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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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JOURNEE DU 29 JUIN 1944
Après trois jours de mauvais
temps, les opérations aériennes peuvent enfin reprendre. L’arrivée de la II./JG3 à Nogent-le-Roi Après la dernière attaque
subie le 25 Juin, la II./JG3 cumule de lourdes pertes et
réalise qu’elle est désormais bien trop exposée sur le
terrain d’aviation d’Evreux. Profitant de la météorologie
maussade, les équipes au sol de la II./JG3 déménagèrent vers
un nouveau terrain, celui de Nogent-le-Roi, tandis que les
pilotes furent autorisés à profiter de Paris et de ses
plaisirs. Deux pistes furent alors
aménagées de part et d’autre de la vallée de l’Eure, l’une
au-dessus du village de Chaudon, l’autre au Nord vers
Mauzaize. Le 29 Juin 1944,
la II./JG3 est de nouveau totalement opérationnelle avec 47
appareils Me-109 G-6 dont 27 en état de vol. Ces terrains d’aviation de
campagne avaient la particularité de se situer à proximité
d’un autre terrain d’aviation, factice, cette fois-ci :
celui de Vacheresse-les-Basses, au Sud-Ouest de
Nogent-le-Roi. Ce terrain initialement aménagé en 1939 pour
servir à l’aviation anglaise fut investi par les Allemands
en Juin 1941 pour y construire deux fausses pistes de 2
kilomètres chacune et de 60 mètres de large. Les pistes
furent réalisées en marne qui avait été extraite dans une
marnière réquisitionnée sur la Commune de Chaudon. De faux
hangars et de faux avions (Dornier et Stuka) furent réalisés
en bois. Une cinquantaine d’ouvriers français étaient
chargés de biner l’herbe qui poussait sur la marne afin que
les pistes puissent conserver la couleur du béton. Ces
pistes étaient balisées de feux de guidage qui s’allumaient
en cas d’alerte sur la région. L’équipe d’entretien était
aussi chargée de déplacer les avions factices. Ce terrain comportait aussi
une petite voie ferrée partant d’un hangar et parcourant la
piste : un avion factice en bois était posé sur un wagonnet
SNCF, sortait du hangar et faisait mine de décoller. Le local technique commandant
tout le camp était situé près du hangar, bien protégé par
une énorme butte de terre. En réponse, et bien informés
par la résistance locale, les anglais larguèrent une dizaine
de bombes en bois sur ce terrain. L’humour anglais ne date
pas d’hier !
Terrain d’aviation factice de
Vacheresse-les-Basses
Le crash des deux P-47 du 406th BG à Anet Ce matin du 29 Juin 1944, vers
08H00, les P-47 du 406th FG effectuent une mission de
reconnaissance à destination de la région Mantes-Gassicourt.
Lorsque la formation passa au Sud de Dreux, elle fut
attaquée par les chasseurs ennemis Fw-190 du I./JG2.
Voici le récit du 2nd
Lt Bryant CRAMER Du 406th FG, 514th FS : "A approximativement 08H15,
le 29 Juin 1944, je volais au sein du Flight Jaune dont le
leader était le Lt BECK à 13.500 pieds d'altitude à 260°
au-dessus de Dreux. Le Flight fut surpris par quatre F-190
qui surgirent des nuages et bondirent sur nous. Le Lt BECK
et moi plongèrent à gauche mais un des Fw-190 toucha
l'appareil du Lt BECK avant que je puisse le prendre en
chasse. Son moteur se mit à fumer sévèrement et le Lt BECK
dit à la radio "Mon appareil est touché". Je pense qu'il a
sauté en parachute mais je n'en suis pas sûr. Un pilote du
513th Squadron qui volait avec nous à ce moment affirme
avoir vu un appareil non identifié noir plonger vers le sol
et il vit un parachute ouvert. Les Fw-190 étaient de couleur
argent". . Les Fw-190 bénéficièrent de
l’effet de surprise et réussirent à abattre deux P-47 du
514th FS: le Lt Levitt C. BECK et le Lt Eddie GAUDET. Les pilotes allemands de la
I./JG2 revendiqueront pas moins de quatre victoires en
l’espace de quatre minutes d’intervalle dont : -
Un P-47 par le Lt. Walterscheid, vers
Conches à 07H58 -
Un P-47 par le Lt Eichhoff dans les
environs Conches, Breteuil et Damville -
Un P-47 par l’Uffz. Brink de la
1./JG2 -
Un P-47 le Major Hohagen En contrepartie, la I./JG2
perd au-dessus de Dreux
le Fw-190 A-8 n°731020 piloté par le Fw
Max JANNACK, de la
1./JG2. . Le German Luftgaukommando
mentionne dans son rapport du 29 Juin 1944, le crash d'un
"Mustang" (ce qui est faux) à 09H40
à 2 Km à l'Ouest d'Abondant,
10 Km au Nord Est de Dreux. En réalité, il s'agit du
P-47
n°42-8682 piloté par le
Lt Edouard Raphael (Eddie) GAUDET
(matr. 0-686738)
du 406th FG, 514th FS.
