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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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LE TOURNANT DE L'ETE 1943 . LA RAF ET L'USAAF BOMBARDENT L'ALLEMAGNE Habituée à subir les incursions de la RAF et de l’USAAF dans son ciel, l’Allemagne fut toutefois frappée en plein cœur du 25 Juillet au 03 Août 1943, à l’occasion d’une opération spéciale surnommée « Gommarah » et menée par les forces alliées qui joignirent leurs forces aériennes pour bombarder massivement la ville d’Hambourg. L’objectif n’était plus une cible militaire ou industrielle mais, cette fois-ci, la population d’une grande métropole allemande afin d’obliger le peuple allemand à s’interroger sur les capacités du pays à endurer de telles souffrances. 42.600 civils furent tués et la ville fut détruite à 75%. Le traumatisme fut profond et la Luftwaffe dut réorganiser en urgence son système de défense anti-aérien : Alors qu’ils étaient simplement cantonnés au-dessus d’un secteur déterminé, les chasseurs de nuit allemands pourront désormais opérer dans des zones bien plus vastes avec toute la latitude nécessaire pour intercepter les bombardiers le plus tôt possible, sur le chemin de l’aller et du retour, en suivant la route qu’ils empruntaient. Cette nouvelle tactique appelée « Zahme Sau » (« truie apprivoisée ») aura des répercussions sur les évènements du 15 Août 1943 et l’ensemble des escadrilles de chasse de nuit sont en alerte. .LA RAF BOMBARDE L'ITALIE DEPUIS LA GRANDE-BRETAGNE |
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Parallèlement, en Juillet
1943, des évènements majeurs déstabilisent l’Italie
ralliée à l’Allemagne. Après leur victoire en Afrique
du Nord, les forces alliées décident de conquérir la Sicile
afin de libérer les routes maritimes en Méditerranée. Ce
débarquement sur les côtes de Sicile aura lieu le 22 Juillet
1943. D’autre part, l’instabilité
politique italienne entraîne la mise en minorité de
MUSSOLINI par le Grand Conseil du Fascisme qui l’écarte du
Pouvoir le 24 Juillet 1943 (il est ensuite arrêté sur ordre
du Roi d’Italie). Son successeur, le Maréchal BADOGLIO,
confirme sa volonté de poursuivre la guerre aux côtés de
l’Allemagne. La conquête totale de la
Sicile n’étant plus qu’une question de jour (elle prendra
fin le 17 Août 1943), les alliés décidèrent alors
d’accentuer leur pression sur les italiens afin de les
pousser à la reddition : La suite logique étant un
débarquement dans le Sud de l’Italie, la RAF fut
chargée d’intensifier ses bombardements sur les grandes
villes italiennes. Pour les Italiens, le danger
pouvait désormais aussi bien venir du ciel par le Nord de
l’Italie que par les côtes maritimes de l’Italie Sud.
La campagne de bombardements de l’Italie par la
RAF à partir des bases anglaises oblige les bombardiers
à survoler le ciel d’Eure-et-Loir. Parallèlement, la
défense anti aérienne allemande ainsi que la Luftwaffe
gagnent peu à peu en efficacité.
Le groupe n°1 de la JG2
(I./JG2) est une redoutable escadrille de chasse (de jour)
allemande basée sur l’aérodrome de Triqueville (Eure),
à proximité des côtes normandes. Lors du printemps 1943, ce
groupe souffrit beaucoup des nombreuses incursions
quotidiennes d'avions alliés. Les pertes du groupe furent si
lourdes que le commandement et les escadrilles n°3 (3./JG2)
et n°11 (11./JG 2) abandonnèrent cet aérodrome bien trop
exposé le 23 avril 1943 pour s'installer à Beaumont-le-Roger
(Eure). Restant seule à Triqueville,
l’escadrille n°2 (2./JG2) devint une première ligne de
défense avec 14 chasseurs Fw-190, ce qui lui coûta 7 pilotes
en Mai et Juin 1943 pour « seulement » deux victoires. La 2./JG 2 quitta finalement
l'intenable aérodrome de Triqueville et s'installa à
Saint-André-de-l'Eure, non loin de Conches et d'Evreux en
recevant un ordre étonnant : la 2./JG2 sera désormais
équipée des tous nouveaux Fw-190 A-6 spécialement équipés et
sera formée pour la chasse de nuit.
