Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 18 JUILLET 1944

 

Ce 18 Juillet 1944, les forces terrestres américaines réussissent à rentrer dans la ville de Saint-Lô alors que, les Britanniques déclenchent à leur tour une violente offensive à l'Est de Caen surnommée « Goodwood », offensive largement préparée et appuyée par les flottes de quadrimoteurs alliés.

Ainsi, tout au long de la journée, les chasseurs allemands seront occupés à appuyer leurs troupes au sol dans la région de Caen. Toutefois, cela était sans compter sur l’omniprésence des chasseurs alliés.

 

Bombardement de la gare de La Loupe

 A 07H50, 37 P-47 du 373rd FG décollent de leur base anglaise de Woodchurch avec pour mission de bombarder les voies ferrées dans la région de La Loupe, Chartres et Dreux.

Cette formation se composait de 12 appareils du 410th FS, 13 du 411th FS et 12 du 412th FS avec un groupe en couverture et les deux autres groupes équipés de bombes.

Ils survolèrent Fécamp à 08H38 (12.000 pieds d’altitude) et survolèrent la région de La Loupe – Chartres - Dreux de 08H55 à 09H37.

A 09H00, leur premier objectif fut un train de fret stationné entre Maintenon et Gallardon qu’ils bombardèrent (16 bombes).

Conformément à la procédure habituelle, les chasseurs-bombardiers devaient larguer à tour de rôle leurs bombes en plongeant sur la cible. Le 2nd Lt Clide L. MARSHALL devança le Capitaine Arthur P. ADAMS et largua sa bombe. Lorsqu’il reprit de l’altitude, il chercha son co-équipier sans le trouver et constata une boule de feu sur la voie ferrée devant le train, sans pouvoir préciser s’il s’agissait de l’effet d’une bombe ou d’un appareil crashé. Le feu brûla durant de longues minutes. De toutes évidences, le P-47 n°42-26146 piloté par le Capitaine Arthur P. ADAMS (matr. 0-440394) du 373rd FG, du 411th FS connut une défaillance mécanique et s’écrasa sur le territoire de Hanches, sans que l’aviateur n’ait le temps de l’évacuer. Le corps du Capitaine ADAMS repose désormais dans le cimetière militaire américain d’Epinal (Plot B, Row 5, Grave 15).

Tombe du Cpt Adams, cimetière d’Epinal

 

Le restant du groupe dut continuer sa mission et mitrailla de nombreux véhicules sur les routes. Une fois dans les environs de La Loupe, il prit pour cible des trains stationnés en gare de triage (8 bombes et attaque à la mitrailleuse).

L'attaque de la gare et de la sous-station de La Loupe fut relevée par la Défense Passive à 09H00 par 14 chasseurs-bombardiers avec le largage de 25 bombes de 50 Kg.

Les P-47 du 373rd FG prirent ensuite la direction du Nord et attaquèrent le terrain d’aviation de St-André-de-l’Eure lorsque, soudain, le groupe de couverture observa une formation de P-38 attaquée par des Me-109. L’ordre fut immédiatement donné de prendre part au combat (récit ci-après).

 

 

Le gigantesque combat aérien au-dessus de Dreux-Pacy sur Eure et Anet

 .

L'attaque des chasseurs allemands sur les P-38 du 474th FG

A 09H30, la matinée du 18 juillet venait à peine de commencer que les Fw-190 du I./JG26 et III./JG54 décollèrent de leurs terrains respectifs (Boissy-le-Bois et Villacoublay) pour une mission conjointe dans la région de Caen pour contrer l’offensive britannique. Toutefois, ils rencontrèrent sur leur route une formation importante de P-38.

Ces P-38 étaient ceux du 474th FG (428, 429 et 430th FS) alors qu’ils s'apprêtaient eux-même à bombarder un pont ferroviaire à Merey (Eure). Le combat fut inévitable.

Surpris, les pilotes américains se hâtèrent de larguer les bombes qu’ils transportaient encore pour s’alléger, reprendre de l’altitude et engager le combat dans des conditions plus favorables.

A proximité, les Me-109 du I./JG5 et du III./JG1 vinrent s’ajouter à ce combat dans la confusion la plus extrême. A la poursuite des uns des autres, les appareils ennemis s’entraînent mutuellement dans toutes les directions de Pacy-sur-Eure au Nord de la forêt de Rambouillet.

Du coté américain, deux pertes sont enregistrées suite à ce combat aérien:

- Le P-38 n°42-67671 piloté par le 2nd Clarence R. Jr. HARLESS (matr. 0-763180) du 474th FG, 430th FS est abattu à 09H30 à Ritoire (au Nord d'Anet), à la limite de l'Eure et de l'Eure-et-Loir. Le pilote trouve la mort. Rapport MACR 7174.

- Le P-38 n°43-28727 piloté par le 2nd Lt George H. HOLLAND (matr.0-763199) du 474th FG, 428th FS est abbatu à Sacqueville (27), au Nord-Est d'Evreux. Le pilote s'évade et sera caché vers Elbeuf (76). Rapport MACR 7163.

