Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


LE TOURNANT DE L'ETE 1943
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LA RAF ET L'USAAF BOMBARDENT L'ALLEMAGNE

Habituée à subir les incursions de la RAF et de l’USAAF dans son ciel, l’Allemagne fut toutefois frappée en plein cœur du 25 Juillet au 03 Août 1943, à l’occasion d’une opération spéciale surnommée « Gommarah » et menée par les forces alliées qui joignirent leurs forces aériennes pour bombarder massivement la ville d’Hambourg.

L’objectif n’était plus une cible militaire ou industrielle mais, cette fois-ci, la population d’une grande métropole allemande afin d’obliger le peuple allemand à s’interroger sur les capacités du pays à endurer de telles souffrances. 42.600 civils furent tués et la ville fut détruite à 75%.

Le traumatisme fut profond et la Luftwaffe dut réorganiser en urgence son système de défense anti-aérien : Alors qu’ils étaient simplement cantonnés au-dessus d’un secteur déterminé, les chasseurs de nuit allemands pourront désormais opérer dans des zones bien plus vastes avec toute la latitude nécessaire pour intercepter les bombardiers le plus tôt possible, sur le chemin de l’aller et du retour, en suivant la route qu’ils empruntaient.

Cette nouvelle tactique appelée « Zahme Sau » (« truie apprivoisée ») aura des répercussions sur les évènements du 15 Août 1943 et l’ensemble des escadrilles de chasse de nuit sont en alerte.

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LA RAF BOMBARDE L'ITALIE DEPUIS LA GRANDE-BRETAGNE

Parallèlement, en Juillet 1943, des évènements majeurs déstabilisent l’Italie ralliée à l’Allemagne.

Après leur victoire en Afrique du Nord, les forces alliées décident de conquérir la Sicile afin de libérer les routes maritimes en Méditerranée. Ce débarquement sur les côtes de Sicile aura lieu le 22 Juillet 1943.

D’autre part, l’instabilité politique italienne entraîne la mise en minorité de MUSSOLINI par le Grand Conseil du Fascisme qui l’écarte du Pouvoir le 24 Juillet 1943 (il est ensuite arrêté sur ordre du Roi d’Italie). Son successeur, le Maréchal BADOGLIO, confirme sa volonté de poursuivre la guerre aux côtés de l’Allemagne.

 

La conquête totale de la Sicile n’étant plus qu’une question de jour (elle prendra fin le 17 Août 1943), les alliés décidèrent alors d’accentuer leur pression sur les italiens afin de les pousser à la reddition : La suite logique étant un débarquement  dans le Sud de l’Italie, la RAF fut chargée d’intensifier ses bombardements sur les grandes villes italiennes.

Pour les Italiens, le danger pouvait désormais aussi bien venir du ciel par le Nord de l’Italie que par les côtes maritimes de l’Italie Sud.

La campagne de bombardements de l’Italie par la RAF à partir des bases anglaises oblige les bombardiers à survoler le ciel d’Eure-et-Loir. Parallèlement, la défense anti aérienne allemande ainsi que la Luftwaffe gagnent peu à peu en efficacité.

  

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LA CONVERSION DE LA 2./JG2 EN CHASSEURS DE NUIT

Le groupe n°1 de la JG2 (I./JG2) est une redoutable escadrille de chasse (de jour) allemande  basée sur l’aérodrome de Triqueville (Eure), à proximité des côtes normandes.

Lors du printemps 1943, ce groupe souffrit beaucoup des nombreuses incursions quotidiennes d'avions alliés. Les pertes du groupe furent si lourdes que le commandement et les escadrilles n°3 (3./JG2) et n°11 (11./JG 2) abandonnèrent cet aérodrome bien trop exposé le 23 avril 1943 pour s'installer à Beaumont-le-Roger (Eure).

Restant seule à Triqueville, l’escadrille n°2 (2./JG2) devint une première ligne de défense avec 14 chasseurs Fw-190, ce qui lui coûta 7 pilotes en Mai et Juin 1943 pour « seulement » deux victoires.

La 2./JG 2 quitta finalement l'intenable aérodrome de Triqueville et s'installa à Saint-André-de-l'Eure, non loin de Conches et d'Evreux en recevant un ordre étonnant : la 2./JG2 sera désormais équipée des tous nouveaux Fw-190 A-6 spécialement équipés et sera formée pour la chasse de nuit.

