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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| LE DEBARQUEMENT EN NORMANDIE CE 06 JUIN 1944 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Mitraillages incessants des routes et de tout objectif Contre toute attente, la
matinée du 06 Juin 1944 fut calme et sans attaque jusqu’à
11H45. En revanche, le restant de la journée fut marqué par
une activité aérienne extrêmement intense avec alternance
d’attaques aériennes à la mitrailleuse et bombardements
stratégiques par les chasseurs-bombardiers. Les voies
ferrées, les gares et les trains sont des objectifs
prioritaires et le seront encore jusqu’à la libération en
Août 1944. Pour preuves :
11H45 :
Bombardement et mitraillage de la gare de triage de Dreux
par 12 chasseurs-bombardiers à basse altitude. 6 bombes de
250 kg furent larguées. Les voies ferrées sont coupées. Mitraillage de la gare de
Pontgouin par un chasseur-bombardier à très basse
altitude. Un train était garé et un wagon s’enflamme. 12H25 :
Mitraillage et bombardement à Villemeux par 4
chasseurs-bombardiers à très basse altitude. Deux bombes
larguées. L’objectif demeure indéterminé. Un immeuble est
détruit, deux sont inhabitables et 7 sont endommagés. Bombardement de la gare de
La Loupe par 6 chasseurs-bombardiers attaquant
successivement à la bombe à très basse altitude. 12 bombes
de 50 à 80 Kg furent larguées. 3 blessés. Deux immeubles
sont détruits et 20 sont endommagés. Les voies ferrées et
les caténaires sont coupées et 13 wagons sont endommagés. Le
rapport SNCF indique que les voies principales et de
manœuvre sont coupées avec château d’eau perforé, halle P.V
et bureau démolis. La locomotive n°32.537 fut mitraillée.
Pas de victime. 12H30 :
Mitraillage d’un train de marchandises au Gault-St-Denis
par 4 chasseurs-bombardiers à très basse altitude. 1
personne tuée. Bombardement à Hanches
par un chasseur-bombardier. Deux bombes sont larguées et
endommagent deux immeubles rendus inhabitables. 12H55 :
Mitraillage d’un camion à Digny par trois
chasseurs-bombardiers à très basse altitude. Trois tués et
deux blessés. 13H45 :
Mitraillage d’un train de marchandises à La Taye. Les
wagons sont incendiés. Le train était sur la voie ferrée
« Paris-Bordeaux » et allait vers Château-du-Loir. 14H00 :
Mitraillage d’une camionnette par un chasseur-bombardier sur
la RN12 à l’Ouest de Dreux. Deux blessés. 14H15 :
Mitraillage d’un convoi à Chuisnes par un
chasseur-bombardier à très basse altitude. Des meules de
pailles ont été incendiées. 15H00 :
Mitraillage d’une locomotive par un chasseur-bombardier à
Amilly. Locomotive endommagée.
21H00 :
Mitraillage d’un train à deux kilomètres de la gare de
Santeuil par 10 chasseurs-bombardiers à très basse
altitude. Locomotive endommagée. Cinq personnes blessées.
Attaques de deux trains près de
Chartres par les chasseurs-bombardiers alliés (Photos USNA)
Le 06 Juin 1944, vers 14h15, les P-51 du 361st FG, 375rd FS sont en mission d'escorte de bombardiers lorsqu'ils décident d'attaquer le terrain d'aviation allemand de Dreux. Le P-51C n°42103347 piloté par le Lt Laurence Bean PERRY (matr. 0-803447) est mortellement touché par la Flak entre Chartres et Dreux. Témoignage du Lt Dean R. MOREHOUSE: "Mardi 06 Juin 1944, vers 14h15, à 5 miles au Nord de Chartres, le Lt PERRY fut touché par une flak légère et par des tirs de calibre 0,50. Son appareil explosa en flammes et l'aile droite se détacha, il se retourna sur le dos et alla s'écraser au sol. Il volait alors très bas, à une altitude d'environ 50 pieds". Le Lt PERRY et son apapreil s'écarse à Coudres, à 3Km au Sud de Saint-André-de-l'Eure (27). Il est inhumé à Saint-André-de-l'Eure le lendemain..
