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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 10 AOUT 1944 | ||
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Le 10 août 1944 est une journée
charnière pour l’Eure-et-Loir puisque les troupes terrestres
américaines sont à ses portes et la Luftwaffe ordonne le repli
de deux groupes (la II./JG3 et la III./JG3) installés autour de
Chartres. Cette décision de repli est le
tout premier signe du recul général de l’occupant face à la
puissance des Alliés. L’Eure-et-Loir pourra désormais
espérer une libération prochaine.
Un combat aérien vers Dreux Vers 09h30, une
formation de 48 P-51 du 364th FG est en mission de
reconnaissance armée au-dessus de Dreux. Les P-51D du 364th FG, 383rd FS
sont en mission de support et en couverture de leurs camarades,
à 19.000 pieds. Le 2nd Lt Paul J.
GOLBERG (matr. 0-756543) réalise alors sa 40ème
mission avec son P-51 n°43-25058 (Code « N2-B ») lorsque la
formation aperçoit 6 Me-109 au Sud-Est de la ville. Les pilotes américains engagèrent
immédiatement le combat mais le Lt GOLBERG rencontre un problème
mécanique qui l’obligea à faire demi-tour, après avoir informé
ses co-équipiers par radio. Un Me-109 constate la situation et
le prend pour cible. Atteint au niveau du réservoir
d’essence droit, le pilote américain se réfugia dans un nuage
mais son aile droite s’arracha et le réservoir du fuselage
arrière explosa, obligeant le pilote à sauter alors en
parachute.
Le pilote américain atterrit dans
une clairière de la Forêt de Rambouillet, à 50 yards de l’épave
de son appareil, il commença à enterrer son parachute lorsqu’un
jeune homme de 22 ans (René Loiseaux) vient à son encontre. Ils
marchèrent ensemble durant 200 yards et évitèrent deux soldats
allemands. L’aviateur resta caché jusqu’à 17h30 puis le père du
jeune homme (Alphonse Loiseaux), ainsi qu’un autre homme (M.
Rignier), vinrent le chercher. Ils lui donnèrent des vêtements
civils et l’emmenèrent dans la ferme de Monfort-L’Amaury (78),
près de Coignières. Il y resta caché jusqu’au 18 Août, date de
la libération par les troupes américaines. Le 24 Août, il
regagna la Grande-Bretagne.
Au même moment, un flight de 4
P-51 appartenant également au 364th FG, mais au 384th FS, est en
mission de reconnaissance dans les environs de Dreux lorsqu’ils
rencontrent quatre Me-109. Les pilotes américains prirent
immédiatement en chasse les appareils ennemis. Le Lt Louis A. JOHNSON (avec son
P-51 n° de série 44-13829 Code « 5Y-J ») était derrière son
leader, mais plus haut en couverture lorsqu’il vit un des Me-109
virer à gauche puis faire une chandelle pour ensuite plonger
vers le sol. Au même moment, le Lt JOHNSON le prit pour cible et
observa des coups au but, des impacts sur le fuselage et les
ailes. Le Me-109 plongea alors vers le sol et se mit à fumer. Il
tenta de se redresser mais continua de descendre jusqu’au crash
pour brûler dans un bois. Le pilote américain revendiqua alors
un Me-109 détruit après avoir tiré 429 balles de calibre 50.
L’endroit est localisé dans un bois à l’Est
de Dreux. Les trois autres Me-109 réussiront
à échapper à leurs assaillants et à rentrer sains et saufs à
leur base. Les archives allemandes
confirement qu’un Me-109 de
la 11./JG26 a été abattu au
Nord d’Ablis à 09H30
alors qu’il revenait d’une mission de chasse libre vers Mortain.
Le pilote, Lt Harald LENZ
est blessé après qu’il ait été mitraillé au sol par un des
chasseurs qui l’ont abattu.
