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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 15 JUIN 1944 | ||||||||||||||||||||||||||
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07H00 : Le crash d’un pilote de chasse allemand unijambiste Ce 15 Juin 1944 s'annonçe
comme étant une belle journée. Les missions de bombardements
au-dessus de l'Allemagne furent alors confiées aux
bombardiers B-17 tandis que les bombardiers B-24 de la 8ème
Air Force se verront attribuer des missions de bombardement
au-dessus de la France et de la Belgique. 26 B-24 du 392nd BG, 26 B-24
du 492nd BG et 35 B-24 du 446th BG ont pour mission de
bombarder des ponts de chemin de fer enjambant la Loire,
près de Tours. La formation du 392nd BG devra attaquer en
premier le pont de la Frillière (à 2 miles à l'Est de Tours)
et, en fonction des résultats, la formation du 492nd BG
conservera ou non la même cible.
Les appareils décollèrent de
leurs bases (Wendling pour le 392nd BG et North Pickenham
pour le 492nd BG) vers 04H30. Le 392nd BG emporte 184 bombes
de 1000 livres et le 492nd BG emporte 86 tonnes de bombes de
250 livres GPs et de bombes de 100 livres à fragmentations. Afin de contrer les attaques
des chasseurs allemands, les bombardiers américains sont
accompagnés d'une escorte de chasseurs dont les P-51 du
339th FG. C’est ainsi que la formation
de bombardiers américains traversa la Manche sans difficulté
ainsi que la côte française. Au même moment, à 06H25, une
importante formation de chasseurs allemands décolle de sa
base pour une mission de chasse libre dans le secteur de
Bayeux. Il s'agit des Me-109 du I./JG26 et des Fw-190 des
II./ et III./JG26 ainsi que ceux du III./JG54, l'ensemble
étant commandé par l'Obstlt PRILLER (célèbre as allemand). Ce sera cependant à une
centaine de kilomètres au Sud-Ouest de Chartres que les
Allemands, déroutés de leur mission initiale par le contrôle
aérien, intercepteront vers 07H00 des quadrimoteurs alliés,
près de 80 B-17 et B-24 répartis en trois "box" et
accompagnés d'une importante escorte de chasseurs. Alors que les bombardiers
américains ne sont plus qu'à 10 minutes de vol de leur
objectif, un important combat a lieu entre Nogent-le-Rotrou
et Châteaudun, les chasseurs allemands prenant en chasse les
bombardiers, eux-mêmes défendus par leur escorte de
chasseurs. Il semble que les pilotes des
Me-109 du III./JG26 assuraient la couverture haute de la
formation allemande et qu'ils intervinrent les premiers: le
Major MIETUSCH revendique alors un B-24 abattu vers
Illiers-Combray, tandis qu’un second B-24 est gravement
endommagé par l’Uffz Tippe. Sans aucun doute, ils
bénéficièrent de l'effet de surprise. Il semble que le B-24
(finalement endommagé uniquement) revendiqué par le Major
MIETUSCH soit le B-24 n° de série 42-95025 du 392nd BG
piloté par le Lt WHITE. Ensuite intervinrent les
Fw-190 du II./JG26 avec le Kommodore allemand, Obstlt.
