|
|
|
Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
|
|
LA DANGEREUSE FLAK DE CHATEAUDUN |
||||||||||||||||||||
Le 11 Mai 1944, 12
bombardiers B-24 du 487ème Bomber Group décollèrent de leur
base anglaise de Lavenham à Suffolk à 10H20, avec pour
mission de bombarder la gare de triage de Chaumont et
Troyes, en Haute-Marne. Participant à la même mission,
35 B-24 du 486th Bomber Group décollèrent de leur base entre
10H45 et 11H13 et la jonction du 486th BG et du 487th fut
effectuée à 11H58 au-dessus de l'Angleterre. La côte anglaise fut passée à
13H11 à 12.000 pieds d'altitude et la côte française fut
atteinte à 13H45. Toutefois, le rendez-vous avec les
chasseurs chargés de leur escorte et protection fut loupé. Juste avant le passage
au-dessus de la ville de Brou, une manoeuvre de
contournement de la ville de Châteaudun par la gauche était
prévue car la défense anti-aérienne de la base aérienne
était désormais connue pour son efficacité. Or, cette
manoeuvre se fit trop tardivement et le 487th BG se retrouva
à portée de tir de la Flak. Vers 14H30, la formation
arriva au-dessus de Châteaudun où la visibilité était plutôt
bonne en altitude, malgré un léger brouillard à basse
altitude. Tout d'un coup, la Flak de Châteaudun entra en action de façon massive. Les bombardiers rencontrèrent une très forte opposition et trois appareils s'écrasèrent, touchés mortellement (un 4ème gravement touché put rentrer en Angleterre où il s'écrasa finalement) : - Le B-24 n°41-29468 du Lt VRATNY du 838th BS s'écrase à Coulonges-les-Sablons (61) - Le B-24 n° 42-52763 du Lt BRODSKY du 838th BS s'écrase à Guillonville (28) - Le B-24 n° 42-52444 du Lt Mc CLEARY du 838th BS s'écrase à Varize/Bazoches-en-Dunois(28)
.
Rapport allemand du 11 mai 1944 (source : NARA) . ; Le crash du B-24 du Lt VRATNY à Coulonges-les-Sablons (61) Le B-24 n° 41-29468 (baptisé « Peg O’ My Heart », Code « H-CF ») du Lt Franck VRATNY du 838th BS fut le premier bombardier touché par la Flak lors de son passage au-dessus de Châteaudun. Parmi l’équipage de ce B-24 en 1ère ligne, on comptait le Lt-Colonel Beirne LAY qui menait la formation de 72 B-24. Sévèrement touché par cinq coups directs, trois moteurs sont hors d’usage, la queue est fortement endommagée et le système électrique ne répond plus. Le pilote décida d'abandonner la mission et de faire demi-tour pour rentrer en Angleterre. Toutefois, les dommages étant importants, l'appareil perdit de l'altitude et l'ordre fut finalement donné d'évacuer l'avion. L'ensemble de l'équipage sauta en parachute puis l'appareil s'écrasa à Coulonges-les-Sablons (61) au Nord de Nogent-le-Rotrou, vers 14H00. Il fut détruit à 100%.
.
Lt Colonel
LAY Beirne Jr.
(photo 487th
Bomb Group)
L'évasion réussie du Lt DUER et du Colonel LAY Le Colonel LAY et le Lt DUER
attérirent près de Bretoncelles, ils arrivèrent à Oucques où ils
furent pris en charge par la résistance française locale et
finirent la guerre cachés dans une ferme de Mazanché (près de
Vendôme), recueillis par la famille Paugois. Ils furent libérés
à l'arrivée des Américains le 13 Août 1944. Après son atterrissage, il retrouva le
Lt DUER, et ensemble, ils se cachèrent sous des arbres puis
rampèrent à travers un champ pour se cacher dans un grenier à
grains où ils demeurèrent durant deux jours. Les français leur
apportèrent à manger et des habits civils, ainsi que des
conseils pour éviter les troupes allemandes dans la région. Le
13 Mai, ils décidèrent de quitter leur cachette et marchèrent
toute la nuit vers l’Ouest. Ils rencontrèrent un premier curé
qui les hébergea durant deux jours mais il ne réussit pas à
prendre contact avec la résistance locale. Les aviateurs
décidèrent de repartir et de marcher durant 10 jours, aidés par
différents paysans français qui leur fournissaient de la
nourriture. Il rencontra ensuite un second curé d’un village qui
les mit en contact avec une femme française qui parlait anglais
puis avec un groupe de résistants qui les hébergea durant 12
jours. Le 5 Juin 1944, les deux aviateurs furent emmenés en
voiture dans la ferme de la famille PAUGOIS, située à Mazanché,
près de Vendôme. Ils y restèrent cachés jusqu’au le 13 août
1944, date de la libération de la ville de Vendôme par les
troupes américaines.
