Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 13 AOUT 1944

 

Le 13 Août 1944, la fermeture de la Poche de Falaise s'amorce (elle durera jusqu'au 19 août 1944) et les généraux américains laissèrent mûrir une nouvelle stratégie: Laisser les britanniques et les Canadiens vider la Poche de Falaise pendant que les troupes terrestres américaines fonceraient vers la Seine afin de couper les arrières des troupes allemandes. L’idée est de ne pas laisser le temps aux Allemands de se réorganiser à l’arrière de la Seine et donc de leur couper la route avant l’obstacle naturelle que constitue le fleuve.

La journée étant particulièrement pluvieuse, l’activité aérienne alliée sera réduite, au profit des troupes allemandes (qui préfèrent toutefois circuler de nuit afin d’éviter les nombreuses et dévastatrices attaques aériennes).

 

Un combat entre Nogent-le-Rotrou et La Loupe

12 appareils du I/JG26 (4 Fw-190 équipés de lance-fusées et 8 Me-109 en escorte) décollent vers 07H30 pour une mission d'attaque au sol sur les blindés américains au Nord-Est d'Alençon. Sur le chemin aller, les Me-190 sont en couverture des Fw-190 qui sont alourdis par les bombes qu'ils transportent.

Au même moment, la formation allemande croise la route de 8 P-51 du 382nd FS, du 363rd FG. qui patrouillent à l'Est du Mans. A 08H25, les P-51 prennent en chasse les Fw-190, à 10 Km au Nord-Est de Nogent-le-Rotrou.

Le pilote allemand Hans KUKLA aperçoit les appareils au-dessus de lui et il les prend pour sa couverture de protection mais se send vite compte de son erreur. Quatre Fw-190 sont abattus en très peu de temps, à faible altitude.

L'Uffz Hans KUKLA de la 4./JG26 qui évacua son Fw-190 A-7 n°430329 "9 bleu" précise : "Après avoir attaqué des blindés entre Le Mans et Chartres, nous avons repris la direction de notre base des Mesnuls. Mon point de chute se situait à environ dix kilomètres au Sud de La Loupe. Après que la fermière m'ait appris que j'étais dans le No Man 's Land, le lui fis cadeau de mon parachute avant de revenir à pied vers le Nord, sur la route de La Loupe". Il était 10H00 et le pilote fut recueilli par deux véhicules SS en déroute. Les SS le ramenèrent jusqu'à La Loupe et, de là, il partit pour l'hôpital de Clichy.

Il est fort probable qu'il soit réellement tombé à Colonges-les-Sablons (61). Un autre Fw-190 s'écrase à Saint-Victor-de-Buthon (28) et son pilote est tué (Uffz. Burmeister, Fw Hager ou Obfh Marx).

En contre-partie, le Lt GUNTHER de la 3./JG26 réussit à atteindre un P-51. Cet appareil est le P-51 piloté par le 2nd Lt Georges Joseph BROOKS du 363rd FG, 382nd FS qui s'écrase à Silly-en-Gouffern (61), près d'Argentan. Le 363rd FG réalisait alors une reconnaissance armée entre Le Mans et Chartres. Le pilote américain réussit à sauter en parachute et à s'évader.

Rapport d'évasion du 2nd Lt Georges Joseph BROOKS

Photo du 2nd Lt BROOKS devant son P-51 et article du journal local de 1991

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Le crash du P-38 du Lt MOSER

A 11H30, les P-38 du 474th FG, 429th FS sont en mission de bombardement stratégique et de mitraillage d’opportunité sur la ville de Broglie (Eure). Le P-38 J-15 Nr 43-28378 du 474th FG, 429th FS piloté par le 1st Lt Joseph F. MOSER (Matr. 0-755999) est touché par la Flak par la Flak près de Dreux lors de sa 44ème mission. Touché au moteur gauche, l’aile gauche est désormais en feu. Il coupa le moteur pour tenter de stopper l’incendie mais en vain. Le pilote décide alors d’évacuer son appareil et son parachute s’ouvre de justesse avant de toucher le sol alors que l’appareil vient de s'écraser sous ses pieds, près d’Oulins/Ivry-la-Bataille au Nord de Dreux, près d’une ferme en pierre, en pleine campagne.

