Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


NUIT DU 04 AU 05 JUILLET 1944

 

LE BOMBARDEMENT DE LA GARE DE VILLENEUVE-ST-GEORGE

Durant cette nuit du 04 au 05 Juillet 1944, les bombardiers du Commonweath sont chargés de bombarder les installations ferroviaires de Villeneuve-Saint Georges (Val de Marne), une cargaison importante de munitions et de matériel était attendue par les Allemands en gare de Villeneuve-Saint George.

La formation sera formée de 38 Lancaster des 408, 419 et 428 Squadron ainsi que de 64 Halifax des 424, 427, 429 et 433 Squadron.

Les rapports alliés révélèrent que 358 tonnes de bombes furent larguées d’une altitude comprise entre 9.000 et 13.000 pieds et que la gare fut lourdement endommagée.

Toutefois, les chasseurs de nuit allemands furent mis en alerte et purent intervenir activement pour intercepter les vagues de bombardiers.

L’Eure-et-Loir verra tomber quatre bombardiers sur son territoire.

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LE HALIFAX DE LAONS

 Le HALIFAX III LW123 (Code « BM-W ») du 433 Squadron (RCAF) décolla de sa base anglaise de Skipton-on-Swale à 22H16 avec pour mission de bombarder la gare de Villeneuve-Saint George.

A l’approche de l’objectif et en arrivant au-dessus de l’Eure-et-Loir, le bombardier canadien fut pris en chasse par un appareil allemand au-dessus de Blévy.

Le pilote fut mortellement touché et, très vite, le bombardier partit en dérive et entama sa chute.

Le Halifax s’écrasa finalement sur la Commune de Laons, 1km au Sud du lieudit « Thessily », avec cinq hommes à son bord.

L’opérateur-radio eut le temps de sauter en parachute mais l’altitude fut insuffisante pour permettre au parachute de se déployer. Il sera retrouvé mort par un habitant de Blévy.

Seul le navigateur canadien, John HARVIE put attraper son parachute et sauta alors que l’apparteil n’était plus qu’à 3.000 pieds d’altitude.


 

Equipage du Halifax III LW123

Au fond – de gauche à droite : Robert LONGLEY, Gordon BAIRD, Hugh FRASER, Thomas JENKINS.

Devant – de gauche à droite : William WINDER, John HARVIE (collection Gerard Renault)

Equipage du Halifax III LW123

Au fond – de gauche à droite : William WINDER, Hugh FRASER, Thomas JENKINS, Robert LONGLEY

Devant de gauche à droite : John HARVIE, Gordon BAIRD, ?

 

P/O William Gordon BAIRD (Source: www.veteran.gc.ca)

 

Donald Frederick WILSON

(collection privée)

Robert Thomas William LONGLEY

(collection privée)


William Henry WINDER
 (Source: www.veteran.gc.ca)



Thomas Corson JENKINS
 (Source: www.veteran.gc.ca)

 

L'EVASION DU P/O John HARVIE

L’évasion de John HARVIE débuta au Nord de Blévy où il atterrit sur le côté de la route départementale n°133. Il cacha immédiatement son parachute dans un champ de blé. Son parachute fut vraisemblablement découvert plus tard par un agriculteur lors de la moisson de son champ au lieudit « les commanderies ». John HARVIE passa la première nuit un peu plus bas. Dans la nuit du 05 au 06 Juillet, il se dirigea vers le Sud en coupant à travers champs, après avoir traversé la D133 et descend la route en direction de Blévy mais erra durant trois jours dans la campagne environnante. Il observa les restes d’un Halifax, celui du 431 Squadron, qui se crasha le 08 Juin 1944 au lieudit « Les Touches ». Il marcha alors plein Sud en prenant soin d’éviter Chateauneuf-en-Thymerais. Epuisé et affamé, il se décide à demander le gîte et le couvert dans une ferme. Durant trois jours, il fut caché dans la ferme permettant ainsi à sa propriétaire (Mme Jeanine DESMUDOIS) de contacter la résistance locale, le Colonel LECOINTRE, un officier retraité, résistant dans le secteur de Brezolles. Des vêtements civils et des chaussures lui seront donnés et il retrouva deux de ses compatriotes, les Lt GRENON et HETHERINGTON (tombés la même nuit près de Saint-Arnoult-des-Bois), chez M. AUGOULVANT, résistant de Thimert. Et pourtant, son calvaire ne fait que commencer… En effet, John HARVIE est pris en charge par un couple de nouveaux résistants qui l’emmène à Paris avec trois autres aviateurs britanniques. Mais ce « faux » résistant, nommé DESOUBRI, était un traître qui livrait les aviateurs à la Gestapo, Rue des Saussaies à Paris. L’aviateur canadien fut enfermé à la prison de Fresnes puis déporté en train à Buchenwald du 20 Août au 19 Octobre 1944, avant d’être reconnu comme prisonnier de guerre puis interné au Stalag Luft III de Sagan en Pologne. Il ne sera libéré qu’au printemps 1945 à Lübeck (Allemagne) par les troupes anglaises.