Cette décision est une des
nombreuses conséquences des bombardements récents de la
ville d’Hambourg : il s’agit désormais de chasser les
bombardiers ennemis le plus tôt possible afin d’en abattre
un maximum avant qu’ils n’atteignent le territoire allemand. Du 22 juillet au 7 Août 1943,
les pilotes de l'escadrille et une partie du personnel
technique furent envoyés à Tours pour suivre des
instructions de vol «de nuit» sur des appareils Arado 96. Le 9 Août 1943, la 2./JG 2
répond à sa première alerte pour une interception de nuit et
décolle à 23h35. Aucune victoire ne sera
toutefois enregistrée. Voici le témoignage de l’Ofw. Josef
Bigge concernant cette première sortie nocturne: « Après avoir terminé notre entraînement de combattant de nuit, nous sommes retournés à notre aérodrome de Saint-André dans l'après-midi du 7 août. Le même soir, nous étions en vol pour effectuer nos premières sorties avec des instruments à bord du Focke-Wulf 190. Entre-temps, notre centre de contrôle et nos avions étaient équipés du matériel de communication nécessaire pour le vol à l'aveugle. De plus, nos avions avaient été peints dans une finition sombre. Cela s'est rapidement avéré être une erreur. Après plusieurs essais, nous avions opté pour un bleu ciel uniforme sur les surfaces inférieures et une finition bleu clair / gris sur les surfaces supérieures. Notre première sortie nocturne a suivi rapidement le 9 août à 23h35. La mission était dirigée de notre centre des opérations en présence du commandant de chasse de la région (Jagdfliegerführer Jafü). La communication radio et navigation fonctionnait parfaitement mais, bien que je sois resté dans les airs pendant environ une heure et quarante-cinq minutes, je n’ai pas pu localiser l’ennemi. J'ai atterri à 01h20 ... "
. CRASH DU STIRLING A
MITTAINVILLIERS (mission sur Turin)
Dans la nuit du 12 au 13 Août 1943,
152 appareils de la RAF (dont 112 Stirlings, 34 Halifax et 6
Lancaster) sont chargés de bombarder la ville de Turin
(Italie). Lors de cette mission, deux
Stirling sont abattus dont un en Eure-et-Loir, à
Mittainvilliers. C’est avec stupeur que les
habitants de la région chartraine observent passer des
vagues très importantes de bombardiers britanniques qui se
dirigent vers le Sud, en direction de l’Italie. La défense anti-aérienne
allemande (Flak) des environs les prit à partie et, tout
d’un coup, l’un des bombardiers fut touché de plein fouet et
tombe en flammes vers 23H45. Il s’agit du
STIRLING III n° de série
BK713, Code « QS-E » du
620 Squadron qui s’écrase au lieudit
« Cenainvilliers », Commune de
Mittainvilliers.
Il avait décollé de sa base de Chedburgh à 21H36.
Témoignage d’une habitante de Saint-Aubin-des-Bois:
"Le
12 Août 1943, vers 23H00, un avion de la RAF, touché par la
DCA allemande, tombe dans la forêt. Ce n'était que
mitrailles et flammes. Ce soir-là, nous rentrions de
l'église après une soirée de prières. Nous longions les murs
ne nous rendant pas compte de la distance où l'avion pouvait
être tombé. Les vagues d'avions continuaient de passer. Avec
des amis, nous y allions le 15 Août, ignorant encore ce
jour-là ce qui s'était exactement passé. Le grand trou qui
était devenu un dépotoir, a été comblé en 1993. La dame qui
habitait la maison du garde à "La Brêche", a vu les
aviateurs morts".
.
Témoignage du garde forestier à Bellevue :
"Le 14 Août 1943, des officiers
et soldats allemands avec deux requis, de Chartres, sont
venus étudier cet avion, qui, du fait des arbres, n'était
pas détruit. Mais, étant chargé de bombes, il a alors
explosé. Tous les hommes ont été tués. L'explosion a produit
un cratère de 9 mètres de profondeur et 72 mètres de tour". Les 8 aviateurs composant
l’équipage trouvèrent la mort et furent enterrés au
cimetière de Saint-Chéron à Chartres. Après la guerre, les
corps furent exhumés pour être ré enterrés au cimetière
militaire de Saint-Désir-de-Lisieux (Dépt 14).