Deux jeunes agriculteurs français (les frères LEMAIRE d’Ivry-la-Bataille) travaillent alors aux champs et assitent au crash. Ils vinrent immédiatement à la rencontre du pilote et le cachent dans un bois. Mais une patrouille allemande de la Kommandantur située à 3 Km de la ferme observa également la descente de l’aviateur et se rendit immédiatement sur les lieux du crash et captura le pilote ainsi que les deux français. Après une nuit d’interrogatoire au village voisin de Marcheroy, les deux français réussirent à s’échapper, bien que les soldats allemands leur aient tiré dessus dans leur fuite. Pendant de nombreuses années, Joseph MOSER, qui avait entendu les coups de feu, pensa que les deux français avaient été exécutés pour avoir aidé l’aviateur.

Le pilote fut emprisonné durant une semaine à Fresnes puis il fut transporté en train dans le camp de Buchenwald, en Allemagne avec d’autres aviateurs alliés capturés. Il fut interné dans le Dulug Luft le 2 Novembre 1944.

1st Lt Joseph F.MOSER (collection Gerald Baron)

 

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Le crash de deux P-38 du 370th FG

Le 13 août 1944, le 370th FG a pour mission d'effectuer un maximum d'attaques aériennes et de reconnaissances armées au-dessus de la région allant de L'Aigle à Chartres jusqu'à Dreux et Mantes-la-Jolie afin de désorganiser les troupes allemandes en déroute. Il convient également de préparer le terrain pour faciliter une avancée rapide des troupes terrestres américaines vers Mantes-la-Jolie (la Ferté-Vidame, Dreux, Chartres, Maintenon seront libérés dès le 16 août 1944 par les troupes américaines).

Ainsi, 84 P-38 Lightning repartis en trois escadrons partirent de leur base française de LA VIELLE (près de Carentan) pour harceler l'ennemi en mitraillant et en bombardant les convois et installations allemandes. Ce jour-là, un total de sept missions furent effectués contre des objectifs variés, ces missions étant menées successivement par le Capitaine BAYLE, le Colonel NICHOLS, le Capitaine SABO, le Major CARLSON, le Capitaine GEWINER, et le Capitaine TURNER.

Malgré des résultats satisfaisants, le 401st FG perdit deux de ses pilotes lors de cette journée du 13 août. Voici le récit de ces deux tragiques accidents:

Le major CARLSON mena le 401st FS durant cette mission de bombardement, l'objectif principal étant la destruction des installations d'un radar situé à 10 miles au Nord-Ouest de Chartres. En réalité, il s'agissait du radar allemand situé à Favières.

 

Vers 13H30, le Flight "Bleu" mené par le Capitaine Marvin E. CHILDS se chargea de la mission principale, c'est à dire de bombarder les installations du radar alors que les P-38 du Flight "rouge" prirent pour cible une tour de Flak (DCA Allemande) placée à droite de l'objectif qu'ils détruisirent immédiatement.

C'est à ce moment que le pilote Lt Ernest T. CRAGG (du Flight "rouge") fut témoin de la mésaventure du 2nd Lt Luther SIMPSON (matr.: 0-763369).

En effet, après avoir atteint sa cible, le Lt Ernest T. CRAGG reprit de l'altitude et vit à sa gauche, l'appareil du Lt  SIMPSON se faire toucher par la Flak placée à gauche de la station de radar. Mortellement touché, le P-38 alla tout droit et explosa. L'aviateur trouva la mort et les débris du P-38 n°42-68190 furent retrouvés sur le territoire de la commune de Favières.

Le corps du pilote fut, le jour même, inhumé par les habitants de Favières et un acte de décès fut rédigé en Mairie (le Lt SIMPSON fut immédiatement identifié). Le corps du malheureux pilote fut sans doute rapatrié aux USA après la guerre puisque son nom ne figure pas dans la liste des inhumations dans les cimetières militaires américains en France.

