Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 



LA DANGEREUSE FLAK DE CHATEAUDUN

 

Le 11 Mai 1944, 12 bombardiers B-24 du 487ème Bomber Group décollèrent de leur base anglaise de Lavenham à Suffolk à 10H20, avec pour mission de bombarder la gare de triage de Chaumont et Troyes, en Haute-Marne.

Participant à la même mission, 35 B-24 du 486th Bomber Group décollèrent de leur base entre 10H45 et 11H13 et la jonction du 486th BG et du 487th fut effectuée à 11H58 au-dessus de l'Angleterre.

La côte anglaise fut passée à 13H11 à 12.000 pieds d'altitude et la côte française fut atteinte à 13H45. Toutefois, le rendez-vous avec les chasseurs chargés de leur escorte et protection fut loupé.

Juste avant le passage au-dessus de la ville de Brou, une manoeuvre de contournement de la ville de Châteaudun par la gauche était prévue car la défense anti-aérienne de la base aérienne était désormais connue pour son efficacité. Or, cette manoeuvre se fit trop tardivement et le 487th BG se retrouva à portée de tir de la Flak.

Vers 14H30, la formation arriva au-dessus de Châteaudun où la visibilité était plutôt bonne en altitude, malgré un léger brouillard à basse altitude.

Tout d'un coup, la Flak de Châteaudun entra en action de façon massive. Les bombardiers rencontrèrent une très forte opposition et trois appareils s'écrasèrent, touchés mortellement (un 4ème gravement touché put rentrer en Angleterre où il s'écrasa finalement) :

- Le B-24 n°41-29468 du Lt VRATNY du 838th BS s'écrase à Coulonges-les-Sablons (61)

- Le B-24 n° 42-52763 du Lt BRODSKY du 838th BS s'écrase à Guillonville (28)

- Le B-24 n° 42-52444 du Lt Mc CLEARY du 838th BS s'écrase à Varize/Bazoches-en-Dunois(28)

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Rapport allemand du 11 mai 1944 (source : NARA)

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Le crash du B-24 du Lt VRATNY à Coulonges-les-Sablons (61)

Le B-24 n° 41-29468 (baptisé « Peg O’ My Heart », Code « H-CF ») du Lt Franck VRATNY du 838th BS fut le premier bombardier touché par la Flak lors de son passage au-dessus de Châteaudun. Parmi l’équipage de ce B-24 en 1ère ligne, on comptait le Lt-Colonel Beirne LAY qui menait la formation de 72 B-24. Sévèrement touché par cinq coups directs, trois moteurs sont hors d’usage, la queue est fortement endommagée et le système électrique ne répond plus. Le pilote décida d'abandonner la mission et de faire demi-tour pour rentrer en Angleterre. Toutefois, les dommages étant importants, l'appareil perdit de l'altitude et l'ordre fut finalement donné d'évacuer l'avion. L'ensemble de l'équipage sauta en parachute puis l'appareil s'écrasa à Coulonges-les-Sablons (61) au Nord de Nogent-le-Rotrou, vers 14H00. Il fut détruit à 100%.

 

Equipage de VRATNY

Debout de gauche à droite : Arth. Pelletier, Rob. Peterson, Irvin Studer et John Watson

Rang du milieu : William Alich et Lawrence Heimerman

Devant : Steve Kulik, Franck Vratny, Hyatt Ballantyne et Clayton Hutchison

Equipage de VRATNY
(Collection John WATSON)  

 

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Rapport MACR n°4750

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Dans son rapport d’évasion, le Lt Colonel Beirne Lay indique qu’il donna l’ordre d’évacuer l’appareil à 5 miles au Nord de Châteaudun car son B-24 était lourdement endommagé. L’intercom ne fonctionnant plus, le Lt-Col. Beirnes Lay demanda au navigateur d’aller avertir tout le monde d’évacuer l’avion. Le pilote Vratny actionna alors la sonnerie d’alarme et maintint le contrôle de l’avion pour permettre à tous de sauter. Le Lt Col Lay restera à bord après le saut de Vratny et quittera l’avion en dernier. Il saute vers 10.000 pieds d’altitude.

Lt Colonel  LAY Beirne Jr. (photo 487th Bomb Group)

Tout l'équipage réussit à sauter en parachute et parvient à regagner le sol sain et sauf. Séparés, ils connaîtrons des fortunes différentes.

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L'évasion réussie du Lt DUER et du Colonel LAY

Le Colonel LAY et le Lt DUER attérirent près de Bretoncelles, ils arrivèrent à Oucques où ils furent pris en charge par la résistance française locale et finirent la guerre cachés dans une ferme de Mazanché (près de Vendôme), recueillis par la famille Paugois. Ils furent libérés à l'arrivée des Américains le 13 Août 1944.

Après son atterrissage, il retrouva le Lt DUER, et ensemble, ils se cachèrent sous des arbres puis rampèrent à travers un champ pour se cacher dans un grenier à grains où ils demeurèrent durant deux jours. Les français leur apportèrent à manger et des habits civils, ainsi que des conseils pour éviter les troupes allemandes dans la région. Le 13 Mai, ils décidèrent de quitter leur cachette et marchèrent toute la nuit vers l’Ouest. Ils rencontrèrent un premier curé qui les hébergea durant deux jours mais il ne réussit pas à prendre contact avec la résistance locale. Les aviateurs décidèrent de repartir et de marcher durant 10 jours, aidés par différents paysans français qui leur fournissaient de la nourriture. Il rencontra ensuite un second curé d’un village qui les mit en contact avec une femme française qui parlait anglais puis avec un groupe de résistants qui les hébergea durant 12 jours. Le 5 Juin 1944, les deux aviateurs furent emmenés en voiture dans la ferme de la famille PAUGOIS, située à Mazanché, près de Vendôme. Ils y restèrent cachés jusqu’au le 13 août 1944, date de la libération de la ville de Vendôme par les troupes américaines.

