Dépêche d'Eure-et-Loir du 11 Aout 1944

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Compte-rendu provenant de la Direction de l'Hôpital de Bonneval

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Bombardement de Maintenon et d'Epernon

Au même moment, à 19H30 également, le viaduc et la voie ferrée de Maintenon et d'Epernon sont à nouveau la cible des bombardiers américains.

Cette formation composée de six bombardiers moyens B-26 du 397th BG volant à haute altitude arriva du Sud en direction du Nord. Douze bombes de 500 livres furent larguées. Une escorte de 12 P-38 du 370th FG menés par le Major TUCKER était chargée de protéger les bombardiers des chasseurs allemands. Les effets du bombardement se limitèrent à la Route Nationale qui fut coupée sur 800 mètres.

Toutefois, la Flak fut intense et un obus fit mouche sur un des bombardiers à 12.000 pieds d’altitude. Le feu se déclara dans les réservoirs de carburant d’une aile, le pilote ordonna immédiatement l’évacuation de l’appareil et les six membres d’équipage sautèrent en parachute. Le pilote quitta en dernier l’appareil qui explosa immédiatement après.

La Défense Passive de Maintenon mentionna également ce fait de la façon suivante : « un avion a été abattu par la DCA. Il est tombé à 600 mètres de Maintenon en direction de Chartres. Les six hommes d’équipage sautèrent en parachute ».

Ce B-26 était le n°43-34118 (Code « X2-Z ») du 397th BG, 598th BS piloté par le Lt William H. RYHERD. Il s’agissait de la 36ème mission de ce pilote. Il était alors censé être de repos durant 10 jours en Ecosse et, ce 4 Août 1944, il fut volontaire pour effectuer une mission de bombardement d’un nouveau type consistant à utiliser des bombes guidées à distance à partir du bombardier. L’appareil portait le nom de “Sharon Roseanne II ».

Voici le nom des membres d’équipage :

 

 

L’ensemble des aviateurs regagnèrent le sol sain et sauf, excepté le Sgt Joseph CULLEN qui trouva la mort. Deux aviateurs, le 2nd Lt Robert F. YEAGER et le S/SGT James G. SKARLES furent capturés très rapidement après le crash du B-26.

Rapport de la Défense Passive

Rapport allemand du crash du B-26 n°43-34118

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Un second rapport allemand précise la capture des Lt William H. RYHERD et Ira E. VANCE dans un second temps:

 

Le parcours du S/Sgt Selmer T. THORP demeure inconnu mais il fut capturé.

Mission MACR n°7874 (B-26 piloté par le Lt RYHERD)

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L'évasion échouée du Lt William H. RYHERD

Le Lt RYHERD surnommé « Bill » atterrit dans un champ labouré, se cassa la cheville et se blessa au dos ainsi qu’à la hanche droite. Ignorant sa cheville cassée, il courut 100 mètres pour se mettre à l'abri dans un bois. Deux ouvriers agricoles français lui demandèrent de rester caché dans le bois jusqu’au minuit, heure à laquelle ils revinrent armés pour prendre en charge le Lt RYHERD. Ils emmenèrent l’aviateur dans un petit village, chez un professeur de collège qui le cacha les quelques jours suivants.

Ces résistants français appartiennent au détachement « Marceau » du secteur de Maintenon. L’action décrite ci-dessus est partiellement erronée car le Lt RYHERD n’appartenant pas au B-17 tombé le 1er Août 1944.

  

 

Il fut ensuite emmené dans une autre maison où il retrouva son co-pilote. Il fut alors décidé de les emmener à Paris pour ensuite regagner l’Espagne. Les Lt RYHERD et VANCE furent cachés dans un appartement à Paris avec un autre aviateur abattu de la RAF. Un résistant français vint les chercher, frappa le bon code à la porte et les trois aviateurs montèrent dans une voiture. Initialement, le voiture allait bien vers le Sud mais, tout à coup, le chauffeur tourna et se rendit directement au quartier général de la Gestapo, Avenue Foch à Paris. Le Lt RYHERD se rappelle que le traitre français avait été surnommé « Capitaine Jacques ». Sans nul doute, l’agent infiltré de la Gestapo était le fameux Jacques DESOUBRI.

