Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 15 JUIN 1944

 

07H00 : Le crash d’un pilote de chasse allemand unijambiste

Ce 15 Juin 1944 s'annonçe comme étant une belle journée. Les missions de bombardements au-dessus de l'Allemagne furent alors confiées aux bombardiers B-17 tandis que les bombardiers B-24 de la 8ème Air Force se verront attribuer des missions de bombardement au-dessus de la France et de la Belgique.

26 B-24 du 392nd BG, 26 B-24 du 492nd BG et 35 B-24 du 446th BG ont pour mission de bombarder des ponts de chemin de fer enjambant la Loire, près de Tours. La formation du 392nd BG devra attaquer en premier le pont de la Frillière (à 2 miles à l'Est de Tours) et, en fonction des résultats, la formation du 492nd BG conservera ou non la même cible.

Les appareils décollèrent de leurs bases (Wendling pour le 392nd BG et North Pickenham pour le 492nd BG) vers 04H30. Le 392nd BG emporte 184 bombes de 1000 livres et le 492nd BG emporte 86 tonnes de bombes de 250 livres GPs et de bombes de 100 livres à fragmentations.

Afin de contrer les attaques des chasseurs allemands, les bombardiers américains sont accompagnés d'une escorte de chasseurs dont les P-51 du 339th FG.

C’est ainsi que la formation de bombardiers américains traversa la Manche sans difficulté ainsi que la côte française. Au même moment, à 06H25, une importante formation de chasseurs allemands décolle de sa base pour une mission de chasse libre dans le secteur de Bayeux. Il s'agit des Me-109 du I./JG26 et des Fw-190 des II./ et III./JG26 ainsi que ceux du III./JG54, l'ensemble étant commandé par l'Obstlt PRILLER (célèbre as allemand).

Ce sera cependant à une centaine de kilomètres au Sud-Ouest de Chartres que les Allemands, déroutés de leur mission initiale par le contrôle aérien, intercepteront vers 07H00 des quadrimoteurs alliés, près de 80 B-17 et B-24 répartis en trois "box" et accompagnés d'une importante escorte de chasseurs.

Alors que les bombardiers américains ne sont plus qu'à 10 minutes de vol de leur objectif, un important combat a lieu entre Nogent-le-Rotrou et Châteaudun, les chasseurs allemands prenant en chasse les bombardiers, eux-mêmes défendus par leur escorte de chasseurs.

Il semble que les pilotes des Me-109 du III./JG26 assuraient la couverture haute de la formation allemande et qu'ils intervinrent les premiers: le Major MIETUSCH revendique alors un B-24 abattu vers Illiers-Combray, tandis qu’un second B-24 est gravement endommagé par l’Uffz Tippe. Sans aucun doute, ils bénéficièrent de l'effet de surprise.

Il semble que le B-24 (finalement endommagé uniquement) revendiqué par le Major MIETUSCH soit le B-24 n° de série 42-95025 du 392nd BG piloté par le Lt WHITE.

Ensuite intervinrent les Fw-190 du II./JG26 avec le Kommodore allemand, Obstlt. PRILLER qui rédigera ainsi son rapport au retour de cette sortie: " J'ai attaqué le premier groupe de bombardiers par le trois-quarts avant, à la même altitude, et enregistré quelques coups au but sur un Boeing volant sur le flanc gauche. Après avoir dû m'opposer à la très forte escorte de chasseurs, j'ai pu attaquer de nouveau par l'avant une formation d'environ 20 libérators. J'ai alors tiré sur celui placé le plus à gauche et à l'extérieur d'un groupe de trois appareils depuis six cents jusqu'à cent mètres et observé que mes coups portaient dans le milieu du fuselage et dans les deux moteurs de gauche. Après une ressource, j'ai vu le Libérator, avec ses trois moteurs dégageant des flammes claires, piquer en s'écartant de sa formation avant de plonger vers le sol. Je n'ai pu observer le point d'impact en raison du combat aérien qui se poursuivait".