M. X - Lt Walter DUER – M. PAUGOIS - Mme PAUGOIS - Col. Beirne LAY, à la Ferme de Mazange

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Rapport d'évasion du Lt Walter A. DUER (Source NARA) et  Fiche d'évasion du Lt Walter A. DUER du Réseau Comète (source: evasioncomete.be)

Rapport d'évasion du Colonel Beirne LAY (source: NARA) et Fiche d'évasion du Colonel Beirne LAY du Réseau Comète (source: evasioncomete.be)

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L'évasion réussie du Lt RICHTER et du Sgt PETERSON

Le Lt RICHTER atterrit au Sud-Est de Nogent-le-Rotrou, un fermier le nourit et le donna des vêtments civils. Le lendemain après-midi, deux garçons de 18 ans l'emmenèrent dans un bois où se cachaient ses camarades le Capt WILSON et le Sgt PELLETIER. Ils y restèrent cachés durant deux jours. Le propriétaire d'une ferme, près d'un bois, au Nord-Est de Nogent-le-Rotrou leur apportait de la nourriture.

  Lt Albert H. RICHTER

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Le lendemain après-midi, un ancien officier français est venu lui dire qu'il avait trouvé les Sgt WATSON, PETERSON et HEIMERMAN. Ils restèrent deux jours supplémentaires dans les bois puis l'ancien officier français leur apporta des cartes d'identité puis il les consuisit à la ferme où un autre homme en calèche les emmena jusqu'à Nogent-le-Rotrou.

Dans la taverne près de la gare, ils furent confiés à deux hommes qui les accompagnèrent en train jusqu'à Paris. Ils se rendirent d'abord dans une bijouterie qui appartenait à l'un des guides. Ils partirent pour Lagny-sur-Marne où ils furent cachés dans un bâtiment derrière une école. Les Sgt WATSON, PETERSON et HEIMERMAN les rejoignirent à ce moment.

Après quelques jours, ils furent emmenés dans la maison d'un gardien de cimetière où ils furent interrogés et séparés.

Le 1st Lt RICHTER fut emmené dans un petit magasin général appartenant à M. DUPRES où il resta deux jours puis il passa de maison en maison.

Le Lt RICHTER, le Sgt PETERSON et le Capt WILSON fut regroupé par un gendarme, toujours cachés de maison en maison. 

Le Capt WILSON fut séparé des Lt RICHTER et PETERSON. Ces deux derniers furent emmenés chez Mme Olga CHRISTOL où ils y reçurent les visites régulières de résistants, tels que Dorothy TARTIER, Albert MAHUZIER, « Geneviève »,.. 

Le départ vers l'Espagne fut convenu pour le 06 Juin 1944 mais le débarquement en Normandie vint contrarier cette évasion. En même temps, pourquoi faire un long et dangereux voyage vers l'Espagne alors que les Alliés arrivent et vont libérer Paris dans les jours à venir? Malheureusement, la bataille de Normandie va durer plus de deux mois..

Le 11 Juin, les Lt RICHTER et PETERSON rencontrèrent un autre aviateur anglais sur chasseur Typhoon, James STEWART (du 609 Squadron). Tous les trois se promenèront au Trocadero et sur les quais, au nez des soldats Allemands! Albert MAHUZIER alla jusqu’au prendre une photo des aviateurs alliés au milieu des soldats allemands.

Article de Paris-Presse du 27 mars 1946 (https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr)

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Le 27 Juin, finalement, le Lt RICHTER est séparé de son camarade PETERSON et quitte le logement de Mme CHRISTOL pour  être transporté en train de Paris jusqu’à Pau, accompagné de M. MAHUZIER.

A Pau, il fut logé trois semaines chez M. Léon VANDERPOOL. Le 22 Juillet, M. VANDERPOOL et son fils (Paul) l’emmenèrent en vélo dans une ferme de montagne où il rencontra des passeurs basques, des guides de haute montagne. La traversée de la frontière espagnole se fit dans la nuit du 23 au 24 Juillet et un prêtre espagnol prit en charge le Lt RICHTER pour l’emmener sur la route de RONCESVALLEE où un taxi les attendait. Il fut conduit à Saint-Sébastien et RICHTER se présenta au consulat américain. Il fut emmené à IRUN pendant une semaine, puis à Alhama.

Le 13 Août, le Colonel SPILLMAN l’emmena à Madrid puis Gilbraltar où il prit un avion le 16 Août pour regagner l’Angleterre le 17 Août.

Il semble que PETERSON ait suivi le même parcours quelques jours plus tard. En effet, il traversa la frontière espagnole le 22 Août (soit un mois après le Lt RICHTER) et chemina par Barcelone pour rejoindre Gilbraltar le 2 Septembre 1944. Le 04 Septembre, il regagnait l’Angleterre par les airs.

Rapport d'évasion du Lt Alfred H. RICHTER

Rapport d'évasion du Sgt Robert W. PETERSON

 

Le 11 Août 2015, Richard RICHTER, le fils d'Alfred H. RICHTER est venu de Miami (Floride) pour visiter le Perche et se déplaçer à Nogent-le-Rotrou afin de retracer le périple de son père en Mai 1944.