La composition de l'équipage était la suivante:
. . CRASH DES
LANCASTER A CRUCEY, CHUISNES ET BERCHERE (mission sur Milan) Dans la
nuit du 15 au 16 Août 1943, 199 Lancaster furent
chargés de bombarder la ville de Milan, tandis que 154
autres appareils devaient bombarder la ville de Turin. Milan était la cible
principale pour la troisième nuit consécutive, ce qui
inquiétait le Commandant Cosme GOMM de l’escadrille car,
sans effet de surprise, on pouvait présager une réaction de
la défense anti-aérienne allemande ou de la Lutfwaffe. Vers 20H30, les formations
décollent de leurs différentes bases d’Angleterre pour
ensuite se regrouper et traverser la Manche en prenant la
direction de Lisieux puis du Sud de Chartres.
Equipage du 61 Squadron sur le
départ . En France, sur le terrain
d’aviation allemand de Saint-André-de-l’Eure (Eure), les
pilotes de la 2./JG2 attendent dans la pénombre de la salle
d’alertes, parlent de leurs dernières missions, jouent aux
échecs ou écoutent de la musique. Une sélection drastique fut
réalisée afin de ne retenir que les pilotes les plus
aguerris, avec une bonne vision de nuit. Les plus zélés
mangent des carottes conformément aux conseils des médecins
de la Luftwaffe qui prétendent qu’elles contenaient beaucoup
de vitamines A, excellente pour la vue. En effet, celui qui,
la nuit, voyait l’autre le premier, tirait aussi le premier
et avait une chance de survivre. Vers 22h00, les radars
allemands situés sur la côte normande détectent la formation
de bombardiers en provenance du Royaume-Unis et lancent
immédiatement l’alerte aux pilotes de la 2./JG2. Les pilotes allemands ne
connaissent pas la destination de cette formation ennemie
mais la récente tragédie d’Hambourg est encore dans l’esprit
de tous avec une volonté de protéger la population
allemande. Certains sont également animés par un esprit de
vengeance. Ils se précipitent dans leurs
chasseurs Fw-190, vêtus de leur combinaison de vol, équipés
de bottes fourrées, de serre-têtes et du masque à oxygène. Depuis l’utilisation des
bandelettes en aluminium (appelées « Windows ») par les
anglais en Juillet 1943, les méthodes de chasse de nuit ont
changé et les pilotes allemands de nuit ne sont plus
contraints à des zones de chasse délimitée. Ils sont
désormais libres de leurs actions : ils décollent les uns
après les autres puis se rassemblent aux environs d’une
balise et attendent d’être guidés par la station radar
jusqu’au flot de bombardiers. Partis à la poursuite de la
formation, les premiers pilotes aperçoivent des premiers
quadrimoteurs et entreprennent une attaque classique par
l’arrière en tirant principalement entre les moteurs où se
trouvaient les réservoirs. Parfois, la voilure prenait
simplement feu, parfois l’appareil explosait en vol, sans
que l’équipage assiégé n’ait le temps de riposter avec ses
mitrailleuses Les Fw-190 poursuivent leurs proies les unes après les autres dans l’obscurité, attaquent, puis observent les résultats de leurs tirs, intervenant une seconde fois, si nécessaire. Ces attaques durent rarement plus de deux minutes. Vers 23H45, le ciel de
l’Eure-et-Loir voit à son tour passer ces nombreuses
formations de bombardiers alliés, toujours prises en chasse
par les pilotes allemands. Ainsi, simultanément, trois
Lancaster mortellement touché par les tirs ennemis
s’écrasent à Crucey, Chuisnes et Berchère-les-Pierres.