M. X - Lt Walter DUER –
M. PAUGOIS - Mme PAUGOIS - Col. Beirne LAY, à la Ferme de
Mazange
L'évasion réussie du Lt RICHTER et du Sgt PETERSON Le Lt RICHTER atterrit au Sud-Est de Nogent-le-Rotrou, un fermier le nourit et le donna des vêtments civils. Le lendemain après-midi, deux garçons de 18 ans l'emmenèrent dans un bois où se cachaient ses camarades le Capt WILSON et le Sgt PELLETIER. Ils y restèrent cachés durant deux jours. Le propriétaire d'une ferme, près d'un bois, au Nord-Est de Nogent-le-Rotrou leur apportait de la nourriture.
. Le lendemain après-midi, un ancien officier français est venu lui dire qu'il avait trouvé les Sgt WATSON, PETERSON et HEIMERMAN. Ils restèrent deux jours supplémentaires dans les bois puis l'ancien officier français leur apporta des cartes d'identité puis il les consuisit à la ferme où un autre homme en calèche les emmena jusqu'à Nogent-le-Rotrou. Dans la taverne près de la gare, ils furent confiés à deux hommes qui les accompagnèrent en train jusqu'à Paris. Ils se rendirent d'abord dans une bijouterie qui appartenait à l'un des guides. Ils partirent pour Lagny-sur-Marne où ils furent cachés dans un bâtiment derrière une école. Les Sgt WATSON, PETERSON et HEIMERMAN les rejoignirent à ce moment. Après quelques jours, ils furent emmenés dans la maison d'un gardien de cimetière où ils furent interrogés et séparés. Le 1st Lt RICHTER fut emmené dans un petit magasin général appartenant à M. DUPRES où il resta deux jours puis il passa de maison en maison. Le Lt RICHTER, le Sgt PETERSON et le Capt WILSON fut regroupé par un gendarme, toujours cachés de maison en maison. Le Capt WILSON fut séparé des Lt RICHTER
et PETERSON. Ces deux derniers furent emmenés chez Mme Olga
CHRISTOL où ils y reçurent les visites régulières de résistants,
tels que Dorothy TARTIER, Albert MAHUZIER, « Geneviève »,.. Le départ vers l'Espagne fut
convenu pour le 06 Juin 1944 mais le débarquement en Normandie
vint contrarier cette évasion. En même temps, pourquoi faire un
long et dangereux voyage vers l'Espagne alors que les Alliés
arrivent et vont libérer Paris dans les jours à venir?
Malheureusement, la bataille de Normandie va durer plus de deux
mois.. Le 11 Juin, les Lt RICHTER et PETERSON rencontrèrent un autre aviateur anglais sur chasseur Typhoon, James STEWART (du 609 Squadron). Tous les trois se promenèront au Trocadero et sur les quais, au nez des soldats Allemands! Albert MAHUZIER alla jusqu’au prendre une photo des aviateurs alliés au milieu des soldats allemands.
Article de Paris-Presse du 27 mars 1946 (https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr) . Le 27 Juin, finalement, le Lt
RICHTER est séparé de son camarade PETERSON et quitte le
logement de Mme CHRISTOL pour être transporté en train de
Paris jusqu’à Pau, accompagné de M. MAHUZIER. A Pau, il fut logé trois semaines chez M. Léon VANDERPOOL. Le 22 Juillet, M. VANDERPOOL et son fils (Paul) l’emmenèrent en vélo dans une ferme de montagne où il rencontra des passeurs basques, des guides de haute montagne. La traversée de la frontière espagnole se fit dans la nuit du 23 au 24 Juillet et un prêtre espagnol prit en charge le Lt RICHTER pour l’emmener sur la route de RONCESVALLEE où un taxi les attendait. Il fut conduit à Saint-Sébastien et RICHTER se présenta au consulat américain. Il fut emmené à IRUN pendant une semaine, puis à Alhama. Le 13 Août, le Colonel SPILLMAN
l’emmena à Madrid puis Gilbraltar où il prit un avion le 16 Août
pour regagner l’Angleterre le 17 Août. Il semble que PETERSON ait suivi
le même parcours quelques jours plus tard. En effet, il traversa
la frontière espagnole le 22 Août (soit un mois après le Lt
RICHTER) et chemina par Barcelone pour rejoindre Gilbraltar le 2
Septembre 1944. Le 04 Septembre, il regagnait l’Angleterre par
les airs.