L'évasion avortée des autres membres d'équipage 

Le 1st Lt Frank Vratny parviendra d’abord à s’évader avec l’aide de la Résistance locale et passera par Brou, Versailles, Paris, Vincennes, Paris à nouveau.

Parallèlement , le  Capitaine Donald Edward WILSON, le Sgt Lawrence HEIMERMAN, le Sgt Arthur Joseph PELLETIER et John Pershing WATSON se retrouvèrent et se réfugièrent dans une ferme. Tout comme le Lt VRATNY, ils furent mis en contact avec la résistance locale et emmenés à Paris. Ils restèrent ensemble durant quelques semaines dans un appartement confisqué à un propriétaire juif, près du restaurant "Chez CHATARD" tenu par M. Gabriel.

Contrairement à ses camarades, le Lt VRATNY était caché au domicile de M. GABRIEL.

Un jour, le Lt VRATNY apprit que le Capitaine WILSON fut capturé le 14 Juin 1944, par la gestapo. Le restant du groupe précisa qu'il commençait à perdre la tête.

Tous furent ensuite capturés, puis emprisonnés à Fresnes puis emmenés en Allemagne.

Le Lt VRATNY fut également capturé le 19 juillet 1944, en route vers l’Espagne en camion, avec 15 autres aviateurs évadés.

     

Lt Frank VRATNY                                Francis HODGE (photo Nancy Dewald)

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Le Capitaine Francis Goodrich HODGE fut le seul homme blessé dans l'appareil (oeil et pied droit) et le Lt RICHTER l'aida à mettre son parachute. Après l'ordre d'évacuer, il sauta en parachute. Il se cacha dans des broussailles puis se présenta dans une ferme. Le fermier l'accueillit mais, ne souhaitant pas mettre en danger la vie de sa famille et au regard des blessures de l'aviateur, il se rendit en byciclette à Condé-sur-Huisne pour aller chercher les Allemands qui arrivèrent très vire dans une Ford.

Il fut capturé dès ce 11 Mai vers 23h00.

Le Capt. HODGE et le Lt VRATNY se retrouvèrent en Novembre ou Décembre 1944 dans le StalagLuft III. De même, le Capt HODGE retrouva également dans sa chambre au StalagLuft III avec le Capt. John W. ROBERTS et le Capt. Edward BROSKY, abattus lors de cette même mission du 11 Mai 1944.

 

Rapport allemand KU1815

Le Sgt William ALICH fut capturé le 16 Juin 1944 à Chartres-Sur-Cher, lors de l'évacuation de la zone où il était caché. Il sera emmené à Chartres le 24 Juin pour être interrogé.

Rapport allemand KU1815

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Article de Journal concernant le Capt Donald E. WILSON (Collection Jean PIERRE)

 

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Le crash du B-24 du Capitaine BRODSKY à Guillonville

En second position dans la formation, le B-24 H n° 42-52763 (baptisé « Blow Job ») du Capitaine Edward BRODSKY du 838th BS fut également pris pour cible par la Flak qui se concentrait tout particulièrement sur les appareils en tête de la formation. Tout comme le B-24 de VRATNY, le bombardier de BRODSKY fut touché de plein fouet, endommageant sévèrement les deux moteurs droits. BRODSKY dut alors quitter la formation. Le crash de l'appareil étant inévitable, l'équipage voulut larguer ses bombes pour libérer l'issue de secours mais ils ne purent en raison des dommages subis par la soute. L'équipage en soute ne pouvait donc plus évacuer l'avion en sautant en parachute. L'avion étant relativement stable et rempli de ses bombes (un atterrissage forcé était donc impossible), BRODSKY décida de tenter un retour en Angleterre et fit demi-tour. Malgré tout, l'équipage perdit trop d’altitude et l'atterrissage forcé devint la seule option possible. Le pilote proposa à ceux qui le souhaitaient de sauter en parachute. Excepté le Lt JOHNSON qui évacua l’appareil, l'ensemble de l'équipage décida de rester dans le bombardier et de tenter malgré tout un atterrissage forcé au milieu des terres agricoles. Bien que le B-24 heurta la cime des arbres du petit « bois Elie », l'atterrissage forcé s’effectua sans trop de difficultés et l’appareil, intact, glissa sur environ 300 mètres. L’équipage est soulagé et l’ambiance est joyeuse. Cet atterrissage forcé eut lieu sur la Commune de Guillonville, à 1 Km au Nord du hameau de "Gaubert".

MACR n°4783 (Source NARA)

B-24 n°42-52763 "Blow Job" et son épave après le crash du 11 Mai 1944

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Dans le cockpit, BRODSKY et ROBERTS cherchent un moyen de sortir mais l’armoire du compartiment radio est endommagée et bloque l’accès à l’intérieur de  l’appareil. De même, la trappe du compartiment radio a été déformée et donc bloquée, emprisonnant le reste de l’équipage.

Ils trouvèrent tout de même une sortie (une fenêtre cassée) et le reste de l'équipage demanda de l'aide pour pouvoir sortir de la soute. Le feu prit naissance sur le moteur N°3 et commença à s'étendre à l'ensemble de l'avion. Les deux survivants libérés de la carcasse tentèrent de circonscrire ce feu pour permettre le sauvetage de leurs camarades. Finalement, le feu n’est plus maîtrisable, la chaleur est intense et ils durent renoncer et s'éloignèrent du B-24. L'avion explosa quelques instances après, avec à l'intérieur du compartiment radio, six hommes d'équipage. La présence des bombes dans la soute ne laissa aucune chance à ces hommes pris au piège. L'explosion se vit à des kilomètres à la ronde attirant également les troupes allemandes.