Le Lancaster III n°JA675 portant le Code « PO-F » du 467 Squadron est touché par les chasseurs de nuit allemands et s’écrase en flammes à Crucey, au lieu-dit « Le Plantis », près de Brezolles dans la nuit du 15 au 16 Août 1943. Le bombardier avait décollé de sa base de Bottesford à 20H28 et sa mission était de bombarder la ville de Milan. Seuls deux parachutistes (F/O ENTRACT et Sgt HARVEY) réussissent à sauter en parachute et à regagner le sol sains et saufs. Ne retrouvant seulement que cinq cadavres dans la carcasse de l’appareil, les soldats allemands savent que des survivants tentent de s’évader et ils fouillent toutes les maisons des environs. Le 17 Août 1943, les deux
aviateurs recherchent asile dans le bourg de La Saucelle,
l’un d’eux ayant la cheville foulée. Craignant les
représailles, ils furent dénoncés par des habitants puis
transportés à Chartres pour être soignés par la Luftwaffe. Les cinq corps furent
transportés puis inhumés au cimetière communal de Dreux.
Voici la liste des membres
d’équipage :
Un second
Lancaster III du
467 Squadron est abattu à 23H45 et
s’écrase au lieu-dit « Châtillon », Commune de
Chuisnes,
près de Courville-Sur-Eure. Cet appareil avait décollé de sa
base de Bottesford à 20H34 et son N° de série était le
ED998
avec le code « PO-Y » sur son fuselage.
Le bombardier fut touché par un chasseur de nuit allemand qui le toucha de deux obus directs dans les réservoirs de carburant. Le commandant Cosme GOMM ordonna l’évacuation de l’appareil mais une violente explosion s’en suivit et, seul, le Sergent James LEE eut le temps d’enfiler son parachute et de sauter. Les six autres membres d’équipage périrent dans cette explosion. Voici les membres de
l’équipage:
La capture du Sergent James R. LEE Le Sergent James R. LEE faisait
partie de l'équipage du W/C GOMM depuis le 13/01/1943 et ils
réalisèrent ensemble de nombreuses missions. Les dernières
étaient le bombardement de Le Sergent LEE réussit à sauter en parachute, il perdit connaissance du fait de l'explosion de son Lancaster en l'air puis il reprit conscient alors qu’il flottait dans les airs. Gravement brûlé aux mains, il ne put contrôler sa chute mais, par chance, il atterrit sur une botte de foin. Il marcha jusqu’à la ferme la plus proche mais les occupants craignaient les représailles allemandes si l’aviateur était découvert. . Témoignage de M. ANTOENS: Vers
01H30, il y eu une explosion en l'air sur Chuisnes
consécutive à l'attaque de chasseurs de nuit allemands. La
queue de l'appareil tomba en lisière Nord-Nord Est
alors que la partie centrale de l'avion, quant à elle, tomba
au hameau "Beaumont", toujours à Chuisnes. Un unique
aviateur survit : Willy LEE. Du fait de l'explosion,
plusieurs membres d'équipage se trouvèrent éjectés du
bombardier et leurs parachutes s’enflammèrent. Le parachute
du Sgt LEE fut le seul à ne pas se consumer. Un habitant retrouva notamment
une carte aérienne où la mission désignait « la Spézia » en
Italie. Le commandant de la brigade locale, l'adjudant Gaisne, se rendit sur place avec le docteur Avenard de Courville pour constater les décès. Le Sergeant James R. LEE (mécanicien) fut toutefois gravement blessé et fut recueilli par la famille PARAGOT de Chuisnes qui fera appel au médecin. Se plaignant de blessures aux yeux, le médecin l'examina. Devant la gravité de ses blessures, le Docteur Avenard décida, avec l’adjudant Gaisne, de conduire l’aviateur à l’hôpital de Chartres où il fut soigné durant deux semaines. Les autorités allemandes
l’envoyèrent ensuite au Stalag IV B.
Sgt
James LEE
(Collection Vince
Holyoak) et Photo du
prisonnier James LEE
.
.
Les corps des six aviateurs
morts furent inhumés au cimetière St-Chéron de Chartres et
réenterré au cimetière militaire de Saint-Désir-de-Lisieux. Le Commandant GOMM a reçu une
citation peu avant sa disparition (le 11 Juin 1943). Il
était reconnu officiellement que, grâce à ses efforts, le
Commandant GOMM avait construit un magnifique escadron de
Lancaster, probablement sans égal (le 467 Squadron). Cette victoire fut
officiellement accordée au pilote allemand Josef, Jupp
BIGGE de la 2./JG2 avec son Fw-190 A6 n° 550208.