La chute du B-24 sera confirmée par deux témoins, dont le Hptm Matoni, le Staffelkapitän de la 5./JG26, la chute du bombardier ayant été considérée vers 07H10. Après un atterrissage intermédiaire à Chartres, pour ravitailler en carburant, le Kommodore de la JG26 se reposera à Guyancourt à 08H40, pour y être fêté comme il se doit en ces occasions historiques (sa 100ème victoire personnelle). Il semble que le B-24 revendiqué par l'Obstlt PRILLER soit le B-24 n° de série 42-95132 du 492nd BG piloté par le Lt Mc MURRAY.

Cinq ou six Fw-190 d'un groupe de 20 appareils (ou plus) attaquèrent la première formation composée des B-24 du 392nd BG. Trois d'entre eux prirent pour cible plus précisément le B-24 piloté par le Lt Harry A. WHITE, l'un attaquant sur le coté, l'autre par devant et le dernier par l'arrière légèrement en dessous. Sa formation subit trois séries d'attaques allemandes, de face et par l'arrière.

Le B-24 Nr 42-95025 ("Bar-P") du 579th BS piloté par le Lt WHITE fut gravement endommagé par des obus de 20mm et des tirs de mitrailleuses. Le tireur de queue, le S/Sgt J. WEHUNT fut tué, la structure arrière et la tourelle de queue sont détruites. Les obus et les balles pénétrèrent la carlingue, faisant exploser des bouteilles d'oxygène. Un obus blessa également le mécanicien, le T/Sgt Glenn M. BARNES au visage et au cou. Le feu se déclara dans l'appareil, le système hydraulique fut endommagé rendant inutilisable l'ouverture de la soute aux bombes. Deux mitrailleurs (S/Sgt BRACCIOFORTE et WEITKEMPER) évacuèrent immédiatement l'appareil en sautant de l'appareil au-dessus de la France occupée.  Un rapport allemand du quartier général de Chartres indique que les deux aviateurs ont été fait prisonnier à St Augie (???), en France.

 

Tourelle de queue détruite du B-24 Nr 42-95025 (NARA)

 

Malgré des dommages très sévères, le Lt WHITE continua la mission, largua ses bombes sur l'objectif et rentra en Angleterre avec la protection d'un autre groupe (le 93rd BG). En atteignant les côtes anglaises, le B-24 se posa en urgence à Eye, sur le terrain attribué habituellement au 490th BG.

Aucun B-24 du 392nd BG ne fut perdu durant l'engagement au-dessus du continent. Excepté l'atterrissage d'urgence du B-24 du Lt WHITE, tous les appareils du 392nd BG rentrèrent sains et saufs à leur base à 10H30. Les mitrailleurs du groupe déclarèrent avoir abattu deux chasseurs allemands.

Les Fw-190 et les Me-109 attaquèrent également la seconde formation composée des B-24 du 492nd BG. Les chasseurs allemands n'eurent le temps que de faire une passe puisque les chasseurs d'escorte intervinrent immédiatement et les prirent en chasse. Toutefois, les appareils de la Luftwaffe réussirent à endommager lourdement le B-24 H -25-FO Nr 42-95132 du Lt Mc MURRAY du 859th BS qui dut sortir immédiatement de sa formation pour ne pas percuter un autre appareil. Le pilote décida de faire immédiatement demi-tour pour se parachuter derrière la ligne de front en Normandie, en territoire libéré. Après que le navigateur ait estimé avoir franchi la ligne de front, ce dernier sauta, suivi quelques instants après par ses camarades. Le navigateur atterrit en zone encore occupée (et il fut fait prisonnier) alors que ces 9 camarades atterrirent en zone libérée. Cette victoire sera attribuée au Kommodore Josef PRILLER de la Stab JG26.

On peut penser que "sportivement", cette victoire lui fut laissée afin de lui permettre d'atteindre le chiffre de cent victoires individuelles, évènement qui sera fêté au retour à Guyancourt.