 

 

2Lt Luther Simpson (photo Jay Jones)                                             Acte de décés

     

Durant la même mission, le Lt Ernest T. CRAGG fut le témoin du second crash de la journée. Après l'attaque du radar de Favières, le Flight "rouge" poursuivit sa route et attaqua un objectif situé dans la forêt à "St Suzain" (?) près de Chartres.

Vers 14H10, "nous étions en train de larguer nos bombes à fragmentation lorsque, semble t'il, le Lt BAKER libéra la sienne à peine à 30 mètres d'altitude (100 pieds). Malheureusement, la bombe explosa vers le haut quand elle toucha le sol, ce qui endommagea le moteur droit de son appareil. Le moteur s'enflamma, l'avion devint incontrôlable allant tout droit puis explosa".

Le Lt Eugène BAKER (matr. 0-754048) fut éjecté de son appareil et trouva la mort immédiatement. Son corps gisait à proximité des débris de son P-38 n°43-28749 retrouvés dans une partie boisée du site de "PSA Peugeot Citroën" de la Ferté-Vidame.

A noter qu'à cette époque où le front se rapprochait de la Ferté-Vidame, les autorités allemandes avaient formellement interdit aux hommes (civils français) de sortir de leur maison, afin de limiter les actions de la résistance française.

Malgré tout, M. René ALEXANDRE se rappelle de ces évènements précisant "On est sorti et on a vu un nuage de fumée". Après cela, avec d'autres, il retrouva le corps de l'aviateur.

Dès le lendemain, le corps mutilé de l'aviateur fut inhumé par M. DORET (garde du parc) et par M. PROGNON, tôt dans la matinée (06H00) du 14 Aôut 1944 afin de ne pas être inquiétés par les Allemands. Sur sa tombe, furent placés (à l'abri) son journal intime, une photo d'identité et les restes des billets de banques. Son révolver fut déposé dans sa tombe.

Un acte de décès fut dressé en mairie le 18 Août 1944 (après la libération de la Ferté-Vidame) en présence du docteur local, Odille JOREL précisant: "Le treize août 1944, 14H00, est décédé à LA FERTE-VIDAME, Eugène BAKER, numéro matricule 0-754048-T43-44AP, aviateur de l'Armée des Etats-Unis d'Amérique -sans autres renseignements-".

Un civil français de la région de la Ferté-Vidame eut le réflexe de retranscrire les événements du dimanche 13 Août 1944. En voici les quelques phrases:

"Matinée assez calme. Avions et quelques convois. Etat de siège à la Ferté-Vidame. Défense de sortir des maisons pour les hommes.

Après-midi agité. Des chasseurs en piqué sur Doret. Avion lancé une bombe et tombé près de la maison Doret. Pilote tué, manque la tête et deux membres. Retrouvé sa photographie. Accident semble du à fausse manoeuvre en fin de piqué. Avoir mitraillé les tas de bois. Vu avec Doret, Fapin, Prognon, Trousse, Alexandre. Porte une toile blanche pour le recouvrir et incendie 2ème ferme de M. Thibault à Morvilliers par mitraillage et bombardement vers le grand village et sur la Ferté par des chasseurs de même type que le premier. Mort de Mme Durand.

Soirée et nuit calme. Resté à La Richardière. Mitraillage et mines".

Il est ajouté: "Lundi 14 août 44: PROGNON et DORET enseveli le corps de l'aviateur américain. Trouvé sa plaque identité (Eugène BAKER 0-754048-T43-44A) et X francs en billets de 100 (émission alliée en partie brûlés)".


     

    

Lt Eugène BAKER (Collection Jean PIERRE)


Le Caporal Paul GOLDING arriva en Angleterre avec le Lt BAKER en Février 1944 et devint le mécanicien de son P-38. Voici son récit:

"Ce matin du dimanche 13 août, j'aidai le Lieutenant à se préparer. Une journée de beau temps. Je lui demandai ce qu'il allait faire et il me répondit qu'il allait attaquer une tour de Flak et que cela ne serait pas trop long. Je lui dis alors "bien, au lieu de retourner sous la tente, je t'attendrai". Sur la base, nous entendions toujours le retour de nos avions. Or, l'appareil de BAKER n'était pas là. Je courus au P-38 du Major, je sautai sur son aile avant même qu'il se soit arrêté de voler. Je lui demandai où étais BAKER et il me répondit qu'il avait été tué".