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John HARVIE (collection Gerard Renault)

Inscriptions réalisées par John HARVIES dans sa cellule

de la prison de Fresnes lors de son départ pour l’Allemagne,

 face à l’avancée des troupes alliées en Normandie.

 

Il y fut détenu du 14 Juillet au 10 Août 1944.

 

A noter, les inscriptions :

“GOD SAVE THE KING!” – Que Dieu sauve le Roi

(hymne national des Pays du Commonwealth)

“LONG LIVE THE ALLIES” – Longue vie aux Alliés

 

 

En 1991, John HARVIE vient se recueillir sur les tombes de ses six camarades dans le cimetière communal de Laons, où ils demeurent aujourd’hui encore.

De gauche à droite : R. Longley - W. Winder - J. Marler - T. Jenkins - D. Wilson - W. Baird

               


LE HALIFAX DE SAINT-ARNOULT-DES-BOIS

Un second Halifax du même squadron est abattu dans des circonstances similaires à quelques kilomètres. Le HALIFAX LW120 (Code « BM-E ») du 433 Squadron s’abat en flammes à Saint-Arnoult-des-Bois au nord du lieudit « Tronchet-Maquereau » vers 03H00. La ville de Villeneuve-Saint-George était également son objectif initial.

Les dommages subis par le bombardier sont moindres, ce qui permit au pilote d’ordonner l’évacuation de l’appareil. Tous sauterèrent en parachute, excepté le pilote Bernard YUNKER et un des mitrailleurs, William GRACIE.

 

 

Les corps du  F/L YUNGER  et du Sgt GRACIE reposent aujourd’hui encore au cimetière communal de Saint-Arnoult-des-Bois.

    

Tombe de Saint-Arnoult-des-Bois

Une plaque commémorative fut également apposée au cimetière canadien de Saint-Joseph, en l’honneur du F/L YUNKER.

F/Lt Bernard YUNKER

   
Sgt William GRACIE

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L'EVASION ECHOUEE DES F/S GRENON ET F/O HEATHERINGTON

Le F/S GRENON et le F/O HEATHERINGTON sautèrent en parachute et regagnèrent le sol sain et sauf.

Ils furent recueillis dans un premier temps par M ANGOULVANT de Thimert qui appartenait à la résistance locale de Chateauneuf-en-Thymerais.

Voici son témoignage : « Le 6 Juillet 1944, je fus informé par mes ouvriers de retour des champs du passage d’un homme leur ayant demandé des renseignements sur les patrouilles allemandes. Pensant aussitôt que c’était un aviateur anglais tombé en parachute, j’ai retrouvé celui-ci dans les champs et ramené chez moi, habillé en civil, fait une carte d’identité et, après l’avoir restauré, nous avons essayé de retrouver ses camarades d’équipage. Nous en avons retrouvé un à 16H00 et je les ai logés et couchés chez moi durant deux jours et les ai ensuite passés à M. Ch. BAZILLE, chef local de la résistance. Voici les noms et matricules de ces deux hommes :

-   Airman Lt GRENON RCAF Can R 135 306

-   Officier S. G. HETHERINGTON B. RCAF Can J 29 688

Le 8 Juillet suivant, sur ordre de M. BAZILLE, j’ai été chercher trois aviateurs supplémentairers chez M. SEYERY et les ai hébergé et logé pendant trois jours dans une maison inhabitée de la Picotière, Commune de Thimert. Ces hommes ont été remis par la suite entre les mains de M. BAZILLE ».

Ces trois aviateurs étaient STEVENSON, GIBSON et HARVIE :

- Le F/O STEVENSON et le Sgt GIBSON appartenaint à l’équipage du Lancaster KB727 qui s’écrasa à Chartrainvilliers dans la nuit du 04 au 05 juillet 1944.