Le B-24 Nr 42-95132 avait été mis en service le 31 Mai 1944 et n'avait effectuer que 11 missions. La veille de son crash, il avait bombardé le terrain d'aviation de Châteaudun (donc le 14 Juin 1944).

 

 

B-24 Nr 42-95132 du Lt McMURRAY écrasé en zone libérée (NARA)

 

 

Derrière, de gauche à droite: Hyman L STIGLITZ (radio opérateur), David McMURRAY (pilote), Millard C. WELLS (co-pilote), Raymond PACUAL (bombardier).

 Devant de gauche à droite: Francis E. LARRIVEE (mitrailleur), Walter O. SCHLOSSER (mitrailleur), Robert J. FLOOD (mitrailleur), Robert L. COTEY (mitrailleur), Leonard J. RAY (mécanicien). (NARA – Photo 492tn BG)

 

Ne bénéficiant pas de l'effet de surprise comme les Me-109 du III./JG26, les Fw-190 du II./JG26 furent confrontés immédiatement à la défense des chasseurs d'escorte américains, en l'occurrence les P-51 du 339th FG.

Ainsi, l'Oblt Waldemar RADENER, le Staffelkapitän de la 7./JG26 réussit à atteindre un des P-51 avant d'être touché à son tour à une quinzaine de kilomètres au Nord-Est de Châteaudun. Le pilote a toutefois le temps de sauter avant que son Fw-190 "2 brun" (Nr 730991) n'aille s'écraser à 300 mètres à l'Ouest de Dancy (Sud Est de Bonneval).

Un récent témoignage d'un habitant de Dancy nous confirme que le pilote allemand a atterri sur le toit d'un hangar de la ferme de M. GAUDICHAU (située au milieu de Dancy). Monsieur GAUDICHAU était alors prisonnier de guerre et son épouse aurait reconduit le pilote jusqu'à la gare de Bonneval dans l'espoir que ce geste puisse mener à la libération de mon mari.

Sérieusement blessé après spn atterrissage sur le pignon d'un hangar, RADENER sera hospitalisé jusqu'à fin juin puis en congés pour blessures. Commandant de la 7./JG26,  il reprit ses fonctions le 11 septembre suivant.

A la fin de la guerre, Waldemar RADENER fut crédité de 37 victoires aériennes.

Quant à l'épave du Fw-190 aurait été transportée jusqu'à l'entrée de la ferme GAUDICHAU par les ouviers agricoles et serait restée sur place jusqu'en 1948 (souvenirs d'enfants jouant à proximité en revenant de l'école).

Rapport de gendarmerie du 15 Juin 1944 (Source: AD28)

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Oblt Waldemar H. RADENER

 

Le P-51 abattu par l'Oblt RADENER est le P-51 n°43-24772 du Lt Richard W. MONTELL du 339th FG, 504th FS qui s'écrasa à St-Germain-des-Groix (Orne), au lieudit « Malvoisine ». Le pilote américain est tué et son nom figure désormais sur le monument aux Morts de la Commune. Il fut blessé dans un premier temps, puis emmené à l'hôpital de Chartres où il décéda le même jour. Cette victoire de Radener fut comptabilisée mais non confirmée.

Des funérailles lui furent données à la Cathédrale de Chartres et il fut enterré au cimetière Saint-Chéron (section n°61, tombe n°49).

Registre du cimetière St-Chéron de Chartres (source : Archives de la Ville de Chartres)

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Après la guerre, son corps fut exhumé et réenterré au cimetière militaire temporaire américain de Saint-André-de-l'Eure puis à Colleville-sur-Mer où il repose désormais.

Le Lt  Richard MONTELL s'était engagé dans l'Armée le 03 Novembre 1941 et fit trois ans de collège. Son groupe était stationné à Fowlmere.