Le 11 Août 2015, Richard RICHTER,
le fils d'Alfred H. RICHTER est venu de Miami (Floride) pour
visiter le Perche et se déplaçer à Nogent-le-Rotrou afin de
retracer le périple de son père en Mai 1944.
L'évasion avortée des autres membres d'équipage
Contrairement à ses camarades, le Lt VRATNY était caché au domicile de M. GABRIEL.
Tous furent ensuite capturés, puis
Le Capitaine Francis Goodrich HODGE fut le seul homme blessé dans l'appareil (oeil et pied droit) et le Lt RICHTER l'aida à mettre son parachute. Après l'ordre d'évacuer, il sauta en parachute. Il se cacha dans des broussailles puis se présenta dans une ferme. Le fermier l'accueillit mais, ne souhaitant pas mettre en danger la vie de sa famille et au regard des blessures de l'aviateur, il se rendit en byciclette à Condé-sur-Huisne pour aller chercher les Allemands qui arrivèrent très vire dans une Ford. Il fut capturé dès ce 11 Mai vers 23h00.
Rapport allemand KU1815
Le Sgt William ALICH fut capturé le 16 Juin 1944 à Chartres-Sur-Cher, lors de l'évacuation de la zone où il était caché. Il sera emmené à Chartres le 24 Juin pour être interrogé.
Rapport allemand KU1815 .
Article de Journal concernant le Capt Donald E. WILSON (Collection Jean PIERRE)
. Le crash du B-24 du Capitaine BRODSKY à Guillonville En second position dans la
formation, le B-24 H n° 42-52763 (baptisé « Blow Job »)
du Capitaine Edward BRODSKY du 838th BS fut également
pris pour cible par la Flak qui se concentrait tout
particulièrement sur les appareils en tête de la formation. Tout
comme le B-24 de VRATNY, le bombardier de BRODSKY fut touché de
plein fouet, endommageant sévèrement les deux moteurs droits.
BRODSKY dut alors quitter la formation. Le crash de l'appareil
étant inévitable, l'équipage voulut larguer ses bombes pour
libérer l'issue de secours mais ils ne purent en raison des
dommages subis par la soute. L'équipage en soute ne pouvait donc
plus évacuer l'avion en sautant en parachute. L'avion étant
relativement stable et rempli de ses bombes (un atterrissage
forcé était donc impossible), BRODSKY décida de tenter un retour
en Angleterre et fit demi-tour. Malgré tout, l'équipage perdit
trop d’altitude et l'atterrissage forcé devint la seule option
possible. Le pilote proposa à ceux qui le souhaitaient de sauter
en parachute. Excepté le Lt JOHNSON qui évacua l’appareil,
l'ensemble de l'équipage décida de rester dans le bombardier et
de tenter malgré tout un atterrissage forcé au milieu des terres
agricoles. Bien que le B-24 heurta la cime des arbres du petit
« bois Elie », l'atterrissage forcé s’effectua sans trop de
difficultés et l’appareil, intact, glissa sur environ 300
mètres. L’équipage est soulagé et l’ambiance est joyeuse. Cet
atterrissage forcé eut lieu sur la Commune de Guillonville,
à 1 Km au Nord du hameau de "Gaubert".
Dans le cockpit, BRODSKY et
ROBERTS cherchent un moyen de sortir mais l’armoire du
compartiment radio est endommagée et bloque l’accès à
l’intérieur de l’appareil. De même, la trappe du
compartiment radio a été déformée et donc bloquée, emprisonnant
le reste de l’équipage. Ils trouvèrent tout de même une
sortie (une fenêtre cassée) et le reste de l'équipage demanda de
l'aide pour pouvoir sortir de la soute. Le feu prit naissance
sur le moteur N°3 et commença à s'étendre à l'ensemble de
l'avion. Les deux survivants libérés de la carcasse tentèrent de
circonscrire ce feu pour permettre le sauvetage de leurs
camarades. Finalement, le feu n’est plus maîtrisable, la chaleur
est intense et ils durent renoncer et s'éloignèrent du B-24.