Les Capitaines BRODSKY et ROBERTS se cachèrent sous un massif d'arbres en bordure du champ où eut lieu l'explosion. Neuf soldats allemands arrivèrent sur place en camion et un d’eux découvrit les rescapés dans leur cachette. Ils se rendirent sans résistance et furent ensuite emmenés près de Berlin pour y être interrogés, puis furent emprisonnés au Stalag3 à Sagan en Allemagne. Vers la fin de la guerre et face à l'avancée russe, ils furent déplacés dans un autre camp à Moremburg en Allemagne. Le 4 Avril 1945, ils s'échappèrent de ce dernier camp et traversèrent l'Ouest de l'Allemagne durant 12 jours pour enfin regagner la 7ème Armée Américaine.

  Cpt Brodsky Edward.J

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Rapport Allemand KU1809

L'évasion avortée du Lt Lee JOHNSON

 Le Lt Lee G. JOHNSON appartenait initialement à l’équipage du Pete RIEGEL (situé en 6ème position) mais le Lt Colonel LAYNE voulut renforcer l’équipage du Capt BRODSKY avec un navigateur supplémentaire afin d’assurer le succès de cette mission. Cette mission n’était que sa deuxième depuis son arrivée en Angleterre…

Le 11 Mai 1944, il avait sauté en parachute, regagna le sol sain et sauf. Il atterrit à l’ouest du « Bois Elie », près de la route Gaubert/Cormainville. Il fut recueilli et caché par un agriculteur de Gaubert, M. Hubert BOURGEOIS. Rapidement, il fut emmené en calèche dans une ferme de Cormainville. Il dormit dans une grange sur un lit de paille sous lequel étaient cachées les armes de la résistance. Il échangea son uniforme contre des habits de civil.

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Témoignage de Lee G. JOHNSON : «Après l’atterrissage, j'ai enlevé mon parachute et remarqué une petite zone boisée à proximité, j’ai couru pour voir ce que la forêt pouvait m’offrir comme protection. Après avoir fait une courte distance dans les bois, deux hommes se sont approchés de moi et m’ont expliqué qui ils étaient. J’ai compris une partie de ce qu’ils disaient car j'avais étudié le français pendant mes études aux Etats-Unis. J’ai échangé mes vêtements avec un de ces hommes, qui s'est avéré être M. Pinsard, et ils m’ont dit de rester dans les bois jusqu'à la tombée de la nuit. Juste avant l'obscurité, ils sont revenus avec un chariot et m'ont emmené à Cormainville, un petit village à proximité et j'ai passé la nuit dans la maison de M. Pinsard. Le lendemain, ils m'ont emmené à Orgères, au 2ème étage d'une maison, au-dessus d’une boucherie. Un jour ou deux après, on m'a donné un vélo et suis parti vers Chartres avec un autre homme. A Chartres, on m’emmène à la maison d'une famille française, active dans la Résistance. J'étais au 3ème étage où je pouvais regarder en bas sur l’entrée de la cathédrale de Chartres, qui était juste en face de la rue où je me cachais… »

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Témoignage de M. Hubert BOURGEOIS de Gaubert : « Le 11 mai 1944, étant à la porte de ma ferme, après un tir de DCA de Châteaudun, un avion américain, touché en flammes, vint sur Gaubert, droit sur nous, mais à 1,5 km de là, vira à gauche et alla en labourant,  finir dans un de mes champs.

Auparavant, nous vîmes un soldat américain (Lt JOHNSON) sauter en parachute, tandis que cinq autres, furent carbonisés. Un autre étant en queue de l’appareil, put se sauver, mais il fut repris par les boches, qui étaient accourus.

Ayant été voir avant qu’ils arrivent, je me  suis trouvé avec Monsieur Penot, qui s’occupaient de recueillir les rescapés.

Nous allâmes trouver le parachutiste qui s’était caché dans un buisson, sur ma route de Cormainville. Les boches étaient sur le qui-vive, à cause de l’avion. J’ai donc passé au milieu d’eux avec le para américain assis à cul plat dans la tapissière. S’ils l’avaient vu, je n’y coupai pas.  Là, j’ai eu peur, je dis à Monsieur Penot, je ne vais pas plus loin, on va le laisser chez Monsieur Augros, qui reste en face de l’église, et qui s’occupait de la résistance. Nous avons essayé de parler avec notre récupéré, mais nous ne pouvions pas nous comprendre, il est resté peut être deux jours avant de rallier le rassemblement. Voilà pourquoi, j’ai  reçu les félicitations de l’armée américaine ».

Le Lt Lee G. JOHNSON fut ensuite emmené chez un résistant d’Orgères-en-Beauce (M. PINSARD qui appartenait également au réseau d’évasion Picourt), il y demeura quelques jours, le temps de préparer son évasion vers l’Espagne. Cela nécessitait également de remonter à Paris. Il fut alors confié à Mme ORSINI dont le compagnon (Jean-Jacques DESOUBRI) était un agent infiltré de la Gestapo… Le Lt Lee JOHNSON fut ensuite livré l’occupant, le 24 Mai 1944, au quartier général de la Gestapo. Il fut emprisonné à Fresnes où il fut interrogé durant plusieurs jours puis transporté au Stalag Luft 1 à Barth (Allemagne) et ne fut libéré que le 30 Avril 1945, à la libération de la région par les troupes russes.