- Le Sgt HARVIE appartenait au Halifax LW123 de Laons tombé dans la même nuit du 04 au 05 juillet 1944.

Les cinq aviateurs furent ensuite confiés au couple diabolique DESOUBRI/ORSINI qui les livra à la Gestapo. Les aviateurs furent incarcérés à Fresnes puis emmenés au camp de concentration de Buchenwald.

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Le F/S Leo GRENON, qui parlait le français (québécois), se rappelle avoir sauté en parachute à l’Ouest de Chartres. Quelques jours après, il fut caché et on lui donna des vêtements civils et de faux papiers d’identité. Il observa notamment des soldats allemands travailler sur une installation radar, sans nul doute, celle de Favières, près de Saint-Arnoult-des-Bois. Après sa capture, il fut roué de coups par les SS et la gestapo, allant plusieurs fois à l’hôpital.

 

 L'EVASION ECHOUEE DES F/O SCULLION ET SGT WATMOUGH

Le Sgt Georg Frank WATMOUGH atterrit en parachute à Gauville (???, peut-être Belhomer-Guéhouville?) près de Chartres. Il entrera son parachute dans un champ de maïs et s'endormit quelques heures. Au petit matin, il rencontra un paysan qui le cacha dans un bois à proximité. Il lui ramena ensuite des vêtements civils et de la nourriture. Il revint une nouvelle fois avec l'instituteur local qui parlait anglais et WATMOUGH demanda l'aide de la résistance locale. Le paysan l'emmena à Pontgouin où il resta caché dans une ferme durant trois jours. Le second jour, il fut rejoint par son camarade, le P/O Patrick SCULLION. Au matin du troisième jour, ils partirent à Villebon où ils furent cachés dans le chateau. Le fermier les informèrent qu'il était possible qu'un avion vienne les chercher pour les ramener en Angleterre mais, le lendemain, il ajouta qu'il allait emprunter un chemin différent. Une voiture arriva avec un homme anglais et deux gendarmes (sans doute pour les interroger). Ensuite, ils marchèrent jusqu'à Chartres accompagné d'un guide et, après le déjeuner, ils empruntèrent une voiture qui les attendait. Etaient présents dans la voiture, deux autres aviateurs américains (Sgt HORRIGAN et Lt SMITH) et un aviateur anglais (Sgt MARSHALL). Ils furent conduits jusqu'à Voissen, dans la maison d'un constructeur automobile à la gare de St-Cloud. Ils y restèrent une nuit et, l'après-midi suivant, vers 17H00, ils furent emmenés à Paris jusqu'à un camion rempli d'envion 15 autres aviateurs alliés. Ils furent alors trahi et remis au quartier général de la Gestapo.

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Le témoignage du Sgt MARSHALL (mécanicien dans le Lancaster ND627 qui s’écrasa à Orléans dans la nuit du 04 au 05 Juillet 1944) confirme les circonstances de cette trahision par l'agent double dénommé Jean-Jacques DESOUBRI :

« Je fus abattu lors de ma troisième mission qui était un raid de nuit sur Orléans. Je m’éjectai de mon appareil avec succès, bien que blessé. Comme je marchai le long d’une route, je rencontrai une partie des Français qui avaient vu le raid. Un français et sa femme m’accueillirent dans leur maison et je restai jusqu’au matin du 06 Juillet 1944. De là, un résistant me fournit des papiers d’identité et une bicyclette. Un guide fourni par ce même homme m’accompagna à Orgères-en-Beauce, sur la route Orléans-Chartres. Je restai avec une femme jusqu’au matin du 10 Juillet 1944. Elle avait déjà hébergé le Major MAHURIN de l’USAAF qui rentra chez lui précédemment.

Une voiture conduite par un jeune homme, accompagné d’une femme aux cheveux roux (29 ans environ tous les deux), de noms inconnus, m’emmenèrent à Chartres. En route, nous avions pris deux aviateurs américains (Sgt HORRIGAN et Lt SMITH). A Chartres, nous avons pris le F/O SCULLION (RCAF) et le Sgt WATMOUGH (RAF). Nous avons été conduits à la Gare de Saint-Cloud. Nous avons été pris par une autre voiture conduite par un homme obèse âgé de 45/50 ans, portant des lunettes et parlant un bon anglais mais avec un accent allemand. Il précisa qu’il venait de Pasedena. Il nous conduisit dans une maison à Paris où nous rejoignions six autres aviateurs qui partaient une heure et demie après. On nous apprit que nous partirions également le lendemain.