Paul GOLDING sur l'aile d'un P-38

 

En Janvier 1998, après de nombreuses recherches, M. PIERRE de l'Association "Forced Landing" contacta le site "PSA PEUGEOT-CITROEN" de la Ferté-Vidame afin de les informer de la chute possible du P-38 du Lt BAKER à l'intérieur de l'enceinte privée du parc automobile.

Immédiatement, M. GENDRIN, responsable du Service Maintenance du site PSA de la Ferté-Vidame confirma cette hypothèse précisant l'existence d'une carcasse d'avion abattu pendant la seconde guerre mondiale. Les employés du site rassemblèrent les débris l'appareil et les remirent à l'Association Forced Landing.

Après identification formelle de l'épave, M. PIERRE contacta aux USA le mécanicien Paul GOLDING en Avril 1998 et retrouva la trace de la soeur du Lt BAKER (désormais Mme Margaret NORRIS) en Février 1999, grâce à l'aide de l'historien du 370ème FG, M. Jay JONES.

Début 2002, Mme Margaret NORRIS fit connaître à M. PIERRE son souhait de se recueillir avec sa famille sur les lieux du crash de son frère et une commémoration fut rapidement organisée par l'Association Forced Landing, avec la précieuse coopération de la Municipalité de la Ferté-Vidame et du Site "PSA PEUGEOT-CITROEN". Depuis, Margaret NORRIS revient tous les ans se recueillir sur les lieus de l'accident.

Accompagnée de sa fille, de son fils et de son petit-fils, Margaret NORRIS (80 ans à l'époque) vint en France à la mi Juin 2002 et assista à l'inauguration de la stèle en l'honneur de son frère, le Lt Eugène BAKER.

Une centaine de personnes dont le Lt de l'U.S. Air Force Chris CARDEN (représentant de l'ambassade américaine), M. Gérard HAMEL (député), M. Jacques DUSSUTOUR (vice-président du Conseil Général), les maires du canton et de nombreuses personnalités.

 

Inauguration de la stèle en présence de Magaret NORRIS

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Le crash d’un Me-109 à Chassant

 Lors d’une sortie d’interception contre des bombardiers escortés par des Spitfire, le Me-109 G-6 n°413740 piloté par l'Uffz Johannes KOCK de la 8./JG2 est abattu et porté disparu vers Le Mans.

 

Me-109 tombé à Sachant le 13 Août 1944

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Les photographies ci-dessus prises à Sachant permettent d’affirmer que le « 9 bleu » s’est posé en catastrophe sur la Commune de Sachant.

Le pilote aurait été semble-t-il abattu par ses geôliers alors qu’il tentait de s’enfuir.

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Le crash d’un P-47 à Saint-Germain-des-Groix

Ce dimanche 13 août, vers 17h45, les P-47 du 353rd FG sont en mission près de Rambouillet lorsque les lieutenants Max Kenneth GRAHAM et George W. MCNNIS sont touchés par la Flak, près de Dreux.

Le P-47 n°42-8404 du Lt George W. MCNNIS est mortellement touché et s’écrase à Gambais, près de Rambouillet tandis que le Lt Max Kenneth GRAHAM quitte alors la formation pour tenter de rejoindre les lignes Alliées. Mais, vers La Loupe, il doit envisager un atterrissage d’urgence.

Vers 15H00, le P-47 se pose sur le ventre dans la vallée de l’Huisne, les habitants accourent et, malgré les vapeurs d’essence, dégagent le pilote prisonnier de son appareil et le ramènent à la mairie. Max Graham sera inhumé dans le cimetière communal avant de retrouver sa terre natale en 1949.

