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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 08 JUILLET 1944 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Le crash du B-17 du 91st BG à Buray Le matin du samedi 08 Juillet
1944, les bombardiers B-17 du 91st BG ont pour mission de
bombarder la ville d'Etaples (62) en longeant la côte aux
environs de Calais, l'objectif étant un site de lancement de V1
(les "Noball"). Depuis le 13 juin 1944, l'armée
allemande utilise une nouvelle arme pour toucher directement
l'Angleterre: les V1 ou "bombes volantes". Cet envoi massif de
V1 de l'autre coté de la manche va très vite influencer le choix
des cibles par les forces aériennes alliées. Désormais, un grand
nombre d'appareils alliés seront sollicités pour bombarder les
sites de "noball" (site de lancement de V1). Ainsi, il fut donné l'ordre à
chaque équipage du 91st BG de décoller les un après les autres
et de se regrouper en vol à un point de rendez-vous afin de
pouvoir voler en formation. Parmi ces appareils se trouve
le B-17C n°42-97173
piloté par le F/O James William FORE du 323rd Bomber
Squadron qui décolla vers 04H00 du matin de sa base de
Bassingbourn (Station N°121), en Angleterre. L'appareil portait
le nom de "Take It Easy". Voici la composition de
l’équipage :
Equipage devant
le B-17 Nr 42-97173 avec sa PIN UP « TAKE IT EASY » Derrière de
gauche à droite : Sgt BOWEN,
S/Sgt WETZEL, S/Sgt MOORE, un inconnu, S/Sgt WOOD, S/Sgt
LINDENMAYER ;
Devant de gauche à droite : 1er
Lt MILLER, 2ème
Lt James FORE,
LONG, SEIDER (Photo NARA). Une erreur d'objectif et le survol de l'Eure-et-Loir Dès son décollage, la journée de
l'équipage du F/O FORE commença mal puisqu’il ne put rejoindre
son groupe au point de rendez-vous convenu, une erreur de
navigation (ou de pilotage) emmena le B-17 sur un autre point de
regroupement (sans doute celui du 388ème BG). Les circonstances
de cette erreur sont encore mal comprises du fait que l'appareil
n'aurait jamais dû survoler le Nord de l'Eure-et-Loir mais
plutôt le Pas de Calais. Ainsi, cet appareil suivit une autre
formation que la sienne. Dans le ciel couvert et pluvieux de Dreux, le B-17 n°42-97173 piloté par le F/O James William FORE du 91st BG, 323rd BS fut pris pour cible par la DCA allemande vers 07H15 et trois obus le touchèrent mortellement. L'avion prit feu des moteurs à la queue et amorça une inévitable descente. Malgré tout, le pilote eut le
temps d'effectuer une boucle au Sud de Saint-André-de-l'Eure
pour permettre aux membres de son équipage de sauter en
parachute. Tous purent s'échapper et évacuèrent l'appareil avant
son crash de l’apparail sur la Commune de Coudres.
M. Roger FORFAIT, agriculteur habitant du village de Buray, travaillait dans un de ses champs et fut témoin de la chute du B-17. Il observa l'appareil en perdition qui décrivait des cercles se rapprochant un peu plus du sol à chaque passage. Un virage un peu plus prononcé fit que l'extrémité d'une des ailes accrocha la terre et le bombardier percuta le sol en se disloquant. Il s'approcha du point de chute
pour secourir d'hypothétiques survivants mais les soldats
allemands étaient déjà présents sur les lieux et interdisèrent
la venue des curieux. Plusieurs parachutes furent observés dans
le ciel et le vent les poussait vers l'Est/Nord-Est. Un des aviateurs, le 2nd Lt
Milton GASTWIRTH, fut abattu lors de sa descente par les
soldats allemands qui tiraient à partir du sol. Arrivés au sol, deux autres
aviateurs sont faits immédiatement prisonniers (Robert
PHELPS et George SHERMAN) et cinq réussissent à
s'échapper sous le nez des Allemands. Les débris furent
rapidement enlevés par l'Armée allemande.
Un jeune paysan français âgé de 19
ans, Maurice DUVAL, put observer la descente en parachute des
aviateurs et se rendre sur les lieux. Il est interpellé par une
patrouille allemande qui l'oblige à récupérer et à plier un
parachute abandonné. Quelques heures plus tard, il revint sur
les mêmes lieux et découvre un des aviateurs américains,
James William FORE, caché dans un bois à proximité. Il a une
légère blessure à la main. La ferme de son père étant occupée par les troupes allemandes, Maurice DUVAL emmena l'aviateur chez sa grand-mère où il demeura trois ou quatre jours et l'habilla avec les vêtements de son grand-père. Pour remercier ses "hébergeurs", James FORE offrit sa chevalière. Pendant ce temps là, M. DUVAL chercha un "réseau" pour prendre en charge l'américain. Semble t'il, James FORE sera
transféré de Lignerolles vers Marcilly-sur-Eure par M. Henri
DUVAL et fut prit en charge par le réseau LACROIX (garagiste à
Marcilly-sur-Eure). Le restant de son parcours demeure inconnu,
excepté qu'il ait été capturé par les Allemands. Il fut interné à la prison de Fresnes avant d'être envoyé le 15 Août 1944 en Allemagne avec un convoi de 168 aviateurs alliés dans le camp de Buchenwald où il arrivera le 20 Août suivant. Il portera le n° de prisonnier 78.349.