Le lendemain, nous fûmes conduits à deux miles environ et cachés ensuite dans un camion. Le camion était entouré de civils armés et nous fûmes transportés au quartier général de la Gestapo…Nous étions 16 dans ce camion. Je suis convaincu que la trahison se fit au niveau du jeune homme accompagné de la femme aux cheveux roux mais je n’en suis pas sûr. Après avoir été interrogé, menacé d’être exécuté et accusé de sabotage, nous fûmes transportés à la prison de Fresnes vers 22H30 le 11 Juillet 1944. Je fus mis en cellule d’isolement jusqu’au 15 Août 1944. Durant cette période, je fus interrogé à trois reprises. Je fus transporté au camp de concentration de Buchenwald du 20 Août 1944 au 21 Octobre 1944 puis au Stalag Luft 2 du 21 Octobre 1944 au 10 Avril 1945. Le 27 Janvier 1945, nous marchions de Sagan à Spremburg et, de là, jusqu’à Tarmsted en train. Nous fûmes libérés le 02 Mai 1945 par la 11th Armoured Division » (récit daté du 26 Septembre 1945).

Rapport du Sgt MARSHALL (Page 1 / Page 2)

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L'EVASION REUSSIE DU F/O WIOME

Seul le F/O Michael WIOME (matr. J/29929 RCAF) réussit réellement son évasion. Il atterrit vers Digny et fut recueilli par un agriculteur qui le transporta dans une charrette jusqu’au camp de maquisards de Fréteval. Il fut libéré le 13 Août 1944, à l’arrivée des troupes terrestres américaines dans la région de Châteaudun.

Le 18 Août 1944, il regagne la Grande-Bretagne.

En savoir plus sur le camp d'évasion de Fréteval

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LE CRASH DU LANCASTER DE CLEVILLIERS

 Le LANCASTER X n°KB727 (Code  « VR-H ») du 419 Squadron s’écrase également à l'Est de Clévilliers. Le bombardier décolla de sa base de Middleton St George à 21H51 et son objectif était Villeneuve-Saint-Georges.

Vers 01H30, il fut attaqué à son retour par un Ju-88 et le moteur gauche prit feu. L’ordre d’évacuation fut immédiatement donné par le pilote et l’ensemble des aviateurs purent regagner le sol sain-et-sauf.

 

Le F/O Allan SMITH effectua un atterrissage en douceur, cacha immédiatement son parachute dans un sous-bois et se débarrassa de son revolver « Smith et Wesson ». Au cours de son deuxième jour d’errance dans la région de Chartres, il entra en contact avec la résistance locale qui le cacha chez Jean LEGRAND, cultivateur et chef de maquis dans le petit village de Berchères-la-Maingot et ce, jusqu’au 15 Juillet 1944. La nuit, il se cachait dans un placard. Peu après, il fut rejoint par un autre aviateur en perdition, le Sergent David HIGH, radio-opérateur du Lancaster n°KB718 qui s’écrasa à Chailly-Fontainebleau dans la nuit du 4 au 5 Juillet 1944.

Après deux semaines, il fit la connaissance d’une résistante, une opératrice-radio du nom de « Ginette » (nom de Code).

Cette Ginette était une femme remarquable qui transmettait en moyenne trois messages codés de vingt minutes par jour vers Londres et en recevait autant. Au cours du mois de Juillet 1944, elle fut continuellement traquée par l’occupant nazi qui cherchait à la localiser par triangulation. Plusieurs fois, elle manqua d’être repérée mais son sang-froid et la protection de ses camarades résistants (Réseau de résistance du Secteur Nord) lui permit d’échapper à l’ennemi.

Les émissions devant donc être effectuées de lieux différents, Ginette vint un jour de Juillet émettre à partir de la maison de  Berchères-la-Maingot où elle rencontra à des aviateurs alliés recueillis par la résistance. Ces aviateurs étaient Allan SMITH et le Sgt David HIGH qui purent échanger abondamment avec Ginette qui parlait couramment l’anglais. Bien plus, ils furent pris d’admiration pour cette femme courageuse et ses camarades qui exerçaient en milieu ennemi, au péril de leur vie.

Vers le 15 Juillet, des gens vinrent frapper à la porte de la maison à la recherche d’un officier anglais et la situation imposa de cacher le F/O SMITH et le Sgt HIGHT dans un autre lieu plus sûr. Il fut décidé transférer les deux aviateurs vers l’Espagne, en passant par les Pyrénées.

