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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 26 JUILLET 1944 | ||||||||||||||
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La chute de trois appareils allemands A 10H00, un avion allemand tombe dans un champ près Danger, à 15 Km au Nord-Ouest de Chartres. . A 10H10, un avion de chasse allemand est abattu en flammes à Dampierre-sous-Brou en combat aérien (contre des avions anglo-américains). L'aviateur qui a sauté en parachute n'a pas été retrouvé. L'appareil est détruit. . A 10H30, un avion allemand tombe près d'Allaines. Le pilote est sain et sauf.
Les recherches de l'Association n'ont pas permis d'identifier ces trois appareils allemands. .
.. . Le bombardement de La Loupe A 15H35-15H45, La Loupe est de nouveau mitraillée et bombardée par 8 chasseurs-bombardiers. 4 bombes de 50 à 100 Kg sont larguées.
Le bombardement de la voie
ferrée d’Epernon et la perte d’un P-51 d’escorte Ce même 26 Juillet 1944, à 18H00, les P-51 du 354th FG, 355th FS décollent de leur base normande pour une mission d'escorte des bombardiers B-26 du 387th BG, l'objectif étant la voie ferrée au Nord d'Epernon. Le bombardement aura lieu à 19H00, malgré le mauvais temps. A deux reprises, les P-51 d'escorte intervinrent, la Luftwaffe tenta d'intercepter la formation de bombardiers, à 15 Km au Sud Ouest de Dreux. . Voici le témoignage du Lt William Bill KING: «
Je dirigeais le Flight Vert, protégeant l’arrière des
bombardiers quand quelqu’un nous informa d'un groupe d’appareils
ennemis à 5 heures des bombardiers. J’ai
immédiatement fait demi-tour pour les intercepter. Ce vol était
mon premier vol avec le Flight Bleu un peu derrière moi.
J’arrivai derrière la formation ennemie composée de Me-I09 et de
Fw-l90. Certains d’entre eux plongèrent à droite, d’autre à
gauche. Mon ailier (Lt Norm Mayse) et moi avons poursuivis ceux
qui plongèrent à gauche. À ce moment, j’étais juste sur la queue d’un Me-109 et je le frappai directement un tir dévié de 15 degrés, à la racine des ailes et au cockpit. Le Me-109 était hors de contrôle, faisant une combinaison de feuilles tombantes et de pirouettes. Je pense que le pilote a été tué immédiatement. Je l’ai suivi et observai sa chute jusqu’à la couche nuageuse. Le chef du Flight Blanc le vit s’écraser. Mon ailier et moi sommes ensuite
remontés, à la recherche de nouveaux appareils ennemis, en vain,
ces derniers étant partis se cachés dans les nuages. Nous sommes retournés escortés les
bombardiers. Trois minutes après, j’ai regardé derrière moi et
vit des appareils en ligne de front, venant sur nos arrières. Je
fis demi-tour pour les attaquer de front. C’étaient des années
Fw-190. Mon ailier donna un tir de face et je fis demi-tour pour
les poursuivre. Un Fw-190 tira lourdement sur moi
avec une déviation importante et me manqua. Je le prit en chasse
et lui tira dessus. Il grimpa dans les nuages pendant je lui
tirai dessus puis disparu ». Au final, Lt William Bill KING revendiqua une victoire sur un Me-109.
Lt Willima Bill KING devant son P-51 "Atlanta Peach" (Source: NARA)
De leur coté, les Flight Rouge et Blanc
engagèrent les FW-190 et le leader du Squadron abat
immédiatement l’un d’entre eux. Le Lt Lewis Wetzell POWERS du Flight
Rouge revendique deux victoires mais l’une de ces victoires fut
ensuite retrogradée en « probablement détruit » et son ailier,
Sheftall Coleman, fut créditée d’une « victoire
probable ». Le Lt COLEMAN réussit à abattre un
Fw-190, malgré le fait qu’il fut touché à son tour par un
Me-I09. Il réussit toutefois à rentrer à sa base sans
difficulté, malgré les dommages subis par son appareil. Le leader du Flight Blanc (Huston H. "Pat" O’HAIR), son ailier (2nd Lt Ted SKOWRONEK) et le Lt Vilas BALK revendiquent chacun une victoire.