L'avion explosa quelques instances après, avec à l'intérieur du
compartiment radio, six hommes d'équipage. La présence des
bombes dans la soute ne laissa aucune chance à ces hommes pris
au piège. L'explosion se vit à des kilomètres à la ronde
attirant également les troupes allemandes. Les Capitaines BRODSKY et ROBERTS
se cachèrent sous un massif d'arbres en bordure du champ où eut
lieu l'explosion. Neuf soldats allemands arrivèrent sur place en
camion et un d’eux découvrit les rescapés dans leur cachette.
Ils se rendirent sans résistance et furent ensuite emmenés près
de Berlin pour y être interrogés, puis furent emprisonnés au
Stalag3 à Sagan en Allemagne. Vers la fin de la guerre et face à
l'avancée russe, ils furent déplacés dans un autre camp à
Moremburg en Allemagne. Le 4 Avril 1945, ils s'échappèrent de ce
dernier camp et traversèrent l'Ouest de l'Allemagne durant 12
jours pour enfin regagner la 7ème Armée Américaine.
. L'évasion avortée du Lt Lee JOHNSON Le Lt Lee G. JOHNSON appartenait
initialement à l’équipage du Pete RIEGEL (situé en 6ème
position) mais le Lt Colonel LAYNE voulut renforcer l’équipage
du Capt BRODSKY avec un navigateur supplémentaire afin d’assurer
le succès de cette mission. Cette mission n’était que sa
deuxième depuis son arrivée en Angleterre…
.
Témoignage de Lee G. JOHNSON :
« … Après l’atterrissage,
j'ai enlevé mon parachute et remarqué une petite zone boisée à
proximité, j’ai couru pour voir ce que la forêt pouvait m’offrir
comme protection. Après avoir fait une courte distance dans les
bois, deux hommes se sont approchés de moi et m’ont expliqué qui
ils étaient. J’ai compris une partie de ce qu’ils disaient car
j'avais étudié le français pendant mes études aux Etats-Unis.
J’ai échangé mes vêtements avec un de ces hommes, qui s'est
avéré être M. Pinsard, et ils
m’ont dit de rester dans les bois
jusqu'à la tombée de la nuit. Juste avant l'obscurité, ils sont
revenus avec un chariot et m'ont emmené à Cormainville, un petit
village à proximité et j'ai passé la nuit dans la maison de M.
Pinsard.
Témoignage
de M. Hubert BOURGEOIS de Gaubert :
« Le
11 mai 1944, étant à la porte de ma ferme, après un tir de DCA
de Châteaudun, un avion américain, touché en flammes, vint sur
Gaubert, droit sur nous, mais à 1,5 km de là, vira à gauche et
alla en labourant, finir dans un de mes champs. Auparavant, nous vîmes un soldat
américain (Lt JOHNSON) sauter en parachute, tandis que cinq
autres, furent carbonisés. Un autre étant en queue de
l’appareil, put se sauver, mais il fut repris par les boches,
qui étaient accourus. Ayant été voir avant qu’ils arrivent, je
me suis trouvé avec Monsieur Penot, qui s’occupaient de
recueillir les rescapés. Nous allâmes trouver le parachutiste qui
s’était caché dans un buisson, sur ma route de Cormainville. Les
boches étaient sur le qui-vive, à cause de l’avion. J’ai donc
passé au milieu d’eux avec le para américain assis à cul plat
dans la tapissière. S’ils l’avaient vu, je n’y coupai pas.
Là, j’ai eu peur, je dis à Monsieur Penot, je ne vais pas plus
loin, on va le laisser chez Monsieur Augros, qui reste en face
de l’église, et qui s’occupait de la résistance. Nous avons
essayé de parler avec notre récupéré, mais nous ne pouvions pas
nous comprendre, il est resté peut être deux jours avant de
rallier le rassemblement. Voilà pourquoi, j’ai reçu les
félicitations de l’armée américaine ». Le Lt Lee G. JOHNSON fut ensuite
emmené chez un résistant d’Orgères-en-Beauce (M. PINSARD qui
appartenait également au réseau d’évasion Picourt), il y demeura
quelques jours, le temps de préparer son évasion vers l’Espagne.