Ces Fw-190 A-6/N furent construits à partir de Juin 1943 avec un blindage renforcé pour attaquer les bombardiers lourds et  un cache-flammes d’échappement afin de ne pas être repérer par l’ennemi. L’armement se composait alors de 4 mitrailleuses MG151/20 de 20 mm dans les ailes et de deux mitrailleuses MG17 dans le fuselage.

Cette décision est une des nombreuses conséquences des bombardements récents de la ville d’Hambourg : il s’agit désormais de chasser les bombardiers ennemis le plus tôt possible afin d’en abattre un maximum avant qu’ils n’atteignent le territoire allemand.

Du 22 juillet au 7 Août 1943, les pilotes de l'escadrille et une partie du personnel technique furent envoyés à Tours pour suivre des instructions de vol «de nuit» sur des appareils Arado 96.

Le 9 Août 1943, la 2./JG 2 répond à sa première alerte pour une interception de nuit et décolle à 23h35.

Aucune victoire ne sera toutefois enregistrée. Voici le témoignage de l’Ofw. Josef Bigge concernant cette première sortie nocturne:

« Après avoir terminé notre entraînement de combattant de nuit, nous sommes retournés à notre aérodrome de Saint-André dans l'après-midi du 7 août. Le même soir, nous étions en vol pour effectuer nos premières sorties avec des instruments à bord du Focke-Wulf 190. Entre-temps, notre centre de contrôle et nos avions étaient équipés du matériel de communication nécessaire pour le vol à l'aveugle. De plus, nos avions avaient été peints dans une finition sombre. Cela s'est rapidement avéré être une erreur. Après plusieurs essais, nous avions opté pour un bleu ciel uniforme sur les surfaces inférieures et une finition bleu clair / gris sur les surfaces supérieures. Notre première sortie nocturne a suivi rapidement le 9 août à 23h35. La mission était dirigée de notre centre des opérations en présence du commandant de chasse de la région (Jagdfliegerführer Jafü). La communication radio et navigation fonctionnait parfaitement mais, bien que je sois resté dans les airs pendant environ une heure et quarante-cinq minutes, je n’ai pas pu localiser l’ennemi. J'ai atterri à 01h20 ... "

Fw-190 A6 du JG2 en 1943

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CRASH DU STIRLING A MITTAINVILLIERS (mission sur Turin)

Dans la nuit du 12 au 13 Août 1943, 152 appareils de la RAF (dont 112 Stirlings, 34 Halifax et 6 Lancaster) sont chargés de bombarder la ville de Turin (Italie).

Lors de cette mission, deux Stirling sont abattus dont un en Eure-et-Loir, à Mittainvilliers.

C’est avec stupeur que les habitants de la région chartraine observent passer des vagues très importantes de bombardiers britanniques qui se dirigent vers le Sud, en direction de l’Italie.

La défense anti-aérienne allemande (Flak) des environs les prit à partie et, tout d’un coup, l’un des bombardiers fut touché de plein fouet et tombe en flammes vers 23H45.

Il s’agit du STIRLING III n° de série BK713, Code « QS-E » du 620 Squadron qui s’écrase au lieudit « Cenainvilliers », Commune de Mittainvilliers. Il avait décollé de sa base de Chedburgh à 21H36.

Rapport de la Gendarmerie et de Police de Chartres du 14 Août 1943 (Source: AD28)

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Témoignage d’une habitante de Saint-Aubin-des-Bois: "Le 12 Août 1943, vers 23H00, un avion de la RAF, touché par la DCA allemande, tombe dans la forêt. Ce n'était que mitrailles et flammes. Ce soir-là, nous rentrions de l'église après une soirée de prières. Nous longions les murs ne nous rendant pas compte de la distance où l'avion pouvait être tombé. Les vagues d'avions continuaient de passer. Avec des amis, nous y allions le 15 Août, ignorant encore ce jour-là ce qui s'était exactement passé. Le grand trou qui était devenu un dépotoir, a été comblé en 1993. La dame qui habitait la maison du garde à "La Brêche", a vu les aviateurs morts".

