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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 13 FEVRIER 1944

 

Le 13 Février 1944, à 15H30, une formation de six Typhoon 1b du 263 Squadron décollent de leur base de Beaulieu (Angleterre) avec pour mission de type « Sweep" (Opération offensive de chasse menée par un squadron seul sous la couverture radar ennemie) dans la région de Chartres-Etampes-Brétigny.

Après avoir traversé la Manche en rase-motte, les chasseurs montèrent à 8.000 pieds d’altitude passant à l’Est de Ouistreham puis le squadron replongea au niveau du sol pour atteindre Chartres par l’Est à 16h25.

Le F/O PURKIS aperçut le premier un appareil ennemi volant seul à proximité immédiate du terrain d’aviation de Chartres. Le Squadron Leader Geoffrey B. WARNES (qui revendiqua également la veille une victoire sur un Dornier 217, près de Rennes) vira à tribord et vit ce qu’il pensait être un Me-109 volant du Sud Est vers le Nord Ouest, à 500 pieds d’altitude. Le camouflage supérieur du D-520 était vert terne mais le ventre de couleur jaune.

Le S/L WARNES engage le combat  et remonte à 350 pieds d’altitude et ouvrit le feu une demie seconde, à une distance de 220 mètres de sa cible. L’appareil allemand (qui est en réalité le D-520 n°664 du 2./JG105) tente d’échapper maladroitement à son assaillant en se redressant. Le chasseur britannique ouvrit une seconde fois le feu, les quatre canons Hispano-Suiza de 20 mm atteignant directement le D-520 qui s’enflamma et s’écrasa dans Chartres, Rue du Petit-Orme.

Le pilote allemand, l’Uffz Rolf BARLT, est tué et le point de chute est rapidement circonscrit par des sentinelles allemandes armées de mitraillettes.

Pendant ce temps, le F/L Gerald Geoffrey RACINE (RCAF) survola le nord du terrain d’aviation d’Est en Ouest et prit pour cible cinq autres D-520 qui étaient en train de faire le plein de carburant. Trois de ces appareils s’enflammèrent, dégageant une importante fumée noire au-dessus du terrain d’aviation de Chartres.

 

 

F/O Gerald Geoffrey RACINE

(photo Acesofww2)

La flak fut surprise mais réagit tout de même de façon intense, du fait des attaques répétées de ces derniers jours et sa mise en alerte permanente. Toutefois, la défense aérienne n’atteint pas les appareils du 263 Squadron qui se regroupent immédiatement et cessent l’attaque pour prendre la direction d’un autre terrain d’aviation, celui de Mondésir.

A son approche de Mondésir, la présence de lignes à haute tension obligea la formation à prendre un peu d’altitude, l’exposant à la vue de la Flak de Mondésir qui entre en action immédiatement. Le 263 squadron attaqua tout de même le terrain d’aviation mais le F/Sgt WILLIAMS fut mortellement touché et s’écrasa près du terrain d’aviation, à Guillerval (91).

Le groupe se reforma à nouveau et prit la direction de Rambouillet mais le P/O William Edward WATKINS (matr. 162644) découvrit que son typhoon (JR309) avait été touché pendant la dernière attaque, au niveau de son système de refroidissement du moteur. Ne pouvant regagner la Grande-Bretagne, il en informa son leader qui lui demanda de sauter en parachute, ce qu’il fit deux minutes après. Sain et sauf, il atterrit dans un champ, près d’une ferme, près de Châtenay. Des paysans qui travaillaient dans le champ lui indiquèrent immédiatement d’aller vers le Sud pour échapper aux Allemands. Après une heure de marche, il passa involontairement près de deux soldats qui ne firent pas attention à lui car il marchait lentement. Finalement, il se résout à se cacher dans un bois jusqu’à la nuit tombante. De nuit, il reprit sa route vers le Sud, parfois en empruntant la route, parfois à travers champ. Le lendemain, vers 04H30, il se cacha dans une botte de foin. Il finit par se rendre dans la première maison du  prochain village et un habitant lui offrit à manger et l’accueillit pour la nuit. Il lui donna aussi des vêtements civils qu’il mit par-dessus son uniforme et reprit sa route vers le Sud le matin du 17 Février. En fin de journée, il se cacha de nouveau dans une botte de foin près de Chatnay lorsque la neige se mit à tomber. Il frappa à la porte d’une maison et les habitants lui offrir à manger. Le fermier tenta de prendre contact avec la résistance mais en vain. Des vêtements supplémentaires lui furent donnés et laviateur reprit sa la route vers le Sud. Le pilote marcha toute la journée puis, à 17h00, il se rendit dans une ferme entre Châtenay et Chevilly avec 8 ouvriers et une femme. Ces derniers étaient septiques mais ils lui donnèrent de la nourriture et il put dormir dans la grange. Le matin du 19 Février, il traversa la route principale Chartres-Orléans et continua vers le Sud sur la route d’Artenay-Chevilly. La neige se remit à tomber et il trouva refuge dans une ferme à l’Ouest de Chevilly. Le paysan tenta aussi de rentrer en contact avec la résistance locale. Finalement, le 21 Février, l’homme l’aida à regagner l’Espagne et l’emmena à la gare de Chevilly en lui précisant de changer de train à Orléans, qu’il subirait un contrôle des papiers d’identité à Vierzon (ancienne ligne de démarcation) et qu’il devrait prendre un nouveau billet de train à Vierzon. A Orléans, il prit par erreur le train de Blois et décida de descendre du train au village de Mer pour poursuivre sa route à pied. Il traversa la Loire à Muides-sur-Loire puis traversa le Parc de Chambord, la Forêt de Boulogne, Bracieux et arriva à Fontaine-en-Sologne où il rentre enfin avec un groupe de résistants qui le prit en charge. Grâce au réseau d’évasion Comète, le P/O WATKINS est emmené aux pieds des pyrénées, dans une ferme à St-Giron (ariège) avec d’autres aviateurs en perdition. Dans la nuit du 7 au 8 Avril 1944, le groupe entame l’acension des sommets passa la frontière espagnole le 8 Avril à Esterri d’Aneu, sous un terrible orage. WATKINS est emmené au Consulat britannique puis à  Gibraltar le 5 Mai et regagna l’Angleterre (Whitchurch) le 7 Mai.

 

La perte du P/O WATKINS mit un terme à la mission du 13 Février et les quatre typhoon restant traversèrent la Manche à 8.000 pieds passant à proximité de Trouville. Le retour à leur base de Beaulieu est enregistré à 17h30.

Le S/L WARNES trouvera la mort quelques jours plus tard, le 22 Février 1944 à l’âge de 29 ans, lors d’une panne moteur et d’une tentative d’amerrissage, près de Guernesey.

 

 .


 

Rapport de mission du S/L WARNES du 13 Février 1944 (source: Nationale Archives)

 

L'Uffz Rolf BARTL du 2./JG105 était né le 29/11/1921 à Leipzig (22 ans en 1944) et son corps fut inhumé dans un premier temps au cimetière Saint-Chéron de Chartres (tombe n°244) et, après la guerre, au cimetière militaire allemand de Solers (Plot 1, Rang 14, Tombe 528).

Inhumation de l'Uffz Rolf BARTL au cimetière Saint-Chéron de Chartres

(Archives de la Ville de Chartres)


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