   

Lt Richard W. MONTELL (site : www.database-memoire.eu)

 

On peut logiquement penser que le Fw-190 de Waldemar RADENER fut abattu par le P-51 Nr 42-106791 du 339th FG, 503rd FS piloté par le Capt Valdee WYATT qui déclara: " Je menais le Flight Blanc, escortant des bombardiers attaquant des objectifs à Tours. Nous étions en retard sur le rendez-vous et, au moment où nous rattrapions les bombardiers, de nombreux chasseurs ennemis prirent pour cible nos bombardiers. Je ne voyais pas encore l'ennemi mais je me délestai immédiatement de mes réservoirs supplémentaires. C'est à ce moment que je vis un groupe de Fw-190 et mon ailier, le Lt LOWERY m'appela pour me dire qu'un de mes réservoirs de s'était pas décrocher. Le Lt LOWERY attaqua un chasseur ennemi à 9 heures et plongea. Je tournai et pris la même direction mais je ne vis qu'un seul Fw-190 qui plongeait vers le sol. J'accélérai et me mis à sa poursuite. Ma vitesse était si importante (plus de 500 mph) que je faillis le dépasser. Le Lt LOWERY était à ma droite et mon second élément était derrière moi, me suivant aussi. A environ 5.000 pieds, je commençai une jolie et rapide sortie (j'avais commencé la poursuite à 22.000 pieds) et, au même moment, l'appareil ennemi tentant une action évasive en tournant à droite. Etant à ma portée de tir, je lui tirai dessus à 250 yds et avec 20 dégrées de déviation. Mes tirs le touchèrent à la verrière et à la base de son aile et je vis des morceaux s'arracher. Je le suivis, le pilote éjecta sa verrière et sauta en parachute. Lorsque je fis demi-tour, je vis son parachute déjà ouvert. Je ne vis pas la chute au sol du Fw-190 mais je le vis brûler par la suite. Je déclare ce Fw-190 détruit". Le Capt Valdee WYATT situe ce combat à Moutiers (Est de Voves) le 15 Juin 1944 à 07H15.

Capt Valdee WYATT (NARA)

 

De son coté, le Lt Leonard J. FIORITO du 503rd FG, 339th FG déclare également avoir abattu un Me-109 le 15 Juin 1944 à 07H05 dans les environs de Moutiers (Est de Voves). Voici son témoignage: "J'étais le second élément du Flight Rouge, escortant des bombardiers qui s'apprêtaient à bombarder des objectifs à Tours. Tout d'un coup, le leader de notre Flight, le Capitaine STEVENSON, nous demanda de largua nos réservoirs supplémentaires. Je larguai le mien et vis un Me-109, suivi par trois autres faisant une passe par l'avant. Puisque les appareils ennemis passèrent entre nous, je dis "break" et fit un demi tonneau puis plongeai. Les Allemands continuèrent leur route par derrière en faisant des zigzags serrés. Je fis un virage serré et je me mis à sa poursuite en commençant à tirer. Je le collai tout le temps et j'obtins une série de coups au but. L'appareil se mit à remonter et ouvrit le feu sur une formation de P-51 au-dessus de nous. Cette remontée ralentit sa vitesse et me donna une occasion en or de l'abattre. Je commençai à tirer et une fumée noire s'échappa de son appareil. Il fit un virage serré et je le suivi dans sa descente, lui tirant dessus en continue. J'obtins de nouveau des tirs au but. Le pilote allemand éjecta sa verrière à 16.000 pieds et, puisque je continuai à lui tirer dessus pensant que le pilote était déjà mort, il attendit 14.000 pieds pour sauter en parachute. Je pense que le pilote est mort avec mes derniers tirs. Le combat dura 7 à 8 minutes commençant à 23.000 pieds et se terminant à 14.000 pieds. Je ne vis pas de pilote sauter ou de parachute s'ouvrir mais je vis le chasseur s'écraser au sol. Je pense que l'appareil était d'un nouveau type, il avait un nez extrêmement long et il était peint en noir. Je n'eus pas de problème mécanique durant le combat. Je déclare avoir abattu un Me-109". Le Lt Leonard J. FIORITO pilotait alors le P-51 Nr 42-103600 Code "M" et il tira 906 cartouches durant ce combat. L'identification de l'appareil "au long nez" abattu par le Lt FIORITO est difficile car "ce long nez" ne peut être que celui d'un Me-109. Or, un seul Me-109 fut abattu lors de ce combat et le pilote sauta en parachute. Un témoin français confirme que le combat avec le Me-109 se fit à basse altitude avant qu'il ne s'écrase.