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Témoignage du garde forestier à Bellevue : "Le 14 Août 1943, des officiers et soldats allemands avec deux requis, de Chartres, sont venus étudier cet avion, qui, du fait des arbres, n'était pas détruit. Mais, étant chargé de bombes, il a alors explosé. Tous les hommes ont été tués. L'explosion a produit un cratère de 9 mètres de profondeur et 72 mètres de tour".

Les 8 aviateurs composant l’équipage trouvèrent la mort et furent enterrés au cimetière de Saint-Chéron à Chartres. Après la guerre, les corps furent exhumés pour être ré enterrés au cimetière militaire de Saint-Désir-de-Lisieux (Dépt 14).

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La composition de l'équipage était la suivante:

 

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CRASH DES LANCASTER A CRUCEY, CHUISNES ET BERCHERE (mission sur Milan)

Dans la nuit du 15 au 16 Août 1943, 199 Lancaster furent chargés de bombarder la ville de Milan, tandis que 154 autres appareils devaient bombarder la ville de Turin.

Milan était la cible principale pour la troisième nuit consécutive, ce qui inquiétait le Commandant Cosme GOMM de l’escadrille car, sans effet de surprise, on pouvait présager une réaction de la défense anti-aérienne allemande ou de la Lutfwaffe.

Vers 20H30, les formations décollent de leurs différentes bases d’Angleterre pour ensuite se regrouper et traverser la Manche en prenant la direction de Lisieux puis du Sud de Chartres.

Equipage du 61 Squadron sur le départ

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En France, sur le terrain d’aviation allemand de Saint-André-de-l’Eure (Eure), les pilotes de la 2./JG2 attendent dans la pénombre de la salle d’alertes, parlent de leurs dernières missions, jouent aux échecs ou écoutent de la musique.

Une sélection drastique fut réalisée afin de ne retenir que les pilotes les plus aguerris, avec une bonne vision de nuit. Les plus zélés mangent des carottes conformément aux conseils des médecins de la Luftwaffe qui prétendent qu’elles contenaient beaucoup de vitamines A, excellente pour la vue. En effet, celui qui, la nuit, voyait l’autre le premier, tirait aussi le premier et avait une chance de survivre.

Vers 22h00, les radars allemands situés sur la côte normande détectent la formation de bombardiers en provenance du Royaume-Unis et lancent immédiatement l’alerte aux pilotes de la 2./JG2.

Les pilotes allemands ne connaissent pas la destination de cette formation ennemie  mais la récente tragédie d’Hambourg est encore dans l’esprit de tous avec une volonté de protéger la population allemande. Certains sont également animés par un esprit de vengeance.

Ils se précipitent dans leurs chasseurs Fw-190, vêtus de leur combinaison de vol, équipés de bottes fourrées, de serre-têtes et du masque à oxygène.

Depuis l’utilisation des bandelettes en aluminium (appelées « Windows ») par les anglais en Juillet 1943, les méthodes de chasse de nuit ont changé et les pilotes allemands de nuit ne sont plus contraints à des zones de chasse délimitée. Ils sont désormais libres de leurs actions : ils décollent les uns après les autres puis se rassemblent aux environs d’une balise et attendent d’être guidés par la station radar jusqu’au flot de bombardiers.

Partis à la poursuite de la formation, les premiers pilotes aperçoivent des premiers quadrimoteurs et entreprennent une attaque classique par l’arrière en tirant principalement entre les moteurs où se trouvaient les réservoirs. Parfois, la voilure prenait simplement feu, parfois l’appareil explosait en vol, sans que l’équipage assiégé n’ait le temps de riposter avec ses mitrailleuses

Les Fw-190 poursuivent leurs proies les unes après les autres dans l’obscurité, attaquent, puis observent les résultats de leurs tirs, intervenant une seconde fois, si nécessaire. Ces attaques durent rarement plus de deux minutes.

Vers 23H45, le ciel de l’Eure-et-Loir voit à son tour passer ces nombreuses formations de bombardiers alliés, toujours prises en chasse par les pilotes allemands.

Ainsi, simultanément, trois Lancaster mortellement touché par les tirs ennemis s’écrasent à Crucey, Chuisnes et Berchère-les-Pierres.