PRILLER qui rédigera ainsi son rapport au retour de cette
sortie: " J'ai attaqué le premier groupe de bombardiers
par le trois-quarts avant, à la même altitude, et enregistré
quelques coups au but sur un Boeing volant sur le flanc
gauche. Après avoir dû m'opposer à la très forte escorte de
chasseurs, j'ai pu attaquer de nouveau par l'avant une
formation d'environ 20 libérators. J'ai alors tiré sur celui
placé le plus à gauche et à l'extérieur d'un groupe de trois
appareils depuis six cents jusqu'à cent mètres et observé
que mes coups portaient dans le milieu du fuselage et dans
les deux moteurs de gauche. Après une ressource, j'ai vu le
Libérator, avec ses trois moteurs dégageant des flammes
claires, piquer en s'écartant de sa formation avant de
plonger vers le sol. Je n'ai pu observer le point d'impact
en raison du combat aérien qui se poursuivait". La chute du B-24 sera
confirmée par deux témoins, dont le Hptm Matoni, le
Staffelkapitän de la 5./JG26, la chute du bombardier ayant
été considérée vers 07H10. Après un atterrissage
intermédiaire à Chartres, pour ravitailler en carburant, le
Kommodore de la JG26 se reposera à Guyancourt à 08H40, pour
y être fêté comme il se doit en ces occasions historiques
(sa 100ème victoire personnelle). Il semble que le B-24
revendiqué par l'Obstlt PRILLER soit le B-24 n° de série
42-95132 du 492nd BG piloté par le Lt Mc MURRAY. Cinq ou six Fw-190 d'un groupe
de 20 appareils (ou plus) attaquèrent la première formation
composée des B-24 du 392nd BG. Trois d'entre eux prirent
pour cible plus précisément le B-24 piloté par le Lt Harry
A. WHITE, l'un attaquant sur le coté, l'autre par devant et
le dernier par l'arrière légèrement en dessous. Sa formation
subit trois séries d'attaques allemandes, de face et par
l'arrière. Le B-24 Nr 42-95025 ("Bar-P")
du 579th BS piloté par le Lt WHITE fut gravement endommagé
par des obus de 20mm et des tirs de mitrailleuses. Le tireur
de queue, le S/Sgt J. WEHUNT fut tué, la structure arrière
et la tourelle de queue sont détruites. Les obus et les
balles pénétrèrent la carlingue, faisant exploser des
bouteilles d'oxygène. Un obus blessa également le
mécanicien, le T/Sgt Glenn M. BARNES au visage et au cou. Le
feu se déclara dans l'appareil, le système hydraulique fut
endommagé rendant inutilisable l'ouverture de la soute aux
bombes. Deux mitrailleurs (S/Sgt BRACCIOFORTE et WEITKEMPER)
évacuèrent immédiatement l'appareil en sautant de l'appareil
au-dessus de la France occupée. Un rapport allemand du
quartier général de Chartres indique que les deux aviateurs
ont été fait prisonnier à St Augie (???), en France.
Tourelle de
queue détruite du B-24 Nr 42-95025 (NARA) Malgré des dommages très
sévères, le Lt WHITE continua la mission, largua ses bombes
sur l'objectif et rentra en Angleterre avec la protection
d'un autre groupe (le 93rd BG). En atteignant les côtes
anglaises, le B-24 se posa en urgence à Eye, sur le terrain
attribué habituellement au 490th BG. Aucun B-24 du 392nd BG ne fut
perdu durant l'engagement au-dessus du continent. Excepté
l'atterrissage d'urgence du B-24 du Lt WHITE, tous les
appareils du 392nd BG rentrèrent sains et saufs à leur base
à 10H30. Les mitrailleurs du groupe déclarèrent avoir abattu
deux chasseurs allemands. Les Fw-190 et les Me-109
attaquèrent également la seconde formation composée des B-24
du 492nd BG. Les chasseurs allemands n'eurent le temps que
de faire une passe puisque les chasseurs d'escorte
intervinrent immédiatement et les prirent en chasse.
Toutefois, les appareils de la Luftwaffe réussirent à
endommager lourdement le B-24 H -25-FO Nr 42-95132 du Lt Mc
MURRAY du 859th BS qui dut sortir immédiatement de sa
formation pour ne pas percuter un autre appareil. Le pilote
décida de faire immédiatement demi-tour pour se parachuter
derrière la ligne de front en Normandie, en territoire
libéré. Après que le navigateur ait estimé avoir franchi la
ligne de front, ce dernier sauta, suivi quelques instants
après par ses camarades. Le navigateur atterrit en zone
encore occupée (et il fut fait prisonnier) alors que ces 9
camarades atterrirent en zone libérée. Cette victoire sera
attribuée au Kommodore Josef PRILLER de la Stab JG26. On peut penser que
"sportivement", cette victoire lui fut laissée afin de lui
permettre d'atteindre le chiffre de cent victoires
individuelles, évènement qui sera fêté au retour à
Guyancourt. Le B-24 Nr 42-95132 avait été
mis en service le 31 Mai 1944 et n'avait effectuer que 11
missions. La veille de son crash, il avait bombardé le
terrain d'aviation de Châteaudun (donc le 14 Juin 1944).