 

Lt Leonard J. FIORITO

(339th Fighter Group Association)

 

Lors de ce combat, le pilote allemand, l'Ofw Alfred GÜNTHER ne rentrera pas non plus à sa base avec son "6 noir". Il s'engagea également dans l'interception des quadrimoteurs au-dessus de la Beauce et fut poursuivi par deux chasseurs alliés jusqu'à vers Orléans. Atteint par leurs tirs, et après avoir vraisemblablement essayé de leur échapper en fonçant vers des lignes à haute tension, il a percuté avec son Fw-190 A-8 (Nr 170712) le lit du Loiret, à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. En 1990, Un Club de plongée (Club subaquatic orléannais) découvrit le moteur "BWM 801D-2 Radial aéro" dans le lit de la rivière.

Impliqué dans cette attaque aérienne des quadrimoteurs américains, l’Oblt HILGENDORFF, le Staffelführer de la 9./JG26, doit quant à lui sauter en parachute après que le moteur de son « 6 blanc » ( Bf-109 G-6, N° de série 410689) ait pris feu. Il se blessera sérieusement en atterrissant vers 7H15 à 6 Km à l’Ouest de Brou (l'avion s'écrase à la limite des communes de Moulhard/Loigny, au lieudit de "La Tardivière").

Ce pilote a été un des tous premiers à rejoindre la Luftwaffe dès sa création en 1934. Il naquit le 22 Mars 1915. Affecté en 1941 à la JG26, il a longtemps volé comme ailier de son célèbre Kommodore, l'Obstlt Adolf Galland, avant d'être abattu et gravement blessé le 08 Juin 1942. Après l'amputation d'une jambe, et 18 mois d'hospitalisation, il reprit sa place dans son escadre comme officier technique du III./JG26, retrouvant un peu plus tard son statut de pilote pour finalement prendre le commandement de la 9./JG26 en mai 1944. Ce 15 juin 1944, son premier souci aura été de protéger sa prothèse de jambe en la détachant avant de rejoindre le sol au contact duquel il se fracture une vertèbre. Moins d'un mois plus tard, il sera de nouveau aux commandes d'un Me-109. Son dernier combat aura lieu dans le Ciel d'Emancé/Chaleine (Yvelines) le 18 Juillet 1944...Il fut enterré dans un premier temps dans le cimetière de Dreux et son corps repose désormais au cimetière militaire allemand de Saint-André-de-l'Eure.

L'Oblt Viktor Hilgendorff sur son lit d'hôpital après sa chute du 15 juin 1944. Visite du Lt Karl-Heinz KEMPF

 

On peut fort penser que le Me-109 de l'Oblt Viktor HILGENDORFF fut abattu par le P-51 du Lt Harvey R. WAYMIRE du 504th FS, 339th FG qui déclara: "Nous étions sur une mission d'escorte volant à une altitude de 19.000 pieds. Je menai un flight de 4 P-51 quand je vis deux Me-109 droit devant nous et à 500 pieds au-dessus de nous. Un d'eux plongea sur nous pendant que nous avions encore un long chemin à faire. Les autres Me-109 semblèrent hésiter. Finalement, il commença une passe par l'avant puis tourna loin derrière. Je me mis immédiatement derrière lui et me rendis compte que j'avais laissé ma mitrailleuse sur la position "off" quand je larguai mes réservoirs supplémentaires. Une poursuite s'engagea avec une chandelle,  un tonneau puis un plongeon. Notre vitesse était supérieure à 500 mph quand je vis deux morceaux puis un autre plus gros s'arracher de l'appareil ennemi. Il était à ma portée et le pilote allemand savait où j'étais. Il fit une action évasive à 6.000 pieds. Je le suivis le plus loin possible et redressai au-dessus des arbres. Le pilote a tardé à redresser car j'eus tout juste le temps de faire un cercle quand je le vis dans sa chute. Je le filmai puisqu'il était en feu. Je n'ai pas tiré sur son appareil. Le seul moment où j'ai tiré était un rapide essai pour obtenir un film lorsque le pilote allemand quitta son appareil". Le Lt WAYMIRE situe ce combat près de Châteaudun le 15 juin 1944 à 07H40.