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Revendications allemandes

Pertes efefctives de la RAF entre Rugles (27) et Berchères-les-Pierre (28)

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LE CRASH DU LANCASTER JA675 A CRUCEY

Le Lancaster IIIJA675 portant le Code « PO-F » du 467 Squadron est touché par les chasseurs de nuit allemands et s’écrase en flammes à Crucey, au lieu-dit « Le Plantis », près de Brezolles dans la nuit du 15 au 16 Août 1943.

Le bombardier avait décollé de sa base de Bottesford  à 20H28 et sa mission était de bombarder la ville de Milan.

Seuls deux parachutistes (F/O ENTRACT et Sgt HARVEY) réussissent à sauter en parachute et à regagner le sol sains et saufs. Ne retrouvant seulement que cinq cadavres dans la carcasse de l’appareil, les soldats allemands savent que des survivants tentent de s’évader et ils fouillent toutes les maisons des environs.

Le 17 Août 1943, les deux aviateurs recherchent asile dans le bourg de La Saucelle, l’un d’eux ayant la cheville foulée. Craignant les représailles, ils furent dénoncés par des habitants puis transportés à Chartres pour être soignés par la Luftwaffe.

Les cinq corps furent transportés puis inhumés au cimetière communal de Dreux.

Voici la liste des membres d’équipage :

  

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Rapport de Gendarmerie du 16 Août 1943 (Source: AD28)

 

F/L J.M. SULLIVAN (debout à droite) et son équipage à Bottesford le 5 Juin 1943

(Collection Vince Holyoak)

F/L Jack M. SULLIVAN (à gauche) et F/Sgt B/F WIMOTT

(Collection Vince Holyoak)

 

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 LE CRASH DU LANCASTER ED998 A CHUISNES

Un second Lancaster III du 467 Squadron est abattu à 23H45  et s’écrase au lieu-dit « Châtillon », Commune de Chuisnes, près de Courville-Sur-Eure. Cet appareil avait décollé de sa base de Bottesford à 20H34 et son N° de série était le ED998 avec le code « PO-Y » sur son fuselage.

Illustration de Christian DIEPPEDALE

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Le bombardier fut touché par un chasseur de nuit allemand qui le toucha de deux obus directs dans les réservoirs de carburant. Le commandant Cosme GOMM ordonna l’évacuation de l’appareil mais une violente explosion s’en suivit et, seul, le Sergent James LEE eut le temps d’enfiler son parachute et de sauter. Les six autres membres d’équipage périrent dans cette explosion.

Voici les membres de l’équipage:

 

 

La capture du Sergent James R. LEE

Le Sergent James R. LEE faisait partie de l'équipage du W/C GOMM depuis le 13/01/1943 et ils réalisèrent ensemble de nombreuses missions. Les dernières étaient le bombardement de Berlin le 04 Mai 1943, d'Hambourg les 10 et 12 Août, de Turin le 13 Turin jusqu'à dernier vol fatal du 15 Aoûr sur Milan.

Le Sergent LEE réussit à sauter en parachute, il perdit connaissance du fait de l'explosion de son Lancaster en l'air puis il reprit conscient alors qu’il flottait dans les airs. Gravement brûlé aux mains, il ne put contrôler sa chute mais, par chance, il atterrit sur une botte de foin. Il marcha jusqu’à la ferme la plus proche mais les occupants craignaient les représailles allemandes si l’aviateur était découvert.

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Témoignage de M. ANTOENS: Vers 01H30, il y eu une explosion en l'air sur Chuisnes consécutive à l'attaque de chasseurs de nuit allemands.  La queue de l'appareil tomba en lisière Nord-Nord Est  alors que la partie centrale de l'avion, quant à elle, tomba au hameau "Beaumont", toujours à Chuisnes. Un unique aviateur survit : Willy LEE.

Du fait de l'explosion, plusieurs membres d'équipage se trouvèrent éjectés du bombardier et leurs parachutes s’enflammèrent. Le parachute du Sgt LEE fut le seul à ne pas se consumer.

Un habitant retrouva notamment une carte aérienne où la mission désignait « la Spézia » en Italie.

Le commandant de la brigade locale, l'adjudant Gaisne, se rendit sur place avec le docteur Avenard de Courville pour constater les décès. Le Sergeant James R. LEE (mécanicien) fut toutefois gravement blessé et fut recueilli par la famille PARAGOT de Chuisnes qui fera appel au médecin. Se plaignant de blessures aux yeux, le médecin l'examina. Devant la gravité de ses blessures, le Docteur Avenard décida, avec l’adjudant Gaisne, de conduire l’aviateur à l’hôpital de Chartres où il fut soigné durant deux semaines.

