Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 05 JUILLET 1944

 

Le crash de deux B-26 près de Dreux

 

Après une longue nuit meurtrière pour les aviateurs alliés, le soleil se lève enfin sur l’Eure-et-Loir. Toutefois, la journée à venir sera tout aussi mouvementée.

Le matin du 05 Juillet 1944, les bombardiers moyens B-26 du 391st BG (9ème Air Force), basés en Angleterre à Matching Green, effectuent leur première mission du mois de Juillet 1944, les quatre jours précédents étant marqués par le mauvais temps rendant toute mission de bombardement impossible. Un dépôt d'essence et de munitions allemands installé dans la forêt de Senonches est l'objectif principal (mission n°108 du 391st BG).

Ainsi, après deux reports du départ, trente six appareils décollèrent de leur base en trois vagues de douze vers 08H00-08H30. Par malchance, l'appareil leader eut des ennuis mécaniques et dut faire demi-tour. Ce genre d'événements imprévus avait pour habitude de porter la poisse...

 

Chacune des trois formations de B-26 du 391st BG avaient un objectif différent. En effet, les objectifs étaient les voies ferrées de Conches (Eure), le dépôt de munition de carburant et de munition dans la forêt de Senonches et enfin le dépôt de carburant dans la forêt de Dreux.

Une autre version préciserait qu'une des trois formations de B-26 (soit 11 appareils sur 35) ait mal identifié l'objectif et que la forêt de Dreux aurait été confondue avec la forêt de Senonches. Ainsi, 163 bombes de 250 livres furent larguées par erreur sur la forêt de Dreux.

Or, la région de Dreux est fortement défendue par la DCA en raison de la présence du terrain d’aviation allemand et les 11 B-26 furent pris à partie par la DCA. A l'approche de Dreux, la défense anti-aérienne allemande des Buissons se révéla active et précise puisque deux B-26 furent touchés mortellement à 10H15.

Trajet effectif de la formation des B-26 ce 05 Juillet 1944

 .

Photos du bombardement de la forêt de Dreux le 05 juillet 1944

.

.

Le crash du B-26 "PINK 'S LADY II" de Vert-en-Drouais

Plusieurs fois touché, le B-26C n°42-107834 (Code « T6-F » et nommé « Pink’s Lady II ») piloté par le Lt Louis E. HARTMANN du 575th BS, 391st BG s'enflamma. En effet, situé sous le cockpit, le train avant de l'avion commença à prendre feu puis un second obus atteignit le moteur droit. Le copilote ordonna à l'équipage d'abandonner le bombardier. Lui-même, ainsi que le co-pilote, le radio-navigateur parviendront à s'extraire de la carlingue en feu par la soute à bombe et à sauter en parachute. Seuls le mécanicien et le mitrailleur resteront prisonniers des flammes et trouveront la mort lors de crash de l'appareil. Pour Edward GROVE, le mitrailleur, c'était la première fois qu'il collaborait avec son nouvel équipage.

L'appareil s'écrasa finalement à quelques kilomètres à l'Ouest de Dreux, à Vert-en-Drouais .

Par malchance, le parachute du pilote, Louis HARTMAN, se mit en torche et viendra s'écraser au sol près du Luat. Une femme témoin du Luat (âgée de 16 ans à l'époque) précisa: "Il s'écrasa au sol en haut de la côte des écoliers près d'un champ de pommiers. Ses cheveux et ses cils étaient brûlés. Il s'était littéralement planté debout en terre à quelques dizaines de mètres de nous". 

 

 

 

 

Debout de gauche à droite :Joseph Baker (fut remplacé par Edward Grove le 5 juillet), Kenneth Arneson, Louis Hartman. A genoux G à D :Donald Shearer, Adolph Pavinski.

Sur la photo, Donald Collins est absent (Photo Donald Shearer)   

 

 

B-26 Pink’s Lady II n°42-107834

MACR n°6359 (B-26 piloté par le Lt HARTMAN)

.