 

F/O SMITH et la résistance locale

F/O Allan SMITH en Octobre 1944

 

Le 18 Juillet, Jean-Jacques DESOUBRI, un agent de la Gestapo qui a infiltré les réseaux d’évasions de la région de Chartres se rend en voiture à Berchères-la-Maingot pour prendre possession de ses « colis » et les emmener à Paris. Ce dernier était accompagné de sa maîtresse aux cheveux roux, Mme ORSINI surnommée « the red haired woman ».

Arrivés à Paris, ils dormirent à Paris mais, très vite, ils perçurent un certain malaise. Le lendemain, ils traversèrent Paris en voiture et à toute allure, passant à proximité de la Tour Eiffel jusqu’à un barrage routier allemand. Visiblement, les aviateurs étaient attendus, deux soldats allemands montèrent dans le véhicule et ordonnèrent au chauffeur de continuer sa route et, après un court trajet, ils arrivèrent à la Prison de Fresnes. Les aviateurs furent vendus à l’ennemi. Le F/O Allan SMITH ajouta « la prison de Fresnes était un sale endroit. Un bâtiment de quatre étages, avec plus de 1.500 cellules. L’entrée d’un camp de concentration… Un endroit dégoûtant. Des rongeurs avec des puces et des bestioles de toutes sortes. Il y avait régulièrement des exécutions et entendait des hurlements toute la nuit, ainsi que le bruit des tirs de fusils des exécutions ».

Le 15 Août 1944, face à l’avancée des alliés, la prison fut évacuée et les 168 aviateurs furent entassés en surnombre dans des wagons à bestiaux. Le transfert dura cinq longs jours pour arriver au camp de Buchenwald. Le 20 octobre, il semble que l’un des officiers de la Luftwaffe visita l’hôpital du camp de Buchenwald et constata que des aviateurs alliés y étaient emprisonnés alors que le Stalag III était dédié à ce type de prisonniers. L’ordre de transfert vers le STALAG III fut immédiatement donné et le F/O SMITH qualifia ce nouveau camp de beaucoup plus confortable. Il fut libéré par les forces allées en Mai 1944.

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De son coté, le Sgt  J.T.  PETT réussit dans un premier temps son évasion mais il fut finalement capturé le 8 Juillet puis interné dans le Stalag Luft 7, à Bankau.

 

 

Sgt Frederic Samuel VIMECOMBE et Sgt James Thomas PETT

 

Quant au pilote du Lancaster n° KB727, le F/O Joel STEVENSON, il réussit à sauter en parachute et à regagner le sol sain et sauf. Il enterra son parachute dans un champ de blé pour le cacher et fut rejoint par le Sergent GIBSON. Tous deux prirent la direction du Nord-Est pendant environ 18 miles. Bien cachés, ils dormirent dans un champ de blé jusqu’à midi. Le F/O STEVENSON se débarrassa de son révolver et de ses munitions mais conserva son uniforme. Vers 17H00, il s’approcha d’un fermier qui leur apporta de la nourriture et qui les accueillit quelques heures chez lui avant de les conduire dans une ferme où ils passèrent la nuit.

F/O  Joel M. STEVENSON   RCAF

(Source: John Stevenson)

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Le lendemain (6 juillet), un homme leur fournit de la nourriture et des vêtements civils et ils furent rejoints par le mitrailleur dorsal de l’équipage YUNKER (qui fut abattus lors de la même nuit).

Le 10 Juillet, les trois aviateurs furent emmenés dans une autre ferme où ils rejoignirent le Lt PRUDHAM ainsi que le bombardier et le mitrailleur dorsal de l’équipage YUNKER. De toute évidence, les trois membres réunis de l’équipage YUNKER étaient Louis GRENON, Pat SCULLION, Stan HEATHERINGTON.

Le 12 Juillet, les six aviateurs furent conduits vers Paris en voiture par le très cynique DESOUBRI (faux résistant infiltré de la Gestapo) et passèrent la nuit dans une maison vide. Le lendemain, le groupe fut divisé en deux (Gibson avec HEAD et PRUDHAM avec STEVENSON) et ils furent conduits dans un hôtel en périphérie de Paris. Au cours de l’après-midi du 14 Juillet, un américain qui disait venir de Barcelone vient leur poser des questions sur l’aviation alliée et ils devinrent immédiatement suspicieux et décidèrent de ne pas répondre aux questions.

