Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 07 JUILLET 1944

 

Le 07 Juillet 1944 est une journée pluvieuse durant laquelle les attaques aériennes furent rares.

 

Le bombardement d’Epernon et de Maintenon

Vers 09h15, Epernon est bombardé et sa gendarmerie est détruite. On déplore 1 mort et 5 blessés.

De même, à la même heure, une formation de 36 bombardiers larguent une centaine de bombes sur la ville de Maintenon mais aucune victime ne fut signalée.

.

Le crash du P-38 du 370th FG à Santeuil

Vers midi, une douzaine de P-38 du 370th FG, 485th FS décollent de leur base anglaise d’Andover pour une mission de reconnaissance armée dans la région de Voves-Orléans-Montargis et Fontainebleau.

L’opération est menée par le Capitaine William M. DAVIS (matr. 0-789887) qui vole sur son propre appareil, le P-38 J-15 n° 43-28464 (Code « QF- ?) surnommé « SWAMP ANGEL », en hommage à son épouse. Il s’agissait alors de sa 61ème mission.

Peu avant 13H00, la formation approcha d’Orléans, lorsqu’un des pilotes dit « je pense qu’il y a un train caché là-dessous, j’ai vu un reflet de métal ». Les P-38 approchèrent prudemment de l’endroit sans être sûrs qu’il s’agissait bien d’un train mais, dans tous les cas, l’objectif était intéressant car une voie ferrée pénétrait dans une zone camouflée.

Soudain, à une distance de 100 mètres, tous les camouflages disparurent révélant un train avec deux wagons de défense anti-aérienne (un devant la locomotive, l’autre à l’arrière du train). La Flak entra en action. Etant en pleine vitesse (car en train de plonger), le Capitaine DAVIS largua ses deux bombes de 225 Kg mais l’une d’entre elles resta accrochée à l’appareil.

Au même moment, il reçut des tirs dans l’aile droite, perdant d’un coup trois pieds d’altitude et son moteur droit. L’attaque ne dura que quelques secondes et se situa sur la commune de Cercottes, au Nord d’Orléans.

Le Capitaine DAVIS tenta de couper l’arrivée d’essence du moteur droit afin que le feu ne se communique pas au réservoir. Il eut juste le temps de constater que des troupes allemandes évacuaient le train, mitraillé par les autres P-38. L’autre moteur du P-38 fut également touché et il dût envisager d’atterrir en urgence en reprenant immédiatement la direction de Chartres. Il choisit un champ labouré et entama son atterrissage forcé, au Sud Est de Chartres, au lieudit « Les Longs Réages » entre les communes de Santeuil et de Saint-Léger-les-Aubées. L’appareil glissa jusqu’à s’arrêter, sans feu et sans explosion. Par reflex, il voulut constater l’état de la bombe restée accrochée et il constata qu’elle s’était décrochée quelques mètres plus tôt. Sachant que le retardement de ces bombes était de 8 à 12 secondes, il sortit de son appareil le plus vite possible pour s’en éloigner et atteindre des bois situés au Nord. Curieusement, la bombe n’explosa jamais.

.

L'évasion du Capitaine DAVIS

Un fermier travaillant dans un champ à proximité vint à sa rencontre dans le bois et tenta de communiquer. L’agriculteur lui indiqua qu’il allait chercher de l’aide et qu’il devait rester caché dans les bois. Ceci ne lui sembla pas être une bonne idée car les autres appareils du Squadron allaient revenir mitrailler le P-38 resté intact pour le détruire et ne pas le laisser aux mains des allemands. A coup sûr, la fumée noire permettrait de localiser la cachette de l’aviateur. Ainsi, le Capitaine DAVIS décida de poursuivre sa route. Ses pensées se révélèrent justes car le Lt ERSCHON et son co-équipier plongèrent sur le P-38 et l’incendièrent en le mitraillant, puis ils rentrèrent à leur base.

 

     

 Capitaine William DAVIS

(collection Gerard Renault)

 

Il se réfugia dans un autre bois pour cacher ses équipements de vol et il tomba nez-à-nez avec un jeune français à qui il demanda des vêtements civils. Le garçon partit mais, ne revenant pas après une demi-heure, le pilote décida de se cacher dans un nouveau bois à un 1,5 Km et y passa la nuit.

Le 8 Juillet 1944, dès l’aube, il entama une marche vers l’Ouest et rencontra un sympathique fermier (M. TARRASCON) qui l’emmena dans sa charrette et lui offrit l’hospitalité dans sa maison, à Santeuil. Il lui donna à manger et lui proposa de le mettre en relation avec la résistance locale. Le résistant, M. Abel ROBINET de Santeuil, vint et lui fournit des vêtements civils ainsi qu’un béret. Puis, le jeune Albert COLLIN vint le chercher pour aller à Boisville-la-Saint-Père.