Lt Louis Austin
Johnson (collection Ollie
Joiner)
Le crash d'un P-38 à Marboue Douze P-38 du 370th FG sont en mission de reconnaissance armée vers Châteaudun, lorsque le 402nd FG décide de détruire un pont enjambant le Loir. A 11H15, le
Major James E. TUCKER (matr. 0-25238) est touché
par la Flak et s'écrase avec son
P-38J-25 n°44-23637 "Margie II" (Code "E6-T") à
Marboué. Le pilote trouve la mort.
Major James E. TUCKER et son P-38 n°44-23637 "Margie II" (nom de son épouse) .
Profil du P-38 n°44-23637 du Major James E. TUCKER .
P-38 n°44-23637 du Major James E. TUCKER (au 1er plan)
Témoignage de l'ailier du 2nd Lt Ray G. CLARK: "Je volais dans le Flight Blanc en position n°3 pour une mission à Châteaudun. Nous étions à 1.200 mètres d'altitude quand nous avons commencé notre plongeon et le Major TUCKER m'appela pour me dire de tourner à gauche en raison de la présence du poste de Flak. Nous avons survolé l'objectif à très basse altitude. Nous n'avons pas localisé le poste de Flak qui était intense et précise. Le Major me dit de ne pas larguer nos bombes et de ne pas s'attarder sur ce pont. J'étais en dessous de lui et l'appela pour lui dire que sa bombe droite était en feu. Je lui dis de larguer sa bombe, ce qu'il fit mais son moteur prit également feu. L'hélice se mit en drapeau. Nous étions à 90 mètres d'altitude, j'étais légèrement derrière lui à 90 mètres à sa gauche lorsqu'il plongea directement. Je pense qu'il a été tué dans son appareil, avant le crash".
Témoignage d'un civil français (M. Seigneuret du Plessis): "Le P-38 est tombé au lieu-dit "Le Plessis" à Marboué le 10 août 1944. Il était un peu avant midi, nous habitions le hameau du "Tronchet". On entendit une mitraillade du côté de Marboué, je levai la tête et vit apparaître un avion "deux queues" en train de planer et soudain penche à gauche et piquer au sol. Une explosion, une grosse boule de fumée apparait au-dessus du bois. Quand les explosions et le feu se calmèrent, les gens du village de Plessis s'approchèrent et, parmi les débris éparpillés et fumants, ils avisent un morceau plus gros que les autres et le retourne: c'était le pilote, il n'avait plus de jambes. Comme il reposait à plat ventre, ses papiers d'identité dans la poche de son blouson ne sont pas brûlés et il pouvait être identifié. Les villageois lui firent un petit cercueil et l'enterrèrent au bord de la mare où il sera récupéré par les Américains, dès notre libération le 17 Août 1944".
Son corps repose désormais au cimetière national Fort Snelling à Minneapolis (USA).
(Source: Famille TUCKER)
Le III./JG3 quitte son terrain
d’aviation de Sours En effet, la terrible attaque
aérienne du 07 août 1944 et l’approche irrémédiable des troupes
terrestres américaines (libération du Mans la veille et
d’Alençon le 12 août), le terrain de Sours devient bien trop
exposé.
Un combat aérien vers Verneuil-sur-Avre Avant de quitter définitivement
son terrain beauceron, le III./JG3 réalise une dernière mission
à partir de terrain beauceron pour s’opposer aux forces
aériennes alliées mais les pilotes allemands essuieront une
nouvelle défaite dont voici les circonstances : Le Flight « Jaune » du 338th FS,
55th FG mené par le Capitaine ANDERSON est alors en mission
d’escorte pour des Bombardiers lourds B-24 jusqu’au Sud Paris. A
11H15 et 16.000 pieds d’altitude, les P-51 sont relevés
de leur mission d’escorte à environ 30 miles au Sud de
Damville (Eure, près de Verneuil-sur-Avre) et ils
décident d’attaquer des objectifs d’opportunité et notamment un
train en gare de Damville. Chacun des appareils plongea à 5.000
pieds pour attaquer à tour de rôle le train. Lors de son passage, le Lt John R.