Lt Laurence Bean PERRY (source: Site "Find a Grave")
Le crash d’un
P-38 de reconnaissance photographique à D Bien que les forces alliées
semblent ignorer sa présence, la région de Châteaudun abrite
la PANZER LEHR DIVISION (division blindée équipée de
Panther) depuis le début du mois de Mai 1944. Depuis des
semaines, cette division s’applique à camoufler ses chars et
ses véhicules afin de ne pas être repérée et pouvoir
intervenir rapidement si un débarquement est annoncé. Conformément aux exercices de
préparation, la Panzer-Lehr est en alerte toute la journée
du 6 juin 1944 et les colonnes de blindés sont formées à
17H00 pour entamer leur marche vers le front normand. Au même moment, à 15H45,
l’agitation au sol dans la région de Châteaudun attire
l’attention d’une escadrille de reconnaissance
photographique : Deux P-38 du 7th Photo Reconnaissance sont
en mission de surveillance entre Bricy et Châteaudun
lorsqu’un des appareils est abattu par la Flak. Voici le récit du Lt Irl R.
COSBY qui put rentrer à sa base : « Le 06 Juin 1944, je volai
en formation avec le Lt James E. WICKER pour une mission en
France. Nous étions en contact continu par radio jusqu'à ce
que nous atteignions la zone de Châteaudun, à
approximativement 15H45. Le contact visuel était maintenu
excepté durant une période de 10 minutes lorsque nous avons
traversé des nuages. Une Flak légère faiblement précise fut
rencontrée dans la zone Orléans/Bricy. A Châteaudun, nous
avons à nouveau été pris pour cible par une Flak lourde et
très précise. A Châteaudun, je volai à environ 1 mile devant
le Lt WICKER et je l'informai être dans une zone défendue
par une Flak lourde. Il ne me répondit pas. Je le recherchai
visuellement et ne vit rien excepté un nuage de fumée noire
au sol. Je descendis à 2.000 pieds d'altitude et tenta de me
rapprocher de la zone à l'origine de cette fumée mais la
Flak m'en empêcha. Je ne vis aucun autre appareil à ce
moment là et la visibilité était de 10 miles avec une
couverture nuageuse de 8/10 à 2.500 pieds d'altitude. Je
retournai alors à ma base". En réalité, le P-38 F-50-1-Lo (F5-C) n° de série 42-67246 piloté par le Lt James E. WICKER (matr. 0-754570) du 7th Photo Reconnaissance, 22nd Squadron Photo Reco fut abattu par la Flak et il s'écrasa dans la carrière d'Orsonville sur la Commune de Donnemain-Saint-Mames, à 5 km au Nord-Est de Châteaudun. Le pilote put évacuer son appareil et sauta en parachute. Il fut immédiatement capturé près du lieu du crash. L’appareil portait le nom de « Bluebell 2 ».
