Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 14 AOUT 1944

 

Ce 14 Août 1944, la 3ème Armée américaine stoppe son avancée devant Argentan et le Général BRADLEY ordonne de foncer vers Dreux, Chartres et Orléans (via Châteaudun) afin d’engager la seconde phase d’encerclement des troupes allemandes le long de la Seine. Les troupes terrestres américaines s’engouffrent ainsi tout au long de la journée jusqu’à Senonches, au Sud de Loupe ainsi qu’au Sud de Courville-sur-Eure mais aussi jusqu’à Authon-du-Perche, Brou, Thiron-Gardais et Cloyes.

 

 

Crash du Fw-190 de La Chapelle-Royale

 Ce 14 Août 1944, vers 08H00, les P-38 du 434th FS du 479 th FG sont chargés d’une mission de bombardement à basse altitude sur une gare de triage près de Montmirail (Sarthe).

Alors que la formation américaine approcha de l’objectif, le Capitaine Robin OLDS repère deux appareils non identifiés volant en formation se dirigeant vers sa droite. Il quitta la formation et s’approcha par l’arrière et reconnut deux Fw-190. Arrivés à une distance de 350 mètres, il ouvrit le feu durant 6 secondes. Il touche un appareil à l’aile gauche, puis au fuselage et de gros morceaux s’envolent libérant des flammes et de la fumée. L’appareil tourna sur sa droite et l’aviateur américain laissa le Fw-190 à son destin, sans toutefois le voir s’écraser au sol.

Le Capitaine OLDS porta immédiatement son attention sur le second appareil et le poursuivit. A nouveau de portée de tir, il lança une seconde salve et put observer de nombreux coups atteindre sa cible. Le Fw-190 fonça vers le haut et le pilote s’éjecta.

Lt Robin OLDS et son P-38 « SCAT II »

 

Pendant ce temps, la mission de bombardement avait été effectuée par les autres pilotes du 434th FS.

Le Lt George GLEASON venait de larguer ses bombes lorsqu’il entendit à la radio le Capitaine OLDS indiquer prendre en chasse deux Fw-190 et en avoir mortellement touché un. Le Lt GLEASON vit le second exploser au sol  et aperçut le premier Fw-190 en flammes poursuivre une lente descente et exploser dans un champ, à l’orée d’un bois.

 

Ce chasseur ennemi est le Fw-190 A8 n° 732020 du Geh. Ulrich HILLGER de la 11./JG2 qui fut porté disparu vers Evreux. En réalité, cet appareil s’écrasa à Chapelle-Royale (Sud-Ouest de Brou) et les témoignages démontrent que l’appareil était endommagé, avec une trainée de fumée. Le pilote s’éjecta mais, trop bas, son parachute ne put s’ouvrir.

 

Voici le témoignage d’un jeune habitant : « Le 14 Août 1944, vers 08H00 du matin, un avion allemand passait tout près de notre atelier. Je me trouvai donc dehors, je voyais s’approcher du sol de plus en plus et une épaisse fumée se formait autour de l’avion et tout d’un coup, plus rien. Je me suis rendu compte que l’avion venait de s’écraser au sol.

Je n’avais pas été le seul témoin de ce crash puisque beaucoup de gens partaient en direction de la fumée que l’on voyait toujours.  Je pris un chemin détourné et j’aperçus un homme qui me faisait signe de venir à sa rencontre. Il avait l’air tout affolé et criait « viens vite, il y a un homme mort dans le chemin de la Guilloisière ». En effet, l’aviateur allemand avait sauté de son appareil trop bas, sans que son parachute ne puisse s’ouvrir. Le corps avait les jambes cassées et une énorme plaie à la poitrine.

A vélo, des gens sont retournés au bourg pour prévenir le Maire et les gendarmes. Pendant ce temps, un cultivateur voisin avait attelé la charrette sur le cheval pour être prêt à emmener le corps à La Chapelle Royale.