Cela nécessitait également de remonter à Paris. Il fut alors
confié à Mme ORSINI dont le compagnon (Jean-Jacques DESOUBRI)
était un agent infiltré de la Gestapo… Le Lt Lee JOHNSON fut
ensuite livré l’occupant, le 24 Mai 1944, au quartier général de
la Gestapo. Il fut emprisonné à Fresnes où il fut interrogé
durant plusieurs jours puis transporté au Stalag Luft 1 à Barth
(Allemagne) et ne fut libéré que le 30 Avril 1945, à la
libération de la région par les troupes russes.
Lors du crash, le S/Sgt Elton
TOLLET (mitrailleur dans la tourelle située sous le fuselage du
B-24) fut éjecté de l’appareil lors de l’atterrissage forcé et
fut gravement blessé. Le visage ensanglanté, il demanda de
l’aide aux premiers villageois rencontrés et le menuisier de
Gaubert le transporta en calèche jusqu’au hameau de Gaubert. Il
fut remis immédiatement aux soldats allemands afin qu’il soit
transporté à l’hôpital d’Orléans. Au même moment, les Capitaines
BRODSKY et ROBERTS furent ramenés à Gaubert par les soldats
allemands en camion et un groupe de villageois attira leur
attention : ils furent autorisés à descendre du camion et virent
leur camarade, le S/Sgt TOLLET à l’intérieur d’un pick up,
inconscient, gémissant et gravement blessé. Le Capitaine BRODSKY
demanda l’intervention d’un médecin et deux soldats allemands
sautèrent dans le Pick Up et partirent en direction de
Châteaudun. C’est la dernière fois que le Capitaine BRODSKY vit
le S/Sgt TOLLET. Hospitalisé inconscient, il décéda le lendemain
(12 Mai 1944) à 20H55 à l’hôpital de la Luftwaffe à Orléans,
d’une contusion cérébrale avec hémorragie.
Son corps fut inhumé au cimetière
d’Orléans dans le carré des prisonniers de guerre. Toutefois,
ses restes ne purent jamais être identifiés après la guerre et
son nom repose désormais sur le Mur des Disparus. Le S/Sgt TOLLET était né le 12
Octobre 1921 à Nashville (Arkansas). Son père mourut en 1923 et
il vécut avec sa mère, sa sœur et son frère chez ses
grands-parents à Nashville. Après quatre ans de lycée,
célibataire et sans enfant, il s’engagea dans l’Armée le 20 Août
1942, à Little Rock (Arkansas). Blond aux yeux bleus, il rentra
à l’école des mitrailleurs de bombardiers et fut assigné à
l’équipage du Lt Edward BRODSKY. Il termina sa formation au
Nouveau-Mexique, à la base américaine d’Alamogordo puis fut
affecté au 487th BG, basé en Angleterre. Il traversa
l’Atlantique en Mars 1944 pour gagner son terrain d’aviation
anglais de Lavenham.
Rappel: Le bombardier B-24 du Capt BROSKY réalisa un atterrisage forcé mais il explosa ensuite avec 6 hommes d'équipage dans les soutes à bombes. Le lendemain, des habitants purent accéder à l’intérieur de la carcasse détruite et observèrent quatre/cinq corps carbonisés les uns à coté des autres (le nez et les doigts avaient disparu, sous l’effet du feu). Les Allemands retirèrent avec respect les corps. Les corps des aviateurs furent inhumés au cimetière Saint-Chéron de Chartres.
Rapport allemand - Inhumation de 5 corps non identifiés au Cimetière St-Chéron Après la guerre, tous ces corps seront
déplacés temporairement au cimetière militaire américain
de Blosville (près de Carentan) excepté le corps du
T/Sgt Walter SIMONI
qui fut déplacé au cimetière militaire de St-Corneille
(près du Mans). Tous furent à nouveau réenterrés, après la fin
de la guerre, dans le cimetière militaire américain de
St-Laurent-Sur-Mer en Normandie. Seul le corps de Walter SIMONI
fut rapatrié aux USA, en Juin 1949, au cimetière national
d’Arlington (section n°34, tombe n°2102).
.
. Le crash du B-24 du Lt Mc CLEARY à Varize Un aviateur situé dans un autre
bombardier de la formation vit le B-24 n° 42-52444 (baptisé
« Lazy Lady », Code « H-FO ») du Lt Lorin McCLEARY du 838th BS
être touché au niveau d'un des moteurs qui prit feu.