. ![]() Rapport du crash du P-38 du Lt James E. WICKER
Soirée du 06 Juin 1944 : Un
combat inégal entre P-51 et Ju-87 Malgré une réaction un peu
tardive, le haut commandement allemand semble enfin réagir
en fin d’après-midi du 06 Juin 1944. Il prend conscience de
l’impressionnante armada et des moyens mis en œuvre par les
alliés pour réussir leur débarquement en Normandie. Il ordonne alors à toutes les
forces aériennes ou terrestres disponibles d’intervenir sur
le nouveau front de l’Ouest. Même les forces les plus
improbables sont appelées à intervenir : c’est le cas de la
II./SG103, unité d’écolage de METZ-FRESCATY qui est équipée
de Ju-87 Stuka (appareil dépassé employé de 1936 à 1940 puis
reclassé à des tâches secondaires). Cette escadrille improvisée de
chasseurs-bombardiers Ju-87 Stuka fut mobilisée au cours de
la journée du 06 Juin 1944 et avaient comme mission
d’atterrir sur le terrain d’aviation du Mans en soirée (pour
profiter de l’obscurité) pour ensuite bombarder quelques
navires de nuit sur les plages du débarquement. Toutefois,
c’était sans compter sur la présence et la suprématie de
l’aviation alliée… Peu avant 21H00, deux pilotes
du 339th FG, 505th FS (Lt Mc MAHON et MUDGE) furent séparés
du restant de leur groupe alors qu’ils devaient attaquer des
objectifs à l’arrière du front. Rencontrant leurs camarades
du 355th FG (355th FS et 357th FS), ils décidèrent de
continuer leur route ensemble. A 20H55, la formation
américaine croisa la route des Stuka dans la région de
Chartres-Voves et un combat totalement inégal s’engagea, ne
laissant aucune chance aux pilotes allemands. Douze
victoires furent immédiatement revendiquées par les
chasseurs américains, sans perte en contrepartie. Un des Ju-87 était un Ju-87
A-3, quatre étaient des Ju-87C (version navale du Ju-87 B,
avec des ailes repliables, version destinée au porte-avion
Graf Zeppelin). Cinq des Ju-87 furent détruits (1 équipage
tué, un équipage porté disparu) et 4 autres Ju-87 réussirent
à se poser. Parmi ceux qui purent se poser, l'un était un
prototype Ju-87 V-3 et son pilote (l'Oblt Max SKUPIN né en
1909) décéda peu après d'une hémorragie. Les pilotes
allemands étaient accompagnés de leurs mécaniciens et on
releva au total 3 aviateurs allemands tués, 11 blessés et
deux disparus.
Junker-87 « Stuka »
Morris Raymond (deuxième en
partant de la gauche) (Photo NARA)
Les archives départementales
confirment ce combat sans concession : « Suite à un combat aérien
dans la région de
Boisville-la-St-Père, 3 avions allemands
tombent en flamme : - Un premier dans un champ
entre le bourg d’Allonnes et le hameau du Houloup (Commune
de
Beauvilliers). Le pilote
est tué et son corps est transporté à Houloup. - Deux autres à coté du
hameau d’Honville, Commune de
Boisville-la-St-Père.
Un pilote est indemne et l’autre est légèrement blessé ».
On note également quatre
autres appareils abattus vers 21H30: - « Un au lieudit « Le Bois
de Bullou », Commune de
Bullou. Les aviateurs sont
tués. - Un à la sortie Sud du
bourg de Mézière-au-Perche,
en bordure de la route départementale. Un officier tué
et un aviateur blessé. Ce chasseur allemand fit un
atterrissage forcé mais resta intact. L’avion ne fut pas
récupéré par les autorités allemandes et deux civils furent
chargés de le surveiller jusqu’au 23 Juin 1944, date à
laquelle la résistance incendie cet avion. - Un dans un champ de blé
situé près du hameau de la Saussaye, Commune de
Saumeray.
Les aviateurs sont carbonisés. - Un dernier dans un champ
près de la Ferme Valdeau, Commune de
Dangeau ».
Max SKUPIN, né le 16/12/1909 à Greifenberg,
trouva la mort ce 06 juin 1944. Son corps repose
désormais au cimetière militaire allemand de Solers.
Appartenait au 2./Schlachtgeswader 103.
![]() ![]() Tombe n°309 au cimetière St-Chéron de Chartres et Tombe de l'Oblt Max SKUPIN au cimetière de Solers L'Unteroffizier Herbert BÜCHSENSCHÜTZ de la 4./JG105 fut inhumé également au cimtière militaire allemand de Solers (Bloc 2, Rang 14, Tombe 675). Il était né le 16/03/1920 à Neustadt.
Inhumation de l'Uffz BÜCHSENSCHÜTZ au cimetière St-Chéron de Chartres (Tombe n°312) (Archives de la Ville de Chartres)
Tombes des aviateurs du SG103 au cimetière Saint-Chéron de Chartres (Archives de la Ville de Chartres)
Ce 06 juin 1944 se termina
ainsi par une victoire américaine écrasante et cette journée
sera représentative de la suprématie aérienne alliée. Les
semaines suivantes seront tout autant agitées.
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Dernière mise à jour:
28/09/2025 |
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