Les autorités allemandes l’envoyèrent ensuite au Stalag IV B. Il s'évada de ce camp mais il fut recapturé en Tchécoslovaquie, après trois semaines de fuite.

Le Sgt James LEE sera finalement libéré par les Russes le 21 Avril 1945 et fut remis aux Américains le 15 Mai 1945. Il ne regagna l'Angleterre que le 8 Juillet 1945.

                                

 Sgt James LEE (Collection Vince Holyoak)       et        Photo du prisonnier James LEE

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Dessin réalisé par le Sgt James R. JAMES dans un livre allemand lu

durant son internement dans un camp.

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Rapport de Gendarmerie et de la Police de Chartres du 16 août 1943 (Source: AD28)

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Les corps des six aviateurs morts furent inhumés au cimetière St-Chéron de Chartres et réenterré au cimetière militaire de Saint-Désir-de-Lisieux.

Le Commandant GOMM a reçu une citation peu avant sa disparition (le 11 Juin 1943). Il était reconnu officiellement que, grâce à ses efforts, le Commandant GOMM avait construit un magnifique escadron de Lancaster, probablement sans égal (le 467 Squadron).

Cette victoire fut officiellement accordée au pilote allemand  Josef, Jupp BIGGE de la 2./JG2 avec son Fw-190  A6 n° 550208.

   

W/C Cosme L. GOMM et les hommes du 467 Squadron

 

 

 

De gauche à droite : W/Cdr Gomm, S/Ldr Evans (5 Group Navigation Staff), Sgt James lee, F/O Phillips, F/O Reardon, F/O Roy Hare, Sgt McKenny        (Collection Vince Holyoak)

 

 

 

 

De gauche à droite: F/O Roy Hare, S/Ldr Evans (5 Group Navigation Staff), W/Cdr Cosme Gomm, Sgt James Lee, Sgt McKenny   (Collection Vince Holyoak)

 

 

 

 

De gauche à droite: F/O Phillips, S/Ldr Evans (5 Group Navigation Staff), Sgt McKenny, F/O Roy Hare, W/Cdr Gomm, Squadron Intelligence Officer.               (Collection Vince Holyoak)

 

 

 

W/C Cosme L. GOMM

 

 

Queue du Lancaster dans la propriété de M. Antoens à Chuisnes

(Collection M. Antoens, via Philippe Nekrassof )

Morceau de queue du Lancaster ED998

(Collection Jean Pierre)

Livre de vol du Sgt James LEE

Menu de Noël 1943 du Sgt LEE au Stalag IV

 

 

 

Tombe provisoire du F/O Alfred REARDON

Au cimetière de Saint-Chéron de Chartres

Plot 60, Grave 60
 
Thomas John PHILLIPS

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La revendication du Lancaster de Chuisnes

Cette victoire aérienne fut officiellement accordée au pilote allemand Josef, "Jupp" BIGGE de la 2./JG2 avec son Fw-190  A6 n°550208.

Ce dernier avait été blessé deux jours auparavant le 13 Août 1943 : A cours de carburant,  il se blessa et perdit son Fw-190 A-6 n° 550165.

Le 06 Septembre suivant, il fut de nouveau blessé (gravement) alors qu’il atterrissait juste après le bombardement de son terrain d’aviation de Saint-André-de-l’Eure par les bombardiers américains : son Fw- 190 heurta violemment un chariot abandonné sur la piste d’atterrissage lors du bombardement. Son nouvel appareil sera endommagé à 60%.

Au total, Josef BIGGE revendiqua 7 victoires, il survécut à la guerre et décéda le 18 Avril 2013 à Dûsseldorf (Allemagne)

 

Fw-190 du Obw. BIGGE le 06 Septembre 1943 sur le terrain d’aviation de St-André-de-l’Eure



LE CRASH DU LANCASTER ED722 A BERCHERES-LES-PIERRE

Un troisième Lancaster IIIED722 (Code « QR-B ») du 61 Squadron qui décolla de sa base de Syerston à 20H20 s’écrasa à 23H45 au lieu-dit « La Saussaye », Commune de Berchères-les-Pierres.