Tombe provisoire du
F/O Alfred REARDON Au cimetière de Saint-Chéron
de Chartres La revendication du Lancaster de Chuisnes
Cette victoire aérienne fut officiellement accordée au pilote
allemand Josef, "Jupp" BIGGE de la 2./JG2 avec son Fw-190
A6 n°550208. Ce dernier avait été blessé deux jours
auparavant le 13 Août 1943 : A cours de carburant, il se
blessa et perdit son Fw-190 A-6 n° 550165. Le 06 Septembre suivant, il fut de
nouveau blessé (gravement) alors qu’il atterrissait juste après
le bombardement de son terrain d’aviation de
Saint-André-de-l’Eure par les bombardiers américains : son Fw-
190 heurta violemment un chariot abandonné sur la piste
d’atterrissage lors du bombardement. Son nouvel appareil sera
endommagé à 60%. Au total, Josef BIGGE revendiqua 7
victoires, il survécut à la guerre et décéda le 18 Avril 2013 à
Dûsseldorf (Allemagne)
![]() ![]()
Fw-190 du Obw. BIGGE le 06 Septembre 1943 sur le terrain
d’aviation de St-André-de-l’Eure LE CRASH DU LANCASTER ED722 A BERCHERES-LES-PIERRE Un troisième Lancaster III n°ED722 (Code « QR-B ») du 61 Squadron qui décolla de sa base de Syerston à 20H20 s’écrasa à 23H45 au lieu-dit « La Saussaye », Commune de Berchères-les-Pierres.
Rapport de Police de Chartres du 16 Août 1943 (Source: AD28)
Voici les membres de
l’équipage:
Trois corps carbonisés furent
retrouvés dans la carcasse de l’appareil et un quatrième à
500 mètres du point de chute de l’appareil, son parachute
déployé. Leurs corps furent inhumés au cimetière
Saint-Chéron de Chartres puis réenterré au cimetière
militaire de Saint-Désir-de-Lisieux, après la guerre.
Deux aviateurs capturés Trois aviateurs réussirent
toutefois à évacuer le Lancaster et à regagner le sol sains
et saufs. Un premier, le Sgt D.R. MORGAN fut capturé
rapidement. Un second, le Sgt Norman
SHERGOLD fut secouru et caché durant quatre mois chez le
médecin Roger BONNET à Saint-Escorbille, dans l’Essonne. Ils
furent tous les deux dénoncés le 15 Janvier 1944 et le Sgt
SHERGOLD passa le restant de la guerre dans le Stalag 357
(baraquement n°C6/7, en portant le n° de prisonnier 1742).
Il ne fut libéré que le 12 Mars 1945. . L'évasion réussie du Sgt HAYE, via le réseau Picourt Le troisième aviateur, le
Sergent Timothee HAY fut le premier évadé pris en charge par
un nouveau réseau d’évasion local, le Réseau PICOURT. Il
sauta en parachute et atterrit sur une ligne de chemin de
fer et prit soin de cacher son parachute et sa Mae West. Il
marcha toute la nuit, se cacha le jour suivant et continua à
marcher la nuit suivante jusqu’au matin du 18 Août où il se
manifeste finalement auprès d’un fermier, près de
Berchères-les-Pierres (curieusement la commune où s’écrasa
son Lancaster). Il fut caché dans une maison
proche où il demeura durant une semaine et fut emmené en
bicyclette à Chartres jusqu’à la pharmacie de Raymond
Picourt, située face à la gare, où il demeura durant 12
jours. Plus précisément, il fut caché dans le logement de la
famille Picourt, au-dessus de la pharmacie du même nom, au
15 Avenue Jehan de BEAUCE à Chartres. Un dénommé « Jean »[1]
vint ensuite le chercher pour l’emmener en train à Paris. Il
resta en région parisienne, à Joinville-le-Pont chez un
homme « Henry » et son épouse, puis il fut rejoint par un
autre aviateur, le 2ème Lt Leonard FINK[2]. Une semaine après, « Jean » et
