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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 16 AOUT 1944 | ||||||||||||||||||||
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Ce 16 Août 1944, la ville de Dreux
est libérée avec une légère résistance de la part des soldats
allemands alors que, de son côté, Châteaudun connaît de
violents combats qui dureront toute la journée. Chartres est également l’objectif
de la journée mais la résistance allemande est telle qu’une
poche se créée dans les faubourgs Est et Sud de la ville (Le
Coudray) qui n’est que donc partiellement libérée. Les mauvaises conditions
météorologiques ne permettent pas aux forces aériennes
belligérantes d’intervenir au cours de la matinée.
L’arrivée des troupes
américaines au terrain d’aviation de Nogent-le-Roi Vers 12H00, les
troupes terrestres américaines de la 7ème Armored
Division réalise une percèe vers Nogent-le-Roi où les soldats
découvrent un terrain d’aviation allemand avec encore deux
FW-190 intacts et cinq autres nécessitant des réparations.
L’unique atelier d’entretien possédait encore ses outils et ses
générateurs intacts. Ce terrain fut aménagé par les
Allemands sur le plateau de Vacheresses-les-Basses et sur lequel
ils avaient, pendant plusieurs années, placé des avions en bois
en guise de leurres. En 1944, le terrain fut utilisé
par les appareils de chasse qui, une fois arrivés au sol,
roulaient sur la piste qui avait été aménagée jusqu’à
l’intérieur du parc du château de Nogent-le-Roi, de façon à
pouvoir s’y abriter sous les grands arbres. La perte d’un appareil de
reconnaissance vers Dreux Installée à Cormeilles-en-Vexin,
le 5.(F)/123 est une escadrille allemande de chasseurs de
reconnaissance à grande distance équipée de Me-109 G-6. Le 16 Août 1944, une mission de
reconnaissance sur Chartres est confiée à deux Me-109 de
l’escadrille qui décollèrent à 13H15. En raison des nuages bas et du
semblant de brouillard, les pilotes allemands durent baisser
leur altitude à environ 100 mètres, les rendant ainsi très
vulnérables. Vers 14H15, à
proximité d’Ablis, le Me-109
G-6 « 17 noir » du
Lt Walter WARTHOL fut atteint par des
tirs légers de défense anti-aérienne américaine. En difficulté,
il réussit un atterrissage forcé à
10 Km au Sud de Dreux où il fut capturé par les
soldats américains. Le 354th FG dans le ciel drouais En milieu d’après-midi, une
formation de huit P-51 du 354th FG décolle de son nouveau
terrain d’aviation de Gaël (Bretagne) pour une mission de
patrouille dans l’ouest parisien afin de soutenir l’assaut des
troupes terrestres américaines dans les environs de la ville de
Dreux. Quelques appareils étaient équipés de bombes et le
restant de la formation était chargé d’escorter et de protéger
ceux qui transportaient les bombes (plus lourds, ils étaient des
cibles faciles par l’aviation ennemie). A
15H45, ils sont attaqués par environ 70
Fw-190 à 2.000 pieds d’altitude. Il s’agit en fait des Fw-190 du
II./JG26 qui sont en cours de repli vers un nouveau terrain
d’aviation moins exposé. Initialement installés sur un terrain
aménagé en bordure de la forêt de Rambouillet, le II./JG26
s’apprête à gagner son nouveau terrain de Mons-en-Chaussée, en
Picardie. L’affrontement a lieu vers Dreux.
Le témoignage du Lt Homer R. MITCHELL révêle qu’il vit tout
d’abord un Fw-190 tiré sur le
P-51 n°inconnu du
Lt Thomas H. WHELAN.
Touché au fuselage, l’appareil prit feu et son pilote arriva à
sauter en parachute. Le pilote regagna le sol sain et sauf et
réussira à traverser les lignes ennemies pour regagner son
terrain d’aviation dix jours après. Le Lt WILLIAMS prit en
chasse un des Fw-190 qui tourna d’abord à droite lorsque les
tirs du P-51 le toucha : le Fw-190 plongea d’abord puis remonta
et le pilote allemand sauta en parachute. Le Lt Keith ALDRICH
revendiqua également un Fw-190 dont le pilote allemand réussit
lui-aussi à sauter en parachute. En minorité, les P-51 rompirent le
combat et se réfugièrent dans un gros cumulus pour se cacher et
s’éloigner. Lors du même combat, un second P-51 du 356th FS fut abattu sans que ses co-équipiers ne puissent témoigner des circonstances de l’accident. Ce dernier (n° de série 42-103353) appartient au Lt Arthur Vincent MARES (matr. 0-674169) qui trouve la mort lors du crash de son appareil à Bréviaires (78).