- Le P-38 n°42-67518 piloté par le 2nd Lt Glenn W.  GOODRICH (matr.0-760453) du 474th FG, 429th FS est abattu à Longnes (78), à 9 Km au Sud Ouest de Mantes/Gassicourt. Le pilote trouve la mort. Rapport MACR 6884.

Rapport allemand du crash du P-38 du  2nd Clarence R. Jr. HARLESS à Ritoire (28)

Deux Fw-190 du 7./JG54 sont abattus par les P-38:

- Fw-190 A-8 n°680574 du Gehr Klaus HUNGER est abattu près de Dreux.

- Fw-190 A-8 n°680830 du Lt Kurt SIEBE est abattu entre Gilles et Dreux.

L'Oblt Hans DORTENNMANN du 2./JG54 revendiqua une victoire sur un P-38 à 09H30 près de Dreux.

.

La contre-attaque du 373rd FG sur les chasseurs allemands

Comme nous l’avons vu précédemment (perte du Capitaine ADAMS à Hanches), les P-47 du 373rd FG volaient dans les environs de Dreux et constatèrent ce début de combat des chasseurs allemands sur les P-38 du 474th FG. Ils intervinrent immédiatement avec le bénéfice de l’altitude et donc de la vitesse. Plusieurs attaques furent engagées simultanément:

- Quatre P-47 attaquèrent seize Fw-190 à 14.000 pieds d’altitude. Un Fw-190 fut abattu en flammes.

- Quatre P-47 prirent en chasse quatre Me-109 à 10.000 pieds d’altitude au Nord Est de Dreux. Un Me-109 fut abattu et son pilote réussit à sauter en parachute.

- Quatre P-47 attaquèrent six Me-109 à 14.000 pieds d’altitude à 10 miles au Nord de Dreux. Deux des Me-109 furent abattus au Sud de Dreux.

Au même moment, les Me-109 du III./JG26 décollèrent de leur terrain de Villacoublay pour une mission dans la région de Caen.

Leur mission sera rapidement interrompue par l’attaque des P-47 au-dessus de la ville de Dreux vers 09H30.

Voici le témoignage du pilote allemand, Ltn Dieter VÖLMLE, de la 9. Staffel:

"Le 18 Juillet 1944 à 09H10, j'ai décollé avec le groupe en tant qu'ailier de l'Oblt HILDENDORFF, pour une mission de chasse libre dans les environs de Caen. Attaqués peu de temps après notre décollage par des P-38, notre groupe a été rapidement désorganisé. L'Oblt HILDENDORFF a alors cherché à gagner de l'altitude tout en prenant la direction Sud-Ouest. Six P-47, arrivant à la même altitude que nous, vers 3.500 mètres nous ont attaqué par l'avant. Les P-47 ont par la suite viré derrière nous mais n'ont pas pu nous rattraper. Dans les environs de Dreux vers 4.000 mètres d'altitude, nous avons aperçu à 09H45, 10 à 12 P-47 qui, arrivant soleil dans le dos, se sont séparés en nous voyant et nous ont alors attaqué par plusieurs cotés. Tout au long du combat tournoyant, je suis resté en contact avec l'Oblt HILDENDORFF. C'est seulement lorsqu'un P-47 arrivant par le coté et en-dessous a atteint mon appareil dans la cabine et dans le fuselage que j'ai perdu de vue l'Oblt HILDENDORFF. Ma machine devenue incontrôlable, j'ai sauté. J'étais pendu à mon parachute lorsque vers 09H50, j'ai entendu à proximité des tirs d'armes de bord, que les légères blessures que m'avaient occasionnées des éclats ne me permirent pas de reconnaître. Les déclarations des témoins au sol disant que l'Oblt HILDENDORFF avait été tiré alors qu'il était encore suspendu à son parachute me semble très vraisemblables car il avait été touché peu de temps après moi et avait sauté avant moi car j'avais mis beaucoup de temps à faire éjecter la verrière. Les tirs que j'ai entendus n'ont pu être destinés qu'à l'Oblt HILDENDORFF. On ne tira pas sur moi et il n'y avait plus aucun autre appareil allemand à proximité."

Le Bf-109 G-6 n°413482 (Code "3 blanc") et le Bf-109 G-6 n°163186 (Code "19 blanc") pilotés respectivement par Victor HILDENDORFF et Dieter VÖLMLE s’écrasent l'un au Sud, l'autre au Nord du terrain d'aviation de Dreux. Le Staffelführer HILDENDORFF de la 9./JG26 trouvera une première sépulture au cimetière de Dreux dès le lendemain puis au cimetière militaire allemand de Saint-André-de-l'Eure, après la guerre.

L’Oblt HILDENDORFF, pilote unijambiste, avait déjà été abattu le 15 Juin 1944, près de Brou par les chasseurs d’escorte d’une formation de B-24. Il eut alors la possibilité d’évacuer son appareil et de sauter en parachute. Cette chance le quitta lors de ce combat du 18 Juillet 1944.