P-51 n°42-106685 "Killer III" du Major STEPHENS (Source: livre "The Pioneer Mustang Fighter Group" de Steve BLAKE)
Témoignage du
2nd Lt Tadeusz SKOWRONEK: « Sortant des nuages à
environ 11.000 pieds, à 15 miles au sud-ouest de Dreux, je vis
deux Me-109 à la poursuite d’un P-51. Ce P-51 était en piqué
léger et ne semblait pas savoir être pris en chasse par un
Me-109. Je l’ai alors appelé à la radio afin qu’il plonge mais
rien ne se passa. Après un 2ème
appel, le Me-109 en tête a ouvert le feu, et je vis le P-51
reçevoir des coups, sans tenter de manœuvres évasives. Il se mit
à fumer Le P-51 fumait et
commença à tourner lentement, entrant dans un piqué plus raide,
et j’en vis deux morceaux de l’avion se détacher. Puis, un
parachute se déploya et Me-109 remontèrent dans les nuages". . Le P-51 du Lt Villas BALK fut touché au niveau du moteur qui s’arrêta. Le
pilote fut lui-même touché par trois éclats d’obus dans sa jambe
gauche. Le moteur s’enflamma et la fumée pénétra le cockpit. Le
pilote fit le choix d’évacuer son appareil et sauta en parachute
vers 10.000 pieds d’altitude. L’appareil américain s'écrasa et
explosa à Damville,
près de Verneuil-sur-Avre (Eure). Né le 6 Juin 1918, le Lt Villas
BALK était précédemment fermier dans la vie civile (dans le
Wisconsin) et il s’engagea dans l’Armée trois ans auparavant. Ce
26 Juillet 1944, il décolla de son terrain d’aviation de
Cricqueville (Terrain d’aviation n°2 en Normandie) vers 18H15
puis rejoint la formation de B-26 pour l’escorter. Après son éjection, il atterrit à
trois miles à l’ouest de Damville, dans une zone boisée.
Accroché à un arbre et entendant le bruit de deux motos, il
abandonna son parachute et dut ensuite se cacher à distance dans
un bois voisin. Vers 17H00, il se cacha dans les champs et
approcha d’une ferme où une femme lui donna de la nourriture et
du cidre mais elle refuse de l’aider plus. Il retourna alors
dans la forêt pour se protéger de la pluie et utilisa alors sa
trousse de survie, notamment pour soigner ses blessures Il rencontre un fermier en train
de couper du bois qui lui donna des vêtements civils (moyennant
une somme de 500 francs) et cacha son uniforme dans un trou et
conserva son kit d’évasion. Toutefois, le fermier ne voulut pas
aider davantage et l’aviateur poursuivit son évasion. Durant sa fuite, il observa une
station radar ou radio à l’ouest de Damville, trois projecteurs
au Sud de Damville (qui guidaient les avions mais il ne vit pas
d’avion atterri) et quelques bombes de 1.000 livres près de
Conches (où les Allemands avaient installé un terrain
d’aviation), un petit camp de troupes allemandes à trois miles
au Sud-Ouest de Conches et enfin un Halftrack allemand peint en
jaune clair au nord de Verneuil Le 28 juillet, il vit trois hommes
dans un bois. Ces derniers lui donnèrent à manger (moyennant 800
francs) mais ne purent lui apporter plus d’aide. Le 29 Juillet, vers midi, il
rencontra un vieil homme travaillant dans un champ entre
Verneuil et Breteuil. Avec le patron du vieillard et deux
chauffeurs de taxi parisiens qui travaillaient dans un champ
voisin), ils l’emmenèrent chez l’instituteur du village (dénommé
« Pilan » âgé de 35 ans). Ce dernier lui prit une de ses six
photos d’identité dans l’intention de réaliser de faux papiers
puis, de nuit, il fut transporté chez M. Albert PELLETIER (qui
avait deux filles, Renée et Lucienne). Deux jours après,
« PILAN » vint lui remettre de faux papiers d’identité et le
confia à un homme qui se disait le chef de 1.000 hommes sous
l’autorité de DE GAULE. Il le questionna sur mon identité (pour
vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un espion allemand) et
demeura chez M. PELLETIER jusqu’au 3 août, date à laquelle il
fut emmené dans la ferme de « Robert » (trois petits enfants,
une femme et sa mère) jusqu’au 6 Août puis revint chez PELLETIER
durant quatorze jours. Les 17 et 18 Août 1944, il
entendait de nuit la retraite des blindés allemands.