Ils s’arrêtèrent chez un médecin dont la ferme servait de quartier-général à la résistance locale. Le groupe était bien organisé car les résistants disposaient d’armes, de munitions et d’une radio anglaise. Ce médecin, d’âge mûr, logeait quelques garçons d’environ 14 ou 15 ans qui faisaient de fréquents allés et venus à la ferme. Il s’agissait d’enfants déplacés dont les parents étaient morts ou avaient été fait prisonniers. Ils étaient actifs dans les actions de sabotage et de liquidation de soldats allemands et étaient approvisionnés en armes par des parachutages de nuit opérés par l’aviation alliée. On indiqua à Davis les endroits autour de la ferme où des mines ou des booby traps avaient été placés comme défense en cas d’attaque de la ferme par les Allemands. Cette ferme était située à Boisville-la-St-Père, siège du maquis dirigé par le Commandant SINCLAIR.

Le bref passage du Capitaine DAVIS est en effet consigné dabns les actions du groupe de résistance de Boisville-St-Père :

On lui donna de faux papiers dans lesquels il fut identifié comme étant « Jean-Louis DURAND » et il porta un béret pour faire plus vrai.

.

Le transfert chez Mme CROMBEZ de Boisville-la-Saint-Père

Le 9 Juillet 1944, Davis est à nouveau déplacé vers l’habitation de Monsieur FONTAINE/Madame Gilberte CROMBEZ à Boisville-la-Saint-Père. Cette femme était d’origine belge et vivait en Beauce depuis 1926 avec son fils (Gilbert) de douze ans et son mari.

Davis resta deux semaines chez Mme CROMBEZ, à Boisville-la-Saint-Père. Il rencontra alors un autre aviateur, John BESTER de la RCAF), membre de l’équipage du Halifax tombé à Allainville (Yvelines) dans la nuit du 04 au 05 Juillet 1944.

Il existait trois cachettes différentes chez elle : la réserve à betteraves dans une cave, un espace réduit dans le grenier vers lequel il devait ramper et un coin dans la soupente d’une étable. Il n’a jamais été inquiété par les Allemands qui venaient chercher à manger à la ferme, Mme COMBRE jouant les braves fermières vis-à-vis de ces visiteurs qu’elle détestait.

.

 Carte d’identité établi par la résistance pour William Davis

.

Le transfert vers le camp de Fréteval

Vers le 15 Juillet 1944, le jeune Albert COLLIN vint chercher les deux aviateurs pour effectuer un long voyage à Bicyclette vers la Forêt de Fréteval. M. COLLIN les suivait de derrière à une distance de 200 mètres pour éviter tout barrage allemand.

En arrivant au camp, William DAVIS subit un interrogatoire intense de la part des membres de la résistance qui se chargèrent de vérifier ses origines et l’absence de collusion avec les troupes d’occupation.
Il intégra d’abord le camp de Bellande où il jugea la discipline très légère du fait peut-être d’une consommation excessive d’alcool. Il passa ensuite dans le second camp où il y retrouve une majorité d’américains et il y est nommé « officier sénior ». L’esprit y était meilleur et on améliora le quotidien avec la construction d’un golf miniature et d’autres facilités.

L’organisation de ce camp clandestin installé sous le nez des Allemands fut une véritable réussite et l’ensemble des aviateurs évadés furent libérés le 13 août 1944 par les forces américaines (unité de reconnaissance de la 818th TD Bn).

Réseau d'évasion du Camp de Fréteval

Rapport d'évasion du Capitaine DAVIS

 

Le Capitaine DAVIS après la guerre

Le Capitaine DAVIS devint pilote d’essai après la guerre et sera un des premiers pilotes à voler à Mach 2. Il quitta l’Air Force en 1963, en tant que Colonel.

Il revint régulièrement en France pour rendre visite aux personnes qui l’aidèrent à s’évader. Il décéda le 10 Février 2004, à l’âge de 84 ans, à Ormond Beach, en Floride.

En Juin 2014, la famille DAVIS vint à Chartres et Gilbert CROMBEZ (12 ans à l’époque) pu redonner à la famille la boussole que le Capitaine DAVIS leur avait offert en 1944.

 

William Davis avec Madame Crombrez,

lors de son retour en 1988 (Photo Jay Jones)

 

 

Famille CROMBEZ de Boisville-la-Saint-Père

(source Famille CROMBEZ)

 

William DAVIS (2ème en partant de la gauche) à Andover (Angleterre) Source : Famille CROMBEZ

 

 


Retour haut de page

Nombre de visiteurs:


compteur de visite html
Dernière mISE d

Dernière mise à jour: 28/04/2024
Mentions légales
: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110).
Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com -

- Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH -
RGPD
: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 -