La mort de trois aviateurs

Les corps des trois victimes seront dans un premier temps enterrés avec des croix en bois par les habitants dans le cimetière communal de Vert-en-drouais sous le contrôle des Allemands puis, à la libération, les corps furent transférés au cimetière militaire de Saint-André-de-l'Eure pour être formellement identifiés et à nouveau inhumés au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer.

Ces aviateurs sont le pilote Louis E. HARTMAN, le Sgt Adolph L. PAVINSKI et le Edward Nelson GROVE (Plot A, Rang 11, Grave 22).

Registres de l'Etat Civil de la Commune de Vert-et-Drouais (Source: Site de la Mairie)

.

         

Louis E. HARTMAN (Photos Donald Shearer)

.

              

Adolph L. PAVINSKI (Photo Donald Shearer)        Edward Nelson GROVE (Source: USWARMEMORIALS.org)

.

Plaque commémorative à Vert-en-Drouais

.

La capture immédiate de deux aviateurs

Quant aux survivants, Donald COLLINS et Kenneth ARNESON furent presque immédiatement arrêtés par les Allemands.

Gravement blessé au dos lors de son saut en parachute et brûlé aux mains, visage et jambes, le Lt ARNESON fut hospitalisé durant 16 jours à l’hôpital de Chartres (où il fut bien traité) puis transféré dans un autre hôpital à Paris du 21 Juillet au 19 Août 1944, date à laquelle la résistance prit le contrôle de l’hôpital. Le 2nd Lt Kenneth L. ARNESON fut finalement libéré par les forces alliées. Rapport de la libération du 2nd Lt Kenneth L. ARNESON . Il fut de nouveau transféré durant 10 jours à l’hôpital de La Pitiè puis il fut évacué par les forces alliées et regagna l’Angleterre le 04 Septembre 1944.

  Kenneth L. ARNESON

 

 

L'évasion échouée du Sgt Donald SHEARER

De son coté, le Sergent Donald Ray SHEARER, à peine âgé de 20 ans, atterrira dans un arbre près de Tison. "Je suis américain" était les seuls mots qu'il connaissait du français. La première personne qu'il rencontra était un vieil homme qui le prit pour un Allemand en raison de son accent. A la nuit tombée, il sera conduit dans la ferme de M. HUREL par deux employées où il sera nourri et y passera la nuit. Habillé de vêtements civils, il sera pris en charge le lendemain par le réseau de résistance d'Illiers-l'Evêque puis M. VIGOUREUX l'accompagnera au Verger de Muzy, chez Mme ORIAL où pendant cinq jours l'aviateur sera caché.

Donald SHEARER fut ensuite confié au réseau d'évasion nommé "Réseau Picourt" afin que l'aviateur soit conduit vers Paris pour regagner l'Angleterre via Gibraltar.

 

Toutefois, ce réseau était infiltré par un traître qui livrait les évadés au quartier général de la Gestapo de Paris au lieu de les remettre à d'autres membres de la résistance. Ainsi, en toute confiance, le radio-opérateur fut emmené en voiture à Paris par le fameu traite, Jean-Jacques DESOUBRIE puis livré à la GESTAPO.

Rapport allemand de la capture du Sgt SHEARER

.

Habillé en civil et non pas en militaire, l'aviateur fut considéré non pas comme un prisonnier de guerre mais comme un espion. Il fut incarcéré à la prison de Fresnes pendant un mois avant d'être déporté au camp de concentration de Buchenwald où il séjourna deux autres mois. En raison de l'avancée des troupes alliées, il sera transféré le 21 Octobre 1944 au camp de Sagan, tenu par la Luftwaffe et réservé aux aviateurs alliés. Après plusieurs déménagements (Nuremberg, Moosberg), il sera libéré à la fin du mois d'Avril 1945 par la 3ème Armée du Général PATTON.

.

La venue de Donald SHEARER en France en 1997

Grâce au travail de l'Association FORCED LANDING et, plus précisément de M. GRUSON, la trace des trois survivants de 1944 fut retrouvée en 1995 lors d'un voyage au Etats-Unis. Seuls Donald E. COLLINS et Donald R. SHEARER étaient encore en vie, le co-pilote Kenneth ARNESON étant décédé en 1986.