« Henry » emmenèrent les deux aviateurs à Paris pour être
confiés à une femme (qui se disait « comtesse ») qui les
emmena chez Madeleine MELOT au 11 Bis, Rue Larray. Les deux
aviateurs furent finalement séparés et le Lt FINK fut
orienté vers Fontenay-sous-Bois[3]
chez Mme Vandervoord, tandis que le Sgt HAY demeura avec Mme
MELOT. Le 13 Septembre, elle l’emmena au jardin des Plantes
et le confia à Simone LEVAVASSEUR, elle-même déjà
accompagnée de deux aviateurs : James TRUSTY et Roderick
SCOTT. Simone LEVAVASSEUR prit en
charge les trois aviateurs et les emmènent dans le métro où
un homme leur donna des billets de train et ils suivirent un
autre homme qui les accompagna à la Gare d’Austerlitz puis
jusqu’à Perpignan. Le 14 Septembre, les trois
aviateurs arrivèrent à Perpignan et rencontrèrent deux
hommes qui les emmenèrent en tram dans un café à la limite
de la ville. Ils quittèrent le café avec
des sandwiches vers 20H30 puis suivirent un homme en
bicyclettes jusqu’à un vignoble où ils rencontrèrent leur
guide de montagne espagnol.
Le groupe était alors composé
de Hay, Scott, Trusty, du guide et deux français originaires
de Tours. Ils traversèrent la barrière des Pyrénées dans la
nuit du 15 Septembre et continuèrent à marcher vers le Sud
avec un autre guide jusqu’à Figueras la nuit suivante. Leur guide leur conseilla
ensuite de suivre la ligne de chemin de fer jusqu’à la
prochaine gare mais Hay, Scott et Claude en décidèrent
autrement en continuant leur route vers Barcelone. Le groupe
se scinda alors en deux. Ce fut une erreur pour Hay,
Scott et Claude car ils prirent un train pour Barcelone et
se firent immédiatement attrapés par la Guarda Civil qui
refusa de les emmener au Consulat et qui les emprisonna dans
une prison à Barcelone. Ils furent emprisonnés
jusqu’au 8 Octobre puis ils allèrent dans un hôtel à
Saragosse pour une nuit avant de repartir pour Alhama où ils
restèrent jusqu’à être conduits à l’Ambassade britannique à
Madrid le 16 Octobre 1943. Hay regagna l’Angleterre le 06
Novembre 1943 et son évasion fut finalement une réussite.
[1] En réalité, il
s’agissait de M. Charles PORTE, ancien commissaire
de Police à Chartres, révoqué par Vichy début 1943.
Il était également ami de Jean Moulin et fut arrêté
le 28 Décembre 1943 par la Gestapo puis déporté en
Allemagne.
[2] Son appareil (B-17
n° 42-30058) s’écrasa le 26 Juin 1943 dans la forêt
de Rambouillet lors d’une mission de bombardement du
terrain d’aviation allemand de Villacoublay. Il fut
secouru par la résistance locale d’Ymonville et
bénéficia également de l’aide du nouveau réseau
d’évasion Picourt. Mme Colette Orsini l’emmena à
Paris en Train où il fut interrogé par quatre
hommes. Il fut ensuite emmené par Mme Orsini à
Joinville où il rejoint le Sgt Timothee HAY durant
trois jours.
[3] Le parcours du Sgt
HAY et du Lt FINK se séparèrent mais le Lieutenant
américain réussira à rentrer en Angleterre le 3
Novembre 1943, via
Pamiers-Toulouse-Foix-Barcelonne-Madrid et
Gibraltar.
Cette victoire aérienne sur le
Lancaster de Berchères-les-Pierre fut attribuée au pilote
allemand Fw. German ELFLEIN de la 2./JG2. Ce dernier
s’écrasera avec son appareil (Fw-190 A-6 n° 550175) le 27
Août 1943 à Froberville (Seine-Maritime), près de Fécamp.