ESKRIDGE perdit provisoirement le contact avec son escadrille et
il amorça sa remontée lorsqu’il observa deux bandits devant lui,
volant à 1.000 pieds d’altitude en ligne droite au niveau du
sol. Il en informa ses camarades et l’ensemble de l’escadrille
plongea à gauche sur les appareils ennemis. Bénéficiant de
l’altitude et donc de la vitesse, les quatre P-51 surprirent les
Me-109 lors d’une brève attaque. - Le Capitaine Lanoy D. ANDERSON
prit en chasse un des Me-109 et ouvrit le feu de façon continue
de 175 yards à 25 yards derrière lui. Le Me-109 commença à
ralentir brusquement, s’enflamma instantanément et ne tenta plus
d’actions évasives. Le pilote américain put observer une
concentration de ses tirs sur le fuselage, la verrière et sur la
surface des ailes. Compte tenu des distances très
courtes, le Capitaine ANDERSON tourna violement sur la droite
afin d’éviter la collision avec les morceaux qui se détachaient
de l’appareil ennemi. Il put toutefois observer le crash au sol
de l’appareil qui n’explosa pas. Il revendiqua ce
Me-109 détruit. - Le Lt John R. ESKRDIGE, en
position n°2 dans le flight prit également en chasse l’autre
Me-109 en
plongeant sur la gauche. A l’approche de sa cible, à 250 yards
derrière elle, il ouvrit le feu à deux reprises mais, compte
tenu de sa vitesse excessive, il dépassa le Me-109 par le haut.
Il eut toutefois le temps d’observer le résultat de ses tirs qui
avaient endommagé le fuselage et l’aile droite. Le Lt ESKRDIGE
refit une approche par la droite et ouvrit à nouveau le feu à
200 yards, observant cette fois-ci de la fumée sortant du
moteur. L’appareil ennemi fit un atterrissage forcé et le pilote
allemand courut se mettre à l’abri vers un petit emplacement de
Flak situé à proximité, dans un champ. Le Lt ESKRIDGE revendiqua ce
Me-109 détruit. - Et enfin, le Lt William J.
INGRAM prit en chasse le
Me-109 de gauche et ouvrit le feu à 250 yards
légèrement de travers. Il tira une seconde fois dans l’axe cette
fois-ci et passa au-dessus de sa cible, toujours à cause d’une
vitesse trop élevée. Il n’observa pas de fumées et fit
demi-tour. Il observa alors un appareil au sol avec les ailes
réduites en morceaux et un fuselage brisé. Il revendiqua ce
Me-109 détruit. Ces quatre Me-109 perdus
appartenaient au III./JG3 mais les quatre pilotes allemands
purent rejoindre sains et saufs leur terrain d’aviation de
Sours.
Le
II./JG3 quitte ses terrains d’aviation de Chaudon et de
Villemeux Tout comme le III./JG3, le II./JG3 reçoit
l’ordre de se replier vers la Champagne sur un nouveau
terrain installé à Athis. Le transfert se fera en
soirée, au coucher du soleil pour des raisons évidentes
de sécurité. A la fin de la journée du 10 août 1944,
l’Eure-et-Loir compte encore un groupe de chasse
opérationnel (Fw-190 du I./JG1 à Oysonville) et un
groupe de chasseurs de reconnaissance (Me-109 du
Stab./NAGr.13 et I./NAGr.13 basé à Chartres). Ces
derniers quitteront à leur tour la région les 11 et 14
août 1944.
Attaques aériennes en Eure-et-Loir Les seules attaques au sol enregistrées par la Défense Passive d'Eure-et-Loir ce 10 Août 1944 furent les suivantes: - Attaque aérienne à Epernon. 2 civils tués, 1 blessé et 1 immeuble détruit. Ce bombardement est attribué aux 36 B-26 du 391st BG qui jugèrent les résultats "excellents". - Attaque aérienne à Hanches. 1 immeuble détruit (heure indéterminée) - Bombardement de la voie ferrée à Maintenon par 4 avions (heure indéterminée). - Un avion allié est abattu par la DCA à Dreux (heure indéterminée). ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
01/03/2024 |
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