Un pèlerinage fut alors organisé pour 1997 mais Donald COLLINS, trop malade, ne put venir. En revanche, c'est avec plaisir que l'ancien radio-opérateur Donald SHEARER (âgé alors de 73 ans) se rendit en France accompagné de son épouse pour se recueillir sur les lieux du crash du 05 Juillet 1944 où trois de ses camarades perdirent la vie. Une plaque commémorative fut inaugurée à cette occasion par l'Association Forced Landing en collaboration avec la commune du crash.

 

              

                  Donald R. SHEARER                Donald SHEARER (à gauche) en 1997

 

 

 Le crash du B-26 "LADY GODIVA" d'Abondant

Dans des circonstances identiques, un second B-26C n°42-107811 (Code « O8-V » et nommé « Lady Godiva ») piloté par le Lt Michael R. PETRICH du 575th BS, du 391st BG fut abattu par un coup direct de la DCA dans la soute à bombe, ce qui eut pour effet de couper l'appareil en deux morceaux. Le bombardier s’écrase dans la forêt de Dreux, sur le territoire de la Commune d’Abondant.

  

.

.

Lt Michael PETRICH en 1943

(source : Photo librairie du Congrès)

 

B-26 42-107811 « Lady Godiva »            B-26 du 575th Bomber Squadron

. Rapport MACR n°6360 (B-26 piloté par le Lt PETRICH)

.

Après avoir été touché par la Flak, le pilote comprit très vite la gravité de la situation et donna l’ordre d’évacuer l’appareil.

.

L'évasion échouée du Lt Michael PETRICH

Le Lt Michael PETRICH réussit à s’évader dans un premier temps. Pris en charge par la résistance locale, il fut emmené à Paris avant de s’évader vers l’Espagne. Toutefois, il fut trahi par un agent double qui avait infiltré le réseau (Jean Jacques Desoubri) et il fut remis directement à la Gestapo. Emprisonné dans un premier temps à la prison de Fresnes jusqu’au 15 Août 1944, il fut ensuite emmené en Allemagne, au camp de Buchenwald puis au Stalag III de Sagan.

Rapport allemand de la capture du Lt Michael PETRICK et S/Sgt Robert READ

.

La capture du S/Sgt Robert READ

Le S/Sgt Robert READ réussit à sauter en parachute mais il se blesse au dos et il est capturé par les soldats allemands. Sa trace est retrouvée à l’hôpital de Chartres où il fut soigné avec le Lt Kenneth ARNESON du B-26 42-107834 tombé à Vert-en-Drouais (même mission). Vite rétabli, il quitta l’hôpital avant le Lt ARNESON et fut interné au Stalag Luft 4 Gross-Tychow durant le restant de la guerre. 

La mort de 4 membres d'équipage

Quatre hommes d’équipage purent sauter en parachute mais l’un d’entre eux (non identifié) s’écrasa au sol, au lieudit « la Saboterie » à Abondant, son parachute s’étant mis en torche. Selon les témoins de l’époque, le corps fut relevé après-guerre par les autorités américains pour être emmené à Saint-André-de-l’Eure. Il s'agit sans doute du corps du T/Sgt Ernest Martel

 

Le Lt Robert B. SULLIVAN réussit à atteindre le sol mais il est gravement blessé, les accessoires de son parachute lui ayant presque tranché les jambes. Son état était si grave que les soldats allemands l’abattirent au sol. Son corps fut inhumé à St-George-Motel/Montreuil. Relevé après la guerre, son corps repose désormais au cimetière Industry à McDonough County (Illinois).

Rapport allemand concernant le Lt Robert B. SULLIVAN

 

Et enfin, les soldats allemands se rendirent sur les lieux du crash et trouvèrent deux corps non identifiés (dont un qui se  trouvait dans la queue de l’appareil). Il s'agit très certainement des corps du Sgt Edwin G. INSLEY et du S/Sgt Bryan B. AMBROSE. Les soldats allemands enterrèrent sommairement les deux corps dans la forêt et déclarèrent  les décès en Mairie d’Abondant. Un acte de décès fut alors dressé par le Maire dans l’Etat-Civil de la Commune.