Fiche d'internement du F/O James William à Buchenwald (Source: The Buchenwald Airmen) La présence de prisonniers de guerre dans le camp de concentration de Buchenwald étant contraire aux Conventions de La Haye et de Genève, les 168 aviateurs seront transférés vers des camps dédiés et le F/O James FORES fut ensuite transféré au Stalag Luft III le 19 octobre 1944.
. Il fut libéré par les troupes
terrestres américaines en Avril 1945, juste avant la
capitulation allemande. James FORE fut rapatrié aux USA où il
reprit du service dans l'US Air Force et participa à la guerre
civile de Chine. En 1998, après des recherches à
l'initiative de M. DUVAL, James FORE revint en France et
rencontra son sauveur français qui lui remit la chevalière
offerte 54 ans plus tôt... Il décèdera le 05 Avril 2011 à
l’âge de 86 ans.
L'évasion échouée du 2nd Lt Robert WARD Robert Whitfield WARD put également sauter en parachute et regagner le sol sain et sauf, à 7 km du point de chute du B-17, dans un petit bois. Il se blessa à la cheville (entorse) et il était trempé par la pluie. Il cacha son parachute et s'éloigna. M. Raymond PICHONNAT, qui avait observé la descente de l'aviateur, alla donc aussitôt à sa recherche et le trouva caché dans un jardin. Il le conduisit à la ferme de Marcel LEMAIRE (vers 17H00). Des vêtements civils et secs
furent offerts à Robert WARD par Mme LEMAIRE et les premiers
soins lui furent apportés pour soulager son entorse. Robert WARD passa sa première nuit dans une petite pièce de la ferme (arrière plan de la photo ci-jointe) puis fut emmené le lendemain matin par deux cyclistes, membres de la résistance locale: M. Robert BIC et M. Henri MARVIN. Après avoir pris les précautions
de sécurité, la photo, réunissant les cinq hommes, fut réalisée.
Cette photo fut conservée durant de nombreuses années par M.
BIC.
De gauche à droite:
M.Robert BIC, M. Raymond PICHONNAT, M. Robert WARD, M. Marcel
LEMAIRE, M. Henri MARVIN et Mme LEMAIRE (mère)
Robert
W. WARD Mme LEMAIRE lui offrit sa
bicyclette afin qu'il ait moins de difficultés à se déplacer, à
cause de sa cheville. Les deux résistants et Robert WARD
parcoururent la campagne par des petits chemins détournés pour
arriver enfin chez M. Pierre LUCAS au village de
St-Germain-sur-Avre. Après un bref séjour chez son nouvel
hébergeur, l'aviateur fut pris en charge par Mademoiselle MARTIN
et Madame SEGUI, qui le conduisirent au Bourg-l'Abbé, chez Mme
ORIAL. Cette dernière était une habituée de "l'hébergement" des
aviateurs alliés rescapés. Elle se chargeait de faire
accompagner M. Robert WARD à Paris, par des canaux connus d'elle
seule. De Paris, l'aviateur aurait été aiguillé vers l'Espagne
(neutre à l'époque) pour regagner l'Angleterre. Malheureusement, Mme ORIAL faisait
régulièrement appel à un passeur (connu également du réseau
PICOURT) et qui était un traitre infiltré de la Gestapo. Cet
agent de la Gestapo, Jean-Jacques DESOUBRIE, visitait en voiture
les membres de la résistance locale pour prendre en charge les
aviateurs évadés et les emmener à Paris. Toutefois, au lieu de
les confier à de nouveaux passeurs pour les diriger vers
l'Espagne, il déposait ses "colis" directement au quartier
général de la Gestapo à Paris le 11 Juillet 1944. Tout comme de nombreux aviateurs,
Robert WARD fut trahi par "Jean-Jacques" et remis à la Gestapo.
Il fut interné immédiatement à la prison de Fresnes durent un
mois (jusqu’au 15 Août 1944) puis envoyé en Allemagne dans le
camp de Buchenwald par train dans des wagons à bestiaux.
Face à l'avancée des troupes
alliées en Allemagne, Robert WARD et ses compagnons furent
transférés dans un nouveau camp en Pologne, puis ils marchèrent
vers Nuremberg en Janvier 1945 (de nombreux prisonniers
moururent lors de cette marche forcée à cause du froid). De
Nuremberg, ils marchèrent ensuite jusqu'à Mooseberg (à 20 Km de
Dachau) où ils furent enfin libérés par les troupes terrestres
américaines, juste avant la capitulation allemande. Il fut
transféré par avion en France au camp de "Lucky Strike" (Port de
Saint-Valéry-en-Caux). Grâce au travail de recherches de
M. MEYER, la trace de Robert WARD fut retrouvée à la fin des
années 1990 et le fils de M. LEMAIRE put rentrer en contact avec
l'ancien aviateur. En raison d'une santé fragile et de son grand
âge, Robert WARD demanda à sa fille, Debé DORAN, d'aller en
France et de le représenter, ce qui fut fait avec plaisir.