Rapport de Police de Chartres du 16 Août 1943 (Source: AD28)

 

Voici les membres de l’équipage:

Trois corps carbonisés furent retrouvés dans la carcasse de l’appareil et un quatrième à 500 mètres du point de chute de l’appareil, son parachute déployé.  Leurs corps furent inhumés au cimetière Saint-Chéron de Chartres puis réenterré au cimetière militaire de Saint-Désir-de-Lisieux, après la guerre.

 

Extrait de journal annonçant la perte du P/O Harold RICHARDS

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Deux aviateurs capturés

Trois aviateurs réussirent toutefois à évacuer le Lancaster et à regagner le sol sains et saufs. Un premier, le Sgt D.R. MORGAN fut capturé rapidement.

Un second, le Sgt Norman SHERGOLD fut secouru et caché durant quatre mois chez le médecin Roger BONNET à Saint-Escorbille, dans l’Essonne. Ils furent tous les deux dénoncés le 15 Janvier 1944 et le Sgt SHERGOLD passa le restant de la guerre dans le Stalag 357 (baraquement n°C6/7, en portant le n° de prisonnier 1742). Il ne fut libéré que le 12 Mars 1945.

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L'évasion réussie du Sgt HAYE, via le réseau Picourt

Le troisième aviateur, le Sergent Timothee HAY fut le premier évadé pris en charge par un nouveau réseau d’évasion local, le Réseau PICOURT. Il sauta en parachute et atterrit sur une ligne de chemin de fer et prit soin de cacher son parachute et sa Mae West. Il marcha toute la nuit, se cacha le jour suivant et continua à marcher la nuit suivante jusqu’au matin du 18 Août où il se manifeste finalement auprès d’un fermier, près de Berchères-les-Pierres (curieusement la commune où s’écrasa son Lancaster).

Il fut caché dans une maison proche où il demeura durant une semaine et fut emmené en bicyclette à Chartres jusqu’à la pharmacie de Raymond Picourt, située face à la gare, où il demeura durant 12 jours. Plus précisément, il fut caché dans le logement de la famille Picourt, au-dessus de la pharmacie du même nom, au 15 Avenue Jehan de BEAUCE à Chartres.

Un dénommé « Jean »[1] vint ensuite le chercher pour l’emmener en train à Paris. Il resta en région parisienne, à Joinville-le-Pont chez un homme « Henry » et son épouse, puis il fut rejoint par un autre aviateur, le 2ème Lt Leonard FINK[2].

Une semaine après, « Jean » et « Henry » emmenèrent les deux aviateurs à Paris pour être confiés à une femme (qui se disait « comtesse ») qui les emmena chez Madeleine MELOT au 11 Bis, Rue Larray. Les deux aviateurs furent finalement séparés et le Lt FINK fut orienté vers Fontenay-sous-Bois[3] chez Mme Vandervoord, tandis que le Sgt HAY demeura avec Mme MELOT. Le 13 Septembre, elle l’emmena au jardin des Plantes et le confia à Simone LEVAVASSEUR, elle-même déjà accompagnée de deux aviateurs : James TRUSTY et Roderick SCOTT.

Simone LEVAVASSEUR prit en charge les trois aviateurs et les emmènent dans le métro où un homme leur donna des billets de train et ils suivirent un autre homme qui les accompagna à la Gare d’Austerlitz puis jusqu’à Perpignan.

Le 14 Septembre, les trois aviateurs arrivèrent à Perpignan et rencontrèrent deux hommes qui les emmenèrent en tram dans un café à la limite de la ville.       

Ils quittèrent le café avec des sandwiches vers 20H30 puis suivirent un homme en bicyclettes jusqu’à un vignoble où ils rencontrèrent leur guide de montagne espagnol.

Le groupe était alors composé de Hay, Scott, Trusty, du guide et deux français originaires de Tours. Ils traversèrent la barrière des Pyrénées dans la nuit du 15 Septembre et continuèrent à marcher vers le Sud avec un autre guide jusqu’à Figueras la nuit suivante.

Leur guide leur conseilla ensuite de suivre la ligne de chemin de fer jusqu’à la prochaine gare mais Hay, Scott et Claude en décidèrent autrement en continuant leur route vers Barcelone. Le groupe se scinda alors en deux.