Plaque à la mémoire du T/Sgt Edwin G. INLSEY

(cimetière communal de Dreux)

 

Memorium de Robert SULLIVAN

(Cimetière Industry, McDonough County, Illinois)

Mémorium de Bryan AMBROSE

(cimetière Southern Memorial Park, Miami, Floride)

  .

  

Sgt Ernest MARTEL – Tombe à Colleville-sur-Mer (14)

.

       

Robert B. SULLIVAN             Dog Tag retrouvée par les Allemands sur le crash

 

 Témoignage du Lt Michael PETRICH (collecté de 1992):

« Après ma formation de pilote cadet en Juin 1943, je fus assigné à un entrainement de formation sur B-26 à Dodge City (Kansas). Une fois effectuée, je fus réaffecté à Avon Park (Floride), puis McDill Field (Floride), Lake Charles (Louisiane), Hunter Field Savannag (Georgie) et enfin Homestead Fled (Floride). Moi et mes deux hommes d’équipage quittèrent Homestead à Noël 1943 pour se rendre en Angleterre, via Borinquen Field (Porto Rico), l’île Ascension, l’Afrique du Nord, Marrakech pour arriver en Janvier 1943, après quelques escapades.

Je continuai mon entrainement en Ireland du Nord et je fus assigné au 575th Squadron du 391st Bomber Group en Mars 1943 en tant que premier équipage de remplacement. Je réalisai ma première mission de combat sur le port du Havre, avec la fonction de co-pilote. Pour les missions suivantes, je devins pilote, parfois même leader d’un flight.

Le 05 Juillet 1944, il s’agissait de ma 42ème mission et l’objectif était un dépôt de munition à Dreux. Sur le chemin aller, nous avons quitté notre itinéraire prévu et avons viré à gauche, avec Tommy TUCKER qui piloté l’appareil à ma droite.

Lui et son équipage regardais avec insistance notre appareil quand je compris que mon appareil commençait sa chute. Mon co-pilote et moi avons tenté de pousser la puissance des moteurs afin de ne pas percuter un autre appareil de la formation, ce qui était courant. L’appareil était hors de contrôle et il ouvrit la trappe supérieure. Je me suis retrouvé en chute libre et je tirai immédiatement sur le cordon du parachute. Je regardai au sol et je vis au sol, en train de brûler, la partie principale de l’avion dans laquelle j’étais quelques instants avant. La partie principale était à 200/300 mètres de la queue, avec un parachute qui flottait juste au-dessus. Les deux parties de l’appareil était dans une clairière et je descendais droit sur la forêt qui entourait cette clairière. J’ai tiré les cordes pour changer de direction mais en vain. J’ai serré les jambes et j’ai atterri dans un arbre. Je n’étais pas blessé et j’ai tenté de replier mon parachute, conformément aux instructions, mais j’ai vite compris que je n’y arriverai pas. J’ai descendu l’arbre et j’ai enlevé mon pistolet car je ne me voyais pas combattre l’armée allemande. J’ai alors caché ma Mae West et mon pistolet sous un tas de feuilles, au pied de l’arbre. Entendant des moteurs de véhicules, je suis resté dans la forêt mais me mit à marcher. Finalement, le son était celui de quelqu’un qui coupait du bois et je me dirigeais vers le bruit. Il s’agit d’un très vieil homme et je lui dis « je suis américain ». Il me regarda et me demanda de rester là. N’ayant pas confiance, je l’ai suivi et il alla dans une clairière où il y avait une ferme. Il y avait toutes sortes d’Allemands qui se promenaient dans la ferme. Donc, je suis allé en direction de la route où j’avais entendu les véhicules, j’ai traversé cette route et marché dans la forêt vers le Nord, vers l’Angleterre…J’arrivai à la limite de la forêt et je vis un poste de Flak, celui qui avait très certainement abattu mon appareil. Vers 13h00/13h30, je vis un homme marchant dans un champ et je me présentai. Immédiatement, il regarda dans toutes les directions et me demanda de le suivre sur 300 mètres jusqu’à une cabane à outils où il me demanda de rester. Il s’agit d’un fermier portugais marié avec une française et nous avons réussi à communiquer un peu en espagnol. Je portais ma combinaison de vol avec mon nom sur la poitrine. Le fermier prit son couteau et enleva mon nom et il frotta de la terre sur mes vêtements pour les salir et vieillir. Il me demanda d’attendre ici et, cette fois-ci, j’avais confiance en cet homme.