B-24 Nr 42-95132 du
Lt McMURRAY écrasé en zone libérée (NARA)
Derrière, de gauche à droite: Hyman L STIGLITZ (radio opérateur), David McMURRAY (pilote), Millard C. WELLS (co-pilote), Raymond PACUAL (bombardier). Devant de
gauche à droite: Francis E.
LARRIVEE (mitrailleur), Walter O. SCHLOSSER (mitrailleur),
Robert J. FLOOD (mitrailleur), Robert L. COTEY
(mitrailleur), Leonard J. RAY (mécanicien).
(NARA – Photo 492tn BG) Ne bénéficiant pas de l'effet
de surprise comme les Me-109 du III./JG26, les Fw-190 du
II./JG26 furent confrontés immédiatement à la défense des
chasseurs d'escorte américains, en l'occurrence les P-51 du
339th FG. Ainsi, l'Oblt Waldemar RADENER, le Staffelkapitän de la 7./JG26 réussit à atteindre un des P-51 avant d'être touché à son tour à une quinzaine de kilomètres au Nord-Est de Châteaudun. Le pilote a toutefois le temps de sauter avant que son Fw-190 "2 brun" (Nr 730991) n'aille s'écraser à 300 mètres à l'Ouest de Dancy (Sud Est de Bonneval).
Oblt Waldemar H.
RADENER Le P-51 abattu par l'Oblt RADENER est le P-51 n°43-24772 du Lt Richard W. MONTELL du 339th FG, 504th FS qui s'écrasa à St-Germain-des-Groix (Orne), au lieudit « Malvoisine ». Le pilote américain est tué et son nom figure désormais sur le monument aux Morts de la Commune. Il fut blessé dans un premier temps, puis emmené à l'hôpital de Chartres où il décéda le même jour. Cette victoire de Radener fut comptabilisée mais non confirmée. Des funérailles lui furent données à la Cathédrale de Chartres et il fut enterré au cimetière Saint-Chéron (section n°61, tombe n°49).
Registre du cimetière St-Chéron de Chartres (source : Archives de la Ville de Chartres) . Après la guerre, son corps fut exhumé et réenterré au cimetière militaire temporaire américain de Saint-André-de-l'Eure puis à Colleville-sur-Mer où il repose désormais. Le Lt Richard MONTELL s'était engagé dans l'Armée le 03 Novembre 1941 et fit trois ans de collège. Son groupe était stationné à Fowlmere.
Lt Richard W. MONTELL (site : www.database-memoire.eu)
On peut logiquement penser que
le Fw-190 de Waldemar RADENER fut abattu par le P-51 Nr
42-106791 du 339th FG, 503rd FS piloté par le Capt Valdee
WYATT qui déclara: " Je menais le Flight Blanc, escortant
des bombardiers attaquant des objectifs à Tours. Nous étions
en retard sur le rendez-vous et, au moment où nous
rattrapions les bombardiers, de nombreux chasseurs ennemis
prirent pour cible nos bombardiers. Je ne voyais pas encore
l'ennemi mais je me délestai immédiatement de mes réservoirs
supplémentaires. C'est à ce moment que je vis un groupe de
Fw-190 et mon ailier, le Lt LOWERY m'appela pour me dire
qu'un de mes réservoirs de s'était pas décrocher. Le Lt
LOWERY attaqua un chasseur ennemi à 9 heures et plongea. Je
tournai et pris la même direction mais je ne vis qu'un seul
Fw-190 qui plongeait vers le sol. J'accélérai et me mis à sa
poursuite. Ma vitesse était si importante (plus de 500 mph)
que je faillis le dépasser. Le Lt LOWERY était à ma droite
et mon second élément était derrière moi, me suivant aussi.