. Il s’était engagé dans l’armée américaine en Octobre 1940, il
fut affecté à la défense anti-aérienne cotière puis, en Janvier
1943, il rentra à l’école d’aviation pour obtenir ses ailes en
Octobre. Il fut opérationnel en Mars 1944 dans la 9ème
Air Force. Il effectua 50 missions au-dessus de l’Allemagne et
de la France au cours de l’été 1944 et il était originaire
d’Hastings (Minnesota). Son corps repose désormais au cimetière
militaire d’Epinal. Les deux victoires allemandes sur
des P-51 furent revendiquées par l’Uffz Ottamar KRUSE et l’Oblt
Konrad BERTELS, tous deux de la II.JG26, dans la région d’Houdan
vers 15H30 à une altitude de 1.000 mètres.
Photos du Lt Arthur
MARES (Collection
Mme Ingrid STEINER)
Vers 16H30/17H00
soit une heure après ce premier combat, les Mustang du 354th FG
sont à nouveau chargés de patrouiller dans la région de
Dreux pour soutenir l’avancée des troupes américaines
au sol. Cette patrouille, composée de deux Flight (8 appareils) appartenant au 353rd FS du 354th FG, est menée par le Lt Charles KOENIG. Vers Maintenon, à 11.000 pieds
d’altitude, les chasseurs américains rencontrèrent une vingtaine
de Fw-190. Ils montèrent à une altitude de 14.000 pieds pour
attaquer les chasseurs allemands mais une soixantaine de Fw-190
supplémentaires apparurent, rendant le rapport de force
totalement inégal (1 contre 4). Malgré tout, le combat eut lieu
dans une très grande confusion mais les pilotes américains
surent tirer profit de la situation avec un palmarès
remarquable : - 3 victoires revendiquées par le
Lt Kenny DALBERG qui dut toutefois s’éjecter. Son P-51 s’écrasa
à Clairefontaine (78) mais il eut la vie sauve, il fut recueilli
par une famille française de Bullion (78) et libéré très
rapidement par ses compatriotes américains dans les jours qui
suivirent. - 2 victoires par le Lt Charles
Koenig. - 3 victoires par le Lt John E.
BAKALAR qui effectuait sa première sortie ! - 2 victoires par le Lt Charles E.
BROWN qui dut également évacuer son appareil (il regagna le
354th FG quelques jours après). - 2 victoires par le Lt Woodfin
Marcellus SULLIVAN qui eut la chance de pouvoir ramené sain et
sauf son P-51 endommagé à sa base après avoir heurté la cime
d’un arbre lors du combat. Contrairement aux revendications des pilotes américains, il semble que ce combat les ait opposé non pas à des Fw-190 mais à des Me-109, ceux du III./JG27. Ce groupe enregistra quatre pertes réelles de Me-109 à 17H00 au Sud de Dreux et entre Epernon et Gallardon, contre 6 victoires revendiquées: - Un P-51 reveniqué à 16H58 par l'Uffz. BURKEL de la III./JG27 au Sud-Ouest d'Epernon. - Un P-47 revendiqué à 17H03 par l'Obfhr. SCHEIBER de la III./JG27 au Sud de Dreux. - Un P-51 revendiqué à 17H05 par Lt SCHLIEDERMANN de la III./JG27 au Sud de Dreux - Un Spitfire revendiqué à 17H06 par l'Oblt STIGLER de la III./JG27 à 2 Km au Nord-Ouest d'Orphin. - Un P-51 revendiqué à 17H15 par l'Uffz RING de la III./JG27 au Sud de Dreux. - Un P-47 revendiqué à 17H15 par le Lt GRUNBERG de la 5./JG3 au Nord-Est de Chartres. Ces nombreuses revendications allemandes ne sont pas corroborées par des pertes américaines. En revanche, le III./JG27 perdit bien 4 appareils: - Me-109 n° 413709 (3 blanc) du Fw. Bruno ROHRLE de la 10./JG27 au Sud de Dreux. Blessé mais regagne son groupe. - Me-109 n°413534 (5 blanc) du Gehr. Rudolf MOLLERS de la 10./JG27 au Sud de Dreux. Blessé mais regagne son groupe. - Me-109 n°413573 (6 blanc) du Gehr. Werner GOERKE de la 10./JG27 au Sud de Dreux. Blessé mais regagne son groupe. - Me-109 n°413616 (12 rouge) du Gehr. Herbert DUSIK de la 11./JG27 entre Epernon et Gallardon. Il est tué. Un de ses
appareils allemands
s’écrasa près de l’église de
Mézières-en-Drouais avec ses bombes.