Son corps fut retrouvé en 2013 et repose désormais au
cimetière militaire allemand de Saint-Désir-de-Lisieux. Il
est finalement enterré dans le cimetière mitoyen à celui des
aviateurs qu’il a abattu.
Le retour
de mission de la formation Au petit matin du 16 Août, les
pilotes allemands de la 2./JG2 attendent le retour de la
formation de Lancaster et préparent une seconde attaque
au-dessus de la Normandie. Trois nouveaux Lancaster seront
abattus.
De façon très curieuse, le
Lancaster LM337 (abattu sur le chemin du retour de mission)
et le Lancaster W5002 (1er appareil abattu sur le
chemin aller) s’écrasèrent à trois kilomètres l’un de
l’autre (Chéronvilliers et Rugles), avec un destin identique
aux deux équipages.
LE LARGAGE DE TRACTS PAR LES ALLIES Face à la propagande allemande
destinée à convaincre la population française que l’ennemi
est la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, les forces alliées
réagissent en communiquant également par le biais de tracts
largués par voie aérienne, de nuit. Ainsi, de très nombreux
largages de tracts auront lieu à proximité des villes
d’Eure-et-Loir à partir de fin 1943 jusqu’à la fin de la
guerre. En guise d’exemple, le 4
Septembre 1943, 257 tracts d’origine anglaise ont été
découvert sur le territoire de la commune de Friaize. Ils
étaient intitulés « Le courrier de l’Air » et daté du 26
Août 1943.
CRASH DU LANCASTER D'EPEAUTROLLE Alors que l’Italie vient de
signer secrètement l’armistice avec les forces britanniques
et américaines le 3 septembre 1943[1],
le Commonweath ne néglige pas de défier à nouveau
l’Allemagne en bombardant ses principales villes. Ainsi,
dans la nuit du 6 au 7
Septembre 1943, une formation de dix Halifax
est chargée de bombarder la ville allemande de Munich. Le
décollage s’effectua à 19H31 sans difficulté du terrain
d’aviation anglais de Lemming mais très vite, deux appareils
durent atterrir en raison de problèmes mécaniques. Peu
après, deux autres Halifax durent se poser sur des bases au
Sud de l’Angleterre pour les mêmes raisons et enfin quatre
autres durent se poser à Manston. La formation se réduit
désormais à deux appareils mais la mission ne fut pas
annulée. Vers 04H00, au retour de la mission, le Halifax n°DK255 piloté par le F/O PERRY-KNOX-GORE du 427 Squadron (RCAF) s’écrase, pour une raison inconnue, entre le bourg d’Epeautrolles et le hameau de Mizeray.
. Les sept aviateurs trouvent la mort:
.
F/O PERY-KNOX-GORE Edmond . Six corps furent trouvés rapidement et transportés puis inhumés au cimetière Saint-Chéron de Chartres. Le corps du Sht HUMPHRIES semble avoir été retrouvé vers Voves, laissant entendre une évacuation en parachute qui échoua.
. Un septième corps sera trouvé ultérieurement et fut enterré dans le cimetière communal d’Epeautrolles où il repose aujourd’hui encore.
Tombe du Sgt STRONG au cimetière
d’Epeautrolles . Après la guerre, les corps
inhumés au Cimetière St-Chéron de Chartres furent déplacés
au cimetière militaire de Saint-Désir-de-Lisieux. La perte de cet Halifax (et du
second qui fut également abattu, piloté par le P/O BIGGS)
fut un véritable choc par le 427 Squadron.
Des résultats mitigés
En réponse, MUSSOLINI fut
libéré par un commando allemand le 12 Septembre 1943 et ce
dernier instaura la République Sociale Italienne (Italie du
Nord et du Centre, contrôlée par la Wehrmacht).
Pendant ce temps, les
Américains et les Britanniques auront pu s’établir dans le
Sud de l’Italie et ouvrir un nouveau front au sein même de
l’Italie. La suite de la conquête de
l’Italie sera très longue (capitulation le 02 Mai 1945),
faute d’effectifs et de moyens matériels, la priorité étant
donnée à la future opération Overlord en Normandie (06 Juin
1944).
[1] L’armistice italienne
sera rendue publique le 8 Septembre 1943. ![]() Retour haut de page
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