|
|
|
Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
|
| JOURNEE DU 04 AOUT 1944 | ||
|
Sans doute encore en raison du mauvais temps, la
journée du 04 Août 1944 sera calme et l’activité aérienne ne
reprendra qu’en fin d’après-midi.
Bombardement de Bonneval A 19H30, deux formations de quatre
chasseurs-bombardiers américains surgissent du ciel de Bonneval
et bombardent ce qui a été identifié comme un dépôt d’essence
ennemi. L’attaque en semi-piqué et à basse altitude endommagera
partiellement l’hôpital et causera la mort d’un civil.
Dépêche d'Eure-et-Loir du 11 Aout 1944 .
Bombardement de Maintenon et d'Epernon Au même moment, à 19H30 également, le viaduc et la voie
ferrée de Maintenon et d'Epernon sont à nouveau la cible des bombardiers
américains.
Cette formation composée de six bombardiers moyens B-26
du 397th BG volant à haute altitude arriva du Sud en direction
du Nord. Douze bombes de 500 livres furent larguées. Une escorte
de 12 P-38 du 370th FG menés par le Major TUCKER était chargée
de protéger les bombardiers des chasseurs allemands. Les effets
du bombardement se limitèrent à la Route Nationale qui fut
coupée sur 800 mètres. Toutefois, la Flak fut intense et un obus fit mouche
sur un des bombardiers à 12.000 pieds d’altitude. Le feu se
déclara dans les réservoirs de carburant d’une aile, le pilote
ordonna immédiatement l’évacuation de l’appareil et les six
membres d’équipage sautèrent en parachute. Le pilote quitta en
dernier l’appareil qui explosa immédiatement après. La Défense Passive de Maintenon mentionna également ce
fait de la façon suivante : « un avion a été abattu par la
DCA. Il est tombé à 600 mètres de
Maintenon en direction de Chartres. Les
six hommes d’équipage sautèrent en parachute ». Ce B-26 était le n°43-34118 (Code « X2-Z ») du 397th BG, 598th BS piloté par le Lt William H. RYHERD. Il s’agissait de la 36ème mission de ce pilote. Il était alors censé être de repos durant 10 jours en Ecosse et, ce 4 Août 1944, il fut volontaire pour effectuer une mission de bombardement d’un nouveau type consistant à utiliser des bombes guidées à distance à partir du bombardier. L’appareil portait le nom de “Sharon Roseanne II ». Voici le nom des membres
d’équipage :
L’ensemble des aviateurs regagnèrent le sol sain et
sauf, excepté le Sgt Joseph CULLEN qui trouva la mort.
Rapport allemand du crash du B-26 n°43-34118
Le parcours du S/Sgt Selmer T. THORP demeure inconnu mais il fut capturé.
. L'évasion échouée du Lt William H. RYHERD Le Lt RYHERD surnommé « Bill » atterrit dans un champ
labouré, se cassa la cheville et se blessa au dos ainsi qu’à la
hanche droite. Ignorant sa cheville cassée, il courut 100 mètres
pour se mettre à l'abri dans un bois. Deux ouvriers agricoles
français lui demandèrent de rester caché dans le bois jusqu’au
minuit, heure à laquelle ils revinrent armés pour prendre en
charge le Lt RYHERD. Ils emmenèrent l’aviateur dans un petit
village, chez un professeur de collège qui le cacha les quelques
jours suivants. Ces résistants français appartiennent au détachement
« Marceau » du secteur de Maintenon. L’action décrite ci-dessus
est partiellement erronée car le Lt RYHERD n’appartenant pas au
B-17 tombé le 1er Août 1944.