Lt Kenny DALBERG La conquête
de la base aérienne de Châteaudun par les troupes américaines Vers 17H30, la
compagnie F du 320th IR réussit à atteindre le terrain
d’aviation et capture immédiatement trois canons de 20 mm
intacts. Le 498th AAA Bn (bataillon
antiaérien) fut alors sollicité afin de retourner ces pièces
contre leurs anciens propriétaires. Une grande quantité de bombes
ainsi que des He-177 endommagés y furent retrouvés.
He-177 A-3 « 6N+EK » (n° de série 332367) du 2./KG100 fut capturé sur le terrain de Châteaudun.
Il avait été initialement endommagé
par la DCA lors d’une mission
L’atterrissage de John Feeley près de la Loupe Le 16 Août 1944, à 21h14,
le Wellington Mk III n°BJ790
du 82 OTU
(RAF), piloté par le P/O J.E.
VERGE (RCAF) décolle de sa base anglaise de
Ossington pour une mission de largage de tracts de propagande
vers Gien (tracts sollicitant l’aide des habitants français). Pour une raison inconnue, vers
23h30 et à 7.500 pieds d’altitude, l’équipage dut abandonner son
appareil qui s’écrasa derrière les lignes de front, en
territoire libérée, près de
La Loupe. Tout l’équipage fut sain et sauf,
excepté le pilote VERGE qui se casse une jambe en atterrissant.
Il fut admis à l’hôpital.
Témoignage du Lt canadien
John Feeley (RCA) : Le pilote diffusa dans
l’intercom l’ordre d’évacuer l’appareil alors que nous volions à
environ 7500 pieds d’altitude. Je quittai immédiatement ma
tourelle, attrapai mon parachute et me plaça le premier près de
la trappe, dans le plancher du nez du Wellington. Nous n’avions
probablement pas la formation nécessaire pour ce genre de
situation. Je sautai avec mon parachute, serrai mes coudes
contre mon corps et je laissai ma main droite sur l’anneau
de déclenchement de mon parachute, avant de rouler dans les
airs. Je comptai jusqu’à dix puis tirai sur la corde. Je finis par atterrir dans un
arbre mais un chien du voisinage ne cessait d’aboyer. J’essayai
en vain de retirer mon parachute de cet arbre. Ce chien
continuait à aboyer alors je pensais que je ferais mieux d'aller
loin de cet endroit, aussi vite que possible. A distance, je
voyais des tirs d’obus, sans toutefois les entendre. Après une courte marche à travers
champs, ma fuite me sembla inutile avec tout mon attirail de vol
et décidai de ramper sous un buisson pour dormir un peu. A mon
réveil, j’étais près d’une route principale en pavés et je la
descendis. J’ouvris mon kit de secours qui comprenait 2.000
francs en espèces, une boussole, du chocolat et une carte
d’évasion en soie recto-verso. Tout à coup, j’entendis le
grondement de camions venant vers moi, je me cachai derrière
quelques gerbes de blé et découvrit des camions américains avec
la grande étoile sur le côté. J’ai réalisé que j’étais désormais
en territoire libéré. A la bifurcation de la route, il y avait
une sentinelle postée et je me dirigeai vers elle. Le soldat me
vit et me menaça avec son fusil. Je lui criai que j’étais
canadien mais il me menaça encore quelques secondes, jusqu’à ce
que j’arrive près de lui. Le camp américain avait été aménagé à
minuit la veille. Tout le monde était fatigué et irritable. Je
fus emmené jusqu’au Mans, dans un centre de détention américain
où les soldats allemands étaient emprisonnés. Je ne vis aucun
civil. Trois ou quatre jours après mon arrivée au Mans, les
membres de mon équipage (excepté le capitaine) qui avaient
atterri à la périphérie de Chartres. Ils furent emmenés à la
Mairie et traités royalement. Ils furent rapatriés en Angleterre
par avion, avec des soldats américains blessés. N’étant pas rentré directement à
la base le 17 Août, ils avaient été portés disparus et leurs
familles avaient été informées.