A environ 5.000 pieds, je commençai une jolie et rapide
sortie (j'avais commencé la poursuite à 22.000 pieds) et, au
même moment, l'appareil ennemi tentant une action évasive en
tournant à droite. Etant à ma portée de tir, je lui tirai
dessus à 250 yds et avec 20 dégrées de déviation. Mes tirs
le touchèrent à la verrière et à la base de son aile et je
vis des morceaux s'arracher. Je le suivis, le pilote éjecta
sa verrière et sauta en parachute. Lorsque je fis demi-tour,
je vis son parachute déjà ouvert. Je ne vis pas la chute au
sol du Fw-190 mais je le vis brûler par la suite. Je déclare
ce Fw-190 détruit". Le Capt Valdee WYATT situe ce combat
à Moutiers (Est de Voves) le 15 Juin 1944 à 07H15.
De son coté, le Lt Leonard J.
FIORITO du 503rd FG, 339th FG déclare également avoir abattu
un Me-109 le 15 Juin 1944 à 07H05 dans les environs de
Moutiers (Est de Voves). Voici son témoignage: "J'étais
le second élément du Flight Rouge, escortant des bombardiers
qui s'apprêtaient à bombarder des objectifs à Tours. Tout
d'un coup, le leader de notre Flight, le Capitaine
STEVENSON, nous demanda de largua nos réservoirs
supplémentaires. Je larguai le mien et vis un Me-109, suivi
par trois autres faisant une passe par l'avant. Puisque les
appareils ennemis passèrent entre nous, je dis "break" et
fit un demi tonneau puis plongeai. Les Allemands
continuèrent leur route par derrière en faisant des zigzags
serrés. Je fis un virage serré et je me mis à sa poursuite
en commençant à tirer. Je le collai tout le temps et
j'obtins une série de coups au but. L'appareil se mit à
remonter et ouvrit le feu sur une formation de P-51
au-dessus de nous. Cette remontée ralentit sa vitesse et me
donna une occasion en or de l'abattre. Je commençai à tirer
et une fumée noire s'échappa de son appareil. Il fit un
virage serré et je le suivi dans sa descente, lui tirant
dessus en continue. J'obtins de nouveau des tirs au but. Le
pilote allemand éjecta sa verrière à 16.000 pieds et,
puisque je continuai à lui tirer dessus pensant que le
pilote était déjà mort, il attendit 14.000 pieds pour sauter
en parachute. Je pense que le pilote est mort avec mes
derniers tirs. Le combat dura 7 à 8 minutes commençant à
23.000 pieds et se terminant à 14.000 pieds. Je ne vis pas
de pilote sauter ou de parachute s'ouvrir mais je vis le
chasseur s'écraser au sol. Je pense que l'appareil était
d'un nouveau type, il avait un nez extrêmement long et il
était peint en noir. Je n'eus pas de problème mécanique
durant le combat. Je déclare avoir abattu un Me-109". Le
Lt Leonard J. FIORITO pilotait alors le P-51 Nr 42-103600
Code "M" et il tira 906 cartouches durant ce combat.
L'identification de l'appareil "au long nez" abattu par le
Lt FIORITO est difficile car "ce long nez" ne peut être que
celui d'un Me-109. Or, un seul Me-109 fut abattu lors de ce
combat et le pilote sauta en parachute. Un témoin français
confirme que le combat avec le Me-109 se fit à basse
altitude avant qu'il ne s'écrase.
Lt Leonard J.