Ainsi, la fille de Robert WARD vint en France, dans la région de
Nonancourt, en Mai 1998 pour rencontrer et remercier les
résistants qui avaient aidé son père
lors de sa tentative d'évasion.
Un peu plus loin, le Sergent James Frédérick ZEISER (mitrailleur) est lui-aussi secouru par la résistance française. Né le 29 avril 1915 à Cincinnati
(Ohio USA), il touchera le sol sur la commune de
Gratheuil-Lignerolles (27). Ce matin-là, René DOZEVILLE
travaillait dans un champ d'avoine, en bordure de la route, près
du petit bois où le parachutiste allait toucher le sol à 300 m
de la fromagerie de Gratheuil. Les ouvriers de la
laiterie-fromagerie observèrent également la la descente du
parachutiste américain. La Kommandanture étant à 2 km, les
Allemands ne tardèrent pas à sillonner les alentours. James
ZEISER avait eu le temps de défaire son parachute, de le plier,
puis de se diriger à quatre pattes vers le petit bois. Fort
heureusement, il pleuvait et les Allemands trempés abandonnèrent
leurs recherches. René DOZEVILLE partira
discrètement à sa recherche dans le petit bois en soirée, après
la fermeture de l'usine et le trouva assis contre un arbre. Il
avait perdu ses bottes et souffrait d'une blessure aux côtes
occasionnée lors du saut. Il le ramèna à son domicile où il restera caché pendant trois jours. Le 11 Juillet 1944, il partira ensuite avec avec 2 autres aviateurs (vraisemblablement FORE et SCHARF) pour une destination inconnue. Son sort sera identique à ses camarades FORE, BOWEN et SCHARF. Remis àau faux résistant et agent double Désoubri, il sera livré à la Gestapo et capturé avec des habits de civils et donc considérés comme un espion ennemi, le privant ainsi de ses droits de "prisonnier de guerre".
Fiche d'internement du Sgt ZEISER dans le camp de Buchenwald
Il fut emprisonné dans le camp de Buchenwald du 20 Août 1944 au 19 Octobre 1944, puis au Stalag Luft III du 21 Octobre 1944 au 27 Janvier 1945 au Stalag 7A à Moosburg.
Témoignage du Sgt ZEISER après sa libération
Récit de Chasten BOWEN, le
radio à bord : « From a farmer to an other
farmer that leads to the French Underground. One home to
another. One village to the next. A horse-cart to a Citroen
black sedan to a flat-bed truck with a dozen airmen under
canvas, all told: « A plane will take you to England. » ;
Bump-bump, beep-beep through Parisian streets. Who knew the driver was making
10,000 francs a head from the Gestapo? »
Le Sergent Chasten BOWEN décèda le 31 décembre 2016 en Californie. . Nous retrouvons la trace du
Sergent Bernard SCHARF dans le réseau HUNTER. Il aurait été
secouru par M. Pierre ASSELIN de Marcilly-sur-Eure pendant deux
jours puis remit à M. Julien LACROIX (toujours à
Marcilly-sur-Eure).
Tous terminèrent la guerre en Allemagne, d'abord dans le camp de concentration de Buchenwald puis au Stalag Luft III. Le Sgt SCHARF parlait la langue allemande, ce qui permit d'interpeller un haut gradé de la Lutfwaffe sur la présence anormale de prisonniers de guerre dans un camp de concentration.
Fiche d'internement du Sgt SCHARF à Buchenwald
L'évasion réussie du 2nd Lt Donald BIRDWELL Seul le 2nd Lt
Donald F. BIRDWELL (originaire du Texas et charpentier de
profession) réussit à s’évader sans être blessé, en se cachant
dans un champ, près de Nonancourt. Il put observer le crash de
son appareil, qui brûla ensuite. Il cacha immédiatement son
parachute. Il regagne l’Angleterre le 18 Août 1944, comme le
prouve son rapport d’évasion. Toutefois, ce document ne révèle
pas les circonstances de son évasion. Il s’agissait de sa
première mission opérationnelle. Il semble qu’il ait pu échapper
au sort de ses camarades car il fut l’aviateur qui sauta le plus
au Nord-Nord, à Moisville (7Km au Nord de Nonancourt) dans le secteur
couvert par le réseau d’évasion/résistance de CRUCEY, alors que
tous les autres ont transité par Marcilly-sur-Eure, puis par
Muzy, via le réseau d’évasion « HUNTER » infiltré par le traitre
DESOUBRI.
La fabrication du B-17 n°42-97173
se termina le 03 Février 1944, dans les usines Boeing Aircraft
Co de Seattle. Il fut affecté au 323nd FS du 91st BG le 09 Mai 1944 avec les codes tactiques suivants : Triangle-A « OR – L » baptisé « Take it Easy ». Il réalisa 25 missions, sa première ayant lieu le 19 Mai 1944. Son pilote attitré était le 1st Lt Fred T. GARDNER. ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
28/04/2024 |
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