Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


LA CHUTE DU P-51 DE SOREL-MOUSSEL LE 05 AVRIL 1944

 

Le 5 Avril 1944 et ce, malgré le mauvais temps qui perdure, le squadron du 352nd FS du 363th FG décolle de sa base de Staplehurst en Angleterre vers 13H00 pour une mission de chasse libre au Nord de la France. Les chasseurs repèrent une base aérienne près de la ville d’Evreux (sans doute le terrain d’aviation de Saint-André-de-l’Eure) et attaquent à la mitrailleuse les baraquements, les hangars et les postes de défense anti-aérienne.

Le 2nd Lt Donald Murley LEWIS (matr. 0-748699) effectue alors sa 16ème sortie mais sa toute première mission avec son nouvel appareil, le P-51 n° de Série 43-6494 (Code « C3- »).

Lt Donald Murley LEWIS

En arrivant à proximité de l’objectif, le Lt Donald Murley LEWIS effectua un premier passage de repérage puis utilisa sa mitrailleuse pour réduire au silence la défense anti-aérienne allemande. Sans doute en raison d’un dysfonctionnement de sa caméra embarquée[1], une explosion se produisit au niveau du réservoir de carburant et l’appareil prit feu.

Le journal du 382nd FS donne une raison différente: le Lt LEWIS aurait été touché par la FLAK.

 

Très vite, une épaisse fumée envahit le cockpit et le feu lui lécha les pieds. Il réussit à joindre par radio ses camarades pour les informer qu’il allait évacuer d’urgence son appareil.

 

L'évasion du Lt Donald Murley LEWIS

Il déverrouilla le cockpit qui, sous l’effet de la vitesse, s’ouvrit immédiatement, activant le feu qui lui lèche cette fois-ci les bras et le visage. Par chance, l’aviateur fut projeté hors de son chasseur, le libérant ainsi du feu. Il ouvrit son parachute et toucha le sol brutalement et constate que le feu l’a gravement brûlé au visage.

La chance lui sourit toutefois car il atterrit à Sorel-Moussel au Sud de la rivière (l’Eure) alors que son appareil s’est écrasé de l’autre coté : les Allemands le recherchèrent donc du mauvais coté de la rivière.

Il se cache dans un premier temps dans une haie puis est recueilli par M Marcel FOUCHET (de Marcilly-sur-Eure) au lieudit « Pied du Bois des Côtes » et enfin transporté par Michel PIERRE (résistant de Nonancourt) chez M. André PENNUEN à La Madeleine-de-Nonancourt du 10 au 13 Avril 1944.

Le réseau de résistance de Nonancourt (Réseau HUNTER) décide alors de prendre en charge le Lt Donald LEWIS qui est conduit chez M. Léon TROSSEAU (pharmacien à Nonancourt) en plein jour dans une Rosengard (voiture française) alors que le brancard dépassait de l’automobile. En arrivant chez M. TROSSEAU, un groupe d’Allemands propose ses services pour sortir du véhicule ce « grand malade ».

Un autre résistant local, M. Roger ESQUERRE (plombier de profession) accepta de loger ce colis encombrant et le place sur un lit de camp dans lequel il sera soigné par M. TROSSEAU et le Docteur COUTURAT (de Saint-Lubin-des-Joncherets) durant quinze jours.

Compte tenu de la gravité des brûlures du Lt LEWIS, le pharmacien dut utiliser des moyens radicaux et douloureux, autrement-dit l’écorchage et l’épluchage des peaux brûlées avec nettoyage à l’éther (soin selon le principe du tannage).

Un jour, les Allemands repérèrent les émissions pirates et voulurent visiter la cachette. L’officier US fut alors déplacé d’urgence chez M. PENNUEN à La Madeleine de Nonancourt puis chez M. et Mme PLANCHENAULT (pépiniériste) à Saint-Lubin-des-Joncherets, où il restera caché durant un mois.

Il sera ensuite caché chez Mme MADELAINE au Buisson-Chevalier, dans l’Eure, près de Damville et sera ramené chez le garde-forestier, M. LAMOUREUX à Dampierre-sur-Avre pour un mois.

Rapport d'évasion du 2nd Lt Donald LEWIS

Informations complémentaires du Réseau Comète

Son transfert vers le Camp de Fréteval

Après trois mois caché dans la région de Nonancourt, le 14 Juin 1944, le Lt Donald LEWIS est conduit au Camp de Fréteval (au camp de "Lucien") avec un autre homme, un anglais dénommé « John » par le Docteur DUFOUR.

Ce camp de Frèteval est un second réseau d’évasion installé dans la forêt de Fréteval, près de Châteaudun, destiné à recueillir les aviateurs évadés et attendre l’arrivée des troupes terrestres alliées après le débarquement en Normandie.

L'histoire du Camp de Fréteval

Le camp de Fréteval fut libéré le 13 Août 1944 et le Lt LEWIS regagna la Grande Bretagne le 15 Août suivant.

 

L'après-guerre

Après la guerre, Donald LEWIS fut pilote d’essai puis employé d’assurance. En retraite dans l’Orégon, il revint en France le 19 Septembre 1974 et rencontra son sauveteur, M. TROSSEAU à Angers (où il vivait désormais)  puis ses autres amis de la résistance à Nonancourt (Roger ESQUERRE, Jean CUTUIL et Mme PLANCHENAULT).

Né le 14 Juin 1921 à Coalinga (Californie), il mourut le 25 Avril 1991 à Grants Pass (Oregon) et repose au Eagle Point National Cemetery.

 

 

 

 


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