FIORITO (339th
Fighter Group Association) Lors de ce combat, le pilote
allemand, l'Ofw Alfred GÜNTHER ne rentrera pas non plus à sa
base avec son "6 noir". Il s'engagea également dans
l'interception des quadrimoteurs au-dessus de la Beauce et
fut poursuivi par deux chasseurs alliés jusqu'à vers
Orléans. Atteint par leurs tirs, et après avoir
vraisemblablement essayé de leur échapper en fonçant vers
des lignes à haute tension, il a percuté avec son
Fw-190 A-8 (Nr
170712) le lit du Loiret, à
Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. En 1990, Un Club de
plongée (Club subaquatic orléannais) découvrit le moteur
"BWM 801D-2 Radial aéro" dans le lit de la rivière. Impliqué dans cette attaque
aérienne des quadrimoteurs américains,
l’Oblt HILGENDORFF, le
Staffelführer de la 9./JG26, doit quant à lui sauter en
parachute après que le moteur de son « 6 blanc » (
Bf-109 G-6, N° de série 410689) ait pris feu. Il
se blessera sérieusement en atterrissant vers 7H15 à 6 Km à
l’Ouest de Brou (l'avion s'écrase à la limite des communes
de Moulhard/Loigny, au
lieudit de "La Tardivière"). Ce pilote a été un des tous premiers à rejoindre la Luftwaffe dès sa création en 1934. Il naquit le 22 Mars 1915. Affecté en 1941 à la JG26, il a longtemps volé comme ailier de son célèbre Kommodore, l'Obstlt Adolf Galland, avant d'être abattu et gravement blessé le 08 Juin 1942. Après l'amputation d'une jambe, et 18 mois d'hospitalisation, il reprit sa place dans son escadre comme officier technique du III./JG26, retrouvant un peu plus tard son statut de pilote pour finalement prendre le commandement de la 9./JG26 en mai 1944. Ce 15 juin 1944, son premier souci aura été de protéger sa prothèse de jambe en la détachant avant de rejoindre le sol au contact duquel il se fracture une vertèbre. Moins d'un mois plus tard, il sera de nouveau aux commandes d'un Me-109. Son dernier combat aura lieu dans le Ciel d'Emancé/Chaleine (Yvelines) le 18 Juillet 1944...Il fut enterré dans un premier temps dans le cimetière de Dreux et son corps repose désormais au cimetière militaire allemand de Saint-André-de-l'Eure.
L'Oblt Viktor
Hilgendorff sur son lit d'hôpital après sa chute du 15 juin
1944. Visite du Lt Karl-Heinz KEMPF On peut fort penser que le
Me-109 de l'Oblt Viktor HILGENDORFF fut abattu par le P-51
du Lt Harvey R. WAYMIRE du 504th FS, 339th FG qui déclara: "Nous
étions sur une mission d'escorte volant à une altitude de
19.000 pieds. Je menai un flight de 4 P-51 quand je vis deux
Me-109 droit devant nous et à 500 pieds au-dessus de nous.
Un d'eux plongea sur nous pendant que nous avions encore un
long chemin à faire. Les autres Me-109 semblèrent hésiter.
Finalement, il commença une passe par l'avant puis tourna
loin derrière. Je me mis immédiatement derrière lui et me
rendis compte que j'avais laissé ma mitrailleuse sur la
position "off" quand je larguai mes réservoirs
supplémentaires. Une poursuite s'engagea avec une chandelle,
un tonneau puis un plongeon. Notre vitesse était supérieure
à 500 mph quand je vis deux morceaux puis un autre plus gros
s'arracher de l'appareil ennemi. Il était à ma portée et le
pilote allemand savait où j'étais. Il fit une action évasive
à 6.000 pieds. Je le suivis le plus loin possible et
redressai au-dessus des arbres. Le pilote a tardé à
redresser car j'eus tout juste le temps de faire un cercle
quand je le vis dans sa chute. Je le filmai puisqu'il était
en feu. Je n'ai pas tiré sur son appareil. Le seul moment où
j'ai tiré était un rapide essai pour obtenir un film lorsque
le pilote allemand quitta son appareil". Le Lt WAYMIRE
situe ce combat près de Châteaudun le 15 juin 1944 à 07H40.
Voici le témoignage d’un habitant d'Unverre ayant
assisté au crash de l'Oblt Hildendorff: "Le
Me-109 était seul et il fut pris à partie par des chasseurs
américains qui accompagnaient des bombardiers (direction
vers l'Angleterre). Le chasseur allemand passa sous la
formation de bombardiers et fut ensuite pris en chasse. M.