Ce fut une erreur pour Hay, Scott et Claude car ils prirent un train pour Barcelone et se firent immédiatement attrapés par la Guarda Civil qui refusa de les emmener au Consulat et qui les emprisonna dans une prison à Barcelone.

Ils furent emprisonnés jusqu’au 8 Octobre puis ils allèrent dans un hôtel à Saragosse pour une nuit avant de repartir pour Alhama où ils restèrent jusqu’à être conduits à l’Ambassade britannique à Madrid le 16 Octobre 1943.

Hay regagna l’Angleterre le 06 Novembre 1943 et son évasion fut finalement une réussite.


[1] En réalité, il s’agissait de M. Charles PORTE, ancien commissaire de Police à Chartres, révoqué par Vichy début 1943. Il était également ami de Jean Moulin et fut arrêté le 28 Décembre 1943 par la Gestapo puis déporté en Allemagne.

[2] Son appareil (B-17 n° 42-30058) s’écrasa le 26 Juin 1943 dans la forêt de Rambouillet lors d’une mission de bombardement du terrain d’aviation allemand de Villacoublay. Il fut secouru par la résistance locale d’Ymonville et bénéficia également de l’aide du nouveau réseau d’évasion Picourt. Mme Colette Orsini l’emmena à Paris en Train où il fut interrogé par quatre hommes. Il fut ensuite emmené par Mme Orsini à Joinville où il rejoint le Sgt Timothee HAY durant trois jours.

[3] Le parcours du Sgt HAY et du Lt FINK se séparèrent mais le Lieutenant américain réussira à rentrer en Angleterre le 3 Novembre 1943, via Pamiers-Toulouse-Foix-Barcelonne-Madrid et Gibraltar.

 

Le Réseau d'évasion Picourt

 

 

Cette victoire aérienne sur le Lancaster de Berchères-les-Pierre fut attribuée au pilote allemand Fw. German ELFLEIN de la 2./JG2. Ce dernier s’écrasera avec son appareil (Fw-190 A-6 n° 550175) le 27 Août 1943 à Froberville (Seine-Maritime), près de Fécamp. Son corps fut retrouvé en 2013 et repose désormais au cimetière militaire allemand de Saint-Désir-de-Lisieux. Il est finalement enterré dans le cimetière mitoyen à celui des aviateurs qu’il a abattu.

Le retour de mission de la formation

 

Au petit matin du 16 Août, les pilotes allemands de la 2./JG2 attendent le retour de la formation de Lancaster et préparent une seconde attaque au-dessus de la Normandie. Trois nouveaux Lancaster seront abattus.

PERTES OFFICIELLES DE LANCASTER

(sur le retour de Mission)

Lieu

Appareil détruit

Pilote

Escadrille

La Vespière (14) près d’Orbec

Lancaster DV186

P/O Ronald STEER

61 Squadron

Gonneville-sur-Mer (14)

Lancaster ED498

 

P/O Robert George PEARCEY

207 Squadron

Chéronvilliers (27)

Lancaster LM337

P/O Leslie Warren GOSPEL

49 Squadron

 

De façon très curieuse, le Lancaster LM337 (abattu sur le chemin du retour de mission) et le Lancaster W5002 (1er appareil abattu sur le chemin aller) s’écrasèrent à trois kilomètres l’un de l’autre (Chéronvilliers et Rugles), avec un destin identique aux deux équipages. 

REVENDICATIONS DES PILOTES ALLEMANDS

Lieu

Heure

Appareil détruit

Altitude

Pilote

Escadrille

Chartrainvilliers

(Eure)

03h52

Halifax

5.200 m

Uffz. Albrecht KREUZER

2./JG2

3 Km SE d’Orbec-en-Auge

04h03

Lancaster

4.200 m

Ltn. Detlef GROSSFUB

2./JG2

500 m Sud Houlgate

04h19

Lancaster

3.000 m

Ltn. Detlef GROSSFUB

2./JG2

 

 

LE LARGAGE DE TRACTS PAR LES ALLIES

Face à la propagande allemande destinée à convaincre la population française que l’ennemi est la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, les forces alliées réagissent en communiquant également par le biais de tracts largués par voie aérienne, de nuit.

Ainsi, de très nombreux largages de tracts auront lieu à proximité des villes d’Eure-et-Loir à partir de fin 1943 jusqu’à la fin de la guerre.