Contrairement aux autres B-24 abattus, il semble que ce crash
soit également la conséquence d'une attaque par des chasseurs
allemands du JG26. Le seul survivant, le S/Sgt Harold OWENS
précise que son appareil a reçu 4 coups directs. Immédiatement,
le feu gagna l'ensemble de l'avion qui explosa à 2000 pieds
d'altitude, coupant l'avion en deux morceaux. Sur le moment, les
témoins crurent qu'il n'y avait aucun survivant car l'avion
explosa immédiatement. Une partie de l'appareil tomba sur le
territoire de Varize (3 Km à, l'Est du bourg) et l'autre sur
la Commune de Bazoches-en-Dunois (1,5 Km au Sud du
bourg). Malgré tout, le Sergent Harold
OWENS put sauter en parachute et regagner le sol sain et sauf.
Il fut secouru, caché et hébergé dans une famille française puis
remit à M.
PICOURT, chef d'un réseau d'évasion chartrain. Il fut sans
doute transporté à Paris en train le 24 Mai 1944 avec un autre
aviateur américain, le
Lieutenant
James LAING. Toutefois, ce réseau ayant été infiltré par un
agent double, les deux aviateurs furent remis à la Gestapo. Ils
furent incarcérés dans un premier temps à Fresnes jusqu'au 11
Juillet 1944 puis emmené dans des camps en Allemagne (le dernier
étant sans doute le Stalag Luft I à Barth). Les corps des aviateurs furent
inhumés dans le cimetière d'Orléans le 15 Mai 1944 puis
ré-enterrés dans le cimetière militaire américain d'Epinal après
la libération. Cet équipage ne volait
habituellement pas avec le Lt McCLEARY mais avec Lt SIMMONS qui
venait de se faire opérer de l’appendicite.
Rapport allemand visant le B-24 de Varize/Bazoches-en-Dunois avec mention du 2nd Lt PERRY (Source: NARA)
Le parcours personnel du pilote, le Lt
Mc CLEARY Le Lt Lorin David McCleary
(junior) naquit à Indianapolis (Indiana) le 29 Juillet, 1915. Il
y grandit avec ses parents, Lorin et Margaret McCleary, son un
frère aîné (James) et sa sœur aînée (Margaret) et sa sœur
cadette (Marie). Il a fréquenté l'école publique d’Indianapolis
et fut diplômé de l'Arsenal Technical High School le 11 Juin
1931. Il éousa Evelyn E. Hill de West
Lafayette (Indiana), le 18 Février 1939. En 1940, ils habitaient
au 714 East 51st Street, Indianapolis, Indiana, avec la mère
d’Evelyn. Il travaillait alors comme vendeur d’appareils
électrique, au sein de l’entreprise de son père. En 1942, il
était gestionnaire de détail et son épouse était vendeuse dans
un grand magasin. Leur seul enfant, Lorin David McCleary III,
est né le 1er Octobre 1944 (après la mort de son père). Lorin McCLEARY s’engagé dans
l'armée américaine du Corps Aérien de Patterson Field à
Fairfield (Ohio), le 1er mai 1942. En Septembre 1942, il fut
appelé en service actif, à Nashville (Tennessee). En mars 1943,
il termina la phase primaire de formation de vol à Santa Maria
(Californie). Il continua sa formation à Minter
Field (Californie) où il pilota sur un BT-13 Valiant et il
acheva son parcours par une formation sur bi-moteur le terrain
d’aviation à Fort Sumner (Nouveau Mexique) où il obtint le grade
de Sous-Liuetenant et reçut ses ailes le 28 Juillet, 1943. D'Août à Octobre 1943, il fut
formé sur B-17 à Hobbs (Nouveau-Mexique) et, le 6 Octobre 1943,
il fut affecté comme copilote sur l'équipage du Lt Riggs Mellen.
2nd
Lt Lorin Mc CLEARY (Photo Famille Mc CLEARY)
En Novembre 1943, Le 2nd
Lt Lorin McCleary et l’équipage Mellen furent affectés au 355th
BS du 302th BG, une unité de formation sur B-24, puis, en
Décembre 1943, au 487th Bomb Group nouvellement formé). À la fin de Décembre 1943, le
groupe se déplace sur la base aérienne d’Alamogordo
(Nouveau-Mexique) pour compléter sa formation sur B-24. C’est à
cette occasion que la photo ci-après fut prise, à Alamogordo.