BLIN habitait la ferme de ses parents à Moulhard et avait 14
ans. Lui et les employés de la ferme contemplèrent le combat
aérien jusqu'au moment où les balles perdues atteignirent la
ferme. Tout le monde se cacha dans un bâtiment de la ferme.
Plusieurs chasseurs américains étaient après le pilote
allemand. Il fut touché, une traînée noire s'échappant de
son avion et les américains n'insistèrent pas plus. Ils
regagnèrent la formation de bombardiers. Le pilote allemand
sauta en parachute et atterrit près du cimetière. Il évita
un bois en tirant sur les cordes de son parachute. L'avion
s'écrasa à la Tardivière, limite de la commune de
Moulhard/Ligny. L'avion s'enfonça profondément dans le sol,
100% endommagé. Les Allemands ne cherchèrent pas à récupérer
des pièces. L'avion fut dépiécé au fur et à mesure par les
habitants du coin. Ils firent des semelles de chaussures
avec l'alu. Le pilote, en atterrissant, fut menaçant avec
son pistolet, puis, sachant qu'il n'avait pas à faire à la
résistance, devint moins agressif. Il parlait parfaitement
le Français, avait une jambe de bois et précisa qu'il
s'était rendu aux USA avant la guerre. Il fut emmené par les
habitants à la Poste du coin et les troupes allemandes
arrivèrent 30 minutes après le crash. Le pilote partit avec
ses derniers". Comme convenu, le 392nd BG
bombarda en premier la cible principale, le pont de la
Frillière, près de Tours. Les résultats de ce bombardement
furent jugés excellents et, lorsque le 492nd BG arriva sur
l'objectif, il jugea que la cible était détruite et un
objectif secondaire fut choisi. Cet objectif secondaire fut
finalement un ancien terrain d'aviation allemand près de
Tours qui aurait pu être réutilisé par la Lutfwaffe.
L'altitude de largage fut de 19.500 pieds. La Flak légère
fut abondante et précise au-dessus de Tours mais pas de Flak
lourde.
08H49 : Le crash du P-38 du 2ème
Lt PERRA aux Corvées Le 15 Juin 1944, les pilotes
du 77th FG (20th FG) sont mobilisés dès 03H30 du matin pour
une mission d’escorte de bombardiers lourds B-17 sur
Bordeaux et Angoulême. Le briefing a lieu à 04H30 et la
formation composée de quinze P-38 et menée par le Capitaine
KEIHMER décolle à 05H46. Les quatre Flight se
répartissent de la façon suivante :
Le rendez-vous avec les
bombardiers a lieu sans difficulté à 06H45 à une altitude
24.000 pieds et, après une escorte de 40 minutes, le 77th FG
fut relevé de sa mission. Les P-38 survolèrent la région
d’Angers puis de Tours jusqu’à 08H30 puis prit la direction
du Nord. Arrivés à l’Est de Chartres, les pilotes prirent
ensuite pour cible des objectifs d'opportunité, ce qui les
amena dans la région drouaise. Le Flight du Capitaine KEIHMER
(composé du Lt PERRA, du Lt BRUCKS et du Lt MacArthur)
localisa trois camions allemands camouflés sous des branches
et les détruisit à la mitrailleuse. Ils découvrirent
également une station radar complète avec ses baraquements.
A leur tour, ils furent prit pour cible. Tout d’un coup, le Flight du
Capitaine MORRIS essuya les tirs défensifs de la Flak. Le
Capitaine MORRIS et le Lt PERRA réussirent à détruire un
emplacement de Flak mais, un peu plus loin près du terrain
d’aviation de Dreux, le P-38 du Lt PERRA fut touché par un
obus. L’appareil dégagea de la fumée, puis échappa à tout
contrôle et alla s’écraser directement au sol. Le pilote
tenta d’évacuer son appareil mais le manque d’altitude (100
pieds) ne lui laissa pas le temps d’ouvrir son parachute et
il trouva la mort instantanément. Cet appareil, le
P-38 n°42-104067 piloté
par le 2ème Lt
Walter F. PERRA (matr. 0-750222) du
20th FG, 77th FS s’écrasa au Sud-Ouest
DES CORVEES, près de
Dreux. Voici le témoignage du Lt John
KLINK du 55th FS : « Je volai en position n°3
dans le Flight « Rouge » avec le 55th FS. Nous étions chargé
de la couverture haute, volant au Nord de Dreux à 3500 pieds
d’altitude. Le Flight « Rouge » du 77th FS attaquait au sol
une tour de Flak. Je vis un P-38 de ce flight avec le
moteur droit en feu. Il remonta à 1.500 pieds puis plongea
vers le sol, en explosant. Je ne vis pas de parachute ».
