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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 12 AOUT 1944 | ||
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Le 12 Août 1944, la ville
d’Alençon est désormais libérée et la Poche de Falaise commence
à se refermer sur les troupes allemandes. Suite à l’échec de l’opération
Lüttich (contre-attaque allemande lancée le 8 Août) et face à
une poche de Falaise qui se referme petit à petit, les officiers
allemands sont désormais conscients que la seule issue est le
repli rapide derrière la Seine, permettant ainsi de sauver et de
réorganiser une grande partie des troupes nazies engagées en
Normandie. Or, Hitler s’y oppose. Malgré cet
ordre, les officiers décideront d’évacuer leurs troupes derrière
la Seine. La débâcle allemande de 1944 va désormais s’afficher
au grand jour et l’aviation alliée sera chargée de ralentir ce
retrait vers la Seine. Le ciel d’Eure-et-Loir restera,
pour sa part, calme à l’exception du retrait du 3./KG51 et d’un
combat aérien qui aura lieu à 14H10 au-dessus de
Nogent-le-Rotrou. Le 3./KG51quitte la base
aérienne de Châteaudun Ce 12 Août 1944, alors que de
nombreux groupes de chasse allemands ont déjà quitté
l’Eure-et-Loir, les Me-262 du 3./KG51 reçoivent l’ordre
d’abandonner leur base de Châteaudun pour rejoindre celle
d’Etampes. L’escadrille n’aura ainsi foulé le sol de Châteaudun
que sept jours. Ce « petit » transfert de
Châteaudun à Etampes montre une nécessité impérative de rester à
proximité du front et donc des objectifs, sans doute en raison
de la grande consommation en carburant de cet appareil
exceptionnel. Le 3./KG51 demeurera à Etampes
jusqu’au 15 Août, puis à Creil du 15 au 27 Août, puis à
Jouvincourt le 28 pour s’installer ensuite à Chièvres (Belgique)
du 28 au 30 Août 1944. Le retour des pilotes français dans le ciel de Nogent-le-Rotrou En début d’après-midi, les
Spitfire du 340 Squadron
(pilotes français sous le commandement de la RAF) escortent une
importante formation de Lancaster et d’Halifax chargés de
bombarder un dépôt à Montrichard, près d’Amboise (41). Lors du chemin du retour, le
Sergent TROUILLET et le Lieutenant Pierre LEPLANG qui évoluent à
18.000 pieds d’altitude découvrent un chasseur ennemi qui semble
voler seul. Ils le prennent alors en chasse, plongent en piqué
et tombent nez à nez avec sept Me-109 appartenant à la III./JG1. Le rapport de force s’inversa
immédiatement, d’autant plus que le Lt LEPLANG ne parvint pas à
larguer son réservoir supplémentaire qui refuse de se détacher,
ce qui rend son Spitfire IX
n°NH266 plus lourds et surtout moins
manoeuvrable. Le Lt Pierre
LEPLANG est
abattu par le Me-109 du Hptm. Alfred GRISLAWSKI de la 8./JG1 au
lieu-dit « Le Moulin des pierres » sur le territoire de la
Commune de Brunelles, près de
Nogent-le-Rotrou. Le pilote français trouva la mort. Lt Pierre LEPLANG En haut, à droite, Lt Pierre LEPLANG au Liban en 1943 (Groupe de Chasse n°1 "Alsace" De son coté, le Sgt L. TROUILLET réussit avec son Spitfire IX (n° de série NH594) à abattre un Me-109 puis un second. Au même moment, une attaque aérienne est recensée à Beamont-les-Autels et le bombardement serait dû à un avion allemand abattu. A cours d’essence, le Sergent
Français réussit tout de même à atterrir en urgence derrière le
front, en territoire libéré. L’appareil allemand abattu est
celui de l’Uffz. Wolfram BRECHTOLD
de la 9./JG1.
Son Me-109 G-6 n°165870 (Code
« 16 jaune ») s’écrase également sur la Commune de
Brunelles (lieudit « La
Chardonnière ») mais après que son pilote ait le temps de sauter
en parachute. Preuve que les temps changent, le pilote allemand
est fait prisonnier par les résistants français du Maquis de
Plainville et il est emmené dans les grottes de Plainville au
moment où le groupe de résistants (au nombre de 120 hommes)
combat l’ennemi dans les rues de Nogent-le-Rotrou afin d’en
libérer la ville.
Wolfram BRECHTOLD en 1944 (Collection Brechtold) En Juillet 2005, Wolfram BRECHTOLD
revint en France afin de réaliser un pèlerinage. Avec le seul
souvenir d’avoir été fait prisonnier et emprisonné dans une
grotte du Sud de l’Eure-et-Loir, l’ancien pilote allemand
redécouvrit les évènements qui mirent un terme à son engagement
dans la seconde guerre mondiale. Les résistants le remirent ensuite
aux militaires américains qui l’emprisonnèrent deux ans aux
Etats-Unis, au Camp Shanks jusqu'en 1946 puis il fut ramené à
Ulm où il vivait . .
Le sacrifice et le parcours
atypique du Lt Pierre LEPLANG mérite d’être approfondi. Il
s’engage de son propre chef en Novembre 1939 dans l’Armée de
l’Air française et intégra différentes écoles de pilotage (Dax,
Angers, Etampes). Il obtint son brevet de pilote en Avril 1940
mais les Allemands envahirent la France avant qu’il n’ait eu le
temps de mener ses premières missions. Il décida de quitter la
France et de poursuivre la guerre à partir de la
Grande-Bretagne. Ainsi, il embarqua dans un navire à
Saint-Jean-de-Luz pour arriver à Liverpool le 29 Juin 1940.
Immédiatement, il s’engage dans les Forces Aériennes Françaises
Libres comme élève pilote. Il reprit son entraînement dans les
écoles de la RAF au Service Flying Training School 5 de Ternhill
en Mai 1941 puis à l’Operational Training Unit 59 du 19 Août
1941 au 30 Septembre 1941. Il intégra ensuite le 245 Squadron le
1er octobre 1941 à Chibolton avant de rejoindre le
340 Squadron (appelé « Groupe de Chasse 2 « Ile de France » par
les Français) du 11 Novembre au 30 Décembre 1941. Il sera ensuite transféré au
Moyen-Orient (Egypte) au sein du Groupe de Chasse 1 Alsace pour
voler sur des Hawker Hurricane I, avec pour mission de protéger
les convois maritimes. Le 25 Octobre 1942, Pierre LEPLANG
quitte l’Afrique pour revenir par bateau en Grande-Bretagne et
débarque à Greenock (Ecosse) le 1er Janvier 1943. Il fut alors reconverti sur
Spitfire à l’OTU 59 de Crosby on Eden et retrouve son
ancien groupe, le Groupe de Chasse 2 « Ile de France » (ou 320
Squadron) avec le grade de sous-Lieutenant. Il est promu
Lieutenant en Juin 1944. Le 12 Août 1944, il s’écrase avec
son appareil près de Nogent-le-Rotrou au cours d’un combat
aérien, le jour même de la libération de la ville par les
résistants français. Bien que vainqueur ce 12 Août
1944, le Sergent TROUILLET connaîtra également un sort tragique
quelques jours plus tard. Le 16 Août, il trouvera la mort lors
d’une collision au moment du décollage en mission
opérationnelle. Les réservoirs pleins, son Spitfire prit feu, ne
laissant aucune chance à son pilote.
Sergent Louis TROUILLET
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Dernière mise à jour:
20/05/2024 |
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