Des personnes revinrent et indiquèrent que l’avion était tombé à La Charmoie, sur la Commune d’Unverre. La distance entre l’avion et son pilote était d’environ un kilomètre. Les gendarmes, puis le Maire ainsi que mon père arrivèrent. Les gendarmes regardèrent dans les poches du pilote et ne retrouvèrent qu’un porte-monnaie qui contenait quelques pièces allemandes. Ils lui retirèrent son parachute puis mon père et moi les avons aidés à déposer ce pauvre gars dans la charrette que nous avons ensuite déposé à l’arsenal (local où les pompiers stockaient leur matériel) de La Chapelle Royale.  Nous avons pris le brancard qui servait aux enterrements et nous avons mis le corps dessus, recouvert d’une toile qui servait à cacher la pompe à bras, puis nous avons fermé le local à clé.

L’après-midi, puisque nous étions menuisiers, nous avons fabriqué le cercueil en bois et, le soir vers 19H00, en présence de M. Marchand (le cultivateur), mon père et moi mettions le corps en bière et on fermait définitivement le cercueil. Dans l’après-midi le fossoyeur avait creusé la fosse.

Le 15 Août 1944, à 11H00, nous avons inhumé le corps en présence de M. le Maire.

Le 15 Août 1944, à midi, les Américains arrivaient, drôle de coïncidence.

Nous avons fixé la demi-plaque portant son numéro de matricule sur une croix en bois. Deux ou trois ans après la guerre, les parents et la sœur de l’Allemand sont venus se recueillir sur la tombe. Un professeur d’Allemand était dans sa famille à Chapelle. Nous avons été le chercher et les conversations se sont engagés. Mon père et moi leur avons raconté les circonstances de la mort de leur fils. Le père du pilote précisa que son fils était mort sur la terre de France et qu’il resterait là où il a été enterré, que lorsqu’ils reviendraient avec un peu de terre de chez eux qu’ils sèmeraient sur sa tombe et qu’ils planteraient aussi un petit rosier.

Les parents revinrent plusieurs années. La dernière fois qu’ils vinrent, ils nous demandèrent de faire un entourage en bois et de tout peindre en blanc et aussi d’entretenir la tombe.

Chaque année, ils nous présentaient leurs vœux pour le nouvel an, accompagnés d’un chèque.

Depuis quelques années, je n’ai plus de leurs nouvelles mais je continue à entretenir la tombe.

Le pilote était Ulrich HILLGER né le 13/02/1924 et décédé le 14/08/1944, matricule 78.417 ».

 

A son  retour de mission , le Colonel  ZEMKE convoqua les pilotes de cette mission, non pas pour les féliciter mais pour les  rappeler à l’ordre sévèrement : Interdiction de stopper une mission au-dessus de  l’objectif !

Le Capitaine OLDS fit une remarquable carrière dans l’USAAF et fut promu Brigadier Général le 28 Mai 1968 et devint commandant de l’Air Force Academy.

Tombe du Geh. Ulrich HILLGER

(Cimetière communal de La Chapelle Royale)

Acte de décès du Geh. Ulrich HILLGER

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Un furieux combat aérien au Sud Est de Chartres

Le 405ème FG, composé du 509ème, 510ème et 511ème squadron, a pour mission de venir en support à la 7ème division blindée américaine dans la région de Dreux et Chartres.

Huit chasseurs-bombardiers P-47 du 511ème FS, commandé par le Capitaine John R. WILLINGHAM, décollèrent de leur terrain de Picauville (Manche) pour arriver dans la région de Dreux vers 14H40. Soudain, ils furent attaqués par 16 chasseurs ennemis appartenant probablement aux JG2 et JG3.

Un furieux combat s'engagea alors.

Voici les témoignages du Capitaine John R. WILLINGHAM, du 1st Lt Thomas C. BROWNFIELD et du 2nd Lt Charles D. NACHAND: "A approximativement 14H40, le 14 Août 1944, huit appareils de type P-47 du 511st FS volaient à environ 15 miles à l'Est de Dreux pour une mission de support des troupes terrestres américaines quand nous avons été attaqués par 16 chasseurs ennemis identifiés comme étant 14 ou 15 Fw-190 et 1 ou deux Me-109.