Leurs plaques d'immatriculation leur avaient été prises ainsi que leurs uniformes qui furent remplacés par des vêtements civils. Sans uniforme ou identification, ils furent considérés comme espions et non pas comme prisonniers de guerre, ne bénéficiant alors plus de la convention de Genève.

Le Lt RYHERD se rappelle qu’au moment de son arrestation, les Allemands de la Gestapo étaient très nerveux et ils brûlaient des documents et couraient partout. L’ordre d’évacuation de Paris venait d’être donné, face à l’avancée des forces terrestres alliées. L’interrogatoire par les Allemands fut rapide, voire presque bâclé, puis les trois aviateurs furent transportés à la prison de Fresnes. Le Lt RYHERD avait alors l’espoir d’être libéré par ses compatriotes. En vain… Le 15 Août, William RYHERD et un groupe mixte de prisonniers alliés furent emmenés en train pour Buchenwald en Allemagne. Lors de la première journée de voyage, le train s’arrêta de temps en temps pour les « pause toilette ». Au deuxième jour, les occupants du wagon du Lt RYHERD envisagèrent de tenter une évasion en s’exfiltrant du wagon. Le Lt RYHERD devait être le n°9 et sept premiers prisonniers s’évadèrent mais le n°8 hésita puis renonça empêchant le Lt RYHERD de s’enfuir. Furieux d’avoir perdu 7 prisonniers, les Allemands décidèrent de fusiller trente-cinq prisonniers (5 par prisonniers évadés) mais ils ne mirent pas en application leurs menaces. Par précaution, ils confisquèrent les habits des prisonniers, qu’ils leur rendirent à leur arrivée à Francfort. Le train arriva à Buchenwald le 20 Août 1944, après un voyage de 5 jours, après un voyage debout dans un wagon exigu.

A leur arrivée, les prisonniers américains furent placés en 5 rangs de 10 personnes et des prisonniers russes vinrent les raser de la tête au pied. Un pantalon et une veste kaki leur furent donnés mais pas de chaussures.

Le camp de concentration était situé près d’une usine allemande de munitions et la Royal Air Force la bombardait régulièrement. Les prisonniers étaient alors réquisitionnés pour éteindre les incendies après les bombardements, pieds nus. Un des prisonniers avait confectionné des chaussures avec des morceaux de bois mais un garde s’en aperçu et il fut presque battu à mort.

Le camp de Buchenwald était un lieu horrible et de terreur où les personnes de confession juive étaient gazées le jour et les fours crématoires fonctionnaient la nuit. Un groupe d’agents des services secrets britanniques avait été exécuté et cérémonieusement accroché par les pieds pour servir d’avertissement à tous les prisonniers.

Après trois mois de captivité au camp de Buchenwald, par l’intermédiaire d’un prisonnier russe, la présence des aviateurs alliés dans le camp d’extermination est portée à la connaissance du Commandant de l’aérodrome voisin de Nohra. Ce dernier se rendit au camp et exigea de se voir remettre ces aviateurs alliés afin que ces derniers soient traités conformément à la Convention de La Hayes et de Genève. Le commandant SS refusa mais le commandant de la Lutfwaffe menaça de faire intervenir ses relations, à savoir le Maréchal GOERING. Le 21 Octobre 1944, les aviateurs lui firent confiés, ils furent conduits dans des camions puis dans un train pour être internés au Stalag Luft III près de Nuremberg. Cette ville était constamment bombardée.

Après plusieurs semaines, les prisonniers furent à nouveau déplacés Stalag XIII, et finalement au Stalag VIII., sans doute face à l’avancée des troupes alliées.

Lors de la libération du dernier camp le 29 Avril 1945, Patton était présent en personne. Il fit un bref discours et s’excusa « d’être en retard ».

 

Lt RYHERD

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 Carte de prisonnier de guerre

 

 


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