Durant cette phase finale de
formation, Evelyn Mc CLEARY se déplaça souvent en voiture de
l’Indianapolis à Alamogordo afin de passer un maximum de temps
avec son mari, Lorin.
L'équipage du Lt Mellen fut
déployé en Angleterre avec le 487th BG en Avril 1944 sur la base
aérienne de Lavenham (Suffolk). Avant d’avoir mené les toutes
premières opérations de bombardement, le Lt McCleary remplaça le
pilote Lt Doyle E. SIMONS qui tomba malade (crise
d’appendicite). Le 487th BG commença ses
opérations de combat le 7 mai 1944, auxquels participèrent le
2ème Lt McCleary et son équipage, avec une mission de
bombardement sur la gare de de triage à Liège (Belgique). Sa deuxième mission eut lieu le 9
mai 1944 (terrain d’aviation de Laon-Couvron, en France). La troisième mission dont
l’objectif était la gare de triage de Chaumont, le 11 Mai 1944,
fut fatale à l’équipage qui trouva la mort dans le ciel de
Varize.
. Le crash du B-24 du Lt WALSH Toujours ce même 11 Mai 1944,
un concours de circonstances fit que les B-24 du 44th BG,
chargés initialement de bombarder les voies ferrées de
Mulhouse, se retrouvèrent pris à partie dans l’attaque
aérienne ci-dessus. En effet, treize B-24 du 44th
BG avaient pour objectif initial les voies ferrées à
Mulhouse mais le temps nuageux à Mulhouse obligea les
bombardiers à se reporter sur les objectifs secondaires tels
que le terrain d'aviation de Bricy, à quelques lieux de
celui de Châteaudun. Le hasard voulut que ce
bombardement ait lieu vers 14H20… C’est ainsi que le 506th
BS du 44th BG fut attaqué par des chasseurs ennemis et le
B-24 n° de série 42-94999 piloté par le 2nd Lt James H.
WALSH fut touché par un chasseur allemand Me-109 (sic!) au
moteur N°1 qui prit immédiatement feu. L'appareil quitta la
formation mais resta sous contrôle. Le mécanicien, le Sgt
PELOQUIN, tenta un transfert de carburant dans les autres
réservoirs. Au même moment, une seconde attaque des Me-109
toucha le moteur N°2 qui s’enflamma également. Le pilote
donna l'ordre d'évacuer l'appareil et tout l'équipage sauta
en parachute à 15.000 pieds d'altitude.
Témoignage du mécanicien Joseph O. PELOQUIN :
« Nous avons été touchés par un chasseur allemand Me 109.
J’étais mécanicien et mitrailleur de queue, ma position
était la tourelle supérieure. C’était plutôt calme, et comme
nous avions une escorte de chasseurs, le lieutenant Walsh a
suggéré que je fasse le transfert de carburant. Il semblait
être le bon moment pour transférer dans des cellules
extérieures. Et le carburant serait prêt au cas où nous
aurions des problèmes plus tard. Je dis au Sgt. Lawrence
RICHARDS de couvrir ma position pendant que je faisais mon
travail de transférer le carburant. Je venais juste de finir
et quand l'enfer s'est déchaîné. La DCA de Bricy frappait
autour de nous et les chasseurs tiraient sur nous. L’avion a
été frappé dans le moteur n°2, qui a pris feu. Un autre obus
a explosé devant nous et a arraché mon casque de ma tête et
m’a bousculé pour attraper mon parachute. Le Sgt. PUKSTA m'a
aidé à l’enfiler. C'est alors que j’ai v u qu'il avait été
touché aussi. J'ai ouvert la trappe d'évacuation et lui ai
dit de sauter. Il me regarde et dit : « Vous allez sauter
d'abord ! L'avion perdait rapidement de l’altitude, donc je
lui ai fait promettre de sauter après moi, ce qu’il a fait.
Quant à mon histoire, j’en fais encore des cauchemars.