Il fut ensuite emmené dans une autre maison où il
retrouva son co-pilote. Il fut alors décidé de les emmener à
Paris pour ensuite regagner l’Espagne. Les Lt RYHERD et VANCE
furent cachés dans un appartement à Paris avec un autre aviateur
abattu de la RAF. Un résistant français vint les chercher,
frappa le bon code à la porte et les trois aviateurs montèrent
dans une voiture. Initialement, le voiture allait bien vers le
Sud mais, tout à coup, le chauffeur tourna et se rendit
directement au quartier général de la Gestapo, Avenue Foch à
Paris. Le Lt RYHERD se rappelle que le traitre français avait
été surnommé « Capitaine Jacques ». Sans nul doute, l’agent
infiltré de la Gestapo était le fameux Jacques DESOUBRI. Leurs plaques d'immatriculation leur avaient été prises
ainsi que leurs uniformes qui furent remplacés par des vêtements
civils. Sans uniforme ou identification, ils furent considérés
comme espions et non pas comme prisonniers de guerre, ne
bénéficiant alors plus de la convention de Genève. Le Lt RYHERD se rappelle qu’au moment de son
arrestation, les Allemands de la Gestapo étaient très nerveux et
ils brûlaient des documents et couraient partout. L’ordre
d’évacuation de Paris venait d’être donné, face à l’avancée des
forces terrestres alliées. L’interrogatoire par les Allemands
fut rapide, voire presque bâclé, puis les trois aviateurs furent
transportés à la prison de Fresnes. Le Lt RYHERD avait alors
l’espoir d’être libéré par ses compatriotes. En vain… Le 15
Août, William RYHERD et un groupe mixte de prisonniers alliés
furent emmenés en train pour Buchenwald en Allemagne. Lors de la
première journée de voyage, le train s’arrêta de temps en temps
pour les « pause toilette ». Au deuxième jour, les occupants du
wagon du Lt RYHERD envisagèrent de tenter une évasion en
s’exfiltrant du wagon. Le Lt RYHERD devait être le n°9 et sept
premiers prisonniers s’évadèrent mais le n°8 hésita puis renonça
empêchant le Lt RYHERD de s’enfuir. Furieux d’avoir perdu 7
prisonniers, les Allemands décidèrent de fusiller trente-cinq
prisonniers (5 par prisonniers évadés) mais ils ne mirent pas en
application leurs menaces. Par précaution, ils confisquèrent les
habits des prisonniers, qu’ils leur rendirent à leur arrivée à
Francfort. Le train arriva à Buchenwald le 20 Août 1944, après
un voyage de 5 jours, après un voyage debout dans un wagon
exigu. A leur arrivée, les prisonniers américains furent
placés en 5 rangs de 10 personnes et des prisonniers russes
vinrent les raser de la tête au pied. Un pantalon et une veste
kaki leur furent donnés mais pas de chaussures. Le camp de concentration était situé près d’une usine
allemande de munitions et la Royal Air Force la bombardait
régulièrement. Les prisonniers étaient alors réquisitionnés pour
éteindre les incendies après les bombardements, pieds nus. Un
des prisonniers avait confectionné des chaussures avec des
morceaux de bois mais un garde s’en aperçu et il fut presque
battu à mort. Le camp de Buchenwald était un lieu horrible et de
terreur où les personnes de confession juive étaient gazées le
jour et les fours crématoires fonctionnaient la nuit. Un groupe
d’agents des services secrets britanniques avait été exécuté et
cérémonieusement accroché par les pieds pour servir
d’avertissement à tous les prisonniers. Après trois mois de captivité au camp de Buchenwald,
par l’intermédiaire d’un prisonnier russe, la présence des
aviateurs alliés dans le camp d’extermination est portée à la
connaissance du Commandant de l’aérodrome voisin de Nohra. Ce
dernier se rendit au camp et exigea de se voir remettre ces
aviateurs alliés afin que ces derniers soient traités
conformément à la Convention de La Hayes et de Genève. Le
commandant SS refusa mais le commandant de la Lutfwaffe menaça
de faire intervenir ses relations, à savoir le Maréchal GOERING.
Le 21 Octobre 1944, les aviateurs lui firent confiés, ils furent
conduits dans des camions puis dans un train pour être internés
au Stalag Luft III près de Nuremberg. Cette ville était
constamment bombardée. Après plusieurs semaines, les prisonniers furent à
nouveau déplacés Stalag XIII, et finalement au Stalag VIII.,
sans doute face à l’avancée des troupes alliées. Lors de la libération du dernier camp le 29 Avril 1945,
Patton était présent en personne. Il fit un bref discours et
s’excusa « d’être en retard ».
Lt RYHERD
Carte de prisonnier de guerre
![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
12/05/2024 |
Mentions légales: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110). Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com - - Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH - RGPD: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 - ![]()
|