Le P-47 n° 42-26269 du 2nd Lt Max K. GRAHAM du 350th FS, 353th FG s’écrase à Saint-Germain-des-Groix (61), au lieudit « Les Cochillières », au Nord de Nogent-le-Rotrou. 

2nd Lt Max K. GRAHAM

 

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Le Crash de deux B-26 du 391st BG à Chérisy

 A 17h57, 37 B-26 du 391st BG décolle de la piste n°3 de la base de MATCHING GREEN, dans l’ESSEX. L’objectif de cette seconde mission de la journée est la destruction du pont ferroviaire de Chérisy afin de couper tout ravitaillement et renfort aux troupes allemandes refluant vers le secteur d’Argentan et de Falaise.

Après un long regroupement derrière leurs leaders, la formation franchit la côte française à 19H15.

Les avions approchent maintenant en formation serrée jusqu’à voler ailes contre ailes. Le vol se déroule pour le moment sans problème particulier

Les bombardiers arrivent maintenant sur l’objectif à 19H35.

Parcours des B-26 du 391st BG (extrait du MACR)

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Les deux pilotes commandant chaque box ont commuté leurs appareils sur le pilote automatique et sont maintenant sous les directives des bombardiers, qui contrôlent le mouvement de l’avion à travers leur viseur Norden. La défense anti-aérienne allemande est elle aussi au rendez-vous et est entrée en action plus forte et plus précise que d’habitude, faisant exploser autour des avions des petits nuages de fumée noire. Les appareils sont balancés et secoués dans tous les sens, mais la dextérité des pilotes, dont la plupart sont des vétérans permet de garder tant bien que mal la bonne trajectoire à travers le rideau d’éclats anti-aérien.

Les trappes des soutes à bombes s’ouvrent maintenant et, quatre minutes après, l’objectif apparaît dans les viseurs. Les bombardiers de tête crient dans l’interphone l’ordre « Bomb Away » (bombes larguées). Instantanément, tous firent de même, appuyant sur les déclencheurs. Les avions, soudain allégés, firent une légère embardée, tout en continuant à travers les explosions des tirs ennemis.

Inexplicablement, la formation inférieure du box de tête se retrouva au-dessous du flight supérieur au moment où celui-ci largua ses bombes.

Une bombe de 1.000 livres traverse l’aile droite, et emporte le moteur du B-26 n° 42-95800 piloté par le Lt John W. COLSCH du 391st BG, 574th BS. Celui-ci bascula violemment et percuta celui du Lt Ralph A. BOYD, volant sur le B-26 surnommé « ILL WIND ». L’extrémité de l’aile de l’avion du Lt COLSCH perfora le fragile fuselage. Désemparés et hors de contrôle, les deux appareils se retrouvèrent sur le dos, jusqu’au moment où la partie arrière du fuselage du B-26 n° 42-95834 du Lt BOYD se brise avec le Sergent Glen YOUNG encore installé aux commandes de ses mitrailleuses de 12,7 mm. Les trois énormes masses plongent vers le sol et s’écrasent sur la commune de Chérisy.




Photos juste avant le crash du B-26 n° 42-95800 du Lt John COLSH

 

COMPOSITION DE LA FORMATION DE B-26 :

 

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Rapport MACR n°7648 (B-26 piloté par le 2nd Lt BOYD)

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Lt John COLSCH (collection JL Gruson)

  John F. KOHLER

Lt COLSCH et son équipage devant un B-26 (collection JL Gruson)

De gauche à droite : Rudolphe HIBBLER,  « Bill » KELLY,  « Smilley » COLSCH,  « Jacki » KOHLER,  Raymond WARREN,  Werlin BRANDENBURG

B-26 n°42-95800 « Purrin Panther » (avec équipage non identifié)

 Nose art du B-26 n° 42-95800 (collection JL Gruson)

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Rapport de Police du 14/08/1944 (source : AD28)

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Voici trois témoignages :

Le S/Sgt H.G. WAGGONER (mitrailleur dans le deuxième box) a dit avoir vu un parachute quitter la partie arrière de l’avion du Lt COLSCH, mais au lieu de  s’éloigner, celui-ci resta accrocher à un stabilisateur avec l’homme dans son harnais.