Peu après, ils furent conduits au quartier général de la Gestapo par DESOUBRI. Le F/O STEVENSON fut interrogé sur son emploi civil, son âge, sa religion et ses sentiments envers les Russes. Un fourgon de la Police les emmena à la prison de Fresnes. John HARVIE (membre de l’équipage de BAIRD) et le bombardier et le mitrailleur de l’équipage YUNKER étaient également dans le fourgon. En prison, ils furent privés de tout, excepté de leurs sous-vêtements, chemises et pantalons.

 

Le 15 Août 1944, les prisonniers furent emmenés en camion à la Gare de l’Est puis montés dans un train en partance pour le camp de Buchenwald (70 hommes par wagons). Dans ce wagon, se retrouvèrent STEVENSON, les radio-opérateur, mécanicien et mitrailleur de l’équipage de YUNKER, John HARVIE, F/O PRUDHAM, F/O SMITH, W/O HEAD, Sgt GIBSON, Sgt VINECOMBE et le radio-opérateur de l’équipage FRAKE, ainsi que le navigateur et le bombardier de l’équipage VICKERMAN (432 Squadron). Le deuxième jour, vingt hommes supplémentaires furent montés dans le wagon et seule une miche de pain fut distribuée en trois jours mais, heureusement, la Suisse et la Croix Rouge française apportèrent de la nourriture supplémentaire.

 

Le wagon comptait aussi un aumônier prisonnier qui avait caché sur lui une lime à ongles. Ils l’utilisèrent pour arracher quelques planches dans le plancher du wagon et STEVENSON réussit son évasion le 18 Août en se dissimulant dans un sous-bois avec deux officiers français, à quarante kilomètres à l’Est de Paris environ. Tous trois se rendirent à Mezy-Moulins où ils passèrent les deux nuits suivantes. Puis, STEVENSON fut emmené à Château-Thierry où il fut caché au-dessus d’une boutique jusqu’au 28 Août, date de l’arrivée des Américains. Il fut interrogé par le I.S.9 puis regagna l’Angleterre le 4 Septembre 1944, via Bayeux.

Cette fois-ci, le F/O STEVENSON réussit à atteindre la ligne de front, grâce à l’avancée rapide des troupes terrestres américaines. Il fut recueilli par les soldats américains et envoyé à l’arrière du front. Il regagna l’Angleterre, via Bayeux, le 3 septembre 1944 et reçut la croix de guerre française le 10 Octobre 1945.

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LE BOMBARDEMENT D’ORLEANS

Le bombardement de la ville d’Orléans fut réalisé par une formation composée de 282 Lancaster et par cinq Mosquito. Quatre pertes de Lancaster seront enregistrées dont une en Eure-et-Loir.

Ce bombardier est le LANCASTER III n° de série NE174 (Code « AR-M ») du 460 Squadron qui s’abat en flammes, à Donnemain-Saint-Mames (lieudit « Boucharville ») vers 01H30. Il avait décollé de sa base anglaise de Binbrook à 22H08 et son objectif était la ville d’Orléans.

 

 

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Seuls quatre corps furent retrouvés et furent inhumés au cimetière communal de Donnemain: Les corps de SOLOMON, WILLS, MICKEFIELD et McLEAN reposent aujourd’hui encore dans le cimetière communal de Donnemain-Saint-Mames.

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Dans un premier temps, les autorités locales pensèrent que les trois autres aviateurs avaient pu s’échapper mais les trois aviateurs manquants furent portés disparus après la guerre, malgré une longue enquête menée jusqu’en Septembre 1947 par les autorités australiennes:

- M. PIGEON, secrétaire de mairie de Donnemain se rendit dès le matin du 5 Juillet sur les lieux du crash. Il vit 4 corps dans ou à proximité des débris de l’appareil. Ils étaient gravement brûlés mais plus ou moins intacts. M. PIGEON pensait peu probable qu’il y ait d’autres restes humains dans ou à proximité des débris.

- M. MORIZE de Donnemain vit l’appareil chuter avec l’aile gauche et ses moteurs en feu et vit deux parachutes quitter le bombardier et descendre de façon normale. Le lendemain, il constate trois corps dans les débris de l’avion et un quatrième à 30 yards de ce dernier.

- De son côté, un fermier de Donnemain, M. PELLETIER vit un parachutiste sauter de l’appareil en feu mais ses vêtements étaient également en flammes. Il entendit ses cris alors que le parachute dérivait avec le vent.