De cet engagement, quatre pilotes du 511st FS sont portés perdus: 1st Lt Julian R. MORFORD, 2nd Lt Howard G. STRICKER, Robert C. HAAS, et Frederick F. WILSON volant dans le Flight Rouge en position n° 3, en position n°4, dans le Flight Blanc en position n°2, et en position n°4.

Les chasseurs ennemis étaient à environ 6.000 ou 7.000 pieds d'altitude, au-dessus de nous. Six chasseurs ennemis demeurèrent en couverture haute à 5.000 pieds d'altitude durant l'attaque des autres. Pendant ce temps, cinq autres attaquèrent le Flight Blanc puis le Flight Rouge. Le Capitaine WILLINGHAM menant le Squadron fit un virage à gauche, suivi du Lt GREENE, son ailier. Les deux autres appareils du Flight furent perdus de vue. Après l'attaque de ces cinq premiers chasseurs ennemis, cinq autres vinrent s'y ajouter prenant en chasse chacun des appareils individuellement puis les six derniers chargés de la couverture haute intervinrent à leur tour dans l'attaque. Le Lt BROWNFIELD observa un P-47 se crasher au sol, en flammes. Le Lt NACHAND observa deux P-47 chutant en flammes. Un autre P-47 fut aperçus au sol par le Capitaine WILLINGHAM et le Lt NACHAND, l'appareil ayant semble t'il fait un bel atterrissage forcé. La verrière de ce dernier était ouverte".

 

Malgré leur supériorité numérique, les chasseurs allemands eurent du mal à faire face aux P-47. Ainsi, les Lieutenants Charles NACHAND, Frederick WILSON et Thomas BROWNFIELD revendiquèrent à eux trois, 4 victoires sûres. Le commandant du groupe, le Colonel Robert DELASHAW fut crédité d'un Fw-190 et deux autres pilotes obtiendront chacun une victoire probable.

 

Le 405th FG eut toutefois à déplorer la perte de quatre de ses pilotes :

- Le P-47 D n°42-26327 piloté par le Lt Julian R. MORFORT (matr. 0-751401) s’écrase sur la Commune de Voise. Le pilote est tué.

Rapport MACR n°8579 (P-47 du Lt MONFORT).

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- Le P-47 D n°42-26318 piloté par le 2nd Lt Robert C. HAAS (matr. 0-821697) s’écrase sur la Commune  de Moinville-le Jeulin. Le pilote est tué. Son corps a été rapatrié aux USA après la guerre et repose désormais au Hollywood Mem Park à New Jersey).

Rapport MACR n°8582 (P-47 du Lt HAAS)

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- Le P-47 D n°42-76533 piloté par le Lt Howard G. STRICKER (matr. 0-824770) s’écrase sur la Commune de Prunay-le-Gillon. Le pilote est tué. Son corps fut rapatrié aux USA en 1949 et repose désormais au cilmetière Parkwood à Baltimore.

Voici le témoignage d'un habitant de Prunay-le-Gillon: "J'avais 17 ans, j'habitais aux Vaux. Ce jour-là, les combats aériens faisaient rage. A la fois curieux et effrayé, je m'étais caché à l'entrée de la Rue du Cimetière, le long du mur de la Ferme de Barre-Vent. J'observai deux avions qui se pourchassaient. Après de multiples virevoltes et des échanges de tirs nourris, l'un d'eux est touché et chute droit sur Prunay, s'écrase dans un champ sur une meule de paille isolée, juste en face de moi, derrière le hangar de chez Gastineau en allant chez Crossay et prend feu. C'était en milieu d'après-midi. Il y avait des avions partout, un bruit d'enfer, c'était impressionnant! Soudain, j'en ai vu un qui semblait mal au point.... puis une colonne d'épaisse fumée noire s'est élevée au-dessus du bourg. J'ai aussitôt enfourché ma bicyclette pour aller voir ce qui se passait".