Le S/Sgt Arlo L. CARR, pour sa part, témoigne n’avoir vu aucun parachute quitter les deux appareils, pendant que le T/Sgt Larry  F. GALLO a observé un seul parachute émerger des deux B-26 avant qu’ils ne s’écrasent au sol. De « ILL WIND », seul le pilote, le Lt BOYD survécut à cet enfer. On sait qu’il sera de retour à sa base le 3 septembre 1944, mais qu’il ne revolera jamais plus avec le groupe.

Le Sergent MILLER était nouveau dans l’équipage et c’était, pour lui, sa première mission opérationnelle. Il venait de remplacer le S/Sgt Rudolh HIBBLER qui avait lors d’un vol précédent effectué sa 65ème et dernière mission, et rentrait au pays.

Le Lt COLSCH, de sa part sa petite taille, était surnommé par son équipage « Smiley ». Il était originaire de l’état de l’IOWA. La mission de Chérisy était sa 65ème et dernière mission, et devait dans les jours suivants rentrer au pays.

 

 

 

Rapport MACR n°7649 (B-26 piloté par le 2nd Lt BOYD)

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Le pilote, le Lt Raplh H. BOYD réussit à sauter en parachute et fut caché par une famille d’agriculteur jusqu’à l’arrivée des troupes terrestres américaines.

Rapport d'évasion du 2nd Lt Ralph H. BOYD

Nose Art du B-26 n° 42-95834 (Collection JL GRUSON)

Le commandement du 391st BG considéra la mission comme un succès car l’objectif fut détruit, empêchant les troupes allemandes d’utiliser le pont ferroviaire. Les 35 appareils rentrèrent à leur base de MATCHING GREEN peu après 21H00. Neuf subirent des dégâts mineurs et seront très vite réparés et prêts à reprendre l’air pour d’autres missions.

Viaduc de Chérisy en 1945 (Source : Archives SNCF)

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Aujourd’hui, seuls le Sergent Glen YOUNG et le Lt KOHLER reposent dans le cimetière militaire américain de Saint-Laurent-sur-Mer. Les autres membres ont été à la demande des familles, relevés et rapatriés dans leur pays. Le S/Sgt Verlin BRANDENBURG est quant à lui inhumé dans un cimetière militaire du MINNESOTA.

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Rétrospective sur l’histoire du Lt COLSCH

Le Lt COLSCH est né le 28 avril 1918. Il suivit de brillantes études avant de s’engager dans la Navy en Octobre 1936. Durant ses quatre années de service dans cette arme, il reçu une reconnaissance spéciale comme bombardier et mitrailleur. En plus de cette honorable récompense, il reçut la médaille de bonne conduite dans la Navy en Septembre 1940. En Octobre 1940, il s’enrôla à l’école des mécaniciens aéronautiques Curtiss-Wright. En Mai 1941, il est sélectionné parmi 150 candidats pour écrire des tests pour l’Army Air Corps à l’université de Californie du Sud. Ses parents ont été avertis qu’il reçu le second score et fut accepté pour l’entraînement comme cadet de l’air à Caledo Academie, Ontario, Californie où le film « Keep ‘Em Flying » fut tournée et où il rencontra des stars tels que Abbot et Costello et Martha Raye. Il apparut d’ailleurs dans une scène tenant la bannière de sa compagnie. Quand les premières phases de son entraînement furent terminées, il fut affecté sur la base de Stockton (Californie), où il reçut ses « ailes » de pilote. Le 19 Mars 1942, il rejoint une base près de Las Vegas comme instructeur/mitrailleur. Il sera ensuite transféré sur différentes bases pour perfectionner son entraînement de pilote de combat. Après avoir reçu son équipage, il quitte ensuite les Etats-Unis le 27 janvier 1944 pour rejoindre sa base en Angleterre. Il effectuera 65 missions de combat jusqu’à celle qui lui fut fatale, un 13 août 1944 à Chérisy.


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