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 Les blessures mortelles du S/Sgt Elton TOLLET

Lors du crash, le S/Sgt Elton TOLLET (mitrailleur dans la tourelle située sous le fuselage du B-24) fut éjecté de l’appareil lors de l’atterrissage forcé et fut gravement blessé. Le visage ensanglanté, il demanda de l’aide aux premiers villageois rencontrés et le menuisier de Gaubert le transporta en calèche jusqu’au hameau de Gaubert. Il fut remis immédiatement aux soldats allemands afin qu’il soit transporté à l’hôpital d’Orléans. Au même moment, les Capitaines BRODSKY et ROBERTS furent ramenés à Gaubert par les soldats allemands en camion et un groupe de villageois attira leur attention : ils furent autorisés à descendre du camion et virent leur camarade, le S/Sgt TOLLET à l’intérieur d’un pick up, inconscient, gémissant et gravement blessé. Le Capitaine BRODSKY demanda l’intervention d’un médecin et deux soldats allemands sautèrent dans le Pick Up et partirent en direction de Châteaudun. C’est la dernière fois que le Capitaine BRODSKY vit le S/Sgt TOLLET. Hospitalisé inconscient, il décéda le lendemain (12 Mai 1944) à 20H55 à l’hôpital de la Luftwaffe à Orléans, d’une contusion cérébrale avec hémorragie.

Rapport allemand suite au décès du S/Sgt Elton TOLLETT

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Son corps fut inhumé au cimetière d’Orléans dans le carré des prisonniers de guerre. Toutefois, ses restes ne purent jamais être identifiés après la guerre et son nom repose désormais sur le Mur des Disparus.

Le S/Sgt TOLLET était né le 12 Octobre 1921 à Nashville (Arkansas). Son père mourut en 1923 et il vécut avec sa mère, sa sœur et son frère chez ses grands-parents à Nashville. Après quatre ans de lycée, célibataire et sans enfant, il s’engagea dans l’Armée le 20 Août 1942, à Little Rock (Arkansas). Blond aux yeux bleus, il rentra à l’école des mitrailleurs de bombardiers et fut assigné à l’équipage du Lt Edward BRODSKY. Il termina sa formation au Nouveau-Mexique, à la base américaine d’Alamogordo puis fut affecté au 487th BG, basé en Angleterre. Il traversa l’Atlantique en Mars 1944 pour gagner son terrain d’aviation anglais de Lavenham.

S/Sgt Elton TOLLETT (Mémoire&Database)

 

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Le sort du restant de l'équipage

Rappel: Le bombardier B-24 du Capt BROSKY réalisa un atterrisage forcé mais il explosa ensuite avec 6 hommes d'équipage dans les soutes à bombes.

Le lendemain, des habitants purent accéder à l’intérieur de la carcasse détruite et observèrent quatre/cinq corps carbonisés les uns à coté des autres (le nez et les doigts avaient disparu, sous l’effet du feu). Les Allemands retirèrent avec respect les corps. Les corps des aviateurs furent inhumés au cimetière Saint-Chéron de Chartres.

Rapport allemand - Inhumation de 5 corps non identifiés au Cimetière St-Chéron  

Après la guerre, tous ces corps seront déplacés temporairement au cimetière militaire américain de Blosville (près de Carentan) excepté le corps du T/Sgt  Walter SIMONI qui fut déplacé au cimetière militaire de St-Corneille (près du Mans). Tous furent à nouveau réenterrés, après la fin de la guerre, dans le cimetière militaire américain de St-Laurent-Sur-Mer en Normandie. Seul le corps de Walter SIMONI fut rapatrié aux USA, en Juin 1949, au cimetière national d’Arlington (section n°34, tombe n°2102).

    

T/Sgt Walter SIMONI (Sources: Americanairmuseum.com ET  Findagrave.com).

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Source: The Boston Globe du 20 Mai 1945
 Le 07 Septembre 2013, le département de la Défense américaine mandata un groupe de militaires et d’historiens afin de retrouver la trace du corps du S/Sgt LIPSKAS, porté disparu. Les fouilles menées sur place avec la coopération de l'Association Forced Landing confirmèrent le lieu du crash mais très peu de morceaux furent retrouvés.  Selon toute vraisemblance, le S/Sgt Bronis LIPSKAS se trouvait dans  l’appareil au moment de son explosion mais son corps ne put jamais être identifié.

 

Le corps du Lt Lester WEISS repose désormais au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer (Plot A, Row 11, Grave 5).

Lt Lester WEISS

Le corps (non identifié) du Lt Thomas Wilson PEARCE fut inhumé le 16 Mai 1944 au cimetière Saint-Chéron de Chartres. En Novembre 1946, son corps fut exhumé et réenterré au cimetière américain de Blosville (Plot DD, Row 6, Grave 113). En 1948, ses restes furent officiellement identifiés grace à sa dentition. Le 14 Février 1949, ses restes furent inhumés définitivement au cimetière américain de Saint-Laurent-Sur-Mer (Plot E, Row 9, Grave 33).

Lt Thomas W. PEARCE (Photo Vic Cleary)

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Et enfin, le corps (non identifié) du T/Sgt Clifford Porter "Dink" NANCE fut inhumé le 16 Mai 1944 au cimetière Saint-Chéron de Chartres. En Mai 1947, ses restes furent exhumé et réenterré au cimetière amércain de Blosville où il fut examiné puis réenterré en Juin 1947. En Mai 1949, son identification étant définitivement officielle, il fut inhumé au cimetière de Saint-Laurent-Sur-Mer (Plot I, Row 16, Grave 35).