Le parachute fut retrouvé le lendemain matin par un ouvrier agricole (M. R. CORDIER) à Douy, avec les bretelles complètement brûlées mais sans corps. Le corps ne fut jamais retrouvé.

 

Finalement, les noms des F/S JOY, MOLLET et CLARK fut ajoutés au Mur des Disparus sur le Mémorial de Runnymede.

 

Sgt George MICKELFIELD

(Coll. Louis A. MICKELFIELD)

F/S Ivan H. CLARK

 

Sgt Fréderick David WILLS

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LE MOSQUITO DE DONNEMAIN-SAINT-MAMES

Curieusement, les tombes des aviateurs du Lancaster NE174 sont enterrés à Donnemain près de deux autres tombes militaires : W/O Bryan WARD (matr. 403484) et Frederick Allen READ (matr. 1529486), tous deux du 487 Squadron (RNZAF) et morts dans la nuit du 4 au 5 Juillet 1944, également…

Tombes de Donnemain (de gauche à droite):

Frederick A. Read - Bryan Ward - Leslie McLean et George C. R. Micklefield - John A. Solomon et Frederick D. Wills

W/O Bryan WARD

 

Ces deux hommes constituaient l’équipage d’un chasseur de nuit néo-zélandais, le Mosquito FB. VI n° de série  HX917 (Code « E-EG ») appartenant au 487 Squadron dont le pilote état l’officier Bryan WARD (24 ans et 26 missions à son actif) accompagné de son navigateur, Frederick READ.

Mosquito HX917

 

Dans la nuit du 04 au 05 Juillet 1944, cet appareil disparut alors qu’il était chargé d’une mission de patrouille de nuit pour surveiller (et attaquer si nécessaire) tous mouvements sur les routes et les voies ferrées.

Compte tenu de ces deux crashs en un lieu et à une heure identiques, il est vraisemblable que la perte de ces deux appareils soit la conséquence d’une collision en plein vol. La mort de l’ensemble des équipages démontre la soudaineté de l’accident, ne laissant aucune chance aux aviateurs.

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 .LE CRASH D'UN LANCASTER DANS ORLEANS.

Toujours dans la nuit du 04 au 05 juillet 1944, le Lancaster ND627 du 12 Squadron (RAF) est chargé de bombarder les voies ferrées aux Aubraies, au Nord d'Orléans. Vers 02h00, et dans des circonstances inconnues, le bombardier s'écrase Rue de la Barrière St-Marc à Orléans. Quatre des sept membres d'équipage périront dans ce crash. Deux membres furent capturés très rapidement et un troisième réussit dans un 1er temps à échapper à l'occupant.

Cet aviateur, le mécanien, le Sgt William MARSHALL (matr. 1049396) effectuait sa 3ème mission lorsqu'il sauta en parachute dans la périphérie d'Orléans. Il se mit à matrcher le long d'une route principale lorsqu'il rencontra un groupe de français qui avait assisté au bombardement. Un français et sa femme l'emmèrent chez eux où il resta jusqu'au matin du 06 juillet. Pendant son séjour là-bas, un homme vint le voir. Il prétendait avoir été un agent de liaison entre les Français et les Américains pendant la 1ère guerre mondiale. Il lui fournit une carte d'identité et un vélo.

Un guide fourni par le même homme l'accompagna à Orgères, entre Orléans et Chartres. Là, il séjourna jusqu'au matin du 10 juillet. Elle précisait avoir également hébergé le Major MAHURIN.

Une voiture conduite par un jeune homme (Jean Jacques DESOUBRI) accompagné d'une jeune fille rousse (Mme ORSINI) m'a emmené à Chartres. Sur la route, nous avons pris en charge deux aviateurs américains (Sgt Roy Joseph HORRIGAN et le Lt James Henry SMITH du 493rd BG - B-24 n° 42-52759 crashé le 22/06/1944 à Chambord) puis, à Chartres, les P/O Patrick SCULLION et Sgt George Frank WATMOUGHT (RCAF du 433 Squadron). Ils furent conduits à la station Saint-Cloud puis pris en charge par une autre voiture conduite par un homme corpulent, entre 45 et 50 ans, portant des lunettes à monture à écailles et parlant un bon anglais avec un accent allemand. Il disait venir de Pasadena. Les 4 aviateurs furent conduits dans une maison à Paris (adresse inconnue) où ils retrouvèrent 6 autres aviateurs qui partirent une demi-heure après pour une destination inconnu. Il fut annoncé aux 4 aviateurs qu'ils partirait à leur tour le lendemain.