Rapport MACR n°8504 (P-47 du Lt STRICKER)

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- Le P-47 D n°42-?????? fait un atterrissage forcé dans la Plaine de Moinville-le-Jeulin, à 3 Km à l’Ouest de Santeuil. Le 2nd Lt Frederick F. WILSON (matr. 0-808329) est plus chanceux et survit, après 39 missions opérationnelles réalisées depuis son engagement dans l'USAAF. Agressif, un des Me-109 vint mitrailler le P-47 au sol mais il le manqua et le Lt WILSON se réfugia dans un bois. Il fut recueilli par un fermier de Moinsville-le-Jeulin. Sachant parlé le français, cela l'a sans doute aidé. Alerté, M. SAVOURIE, le Maire de la Commune, conseilla au pilote de se rendre à Denonville, chez M. BOIS, résistant. Il s’y rendit et, sur le chemin, il put observer en détails un des Me-109 qu’il put abattre. Arrivé à Denonville, il fut confié à M. Camille MELICOT, boucher à Denonville, qui le nourrit et l’hébergea du 13 au 19 Août 1944.

Il put assister à l’enterrement de ses camarades, les Lts Robert HAAS et Julian MORFORT au cimetière communal de Moinville-le-Jeulin. Récupéré par ses compatriotes américains, il regagne l’Angleterre, le 21 Août 1944.

Rapport d'évasion du Lt WILSON

Acte de décès (Mairie de Voise) et Photo du Lt Julian R. Morford (Photo Reginald G. Nobles)

Plaque commémorative aposée sur le Monument au Mort de Voise

Son corps repose désormais au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Plot B, Rang 18, Grave 17)

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Acte de décés (Mairie Prunay Le Gillon) et Photo du Lt Howard G. STRICKER  (Photo Famille Stricker) 

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Inhumation du Lt STRICKER à Prunay-le-Gillon (Photo JF Hardy)

 

   

  

Acte de décés de Robert G. HAAS

(Mairie Moinville La Jeulin)

 

Les archives allemandes confirment la violence de ce combat aérien avec la revendication de quatre victoires allemandes et la pertes de six Fw-190 du I./JG2.

L’Uffz JÜRLING, le Lt EICHHOFF et le Lt BACHMANN revendiquent chacun une victoire sur des P-47 entre 14H38 et 14H44, un tombe au Sud de Moinville-le-Jeulin, un second au Nord du village et un troisième à Voise.

En contrepartie, on peut constater les pertes suivantes :

- Le Fw-190 A-8 n°681026 percute le sol entre Moinville et Voise mais son pilote le Fw Hans WENNINGER de la 1./JG2 réussit à sauter en parachute. Il est uniquement blessé. Il retrouvera sa place de pilote dans la 1./JG2 et sera abattu une seconde fois le 14/01/1945, près de Viernheim (Allemagne), toujours sain et sauf et simplement blessé.

- Le Fw-190 A-8 n°171663 piloté par l’Oblt Hermann AEBERT (le Staffelführer de la 1./JG2) est porté disparu. Son pilote est tué.

- Le Fw-190 A-8 n°171647 piloté par l’Uffz SAINT-PAUL de la 1./JG2 ne rentre pas à sa base. Il est porté disparu.

- Le Fw-190 A-8 n°171458 piloté par l’Uffz ASCHEMANN de la 4./JG2 s’écrase au Nord Ouest de Voise. Il est tué.

- Le Fw-190 A-8 n°681044 piloté par l’Uffz GRUBER de la 4./JG2 s’écrase au Sud de Santeuil. Il est tué.

- Le Fw-190 A-8 n°171457 piloté par le Lt Gerhard BUCHERT du Stab./JG2 s’écrase également au Sud de Santeuil. Il est porté disparu.

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Le crash de deux P-38 près de Voves

Le 2nd Lt Zollie Pellem WEBB (matr. 0-756066) du 367th FG, 392nd FS semble également avoir pris part au combat ci-dessus vers 15H00, près de Chartres. Il s’agissait alors de sa 33ème mission de combat et avait décollé à 13H00 de son terrain d’aviation de Carentan, en Normandie.

Lors de l’attaque, il décompta 16 Fw-190. Lui et son co-équipier, le Lt Audrey YORK furent touchés par les Fw-190 et le Lt WEBB dut évacuer son P-38 en feu à 600 pieds d’altitude. Son parachute s’ouvrit juste avant de toucher le sol et atterrit dans un champ de blé près de Voves. Il vit son camarade sauter en parachute et vit son P-38 s’écraser non loin. Il cacha son parachute et détruisit ses papiers personnels.

