Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 07 AOUT 1944

 

Le bombardement du terrain d’aviation de Chartres

A 13H00, le terrain d’aviation de Chartres est l’objet d’un bombardement par 23 bombardiers lourds américains répartis en deux formations, des B-17 du 303rd BG qui déversèrent 62 tonnes de bombes sur le terrain d’aviation mais également sur les maisons bordant la base du coté de Champhol. Ainsi, une maison est entièrement détruite au n°5 de la Rue de la Mairie au hameau de la Mie-Houe. La Route Nationale est également détruite sur une longueur de 80 mètres.

Les B-17 rentrent à leur base anglaise sans perte.

 

Le bombardement de la gare de Maintenon

A 13H10, la gare, le viaduc et le dépôt de munitions de Maintenon sont une nouvelle fois la cible de 23 bombardiers américains B-17 répartis en trois vagues avec une escorte de P-51.

60,7 tonnes de bombes sont larguées et l’objectif est atteint.

 

La découverte et l’attaque du terrain d’aviation allemand de Sours

Comme nous avons pu le constater précédemment, l’escadrille de chasse allemande appelée la  III./JG3 opérait à partir de son terrain de campagne de Sours, près de Chartres depuis le 09 Juillet 1944. Deux pistes indépendantes identifiées par les noms de code « C » et « D » y avaient été aménagées à la hâte après le débarquement de Normandie.

Me-109 G-14 du II./JG3 à Sours

Me-109 G-14 du II./JG3 à Sours

Ce 07 Août 1944, à 17H00, une formation de douze chasseurs américains P-51 du 354th FG, 356th FS menés par le Major TURNER sont en mission de chasse d’opportunité à l’Est de Chartres lorsque le Major TURNER  remarque une tache dans un champ correspondant au crash d’un appareil. Il descendit jeter un coup d’œil et découvrit alors un squadron entier et bien camouflé de chasseurs allemands Me-109, la III./JG3 en réalité.

Pendant près de 45 minutes, les P-51 effectuèrent de nombreux straffing en toute impunité sans craindre les représailles des chasseurs allemands (qui ne pouvaient pas décoller) et sans la réplique de la Flak (qui était absente).

L’absence de défense anti-aérienne fut une faute lourde de conséquences qui peut s’expliquer par l’avancée rapide des alliés (le 8 août, les américains pénètrent dans Le Mans) et le déplacement peut être trop hâtif de la Flak sur un nouveau terrain d’accueil en prévision d’un prochain déménagement.

La III./JG3 souffrit énormément de cette attaque, perdant ainsi huit Me-109 entièrement détruits après avoir brûlé et sept autres furent gravement endommagés. De même, l’appareil de liaison du groupe, un Fieseler Fi-156 n° de série 412475 sera également lourdement endommagé. Deux escadrilles ne possèdent quasiment plus de chasseurs, la 9./JG3 et la 7./JG52. Au total, les Américains retrouveront dix appareils détruits sur le terrain d’aviation de Sours lors de la libération de la région.

De leur coté, les pilotes américains revendiquèrent treize appareils ennemis détruits au sol dont trois par le Major TURNER et deux par le Capitaine CHAMBERS.

 

Major Richard TURNER devant son P-51 Nr-44-13561

                 

Major Richard TURNER                          Capitaine Verlin CHAMBERS

 

Ces succès furent toutefois tempérés par la perte de trois camarades :

- L’As Thomas Frederick MILLER (P-51 n° 42-106716, code « AJ-Z ») et le Lt James Donald HARBERS (P-51 n°43-7030) furent abattus par la Flak située dans une église dans l’Orne. Le premier s’écrase près d’Echauffour et il est fait prisonnier. Le second s’écrase à Saint-Martin-de-Bienfaite (près d’Orbec) et trouve la mort, après avoir sauté en parachute (corps retrouvé brûlé à 150 mètres de l’épave).

- Le Lt Charles Howard SIMONSON (P-51 n° 44-13348, code « AJ-O ») est touché lors du straffing des Me-109 et perd du liquide de refroidissement. Il décide de prendre immédiatement le chemin du retour mais un atterrissage forcé s’impose sur la Commune de Crulai, au hameau de Binay. Malheureusement, l’appareil heurta un arbre et le pilote fut éjecté. Blessé à la tête et aux cotes, il fut secouru par les habitants et transporté inconscient dans une grange du hameau. Les Allemands étant proches, l’avion fut incendié afin de faire croire à l’ennemi que le pilote avait péri dans son appareil. Quelques jours après, le Lt SIMONSON fut ramené dans une maison vide au village du Puits et fut soigné par la Docteur Mary jusqu’à la libération de Crulai, le 22 Août 1944. En Juin 1996, Charles SIMONSON rendit visite à ses sauveurs et survola de nouveau les lieux de l’accident en avion de tourisme, cette fois-ci.