Un témoin de la Commune
d'Abondant raconte: "L'aviation alliée était très active
dans la contrée. Dès le matin, l'aviation mitraillait, sur
la Route Nationale 12, les convois de munitions que les
Allemands acheminaient vers le front, ou bombardaient le
viaduc de Chérisy. C'est à cette époque que j'ai assisté au
combat aérien entre Américains et Allemands au lieudit "La
Saboterie" où j'habitais. L'avion américain s'est écrasé à
quelques centaines de mètres de notre domicile. Le
même jour, un avion allemand s'écrasait en plaine, au
lieudit "La Mare Plate". Le pilote éjecté, l’appareil fut
mitraillé par les siens. Le pilote de l'avion allié étant
retrouvé mort quelques jours plus tard dans cette même
forêt, près du carrefour des "Bulots", en bordure de la
route des Brissards. Le corps d'un homme fut signalé par M.
BINET Lucien, agent régisseur à l'O.N.F. M. BINET ne s'est
pas arrêté car les Allemands le regardaient à la
jumelle depuis le pavillon de chasse. Nous y sommes
retournés avec Maurice DUBLIN, un résistant planqué chez
nous, nous avons retrouvé l'homme qui s'avérait être un
pilote de chasse. Pas de parachute, les suspentes étaient
arrachées, le pilote est tombé en chute libre dans un chêne
dont les branches étaient cassées de haut en bas. Que
s'est-il passé? Mystère. Sur lui, deux photos d'identité et
un foulard de couleur jaune avec comme inscription "Cadet
GAUDET" (GAUDET, c'était son nom). Nous avons enterré cet
homme provisoirement puis, à la libération, nous avons remis
aux autorités américaines ce que nous avions retrouvé sur le
Lt GAUDET". Après la libération, la
municipalité d'Abondant déclara: "1 corps d'aviateur non
identifié au cimetière communal d'Abondant. Le
bracelet-montre trouvé par M. DABLIN à Dreux déposé au
Bureau des Affaires civils américaines de Dreux".
Lt Eddie GAUDET
(Collection Jean-Luc GRUSON) .
Le
P-47 n°42-8473 (Code « O7-R » surnommé « Bloom’s Tomb
II») du
Lt Levitt Clinton BECK fut
également touché et réalise à atterrissage d’urgence dans un
champ de blé, à Havelu,
près d’Anet. Le pilote survit mais les Allemands lui
tirèrent dessus. Il rampa jusqu’au bord du champ et, au
hameau les Branloires, un homme (M. Roland Larson) vint à
son encontre et M. Pelletier lui ramena des vêtements
civils. Ils l’emmenèrent ensuite à Anet chez Mme Paulette
Mesnard, la propriétaire du petit Café de la Mairie (Rue
Diane de Poitiers). Il fut caché dans une petite pièce
au-dessus du café durant deux semaines et il écrivit un
manuscrit (au verso des menus du restaurant) dédié à ses
parents et à sa fiancée. Il y décrit notamment le Jour J, sa
première victoire et sa récupération par la résistance
locale. Il fut ensuite emmené aux
Vieilles-Ventes chez M. René Farcy d’où un avion devait
venir le chercher pour l’Angleterre. Avant de partie, il
enterra son manuscrit dans une boîte enterrée dans le jardin
de Mme Mesnard, avec l’intention de revenir le revenir le
chercher après la guerre mais avait demandé à Mme Mesnard de
l’envoyer à ses parents s’il ne revenait pas. Caché une semaine
supplémentaire aux Vieilles-Ventes, il fut pris en charge
par un dénommé « Jean-Jacques » qui le conduisit à Paris. En
réalité, cet individu était le traître Jean-Jacques DESOUBRI
qui le remit directement à la Gestapo. Il fut emprisonné à
la prison de Fresnes où il fut interrogé très durement. Il
fut ensuite emmené à Buchenwald. Gravement blessé suite à
son interrogatoire, il mourut d’une pneumonie quelques mois
plus tard à Buchenwald, le 29 Novembre 1944 (il était né le
02 Janvier 1920 à Houston, Texas). Mme Mesnard a tenu sa promesse
et envoyé le manuscrit aux parents du Lt BECK en Janvier
1946 qui ont ensuite publié quelques exemplaires en son
honneur.
P-47 Nr 42-8473
Lt Levitt BECK
De gauche à
droite :
Lt Marion Benson, Lt Lewitt
Beck
(Photo Donald Smith) ![]() De gauche à droite : Edward Gaudet, Lewitt Beck, Bruce Long (photo
JL Gruson via Remy Chuinard)
1er
rang de gauche à droite :
2nd James L. BILLINGTON, 2nd Lt Bernard F.
DUGAN, Lt Levitt C. BECK
Rangée du milieu : Lt Bryce E. LONG,
Major Chester L. VAN ETTEN, 2nd Lt Edward R. GAUDET,
Lt ATHERTON et 2nd Lt Marion A. BENSON. Rang arrière : Lt Bryant L. CRAMER, et
DORSET III
Le bombardement de la gare de Courville A 08H30, la gare de Courville est bombardée par 6 avions américains attaquant successivement en piqué à basse altitude. 17 bombes sont larguées et un immeuble est endommagé.
Le restant de la journée du 29 Juin sera extrêment calme en Eure-et-Loir, sans autre attaque aérienne.
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