Alors qu’il sortait du champ en direction de Voves, un fermier lui indiqua de se cacher dans un fourré. Il y resta caché jusqu’à 18H00 où l’homme vint le chercher pour l’emmener dans sa maison. Il put manger, boire du vin et échanger son uniforme contre des vêtements civils. Le lendemain, un officier français apparut en moto et lui fit comprendre qu’il avait vu une patrouille américaine. Il remit alors son uniforme et se rendit à la grange où les résistants avaient caché des armes. Elle était plein de fusils allemands ! Peu après, une unité de reconnaissance de la 5th Armored arriva et il s’empressa de les rejoindre.

Son camarade, le 2nd Lt Audrey D. YORK, fut également récupéré par la résistance avant d’être libéré par ses compatriotes américains, le lendemain. Le 18 Août 1944, ils regagnèrent l’Angleterre par les airs, furent interrogés sur leur mode d’évasion et regagnèrent tous deux leur unité.

Le Lt Zollie WEBB est né le 12 Octobre 1917 à Russellville, aux USA. Bien que travaillant à la ferme familiale, il étudia deux années au Collège de Pulaski et il s’apprêtait à rentrer à l’Université lorsque les USA rentrèrent en guerre. Après avoir reçu un entraînement complet dans l’US Air Force, il devint 2nd Lt le 1er Octobre 1943. Le 6 Mai 1944, il quitta la Californie pour rejoindre l’Angleterre et être assigné au 367th Fighter Group. Le 6 Juin 1944, jour du débarquement en Normandie, il effectua trois missions aériennes de soutien des troupes au sol.

Le 19 Juin 1944, Le Lt Zollie WEBB avait déjà connu des mésaventures lors d’une mission où il dut effectuer un atterrissage forcé sur une piste en cours d’aménagement sur la côte française, en zone fraîchement libérée par les alliés. Porté disparu dans un premier temps, il put rejoindre son unité quelques jours après, une fois que son train d’atterrissage fut réparé.

Le 2 Janvier 1949, il se maria avec Margie STRICKLAND, originaire de Raleigh, en Caroline du Nord. Il servit finalement vingt ans dans l’US Air Forces avec des missions en Corée, en Arabie Saoudite puis au Japon. Il se retira le 31 Janvier 1963 dans le New-Jersey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2nd Lt Zollie P. WEBB

 

De son côté, le 2nd Lt Audrey D. YORK fit une chute violente. Incapable de courir, il resta caché dans un fourrée puis il marcha durant trois heures en direction du Sud-Ouest pour tenter de rejoindre les lignes américaines, à l’aide de ma boussole. Il se cacha à nouveau dans une botte de foin jusqu’au petit matin. Situé à proximité d’une ferme, il y observa l’activité avant de frapper à la porte. L’homme ainsi que sa famille furent très accueillant et lui offrir à manger et de quoi s’habiller en civil. Malgré les conseils de la famille française, le pilote repartit mais en direction de Chartres, cette fois-ci. Il passa la seconde nuit dans une botte de foin et rencontra un fermier près de Bonneval. Il l’emmena dans sa maison et revint avec une femme qui parlait anglais. Je passai la nuit chez elle et le lendemain, une patrouille américaine rentrait dans Bonneval.

Rapport d'évasion du 2nd Lt WEBB

  

 

Un nouveau combat à l’Ouest de Chartres

Deux heures après ce premier combat, les P-47 du 405th FG terminent une nouvelle mission de soutien des troupes terrestres et de reconnaissance dans les environs de Saint-Calais/Courville-sur-Eure lorsqu’ils sont interceptés par une vingtaine d’appareils ennemis d’au moins deux groupes, les II./JG3 et III./JG3.

Le Lt RUSSEL prit en chasse un des Me-109 puis soudainement en prit en chasse un second mais le surnombre des pilotes allemands tourna en sa défaveur et il fut abattu dans une confusion des plus générale.