 

Ce 18 Juillet 1944, vers 09H45, les Lt Michael J. INGELIDO, George E. COOPER et Everett E. PETERS du 373rd FG, 412th FS revendiquèrent chacun un Me-109 au Nord de Dreux:

 

Les P-47 du 373rd FG n'enregistreront aucune perte lors de ce combat aérien.

Les archives locales relatent en effet de nombreux combats, notamment dans le ciel de Guainville et de Mesnil-Simon (près d’Anet) précisant quatre appareils furent abattus et une bombe fut larguée en altitude.

Au total, ce sont plus de vingt victoires qui seront revendiquées de part et d’autres (11 coté américain et 12 coté allemand) alors que le 474th FS ne perdra que trois appareils et les allemands en perdront six (trois Fw-190 et trois Me-109).

 .

 

.Crash accidentel du P-47 du Lt SKEELS à Vernouillet

 En fin d’après-midi, vers 17H30, une formation de P-47 du 36th FG, 53rd FS est chargée d’effectuer une mission de patrouille des plages du débarquement à Saint-Valéry puis Evreux, Dreux Mantes, Gassicourt puis retour.

Ce Flight était composé du Major LA ROQUE en tant que leader, du Lt SKEELS (position n°2), du Lt HAUGEN (position n°3) et du F/O GUIDO (position n°4).

Au moment même où les pilotes américains s’apprêtaient à larguer leurs bombes sur le terrain d’aviation de Dreux, une intense et précise Flak les prit pour cible, ce qui eut pour effet de dévier l’appareil du Lt SKEELS de sa trajectoire. Le fait de larguer ses bombes l’allégea et son appareil reprit automatiquement de l’altitude. Or, l’hélice de son P-47 percuta le dessous de l’appareil du F/O Filippo F. GUIDO. L’hélice étant gravement endommagée, le P-47 D-6 RE n°42-74743 du 2nd Lt Frederick David Hale SKEELS plongea immédiatement vers le sol et percuta le terrain d’aviation, tuant son pilote.

La carcasse de l’appareil sera retrouvée sur le terrain d’aviation de Dreux par les troupes américaines après la libération.

 

 

  

2nd Lt Frederick D. SKEELS (Photo famille Skeels)

.

 

Disparition du 2nd Lt SKEEL (source: Find a Grave)

  

Extrait d’un rapport allemand :

Rapport MACR n°7654 (P-47 du 2nd Lt SKEELS)

 

 

Bombardements de Coulombs et de Chérisy

A 17H30, les voies ferrées de Coulombs et de Chérisy sont une nouvelle fois la cible des bombardiers américains. Le village de Coulombs avait déjà subi un bombardement meurtrier, six jours auparavant.

.

Trente six quadrimoteurs (sic!) répartis en six vagues de six appareils bombardent les voies ferrées de Coulombs. Seules cinq bombes de 500 Kg tombent sur l’objectif alors que 75 autres tombent à coté. 8 bombes n'explosent pas. Une escorte de trois P-38 fut constatée. Trois blessés.

Témoignage de M. et Mme KOWALCZYK : « En cet après-midi du 18 juillet, le cauchemar recommence. Ce pont qui enjambe l’Eure permettant le passage de la voie ferrée Maintenon-Dreux, les Alliés veulent le détruire. Les bombardiers arrivent en nombre et les bombes pleuvent sur Coulombs. Puis c’est le silence…et la poussière. On sort des caves, des abris, des maisons mais on reste au carrefour du Cygne car on ne distingue plus rien ni le pont, ni l’église, ni les maisons… L’église a été épargnée mais derrière elle, la villa des Roses n’est plus que décombres. De la cave, par le soupirail, on extrait M. GÉRAUD, l’électricien. Le mur du parc est éventré de part en part. Sur la place il ne reste que des ruines : la mairie, l’école des garçons et au fond, la villa du Baptistère, sont béantes, éventrées.
Dans le parc de la propriété de M. HARANGER une maisonnette a été, elle aussi, détruite et à proximité on découvre deux victimes gravement blessées : M. Augustin DURAND et M X, chantre de l’église de Nogent-le-Roi. Tous deux décèderont quelques jours plus tard ».

Ce bombardement des voies ferrées à Coulombs fut réalisé par les B-26 du 386th BG.

 

De son coté, le viaduc de Chérisy est bombardé deux fois en l'espace d'une heure, à 17H30 et une seconde fois à 18h30.

A 17h30, le viaduc est bombardé par 18 bombardiers identifiés comme étant des Libérators par la Défense Passive (donc de B-24). Les bombes atteignent l'objectif.

A 18h30, 35 bombardiers et 4 chasseurs-bombardiers attaquent de nouveau le viaduc de Chérisy, dont 18 B-26 du 397th BG, 596th BS. Une des 64 bombes touchent de plein fouet le viaduc mais la pile médiane du viaduc ne s’effondra que le 19 Juillet suivant à 02H30, entraînant la chute de deux voûtes adjacentes.

 


Retour haut de page

Nombre de visiteurs:


compteur de visite html
Dernière mISE d

Dernière mise à jour: 05/05/2024
Mentions légales
: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110).
Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com -

- Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH -
RGPD
: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 -