T/Sgt Clifford P. NANCE (Source: "Find a Grave")

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Le crash du B-24 du Lt Mc CLEARY à Varize

Un aviateur situé dans un autre bombardier de la formation vit le B-24 n° 42-52444 (baptisé « Lazy Lady », Code « H-FO ») du Lt Lorin McCLEARY du 838th BS être touché au niveau d'un des moteurs qui prit feu. Contrairement aux autres B-24 abattus, il semble que ce crash soit également la conséquence d'une attaque par des chasseurs allemands du JG26. Le seul survivant, le S/Sgt Harold OWENS précise que son appareil a reçu 4 coups directs. Immédiatement, le feu gagna l'ensemble de l'avion qui explosa à 2000 pieds d'altitude, coupant l'avion en deux morceaux. Sur le moment, les témoins crurent qu'il n'y avait aucun survivant car l'avion explosa immédiatement. Une partie de l'appareil tomba sur le territoire de Varize (3 Km à, l'Est du bourg) et l'autre sur la Commune de Bazoches-en-Dunois (1,5 Km au Sud du bourg).

Malgré tout, le Sergent Harold OWENS put sauter en parachute et regagner le sol sain et sauf. Il fut secouru, caché et hébergé dans une famille française puis remit à M. PICOURT, chef d'un réseau d'évasion chartrain. Il fut sans doute transporté à Paris en train le 24 Mai 1944 avec un autre aviateur américain, le Lieutenant James LAING. Toutefois, ce réseau ayant été infiltré par un agent double, les deux aviateurs furent remis à la Gestapo. Ils furent incarcérés dans un premier temps à Fresnes jusqu'au 11 Juillet 1944 puis emmené dans des camps en Allemagne (le dernier étant sans doute le Stalag Luft I à Barth).

Les corps des aviateurs furent inhumés dans le cimetière d'Orléans le 15 Mai 1944 puis ré-enterrés dans le cimetière militaire américain d'Epinal après la libération.

Cet équipage ne volait habituellement pas avec le Lt McCLEARY mais avec Lt SIMMONS qui venait de se faire opérer de l’appendicite.

De gauche à droite derrière: Doyle SIMMONS (remplacé par Mc CLEARY en Mai 1944), Lt Eugène MacCOY, Lt Victor KRAMER et Lt Joseph PERRY.

Devant: S/Sgt Eugène MacKEE, Sgt Clemente BARBOZA, Sgt Harold OWENS, Sgt Dale KNAPP et Paul CHURM.

 

                    

Sergent Harold OWENS (Photo Famille OWENS) et tombe du Sgt Paul K. CHURM

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Rapport allemand visant le B-24 de Varize/Bazoches-en-Dunois avec mention du 2nd Lt PERRY

(Source: NARA)

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MACR n°4782 (Source NARA)

Le parcours personnel du pilote, le Lt Mc CLEARY

Le Lt Lorin David McCleary (junior) naquit à Indianapolis (Indiana) le 29 Juillet, 1915. Il y grandit avec ses parents,  Lorin et Margaret McCleary, son un frère aîné (James) et sa sœur aînée (Margaret) et sa sœur cadette (Marie). Il a fréquenté l'école publique d’Indianapolis et fut diplômé de l'Arsenal Technical High School le 11 Juin 1931.

Il éousa Evelyn E. Hill de West Lafayette (Indiana), le 18 Février 1939. En 1940, ils habitaient au 714 East 51st Street, Indianapolis, Indiana, avec la mère d’Evelyn. Il travaillait alors comme vendeur d’appareils électrique, au sein de l’entreprise de son père. En 1942, il était gestionnaire de détail et son épouse était vendeuse dans un grand magasin. Leur seul enfant, Lorin David McCleary III, est né le 1er Octobre 1944 (après la mort de son père).

 

Lorin McCLEARY s’engagé dans l'armée américaine du Corps Aérien de Patterson Field à Fairfield (Ohio), le 1er mai 1942. En Septembre 1942, il fut appelé en service actif, à Nashville (Tennessee). En mars 1943, il termina la phase primaire de formation de vol à Santa Maria (Californie).

Il continua sa formation à Minter Field (Californie) où il pilota sur un BT-13 Valiant et il acheva son parcours par une formation sur bi-moteur le terrain d’aviation à Fort Sumner (Nouveau Mexique) où il obtint le grade de Sous-Liuetenant et reçut ses ailes le 28 Juillet, 1943.

D'Août à Octobre 1943, il fut formé sur B-17 à Hobbs (Nouveau-Mexique) et, le 6 Octobre 1943, il fut affecté comme copilote sur l'équipage du Lt Riggs Mellen.

      

2nd Lt Lorin Mc CLEARY

(Photo Famille Mc CLEARY)

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En Novembre 1943, Le 2nd Lt Lorin McCleary et l’équipage Mellen furent affectés au 355th BS du 302th BG, une unité de formation sur B-24, puis, en Décembre 1943, au 487th Bomb Group nouvellement formé).

À la fin de Décembre 1943, le groupe se déplace sur la base aérienne d’Alamogordo (Nouveau-Mexique) pour compléter sa formation sur B-24. C’est à cette occasion que la photo ci-après fut prise, à Alamogordo.

Derrière de gauche à droite : Inconnu (radioman), George Bursik, Al Magee, Lorin McCleary (Co-pilot) et Riggs Mellen (Pilot)
Devant de gauche à droite: Albert Ross, Ellis Cates, Paul Gleeson, Sidney Coates, Anthony Jansma

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Durant cette phase finale de formation, Evelyn Mc CLEARY se déplaça souvent en voiture de l’Indianapolis à Alamogordo afin de passer un maximum de temps avec son mari, Lorin.

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De gauche à droite :

2nd Lt Riggs MELLEN, 2nd Lt Al MAGEE, 2nd Lt Lorin McCLEARY et 2nd Lt George BURSIK

 

Devant les baraquements de la base aérienne d’Alamogordo, début 1944.