 

 

Lt Charles H. SIMONSON

(Simonson via J. L. GRUSON)

Lt Charles H. SIMONSON assis dans son appareil

(Simonson via J. L. GRUSON)

Lt SIMONSON

 

Désormais repérée par les forces alliées, la III./JG9 déménagera dès que possible, à savoir le 10 août 1944.

 

Un violent combat aérien dans le ciel de Chartres

A 18H12, 35 P-47 du 373rd FG décollent de leur terrain normand de Tour-en-Bessin (A-13) pour une mission de bombardement du terrain d’aviation allemand de Chartres.

Les trois squadrons du Groupe sont mobilisés : 12 appareils du 410th FS, 11 appareils du 411th FS et 12 appareils du 412th FS.

Vers 19H30, les trois squadrons de P-47 du 373rd FG s’approchent de la région chartres et larguent leurs bombes sur la zone de dispersion des appareils ennemis, dans un bois à l’Est de Chartres.

Immédiatement, ils sont interpellés par des chasseurs ennemis à l’Est de Chartres :

.

- Le 410th FS réalisa son bombardement en plongeant à 13.000 pieds, avec un angle de 60 degrés et largua les bombes à une altitude de 5.000 pieds. Toutes les bombes furent larguées sur l’objectif mais les résultats ne purent être observés du fait du bois. Tous les appareils mitraillèrent également le bois pendant le plongeon.

A 19h30, au-dessus du village d’Amilly, à 13.000 pieds d’altitude, ils furent attaqués par 20 à 25 Me-109 et Fw-190. L’attaque arriva à 3 heures par le bas et simultanément à midi par le dessus, 5 groupes de combats s’engagèrent entre 3.000 et 13.000 pieds.

Un P-47 non identifié fut vu en train de brûler et exploser dans un bois près de Saint-Arnoult-des-Bois. Un parachute (non identifié) fut vu en train de descendre dans la zone de combat. Deux appareils ennemis furent abattus. 1 Me-109 et un Fw-190 furent détruit par le 410th FS.

.

- Le 411th FS largua ses bombes à 2.500 pieds d’altitude, après un plongeon à partir de 15.000 pieds d’altitude à 65 degrés. Toutes les bombes furent larguées sur l’objectif et trois incendies différents furent observés dans le bois.

A 19h20, à 14.000 pieds, le 411th FS fut attaqué par plus de 20 appareils ennemis. Durant le combat, 1 Me-109 et 2 Fw-190 furent détruits.

.

- Le 412th FS fournit la couverture haute durant le bombardement. A 19h27, plus de 30 Me-109 furent observés à 2 miles au Nord-Ouest de Chartres, à 18.000 pieds d’altitude. Deux P-47 du 412th FS attaquèrent un des Me-109 à 18.000 pieds et des impacts furent observés sur le Me-109.

Le crash d’un Me-109 fut observé et un autre fut un atterrissage forcé dans un champ ouvert et le pilote sortit en courant de l’appareil. 4 P-47 furent attaqués par 4 Fw-190 à 18.000 pieds. Le Flight tourna sous les Fw-190 et trois P-47 poursuivirent un Fw-190 avec de nombreux impacts. Un autre Me-109 fut vu en train de plonger à travers les nuages. Une victoire fut enregistrée + 1 probable.

Il se réfugièrent dans les nuages de 4.000 à 12.000 pieds et rentrèrent à la base A-13 à 20h27.

 

Au total, 45 bombes de 500 livres furent larguées durant cette mission, trois P-47 furent perdus et 7 appareils furent revendiqués abattus, 1 probablement détruit et 4 furent endommagés.

Ces appareils sont les Fw-190 du I./JG1 immédiatement rejoints par les Fw-190 du I./JG26, les Me-109 du III./JG26, les Me-109 du II./JG3 et enfin les Me-109 du III./JG1. A croire que les pilotes allemands attendaient leurs homologues américains ! Un gigantesque combat aérien s’engage dans la zone Chartres-Senonches-Dreux

Compte tenu du nombre important de belligérants, les revendications sont nombreuses et bien souvent invérifiables.

Rapport de la mission du 373rd FG le 07 Août 1944

Toutefois, le 373rd FG déclara la perte de trois P-47:

.

- Le P-47 D-22 n° 42-25856 du 373rd FG, 410th FS piloté par le Capitaine John Aloysius RYAN (matr. 0-24825) est déclaré perdu vers Amilly (lieu où il fut aperçu une dernière fois). Le lieux de crash de son appareil demeure indéterminé. Le pilote survivra et sera fait prisonnier et terminera la guerre au Stalag Luft 3.

.

- Le P-47 n° 42-75222 du 373rd FG, 410th FS piloté par le 2nd Robert M. DISBRO (matr. 0-821309) est déclaré perdu vers Amilly (dernier lieu où il fut aperçu). L’appareil explosa en plein vol et le pilote est déclaré « disparu » et réputé "tué". L lieu du crash demeure indéterminé.