 

Voici le témoignage d’un habitant d'Unverre ayant assisté au crash de l'Oblt Hildendorff: "Le Me-109 était seul et il fut pris à partie par des chasseurs américains qui accompagnaient des bombardiers (direction vers l'Angleterre). Le chasseur allemand passa sous la formation de bombardiers et fut ensuite pris en chasse. M. BLIN habitait la ferme de ses parents à Moulhard et avait 14 ans. Lui et les employés de la ferme contemplèrent le combat aérien jusqu'au moment où les balles perdues atteignirent la ferme. Tout le monde se cacha dans un bâtiment de la ferme. Plusieurs chasseurs américains étaient après le pilote allemand. Il fut touché, une traînée noire s'échappant de son avion et les américains n'insistèrent pas plus. Ils regagnèrent la formation de bombardiers. Le pilote allemand sauta en parachute et atterrit près du cimetière. Il évita un bois en tirant sur les cordes de son parachute. L'avion s'écrasa à la Tardivière, limite de la commune de Moulhard/Ligny. L'avion s'enfonça profondément dans le sol, 100% endommagé. Les Allemands ne cherchèrent pas à récupérer des pièces. L'avion fut dépiécé au fur et à mesure par les habitants du coin. Ils firent des semelles de chaussures avec l'alu. Le pilote, en atterrissant, fut menaçant avec son pistolet, puis, sachant qu'il n'avait pas à faire à la résistance, devint moins agressif. Il parlait parfaitement le Français, avait une jambe de bois et précisa qu'il s'était rendu aux USA avant la guerre. Il fut emmené par les habitants à la Poste du coin et les troupes allemandes arrivèrent 30 minutes après le crash. Le pilote partit avec ses derniers".

 

Comme convenu, le 392nd BG bombarda en premier la cible principale, le pont de la Frillière, près de Tours. Les résultats de ce bombardement furent jugés excellents et, lorsque le 492nd BG arriva sur l'objectif, il jugea que la cible était détruite et un objectif secondaire fut choisi. Cet objectif secondaire fut finalement un ancien terrain d'aviation allemand près de Tours qui aurait pu être réutilisé par la Lutfwaffe. L'altitude de largage fut de 19.500 pieds. La Flak légère fut abondante et précise au-dessus de Tours mais pas de Flak lourde.

 

 REVENDICATIONS PAR LES PILOTES ALLEMANDS

Ø  Major Klauss MIETUSCH du Stab III./JG26 abat un B-24 dans le secteur de Nogent-le-Rotrou à 7.000 mètres d'altitude.

Ø  Obst. Josef  PRILLER du Stab JG26 abat un B-24 vers L'Aigle à 6.000/7.000 mètres d'altitude.

Ø  Oblt Waldemar RADENER du 7./JG26 abat un P-51 à St-Germain-des-Groix (Orne)

Ø  Hptm Hermann STAIGER du Stab I./JG26 endommage un B-17 à 80Km au Sud de Chartres.

Ø  Uffz Erhard TIPPE du 11./JG26 endommage un B-24 au Sud-Ouest de Chartres à 7.000 mètres d'altitude.

PERTES AMERICAINES REELLES

Ø  P-51 Nr 43-24772 du Lt Richard W. MONTELL du 339th FG, 504th FS qui s'écrasa à St-Germain-des-Groix (Orne). Le pilote est tué.