Il revint une heure après avec deux ou trois hommes et un vélo et me dit « viens ». Ils m’emmenèrent dans une ferme. Les femmes sont venues en courant, énervées et interrogeaient le fermier. Il me demanda où était mon parachute et je compris que les femmes le voulait pour confectionner des vêtements. Dans leur maison, ils m’offrirent à manger. Le fermier m’expliqua qu’il était dangereux de rester dans la ferme et qu’il allait m’emmener dans une autre ferme avec d’autres de mes camarades. J’espérai que ces personnes soient de mon équipage…Nous avons pris les vélos et avons parcouru de nombreux kilomètres. Arrivé à la nouvelle ferme, j’ai fait connaissance avec Joe DENATO, bombardier dans un B-24, abattu la nuit précédente, par la même Flak. Il était avec deux autres membres de son équipage.

Le Français me prévint alors que mon co-pilote, le Lt SULLIVAN, était mort dans le crash. Il réussit à sauter en parachute mais les accessoires le blessèrent gravement, à tel point qu’il avait les jambes presque coupées. Les Allemands racontèrent qu’il était si gravement blessé qu’ils durent l’abattre à terre.

Au regard de mon expérience, le T/Sgt Ed INSLEY, mon bombardier qui se trouvait dans le nez de l’appareil, n’avait aucune chance de pouvoir évacuer l’appareil. D’après ses calculs, il s’est écoulé 30 secondes entre le tir d’obus et le crash de l’appareil alors qu’il faut au moins une minute au bombardier pour pouvoir sortir de son poste.

The mitrailleur de tourelle, T/Sgt Ernest MARTEL et le mitrailleur de queue, Brian AMBROSE ont été tués tous les deux lorsque l’appareil a été touché. Le parachute que j’ai vu près de la queue (qui ne peut s’ouvrir que volontairement) est très certainement le parachute du mitrailleur Robert READ. Il a été blessé par des éclats d’obus dans le derrière et dans le cou. Les Allemands l’emmenèrent à l’hôpital et il passa le restant de la guerre dans un hôpital. Je continue à correspondre avec lui et il vit désormais à Brisbane en Australie. Nous sommes les deux seuls survivants de cet appareil.

Après deux jours dans cette ferme, on nous a annoncé que nous allions regagner l’Angleterre avec l’arrivée d’un DC-3 mais nous savions que ce type d’appareil ne pouvait ni atterrir, ni décoller dans les environs.

Une évasion vers l’Espagne a alors été envisagée et on vient nous chercher en voiture pour nous emmener à Paris. Le voyage fut inconfortable, à quatre sur les sièges arrière. Ils nous déposèrent dans un hôtel où nous sommes restés plusieurs jours. Parfois, nous étions confiés à un groupe différent.

Un de ses gars était un espagnol et il avait été à CalTechn, à Pasadena (Californie). Son nom était « Jacques ». Il venait tous les jours et nous apportait de la nourriture. Il nous emmena en voiture au travers de Paris occupé par les Allemands. Après 6 jours, il nous informa que nous allions monter dans un camion à destination de l’Espagne. Le lendemain matin, ils vinrent nous chercher en voiture, on traversa le centre de Paris. Jacques nous laissa à un camion et le dit « Bonjour à la Californie » et il réclama à tous notre argent et nos cartes d’identité. Nous étions dix-sept dans le camion et nous avons pris le départ au travers des rues de Paris. Soudain, nous avons pris un virage serré et j’ai souleva la bâche arrière du camion et je vis une porte de fer et des soldats allemands. Ils dirent « Mains en l’air, nous vous avons eu », nous étions au quartier général de la Gestapo à Paris. Nous avons été interrogés durant deux jours sans manger puis emmenés à la prison de Fresnes certainement le 1er Août 1944. Le 25 Août 1944, on nous sortit de nos cellules et on monta dans un train à Paris à destination de l’Allemagne, via Frankfurt. Je fus emprisonné ensuite dans le camp de Buchenwald où l’un de mes meilleurs amis était le pilote de P-47, le Lt L.C. BECK ».