Quand j’ai sauté, j’ai compté dix - assez pour se dégager de
l'avion. Nous étions à environ 4 500m à ce moment-là et j’ai
tiré la poignée d’ouverture. Rien ne se passe. Le parachute
ne s’est pas déployé. Je tombais rapidement à 190km/h et je
tirais et tirais sur les volets de mon parachute et
finalement le parachute principal s’est ouvert. Tout cela a
pris si longtemps que je n’étais plus qu’à environ 300m du
sol ! C’est l'une des raisons pour laquelle les Allemands ne
m’ont pas vu descendre. Quand j’ai touché le sol, je me suis
blessé le talon gauche et j’avais été touché par des éclats
de l’explosion de l’obus qui avait frappé PUKSTA. J'en ai eu
dans mon bras au-dessus du coude et plusieurs petits
morceaux dans mon visage, et un autre dans mon cou, que j’ai
encore. Tout cela s’est passé près d'un petit village qui se
trouve à environ 32km d’Orléans. Le nom est Patay et est
connu pour son association avec Jeanne d'Arc… J'ai rencontré
RICHARDS quelques semaines après que nous avons été pris en
charge par la Résistance française. Nous sommes allés en bus
dans un camp dans la Forêt de Fréteval, où les Allemands
avaient un dépôt de munitions. Nous étions cachés sous le
nez des Allemands. Au début, il n'y avait que huit ou dix
d'entre nous. Mais les choses ont rapidement changé et
bientôt, il y avait des centaines d’évadés. Nous avons été
libérés par la 3ème Armée américaine le 12 août 1944 ».
.
La capture de 7 aviateurs
Le 2nd Lt WALSH fut
pris en charge par le réseau d’évasion « Bourgogne » et
atteint l’Espagne le 26 Mai 1944, puis Gilbraltar le 19 Juin
suivant et regagne l’Angleterre le 23 Juin 1944.
Fausse carte d'identité du S/Sgt Joseph O. PELOQUIN réalisée en Mai 1944
La version allemande Curieusement, les archives allemandes
mentionnent avec grande précision ces deux crash de B-24 à l'Est
de Châteaudun, le 11 Mai 1944 vers 14H00, suite à un combat mené
par les Fw-190 du II./JG26. En effet,
l'Oblt Waldemar RADENER
(as allemand)
du 7./JG26 obtint sa 21ème victoire en abattant un
B-24 à l'Est de Châteaudun vers 14H00 à 700 mètres d’altitude
(Sic !). Toutefois, également touché par les mitrailleurs de
bord, il dut réaliser un atterrissage forcé avec son Fw190 (Nr
680120 "Brow 2") entre Châteaudun et Bazoches-en-Dunois. Il ne
fut que légèrement blessé. De la même manière, l'Oblt Adolf GLUNZ
(as allemand également) réussit à décrocher sa 61ème victoire en
abattant un B-24 au Nord-Est de Châteaudun vers 14H00 à 7.000
mètres d’altitude. Et pour finir, un troisième Fw-190
éperonna un B-24. Son pilote, le
Fhr. Waldemar BUSCH du 8./JG26
fit un atterrissage forcé à 15 Km au Nord d'Orléans. Il ne fut
que légèrement blessé. Il revendiqua toutefois une victoire sur
ce B-24 à 14H13 vers Orléans à 5.000 mètres d’altitude. Il est difficile de définir si les B-24
de McCLEARY et de BRODSKY ont été abattus ou pas par ces
chasseurs allemands ou bien par la Flak. Habituellement, les
chasseurs allemands n’intervenaient pas dans les zones défendues
par la Flak, par peur d’être pris eux-même pour cible par leur
propre défense antiaérienne. Les comptes rendus des autorités
françaises de l'époque confirment cette hypothèse précisant: "au
cours d'un combat aérien, deux chasseurs vraisemblablement
allemands sont tombés, l'un à Cormainville et l'autre à
Bazoches-en-Dunois. Les pilotes n'ont pas été retrouvés".
Ces mêmes archives mentionnent également le crash des trois B-24
et la capture de trois aviateurs ainsi que la fuite des autres.
![]() Adolf GLUNZ et Waldemar RADENER
En cette fin de journée du 11 Mai, le Commissaire principal de la Police de Chartres écrit au Préfet d'Eure-et-Loir pour l'informer des évènements:
Quelques jours après ces évènements, le 15 Mai 1944, le groupe de Résistance FTP du Sous Secteur Est d'Eure-et-Loir récupère une mitrailleuse sur un appareil allemand tombé près de Villars, à 15 Km au Nord Est de Chateaudun.
![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
11/04/2026 |
Mentions légales: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110). Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com - - Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH - RGPD: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 - ![]()
|