Ø  B-24 Nr 42-95132 du 492nd BG, 859th BS piloté par le Lt Mc MURRAY qui s'écrasa sur les côtes normandes libérées.

REVENDICATIONS AMERICAINES

Ø  Les mitrailleurs du 392nd BG déclarent avoir abattu deux chasseurs allemands

Ø  Les pilotes des P-51 du 339th FG déclare avoir abattu deux Me-109 et deux Fw-190 (un Fw-190 par le Lt Victor W. MEYER, un second par le Capt Valdee WYATT, un Me-109 par le Lt Leonard J. FIORITO et un second par le Lt Harvey R. WAYMIRE).

PERTES ALLEMANDES REELLES

Ø  Fw-190 Nr 730991de l'Oblt Rademar RADENER de la 7./JG26 s'écrase à DANCY, près de Bonneval. Pilote blessé.

Ø  Fw-190 Nr 170712 de l'Ofw Alfred GÜNTHER de la 6./JG26 s'écrase à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. Pilote tué.

Ø  Me-109 Nr 410689 de l'Oblt Viktor HILGENDORFF de la 9./JG26 s'écrase à Moulhard. Pilote blessé.

 

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08H49 : Le crash du P-38 du 2ème Lt PERRA aux Corvées

Le 15 Juin 1944, les pilotes du 77th FG (20th FG) sont mobilisés dès 03H30 du matin pour une mission d’escorte de bombardiers lourds B-17 sur Bordeaux et Angoulême. Le briefing a lieu à 04H30 et la formation composée de quinze P-38 et menée par le Capitaine KEIHMER décolle à 05H46.

Les quatre Flight se répartissent de la façon suivante :

 

Capt. Keihmer

Lt McCully

Lt Chubin

Lt Gjelme

Lt Perra

Capt. Morris

Lt Fernandes

Lt Payne

Lt Brucks

Lt Baker

Lt Fagg

Lt Fleming

Lt MacArthur

Lt Moncrief

Lt Clarck

 

 

Le rendez-vous avec les bombardiers a lieu sans difficulté à 06H45 à une altitude 24.000 pieds et, après une escorte de 40 minutes, le 77th FG fut relevé de sa mission. Les P-38 survolèrent la région d’Angers puis de Tours jusqu’à 08H30 puis prit la direction du Nord. Arrivés à l’Est de Chartres, les pilotes prirent ensuite pour cible des objectifs d'opportunité, ce qui les amena dans la région drouaise.

Le Flight du Capitaine KEIHMER (composé du Lt PERRA, du Lt BRUCKS et du Lt MacArthur) localisa trois camions allemands camouflés sous des branches et les détruisit à la mitrailleuse. Ils découvrirent également une station radar complète avec ses baraquements. A leur tour, ils furent prit pour cible.

Tout d’un coup, le Flight du Capitaine MORRIS essuya les tirs défensifs de la Flak. Le Capitaine MORRIS et le Lt PERRA réussirent à détruire un emplacement de Flak mais, un peu plus loin près du terrain d’aviation de Dreux, le P-38 du Lt PERRA fut touché par un obus. L’appareil dégagea de la fumée, puis échappa à tout contrôle et alla s’écraser directement au sol. Le pilote tenta d’évacuer son appareil mais le manque d’altitude (100 pieds) ne lui laissa pas le temps d’ouvrir son parachute et il trouva la mort instantanément.

Cet appareil, le P-38 n°42-104067 piloté par le 2ème Lt Walter F. PERRA (matr. 0-750222) du 20th FG, 77th FS s’écrasa au Sud-Ouest DES CORVEES, près de Dreux.

Voici le témoignage du Lt John KLINK du 55th FS :

« Je volai en position n°3 dans le Flight « Rouge » avec le 55th FS. Nous étions chargé de la couverture haute, volant au Nord de Dreux à 3500 pieds d’altitude. Le Flight « Rouge » du 77th FS attaquait au sol une  tour de Flak. Je vis un P-38 de ce flight avec le moteur droit en feu. Il remonta à 1.500 pieds puis plongea vers le sol, en explosant. Je ne vis pas de parachute ».