 

Lt DISBRO

(Photo Deanne Disbro, son épouse)

- Le P-47 n° 42-26116 du 373rd FG, 410th FS piloté par le 2nd Lt Charles L. HALLBERG (matr. 0-763579) s’écrase à Chateauneuf-en-Thymerais, vers 21H00, au n°2/3 de la Rue Hubert Latham. Le pilote évacue son appareil mais il est abattu par les soldats allemands lors de sa descente en parachute. Un acte de décès fut dressé en Mairie.

Son corps fut identifié très peu de temps après la ville de Chateauneuf-en-Thymerais, le 21 Août 1944.

Son corps est transféré aux USA (cimetière de Choteau dans le Montana) le 21 Mai 1949 où il repose aujourd'hui encore.

  

Acte de décès dressé à Châteauneuf-en-Thymerais    -         Cimetière de Choteau, Montana (USA)

 

    

 

 

Les témoignages des pilotes américains furent abondants :

Témoignage du 1st Lt Jack B. CUTCHEN: "Le Capitaine John A. RYAN était le leader du Flight Jaune et je volai en position n°2 dans ce Flight. Nous arrivions à Amilly, à l'Ouest de Chartres à 13.000 pieds. A 19H30, je vis des chasseurs ennemis devant nous. De nombreux pilotes dirent de "casser" à la radio mais le leader du Flight Jaune ne "cassa" pas, sans doute suite à un problème de radio. Il cassa finalement à gauche lorsque 6 Fw-190 nous plongèrent dessus par l'arrière. Je suivis le leader dans son virage vers la gauche (un 180°C complet). Le leader largua ses réservoirs supplémentaires mais un ne peut être largué. Je le perdis de vue et ne le vit plus".

Témoignage du 1st Lt Thomas R. McHENRY: "Le 07 Août 1944, Je volai dans le Flight Jaune en position n°3 avec le 2nd Lt Charles L. HALLBERG en tant qu'ailier (position n°4). Nous avons été attaqués par plus de 20 Fw-190 avec 4 Me-109 en dessous de nous. Après avoir tourné sous ses 4 Me-109, le 2nd Lt HALLBERG m'indiqua être touché et je lui répondit de sauter en parachute. La dernière fois que je le vis, son appareil plongeait vers le sol avec une légère fumée partant de ses ailes. Les autres membres du groupe virent un parachute".

 

Témoignage du 1st Lt O.W. WILIE:" Je volai dans le Flight Rouge en position n°2 et, après avoir attaqué le terrain d'aviation de Chartres, je constatai que le Lt DISBRO était manquant (position n°4). Je l'appelai à la radio et il me répondit qu'il avait rejoint un autre Flight, je suppose le Flight Jaune. Il me confirma ensuite qu'il était bien avec le Flght Jaune. Il fit demi-tour pour tenter de rejoindre son Flight initial et retrouver sa position. Je vis des chasseurs ennemis directement devant lui et il effectua une manoeuvre évasive (ou bien, il a confondu les chasseurs ennemis avec son squadron). Un appareil l'attaqua et il explosa. Je ne vis pas son crash au sol. La scène eu lieu à Amilly, à 13.000  pieds d'altitude, à 19H30".

  

A l'occasion de ce combat, les revendications américaines furent nombreuses:

 

Les archives allemandes confirment ce combat. Toutefois, les pertes demeurent limitées:

- L’Uffz Herbert SCHOLZ du 9./JG26 est porté disparu au Nord-Ouest de Chartres (Bf-109 n° 165522 – « 5 » blanc) lors d’un combat contre les P-47 du 373rd FG à 19h40.

- L’Uffz Wolf Dietrich GLAHN (1./JG26) est tué au Sud-Ouest de Dreux (tué)

- L’Uffz Karl HOFMANN (3./JG26) est blessé au Sud de Paris, vers Dourdan.

 

Bombardement de la gare de Chartres

La ville de Chartres a fait l’objet de nombreuses attentions de la part des alliées tout au long de la journée. Une dernière visite s’imposa à 20H55.

Vingt bombardiers escortés de vingt chasseurs bombardèrent la gare de triage de Chartres engendrant de nombreux dommages. Des bombes tombèrent notamment dans les rues Nicolle et Jehan de Beauce. On dénombra ainsi un civil tué, un blessé, huit immeubles détruits, six inhabitables et 30 endommagés.

La journée du 07 août 1944 s’achèvera avec ce dernier évènement.

 

 

Heure indéterminée: Ce 07 Août, les Spitfire du 350 Squadron (Belge) réalisent une mission de reconnaissance jusqu'à Chartres.

Les B-26 du 391st Bombardent un pont ferroviaire à Nogent-le-Roi.

 


Retour haut de page

Nombre de visiteurs:


compteur de visite html
Dernière mISE d

Dernière mise à jour: 15/05/2024
Mentions légales
: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110).
Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com -

- Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH -
RGPD
: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 -