De gauche à droite, devant la voiture :

 2nd Lt Al Magee, 2nd L. George Bursik, 2nd Lt Lorin McCleary et 2nd Lt Riggs Mellen

 

 

Photo prise début 1944 à la base aérienne d’Alamogordo, début 1944.

2nd Lt Lorin McCleary, 2nd Lt Al Magee, 2nd Lt George Bursik et 2nd Lt. Riggs Mellen

 

Ces 4 officiers constituaient l'équipage du B-24

 qui vola de la base de Morrisonn à Trinadad (Brésil)

 puis à Ft. Aleza (Brésil), Dakar (Afrique du Nord, Marakech (Maroc), en Ecosse,

 et enfin à Lavenham, en Angleterre

 

Photo prise à la base de Morrison, à West Palm Beach (Floride) en Mars 1944.
   

L'équipage du Lt Mellen fut déployé en Angleterre avec le 487th BG en Avril 1944 sur la base aérienne de Lavenham (Suffolk). Avant d’avoir mené les toutes premières opérations de bombardement, le Lt McCleary remplaça le pilote Lt Doyle E. SIMONS qui tomba malade (crise d’appendicite).

Le 487th BG commença ses opérations de combat le 7 mai 1944, auxquels participèrent le 2ème Lt McCleary et son équipage, avec une mission de bombardement sur la gare de de triage à Liège (Belgique).

Sa deuxième mission eut lieu le 9 mai 1944 (terrain d’aviation de Laon-Couvron, en France).

La troisième mission dont l’objectif était la gare de triage de Chaumont, le 11 Mai 1944, fut fatale à l’équipage qui trouva la mort dans le ciel de Varize.

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Le crash du B-24 du Lt WALSH

Toujours ce même 11 Mai 1944, un concours de circonstances fit que les B-24 du 44th BG, chargés initialement de bombarder les voies ferrées de Mulhouse, se retrouvèrent pris à partie dans l’attaque aérienne ci-dessus.

En effet, treize B-24 du 44th BG avaient pour objectif initial les voies ferrées à Mulhouse mais le temps nuageux à Mulhouse obligea les bombardiers à se reporter sur les objectifs secondaires tels que le terrain d'aviation de Bricy, à quelques lieux de celui de Châteaudun.

Le hasard voulut que ce bombardement ait lieu vers 14H20… C’est ainsi que le 506th BS du 44th BG fut attaqué par des chasseurs ennemis et le B-24 n° de série 42-94999 piloté par le 2nd Lt James H. WALSH fut touché par un chasseur allemand Me-109 (sic!) au moteur N°1 qui prit immédiatement feu. L'appareil quitta la formation mais resta sous contrôle. Le mécanicien, le Sgt PELOQUIN, tenta un transfert de carburant dans les autres réservoirs. Au même moment, une seconde attaque des Me-109 toucha le moteur N°2 qui s’enflamma également. Le pilote donna l'ordre d'évacuer l'appareil et tout l'équipage sauta en parachute à 15.000 pieds d'altitude.

Témoignage du mécanicien Joseph O. PELOQUIN : « Nous avons été touchés par un chasseur allemand Me 109. J’étais mécanicien et mitrailleur de queue, ma position était la tourelle supérieure. C’était plutôt calme, et comme nous avions une escorte de chasseurs, le lieutenant Walsh a suggéré que je fasse le transfert de carburant. Il semblait être le bon moment pour transférer dans des cellules extérieures. Et le carburant serait prêt au cas où nous aurions des problèmes plus tard. Je dis au Sgt. Lawrence RICHARDS de couvrir ma position pendant que je faisais mon travail de transférer le carburant. Je venais juste de finir et quand l'enfer s'est déchaîné. La DCA de Bricy frappait autour de nous et les chasseurs tiraient sur nous. L’avion a été frappé dans le moteur n°2, qui a pris feu. Un autre obus a explosé devant nous et a arraché mon casque de ma tête et m’a bousculé pour attraper mon parachute. Le Sgt. PUKSTA m'a aidé à l’enfiler. C'est alors que j’ai v u qu'il avait été touché aussi. J'ai ouvert la trappe d'évacuation et lui ai dit de sauter. Il me regarde et dit : « Vous allez sauter d'abord ! L'avion perdait rapidement de l’altitude, donc je lui ai fait promettre de sauter après moi, ce qu’il a fait.

Quant à mon histoire, j’en fais encore des cauchemars. Quand j’ai sauté, j’ai compté dix - assez pour se dégager de l'avion. Nous étions à environ 4 500m à ce moment-là et j’ai tiré la poignée d’ouverture. Rien ne se passe. Le parachute ne s’est pas déployé. Je tombais rapidement à 190km/h et je tirais et tirais sur les volets de mon parachute et finalement le parachute principal s’est ouvert. Tout cela a pris si longtemps que je n’étais plus qu’à environ 300m du sol ! C’est l'une des raisons pour laquelle les Allemands ne m’ont pas vu descendre. Quand j’ai touché le sol, je me suis blessé le talon gauche et j’avais été touché par des éclats de l’explosion de l’obus qui avait frappé PUKSTA. J'en ai eu dans mon bras au-dessus du coude et plusieurs petits morceaux dans mon visage, et un autre dans mon cou, que j’ai encore. Tout cela s’est passé près d'un petit village qui se trouve à environ 32km d’Orléans. Le nom est Patay et est connu pour son association avec Jeanne d'Arc… J'ai rencontré RICHARDS quelques semaines après que nous avons été pris en charge par la Résistance française. Nous sommes allés en bus dans un camp dans la Forêt de Fréteval, où les Allemands avaient un dépôt de munitions. Nous étions cachés sous le nez des Allemands. Au début, il n'y avait que huit ou dix d'entre nous. Mais les choses ont rapidement changé et bientôt, il y avait des centaines d’évadés. Nous avons été libérés par la 3ème Armée américaine le 12 août 1944 ».