En guise d’exemple, le 4 Septembre 1943, 257 tracts d’origine anglaise ont été découvert sur le territoire de la commune de Friaize. Ils étaient intitulés « Le courrier de l’Air » et daté du 26 Août 1943.

 

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CRASH DU LANCASTER D'EPEAUTROLLE

Alors que l’Italie vient de signer secrètement l’armistice avec les forces britanniques et américaines le 3 septembre 1943[1], le Commonweath ne néglige pas de défier à nouveau l’Allemagne en bombardant ses principales villes.

Ainsi, dans la nuit du 6 au 7 Septembre 1943, une formation de dix Halifax est chargée de bombarder la ville allemande de Munich. Le décollage s’effectua à 19H31 sans difficulté du terrain d’aviation anglais de Lemming mais très vite, deux appareils durent atterrir en raison de problèmes mécaniques. Peu après, deux autres Halifax durent se poser sur des bases au Sud de l’Angleterre pour les mêmes raisons et enfin quatre autres durent se poser à Manston. La formation se réduit désormais à deux appareils mais la mission ne fut pas annulée.

Vers 04H00, au retour de la mission, le HalifaxDK255 piloté par le F/O PERRY-KNOX-GORE du 427 Squadron (RCAF) s’écrase, pour une raison inconnue, entre le bourg d’Epeautrolles et le hameau de Mizeray.

Rapport de Police de Chartres le 07 Septembre 1943 (Source: AD28)

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Les sept aviateurs trouvent la mort:

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F/O PERY-KNOX-GORE Edmond

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Six corps furent trouvés rapidement et transportés puis inhumés au cimetière Saint-Chéron de Chartres. Le corps du Sht HUMPHRIES semble avoir été retrouvé vers Voves, laissant entendre une évacuation en parachute qui échoua.

Registre du cimetière St-Chéron de Chartres (Source : Archives de la Ville de Chartres)

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Un septième corps sera trouvé ultérieurement et fut enterré dans le cimetière communal d’Epeautrolles où il repose aujourd’hui encore.

Tombe du Sgt STRONG au cimetière d’Epeautrolles

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Après la guerre, les corps inhumés au Cimetière St-Chéron de Chartres furent déplacés au cimetière militaire de Saint-Désir-de-Lisieux.

La perte de cet Halifax (et du second qui fut également abattu, piloté par le P/O BIGGS)  fut un véritable choc par le 427 Squadron.

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Le Sgt Alick Victor HUMPHRIES était canadien (né le 22 juin 1923 à Victoria) et ses parents étaient d'origine anglaise.

Le 2 février 1942, il se maria avec Betty Evelyn HUMPHRIES le 2 février 1942 et ils eurent un fils Richard Alick HUMPHRIES/DONALDSON né le 1er mai 1942 à Victoria. Ils habitaient alors au  3301 Salsbury Way à Victoria.

Il s'engagea dans la RCAF le 13/11/1942 et intégra le 427 Squadron le 15/06/1943.

Son épouse et sa mère furent rapidement informées de décès présumé après le 07 septembre 1943 mais le décès fut définitivement confimé le 19 septembre 1944, après la libération de la région chartraine (15/16 août 1944).

Sgt Alick Victor HUMPHRIES en 1942

Source: Archives RCAF

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Des résultats mitigés

 Au prix de lourdes pertes, cette campagne d’intimidation et de diversion par le bombardement aérien sur l’Italie par la RAF depuis le sol de Grande-Bretagne porta ses fruits puisque le 08 Septembre 1943, l’armistice fut signé entre les alliés et l’Italie.

En réponse, MUSSOLINI fut libéré par un commando allemand le 12 Septembre 1943 et ce dernier instaura la République Sociale Italienne (Italie du Nord et du Centre, contrôlée par la Wehrmacht).

Pendant ce temps, les Américains et les Britanniques auront pu s’établir dans le Sud de l’Italie et ouvrir un nouveau front au sein même de l’Italie.

La suite de la conquête de l’Italie sera très longue (capitulation le 02 Mai 1945), faute d’effectifs et de moyens matériels, la priorité étant donnée à la future opération Overlord en Normandie (06 Juin 1944).


[1] L’armistice italienne sera rendue publique le 8 Septembre 1943.


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