Les pilotes allemands revendiquent grossièrement quatre victoires sur des P-47 dans la région La Loupe/Chateauneuf-en-Thymerais/Courville entre 16H45 et 16H55. Il semble que les trois premières victoires attribuées au II./JG3 soient une « erreur » mais la quatrième est bien réelle, à savoir un P-47 abattu à 16H55 près de Courville par le Lt ZIMMERMANN de la III./JG3.

En effet, le P-47 D 20-RE n°42-76471 piloté par le 2ème Lt Clifford B. RUSSEL (matr. 0-816765) du 405th FG, 510th FS est touché par un Me-109 près de Courville-sur-Eure et s’écrase à Fontaine-La-Guyon.

Le pilote est tué, après un bref combat. Son corps fut retrouvé dans le bois « Godron » à Fontaine-La-Guyon. Il repose désormais au cimetière militaire américain de Saint-Laurent-sur-Mer (Plot D, Row 23, Grave 33).

  Rapport MACR n°8511 (P-47 du Lt RUSSEL)

Le 2nd Lt Clifford Bradford RUSSELL naquit le 7 Août 1919 à Boseman. Il déménagea à Fort Klamath avec ses parents où il effectua sa scolarité. Il travailla dans la « Pelican Bay Lumber Compagny » avant de s’engager dans l’Armée de l’Air en 1940. Il reçut ses ailes de pilotes de chasse à Tallahassee, en Floride. Il fut transféré en Angleterre en Mars 1944, comme pilote de chasse sur P-47 de la 9ème Air Force. Il participa au débarquement en Normandie. Clifford avait un frère et sept sœurs.

 

 

Lt Clifford RUSSEL et son P-47 « Billy Boy »

 

Dog tag du Lt Clifford B. Russel, trouvé sur le site de crash

 

 

Lt Clifford B. Russel (TWS Military Websites)

 

 

La perte d’un P-38 du 367th FG vers Dreux

Les P-38 du 367th FG, 392nd FS sont chargés d'une mission de reconnaissance armée au Sud Ouest de Paris.  

Le P-38 J-20 n°44-23503 piloté par le 2nd Lt Milton A. JAEGER (matr. 0-756397) du 357th FG, 392nd FS s'écrase à 4 miles au Nord Est de Dreux à 19H10.

Voici le témoignage du 2nd Lt Robert D. DILLON: "Je volai en position n°3 dans le Flight du Major ROGER et le 2nd Lt JAEGER en position n°2. Nous étions en train de manoeuvrer à 4.5 miles au Nord Est de Dreux quand le Lt JAEGER vit un groupe de camions garés sous des arbres. Il descendit pour vérifier et jugeant mal sa descente, il toucha la cime des arbres. L'appareil s'écrasa et explosa. Je le suivais  dans sa descente lorsque j'observai son crash à 19H10".

  Rapport MACR n°8060 (P-38 du 2n Lt JAEGER)

 

Le NAGr.13 quitte son terrain de Chartres

Ce groupe de reconnaissance équipé de chasseur Me-109 était installé sur le terrain de Chartres depuis le 29 Juin 1944 avec trois escadrilles : le Stab (commandement), le 1. Staffel et le 3. Staffel du NAGr.13.

Alors que les troupes américaines investissent déjà le Sud du Département et s’engouffre vers le Sud de Courville, le groupe quitte la base aérienne de Chartres ce 14 Août 1944 pour  s’installer sur un terrain de campagne à Hautefontaine, à l’Est de la forêt de Compiègne.

Cette présence américaine se confirmera par une dernière perte du groupe à partir du terrain de Chartres : Le Lt RÖDAMER de la 1./ NAGr.13 ne rentre pas d’une mission de reconnaissance menée dans le secteur de Châteaudun – Le Mans – Nogent-le-Rotrou. Son Me-109 G-6 n°200029 sera aperçu une dernière fois à proximité de la ville de Nogent-le-Rotrou. Il sera finalement porté disparu.

Le NAGr.13 est le dernier groupe aérien à quitter le sol d’Eure-et-Loir pour rejoindre des cieux plus cléments.

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Dernière mise à jour: 27/05/2024
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