 

juin

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MACR n°4849 (Source NARA)

La capture de 7 aviateurs

5 aviateurs atterissent en parachute vers Gaubert : les 2nd Lt  Peter O'SHANICK, 2nd Lt Emery R. LUNDY, Sgt Sydney ROPER, Sgt Edwin A. PUKSTA et Thomas J. FANARA. Ils sont fait prisonniers à 15H00, à 2 Km à l'Ouest de la ligne Saint-Péravy-la-Colombe/Patay.

Les 2nd Lt O'SHANICK, Sgt ROPER et  FANARA furent emmenés à la base aérienne de Bricy. En revanche, blessés, le 2nd Lt LUNDY et Sgt PUTKSTA furent emmenés à l'hôpital d'Orléans.

Le S/Sgt Donald MARTIN réussit à s'évader dans un 1er temps mais il sera capturé le 16 Juin 1944, Chartes-Sur-Cher. Il sera transféré à la base aérienne de Chartres le 24 Juin 1944.

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L'évasion réussie de trois aviateurs

Le 2nd Lt WALSH fut pris en charge par le réseau d’évasion « Bourgogne » et  atteint l’Espagne le 26 Mai 1944, puis Gilbraltar le 19 Juin suivant et regagne l’Angleterre le 23 Juin 1944.

Rapport d'évasion du 2nd Lt James H. WALSH

 

Le Sgt Lawrence RICHARDS réalisait sa 2ème mission et se cassa le nez lors de son saut en parachute. Il atterrit également entre Saint-Péravy et Patay puis se cacha dans un bois. Il fut recueilli et caché par M. et Mme MITCHEL, des instituteurs dans un collège d'Orléans. Mit en contact avec la résistance locale, il sera pris en charge par le réseau d'évasion de Fréteval le 09 juin 1944 et libéré le 13 Août et regagna la Grande-Bretagne le 16 Août 1944.

Rapport d'évasion de Lawrence C. RICHARDS

Réseau d'évasion de Fréteval

Le S/Sgt Joseph O. PELOQUIN confirme son B-24 s'est écrasé à Patay. Il sauta en parachute à 11.000 pieds d'altitude et vit beaucoup de soldats allemands s'agiter dans la ville de Patay. Il approcha une femme (Mme CHARLES) qui l'emmena chez un docteur (Dr  CIREAUX). Il fut ensuite emmené à Orléans, avec l'aide de différents résistants puis fut pris en charge par le réseau d'évasion de Fréteval.

Fausse carte d'identité du S/Sgt Joseph O. PELOQUIN réalisée en Mai 1944

Rapport d'évasion de Joseph O. PELOQUIN

Réseau d'évasion de Fréteval


La version allemande

Curieusement, les archives allemandes mentionnent avec grande précision ces deux crash de B-24 à l'Est de Châteaudun, le 11 Mai 1944 vers 14H00, suite à un combat mené par les Fw-190 du II./JG26.

En effet, l'Oblt Waldemar RADENER (as allemand) du 7./JG26 obtint sa 21ème victoire en abattant un B-24 à l'Est de Châteaudun vers 14H00 à 700 mètres d’altitude (Sic !). Toutefois, également touché par les mitrailleurs de bord, il dut réaliser un atterrissage forcé avec son Fw190 (Nr 680120 "Brow 2") entre Châteaudun et Bazoches-en-Dunois. Il ne fut que légèrement blessé.

De la même manière, l'Oblt Adolf GLUNZ (as allemand également) réussit à décrocher sa 61ème victoire en abattant un B-24 au Nord-Est de Châteaudun vers 14H00 à 7.000 mètres d’altitude.

Et pour finir, un troisième Fw-190 éperonna un B-24. Son pilote, le Fhr. Waldemar BUSCH du 8./JG26 fit un atterrissage forcé à 15 Km au Nord d'Orléans. Il ne fut que légèrement blessé. Il revendiqua toutefois une victoire sur ce B-24 à 14H13 vers Orléans à 5.000 mètres d’altitude.

Il est difficile de définir si les B-24 de McCLEARY et de BRODSKY ont été abattus ou pas par ces chasseurs allemands ou bien par la Flak. Habituellement, les chasseurs allemands n’intervenaient pas dans les zones défendues par la Flak, par peur d’être pris eux-même pour cible par leur propre défense antiaérienne.

Les comptes rendus des autorités françaises de l'époque confirment cette hypothèse précisant: "au cours d'un combat aérien, deux chasseurs vraisemblablement allemands sont tombés, l'un à Cormainville et l'autre à Bazoches-en-Dunois. Les pilotes n'ont pas été retrouvés". Ces mêmes archives mentionnent également le crash des trois B-24 et la capture de trois aviateurs ainsi que la fuite des autres.


Adolf GLUNZ et Waldemar RADENER
 

 

En cette fin de journée du 11 Mai, le Commissaire principal de la Police de Chartres écrit au Préfet d'Eure-et-Loir pour l'informer des évènements:

 

Quelques jours après ces évènements, le 15 Mai 1944, le groupe de Résistance FTP du Sous Secteur Est d'Eure-et-Loir  récupère une mitrailleuse sur un appareil allemand tombé près de Villars, à 15 Km au Nord Est de Chateaudun.

 

 


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