L’après-midi, il entendit les français dire que les Allemands
manquant d’essence, ils prenaient les chevaux aux fermiers
français. Le moral des civils français remontait et ils
précisaient que celui de l’ennemi baissait. Le 21 Août, il fut enfin libéré
par ses compatriotes de la 82th Armored Reconnaissance) qui
libérèrent la région de Verneuil-sur-Avre. Il regagna l’Angleterre le 31 août
1944 en décollant du terrain d’aviation de Gael (Airfield n°31)
Comme bien souvent, les archives allemandes diffèrent quelque peu: à 18H55, un combat aérien engage les Me-109 du II./JG2 contre des P-51 vers Conches (27) et un des chasseurs américains est abattu par l'Ofw. BLEYER de la 6./JG2 au Nord de L'Aigle. Semble t'il, les Fw-190 du III./JG2 viennent en renfort de leurs camarades du II./JG2 et l'Uffz. MEINERS abat un second P-51 à 19H00 au-dessus de la forêt de Conches En contre-partie, au moins un appareil du III./JG2, le Fw-190 n° de l'Uffz. LOOSE de la 11./JG2 est abattu par les P-51 et s'écrase au Sud de Conches. Le pilote allemand saute en parachute qui ne s'ouvre pas. Une autre escadrille allemande semble impliquée dans ce combat, le Gefr. SCHÖPPLER du I./JG5 abat un P-51 à 19H05 au Nord d'Epernon.
Le crash d’un B-25 à Dreux En début de soirée, à 18H00, les B-25 du 320 Squadron de la RAF décollent de leur base anglaise de Dunsfold pour une mission de bombardement sur Fontainebleau (dépôt de carburant). Cette formation est quelque peu originale en deux points -
Le B-25 apparetient à la RAF mais il était de fabrication
américaine. Il était la version « britannique » du B-26 utilisé
par l’USAAF. -
Le 320 Squadron de la RAF était composé d’aviateurs de
nationalité hollandaise qui ont fui le nazisme et rejoint les
rangs de la RAF pour libérer leur pays.
Il s’agit du
B-25 Mitchell II Nr FR185 (n° de série 41-30812,
Code "NO-Z", mise en service le 13.11.1943) piloté par le
Lt George Alexander VAN
LEEUWEN du
320 Squadron. Il s'écrase au Sud-Ouest de
Dreux, sur la commune de
Châtaincourt, près de la Ferme "Les Grolières". Voici la composition de
l'équipage:
L’équipage du B.25, était sous les
ordres du 1er Lieutenant Georges VAN LEEUWEN, né en 1916 à
Surabaya (à l’époque les Indes néerlandaises, aujourd’hui
l’Indonésie). Engagé comme pilote au Squadron 320, il est décoré
depuis cinq jours. Le Sergent Félix BLOEMGARTEN
naquit à Heerlen aux Pays-Bas en 1920. Il est étudiant en
dentisterie à l’Université d’Utrecht. L’occupation allemande met
fin à ses études : Félix est juif. Il rejoint un groupe de
résistance à Delft puis, à la fin de l’année 1941, il gagne les
Etats-Unis par Cuba avant de rallier le Canada et les forces
alliées. Après une formation de navigateur-bombardier, il est
affecté au Squadron 320. Le 25 juillet 1944, c’est sa 23e
mission. Le Sergent Bernard MEIER est né en
1922. Il a quitté l’île de Java en mars 1942 avec une vingtaine
de jeunes volontaires pour rejoindre l’Angleterre. Il reçoit une
formation de radio ; c’est le poste qu’il occupe à bord. Enfin, le Caporal Whilelmus
WILLEMS, né à Maastricht en 1920, était mitrailleur. Les corps des quatre malheureux sont d’abord inhumés à Chataincourt, au pied de l'église, avec une pale d'hélice. Ils reposent désormais au
cimetière militaire du Grebbeberg à Rhenen aux Pays-Bas.
Plaque de
commémoration à la mémoire des aviateurs F.
BLOEMGARTEN et leurs camarades
Félix BLOEMGARTEN
(Bloemgarten family)
Le bombardement du dépôt de
carburant de Senonches
Rapport de mission du 373rd FG ce 26 juillet 1944 . Comme programmé, le bombardement de la forêt de Senonches, et plus précisément de son dépôt de carburant, a lieu à haute altitude, entre 20H30 et 21H00. La formation est composée d'une
centaine de B-26 répartis en trois vagues de 32 appareils
eux-mêmes groupés par six. Les B-26 du 344th BG, 495th BS
participèrent à cette mission, équipés de 28 bombes de 100
livres chacun et escortés par des P-38.
Non contente des résultats de ce
bombardement, la même formation composée cette fois-ci des B-26
du 344th BG (495th BS), du 387th BG et du 322nd BG, effectua un
nouveau bombardement de la forêt de Senonches le 28 Juillet 1944
à 21H00/21H15. Les bombardiers attaquèrent d’Ouest vers l’Est et
les bombes endommagèrent le hameau « Buisson-Elouis » sur la
commune de Digny. ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
11/05/2024 |
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