Le P47 n° 42-8473 du Lt Levitt C. BECK s’écrasa le 29 Juin 1944 à Anet, donc près d’Abondant, lieu du crash du Lt PETRICH. Il décéda d’une pneumonie le 2 Octobre 1944 dans un hôpital près, du camp de Buchenwald.

 

La perte d'un P-47 vers Dreux

La formation de bombardiers B-26 du 391st BG était protégée et escorté par des chasseurs, dont ceux du 362nd FG jusqu'à la forêt de Senonches.

Toutefois, vers 10H15, ces chasseurs furent attaqués par quatre Me-109 G-6 du II./JG53 par derrière à 13.000 pieds.

.

Le P-47 n°42-76442 piloté par le 2nd Lt Ralph Dewaine DAY (Matr. 0-695308) du 362nd FG, 377th FS se mit à fumer et il tenta de regaganer les têtes de ponts alliées mais, tout d'un coup, l'appareil se mit à plonger. Le pilote sauta en parachute à 8.000 pieds d'altitude mais il ne s'ouvrit pas. Le P-47 du Lt DAY s'écrasa à Monnai (61).

Le pilote allemand Hptm Meimberg revendiqua officiellement une victoire sur un P-47 vers Dreux à 10H42.

Rapport MACR n°6663 (P-47 du 2nd Lt Ralph DAY)

 

 Bombardement de Sainte-Maxime-Hauterive

A 11h00, trois groupes de six bombardiers entre 2.000 et 5.000 mètres d’altitude déversent une centaine de bombes sur Hauterive, Commune de Saint-Maxime-Hauterive. Trois d’entre elles n’ont pas éclaté, la signalisation de ces dernières a été effectuée par l’apposition de pancartes portant l’inscription « danger de mort ». Le bombardement a eu lieu en rase campagne. La région arrosée par les projectiles se situe approximativement au centre du triangle formé par les routes de St Maxime à Jaudrais (I.C.140), de Jaudrais à hauterive (I.C.140.14) et de Hauterive à St-Maxime (I.C133). Un charretier a été tué à l’air libre (dehors).

.

Combat aérien près de Chartres

Vers 12h00, deux spitfires canadiens du 401 et 412 Squadron sont en patrouille de reconnaissance armée dans la région de Chartres lorsqu’ils  surprennent quatre Fw-190 volant à basse altitude. Le F/O Robert M. DAVENPORT (RCAF) du 401 Squadron et le F/O Donald C. LAUBMAN (RCAF) abattent chacun un Fw-190, le premier au Nord-Ouest de Chartres avec son Spitfire ML142, le second à l’Ouest de Chartres, avec son Spitfire MJ485.

Les archives allemandes confirment ce combat aérien contre des Spitfire localisé entre Chartres et Evreux et  entraine  la perte de deux Fw190 :

- Fw-190 A-8  n°170381 de l’Ofhr. Hans-Paul GRÜNE du St I./JG2. Le pilote est porté disparu.

- Fw-190 A-8 n°172681 du Lt  Max WITTEN du 3./JG2. Le pilote est tué.

.

La perte d’un P-47 près de Breteuil-sur-Iton (27)

Le 78th FG est en mission d’escorte de bombardiers sur la ville de Châteauroux. L’itinéraire est de la base au Tréport. puis direction Châteauroux puis retour par Conches et base. La visibilité est plutôt bonne avec un plafond nuageux à 7.000 pieds.

Vers 16h00, un P-47 D-25 Nr 42-26583 du 78th FG, 84th FS piloté par le Lt William III NEWTON (matr. 0-438047) est abattu en combat aérien près de Breteuil-sur-Iton (27). Le pilote est tué. Son corps est inhumé à Colleville-sur-Mer.