John FEELEY
(Photo Alenxandra Tichinoff Historical Canada) Après un repos de deux semaines,
l’équipage (FEELEY, SAGE, RATSOY et DYKES) fut à nouveau
opérationnel pour voler, exceptés J.E. VERGE (son pilote) et
James ROTH (bombardier). Le P/O William Stuart McMULLEN (RCAF)
fut désigné comme nouveau pilote. Une formation nous fut
dispensée durant trois mois pour voler des Halifax et, à l’issue
de cette formation, le nouvel équipage recomposé fut transféré,
quelques jours avant Noël, au 428 Squadron, installé à Middleton
St George, près de Darlington (Angleterre). Avant d’effectuer sa première
mission avec son équipage, chaque pilote doit effectuer deux
missions avec une autre équipe avec le rôle de co-pilote. Le P/O
William S. McMULLEN avait effectué sa première mission et
attendait sa deuxième. Or, ce deuxième vol ne put avoir lieu
comme prévu car deux membres d’équipage fut malade. Ce 13 Janvier 1945, et dans ces
conditions, le P/O William McMULLEN et son équipage original
furent envoyés sur un vol d’entrainement sur au-dessus de
l’Angleterre à bord du Lancaster KB793. Vers Middlesbrough à 2.500 pieds
d’altitude, le Sgt Steve RATSOY observe des étincelles sur le
moteur bâbord extérieur et le mécanicien tenta de couper ce
moteur mais de grandes flammes jaillirent du moteur, rendant la
situation grave. Le pilote repris un peu de hauteur et ordonna
l’évacuation de l’appareil. Le bombardier (F/S H. SIM) sauta
le premier par la trappe de nez, suivi par le navigateur (P/O
SAGE), le F/S RATSOY et le mitrailleur supérieur F/S DYKES qui
passèrent par la porte principale, et le mitrailleur F/S John
FEELEY sortis directement par sa tourelle. Le mécanicien, le Sgt
LEWELLIN, se tenait près de la porte principale pour attendre
son pilote mais ce dernier lui répondait « je suis seul et ils
sont des milliers en bas » et ordonna au Sgt LEWELLIN de sauter.
Le P/O William S. McMULLEN se sacrifia pour que son Lancaster
KB793 s’écrasa dans une zone peu habitée en périphérie de
DARLINGTON qui comptait, à l’époque, 80.000 habitants. Les six
membres de son équipage regagnèrent le sol sain et sauf. Chaque
année, le souvenir du P/O William S. McMULLEN est honoré. Nès sous une bonne étoile, les
aviateurs FEELEY, SAGE, RATSOY et DYKES survécurent à deux
reprises au crash de leur appareil en l’espace de 6 mois. Après un nouveau repos de deux
semaines, le Sgt John FEELEY fut affecté au 427 Squadron pour
remplacer un mitrailleur qui avait été traduit devant la Cour
Martial. Il effectua de nouvelles missions de bombardement
jusqu’à la fin de la guerre. Quelques jours après la fin de la
guerre, le Sgt FEELEY fut affecté à une nouvelle mission :
Ramener des aviateurs qui avaient été fait prisonniers de
Bruxelles en Angleterre, en Halifax (28 personnes par Halifax).
Curieusement, il fut connaissance avec un de ces aviateurs, Reid
GORDON, un canadien originaire de Toronto et du même quartier
que le Sgt FEELEY. Reid GORDON invita John FEELEY a venir
déguster un Banana Spilt, dans sa laiterie, après la guerre, ce
qui était un vrai luxe à l’époque… ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
14/06/2024 |
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