Lt Walter PERRA
(collection Mark PERRA)
Les soldats allemands en
charge de l’emplacement de Flak qui se situait près des
lieux intervinrent immédiatement et dérobèrent tous les
effets personnels du pilote, notamment sa « Dog Tags »
(plaque de matricule) empêchant ainsi toute identification.
Ils empêchèrent également les habitants d'enterrer le corps
durant 4 jours. C'est finalement, le Maire (M.
Jacques BLONDEAU) qui obtint l'autorisation d'enterrer le
corps mais dans le champ près du crash, pas dans le
cimetière. En Novembre 1944, les
villageois attirèrent l’attention des soldats américains sur
la présence de cette tombe et le corps fut relevé pour être
provisoirement inhumé au Cimetière de Saint-André-de-l’Eure
sous l’identité « X-121 » puis enterré définitivement au
cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer ( Plot
B, Row 17, Grave 24) avec 9.000 autres de ses compatriotes. Les témoignages de M.
BLONDEAU et de Mme LAIGUILLE (institutrice à Vernouillet)
recueillis le 24 Mars 1945 par les autorités américaines
permettront de localiser définitivement le lieu du crash et
d’identifier formellement le corps du Lt PERRA. Ces
deux personnes se rappelaient entre autres que l’appareil
portait le nom « Little Bug », le numéro de série
« 02104067 » et que quatre croix gammées étaient dessinées
sur la carlingue, représentant ainsi les quatre victoires
aériennes du Lt PERRA accumulées au cours de ses 18
missions. Entre temps, la famille du Lt
PERRA fut informée dès le 22 Janvier 1945 que leur fils
avait été tué et que son corps avait retrouvé. Le Lt PERRA était natif de la
ville de Ceres en Californie et fut assigné au 77th FS du
20th FG le 22 Avril 1944. Il cumula 81 heures de vol en
mission.
Articles de journaux signalant la
disparition de Walter Perra (Collection Mark
Perra)
09H07 : Bombardement des
« Trois-Ponts » à Chartres Un nouveau bombardement du
viaduc des « Trois-Ponts » est programmé par
l’USAAF qui confie cette mission aux B-26 du 397th BG (598th
BS) et du 344th BG. Les B-26 décollèrent de leurs
bases anglaises de Rivehall et de Stansted, rencontrèrent un
Flak légère sur l’objectif mais pas de chasseurs ennemis, en
arrivant par l’Est. A 09H07, la
défense passive de Chartres observa le
bombardement en comptabilisant 30 bombardiers (5 vagues de 6
bombardiers) et 60 bombes de 500 à 1.000 Kg. Les dommages furent
relativement importants avec 2 tués et 14 blessés, 6
immeubles détruits et 53 endommagés.
L’Avenue de l’Hippodrome
(maintenant le Stade des Bas-Bourgs) est également
endommagée. Le tablier du viaduc, coupé aux deux extrémités,
a été déplacé d’un coté de 2 mètres et de l’autre, de 4
mètres. Les bombardiers rentrent à
leurs bases, sans perte malgré quelques dommages.
Un rapport de la SNCF indique
que la Ville de Chartres est bombardée vers 09h15.
Maisons détruites er victimes parmi les civils. La SNCF est
toujours sans eau ni électricité. Le bombardement a
nettement coupé le viaduc de la ligne Chartres à
Beaulieu /Le Coudray, situé au Sud de la ville.
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