Témoignage du 1st Lt Abel J. LUTHER :

« J’étais le leader du Flight bleu. A 16h00, près de Conches, nous avons été attaqués par 6 Me-109 situés à 12.000 pieds.  Nous étions en train de rentrés dans les nuages et ils étaient au-dessus de nous.  On se sépara et grimpa autour d’eux.  Je crois que mon ailier n°3, le Lt William NEWTON continua à travers les nuages après la 1ère attaque ennemie. C’est la dernière fois que je le vis ou entendis ».

Rapport MACR n°6561 (P-47 du Lt NEWTON)

 

 

Bombardement de la gare de La Loupe

Entre 15h00 et 15h15, dix chasseurs-bombardiers bombardent la gare de La Loupe avec 25 bombes de 50 Kg. Cinq appareils reviendront mitrailler cette gare de nouveau vers 16h00 et six autres vers 18h00.

  

La perte d’un P-47 à Breuilpont (27)

Vers 20H15, les P-47 du 406th FG sont en mission de reconnaissance armée sur Chartres.

Lors du chemin retour, à hauteur d'Evreux et à une altitude de 11.000 pieds, la formation est attaquée par trois Fw-190. Le Flight de P-47 se sépara immédiatement pour engager le combat. Le Lt Noah LEWIN-EPSTEIN perdit alors des yeux son ailier, le 2nd Lt SPRINGER.

Après avoir abattu un des Fw-190, le Lt LEWIN-EPSTEIN aperçut un P-47 avec de la fumée et plongeant vers le sol.

Il s'agit du P-47 n°42-74660 du 406th FG, 514th FS piloté par le 2nd Lt Elmer Ellsworth SPRINGER (matr. 0-695100) a été mortellement touché et s'écrase à 2 Km au Nord-Est de Breuilpont (27), au Sud de Pacy-Sur-Eure.

Le pilote, qui réalisait alors sa 15ème mission opérationnelle, saute en parachute, atterrit près de l’épave de son appareil puis court vers un bois.

Il fut pris en charge par la résistance locale, dans un chateau précédemment occupé par les Allemand, puis il fut caché à Chaignes du 8 au 18 Juillet (chez l'institurice Melle Berthe FOUGERES) puis il fut transporté chez M. et Mme SAULE à Menil-Guyon (61) jusqu’à l’arrivée des troupes américaines, le 18 Août 1944.

Rapport MACR n°6618 (P-47 du 2nd Lt SPRINGER)

Rapport d'évasion du 2nd Lt SPRINGER

.

Vers 20H20-20H40, les Fw-190 sont en effet en patrouille entre Conches et Saint-André-de-l'Eure attaquent des P-47. L'Uffz BRINK et l'Oblt GROSSFUSS de la 2./JG2 revendique chacun un P-47 au Sud-Est de Conches et un second vers Sainbt-André-de-l'Eure. Les pilotes allemands ont finalement été surpassés par la formation importante de P-47 et rapportent avoir combattu 35 P-47. Touché à son tour, l'Oblt GROSSFUSS évacue son Fw-190 A-6 n°170774 et saute en parachute au-dessus de Saint-André-de-l'Eure.

.

.

.

Cette fin de journée du 5 juillet fut marquée par une décision radicale de la Feldkommandanture d’Eure-et-Loir :

- La circulation en vélo fut décrétée interdite sur toute l’étendue du département.

- La circulation est simplement interdite dans Chartres après 20h30.

Cette décision était motivée par des « actes terrorismes répétés » lors des derniers jours.

Objectivement, il s’agissait aussi d’empêcher le secours et les déplacements des nombreux aviateurs alliés tombés en Eure-et-Loir, lors de ces dernières heures.

Cette interdiction sera finalement levée le 12 Juillet suivants.

 

Nombre de visiteurs:


compteur de visite html
Dernière mISE d

Dernière mise à jour: 22/04/2024
Mentions légales
: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110).
Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com -

- Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH -
RGPD
: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 -