Lt Walter PERRA

(collection Mark PERRA)

 

Les soldats allemands en charge de l’emplacement de Flak qui se situait près des lieux intervinrent immédiatement et dérobèrent tous les effets personnels du pilote, notamment sa « Dog Tags » (plaque de matricule) empêchant ainsi toute identification. Ils empêchèrent également les habitants d'enterrer le corps durant 4 jours.

C'est finalement, le Maire (M. Jacques BLONDEAU) qui obtint l'autorisation d'enterrer le corps mais dans le champ près du crash, pas dans le cimetière.

En Novembre 1944, les villageois attirèrent l’attention des soldats américains sur la présence de cette tombe et le corps fut relevé pour être provisoirement inhumé au Cimetière de Saint-André-de-l’Eure sous l’identité « X-121 » puis enterré définitivement au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer ( Plot B, Row 17, Grave 24) avec 9.000 autres de ses compatriotes.

Les témoignages  de M. BLONDEAU et de Mme LAIGUILLE (institutrice à Vernouillet) recueillis le 24 Mars 1945 par les autorités américaines permettront de localiser définitivement le lieu du crash et d’identifier formellement le corps du  Lt PERRA. Ces deux personnes se rappelaient entre autres que l’appareil portait le nom « Little Bug », le numéro de série « 02104067 » et que quatre croix gammées étaient dessinées sur la carlingue, représentant ainsi les quatre victoires aériennes du Lt PERRA accumulées au cours de ses 18 missions.

Entre temps, la famille du Lt PERRA fut informée dès le 22 Janvier 1945 que leur fils avait été tué et que son corps avait retrouvé.

Le Lt PERRA était natif de la ville de Ceres en Californie et fut assigné au 77th FS du 20th FG le 22 Avril 1944. Il cumula 81 heures de vol en mission.

Articles de journaux signalant la disparition de Walter Perra

(Collection Mark Perra)

 

 

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09H07 : Bombardement des « Trois-Ponts » à Chartres

Un nouveau bombardement du viaduc des « Trois-Ponts » est programmé par l’USAAF qui confie cette mission aux B-26 du 397th BG (598th BS) et du 344th BG.

Les B-26 décollèrent de leurs bases anglaises de Rivehall et de Stansted, rencontrèrent un Flak légère sur l’objectif mais pas de chasseurs ennemis, en arrivant par l’Est.

A 09H07, la défense passive de Chartres observa le bombardement en comptabilisant 30 bombardiers (5 vagues de 6 bombardiers) et 60 bombes de 500 à 1.000 Kg.

Les dommages furent relativement importants avec 2 tués et 14 blessés, 6 immeubles détruits et 53 endommagés.

L’Avenue de l’Hippodrome (maintenant le Stade des Bas-Bourgs) est également endommagée. Le tablier du viaduc, coupé aux deux extrémités, a été déplacé d’un coté de 2 mètres et de l’autre, de 4 mètres.

Les bombardiers rentrent à leurs bases, sans perte malgré quelques dommages.

 

Un rapport de la SNCF indique que la Ville de Chartres est  bombardée vers 09h15. Maisons détruites er victimes parmi les civils. La SNCF est toujours sans eau ni électricité. Le bombardement a nettement coupé  le viaduc de la ligne Chartres à Beaulieu /Le Coudray, situé au Sud de la ville.

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Au même moment, toujours à 09H10, 36 appareils larguent 36 bombes à basse altitude sur Nogent-le-Phaye, tuant 6 personnes, blessant 13 autres, détruisant 50 maisons et endommageant 145 autres.

De même, 36 autres appareils bombardent à basse altitude sur le viaduc de la voie ferrée à Oisème. 40 bombes sont larguées, tuant 14 personnes, blessant 3 autres, détruisant 13 maisons et endommageant 10 autres.


 


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Dernière mise à jour: 05/04/2026
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