Le lendemain, ils furent accompagnés sur 3 kilomètres puis ils montèrent dans un camion qui était entouré de civils armés de pistolets-mitrailleurs. Les ridelles du camion furent abaissées et l'homme de Pasadena leur dit de garder la tête à l"ntérieur. Ils furent malheureusement directement conduits au quartier général de la Gestapo. Ils étaient au nombre de 16 dans le camion. Le Sgt William MARSHALL eut le sentiment que la trahison provenait du jeune homme et de la jeune femme rousse qui virent le chercher à Orgères.

Il fut giflé, accusé d'être un saboteur et prévenu qu'il allait être fusillé, il fut emmené à la prison de Fresne vers 22h30 le 11 juin et placé en isolement jusqu'au 15 août. Il fut interrogé à trois reprises. Sa suite de son parcours est celui des 168 aviateurs conduits à Buchenwald.

   Site "France-Crashes 39-45" et sa page dédiée aux aviateurs déportés à Buchenwald

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LE REVENDICATION DES PILOTES ALLEMANDS DE NUIT

Durant cette nuit du 04 au 05 Juillet 1944, les pilotes de chasse de nuit allemands revendiquèrent de nombreuses victoires sur des quadrimoteurs dont voici la liste partielle :

Aviateur allemand

Escadrille

Heure

Lieu

Uffz. Friedrich FRICK

2./NJG2 (Ju-88 C/G basé à Châteaudun)

 

Mantes (2.000 mètres d'altitude)

Lfn. Lothar JARSCH

6./NJG2  (Ju-88 C basé à Coloummiers)

 

Vers Dreux ( 1.500 mètres d'altitude)

Oblt. Adolf KAISER

1./NJG2  (Ju-88 C/G basé à Châteaudun)

 

Sud Ouest de Chartres ( 1.400 mètres d'altitude)

Fw. Ernest REITMEYER

1./NJG5  (Bf-110 basé à Saint-Dizier)

02H00

Orléans (2.500 mètres d'altitude)

Fw. Ernest REITMEYER

1./NJG5  (Bf-110 basé à Saint-Dizier)

 

Sud d'Orléans (2.500 mètres d'altitude)

Uffz SCHULZE

6./NJG2  (Ju-88 C basé à Coloummiers)

 

Rambouillet (2.500 mètres d'altitude)

Hptm Fritz SÖTHE

4./NJG4  (Bf-110 basé à Coulommiers)

01H31

Chartres (1.800 mètres d'altitude)

Hptm Fritz SÖTHE

4./NJG4  (Bf-110 basé à Coulommiers)

 

Artenay (7.000 mètres d'altitude)

Ofw. Johannes STRAβNER

2./NJG2  (Ju-88 C/G basé à Châteaudun)

 

Ouarville/Est de Chartres (1.000 mètres d'altitude)

Ofw. Johannes STRAβNER

2./NJG2  (Ju-88 C/G basé à Châteaudun)

01H45

Sud Ouest de Chartres (800 mètres d'altitude)

 

Bien entendu, il est difficile (voire impossible) d’attribuer tel ou tel crash à un pilote allemand puisque les combats furent nombreux, confus lors de cette nuit du 04 au 05 Juillet 1944 dans la région de Chartres-Orléans.

La localisation des victoires allemandes demeurent imprécises, notamment en raison des vols de nuit.

Ju-88 C

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LE CRASH D'UN CHASSEUR DE NUIT ALLEMAND A BAILLEAU-LEVEQUE
Lors de ces combats aériens, un appareil allemand fut également abattu et s'écrasa sur la Commune de Bailleau-Lévêque. Les archives de la Défense Passive confirme que l'un des aviateurs est tué, l'autre est blessé.


Cet appareil allemand semble être le Ju-88 R-2 n° de série 751065 (Code tactique 4R+LN) du 5./NJG2 qui avait décollé de Coulommiers à 22h42. Il a été déclaré "détruit" à 100% après s'être écrasé près de Chartres et après avoir été abattu par un appareil « ennemi ».

Les membres de l'équipage étaient:

- Pilote: Ofw. Fritz FARRHERR (tué)

- Bf: Gefr. Josef SCHMIDT (blessé mais saute en parachute)

- Bs: Ogfr. Heinz BÖHME (tué)

Source : Livre Deutsche Luftwaffe Losses & Claims du 1er au 15 Juillet 1944 de Michael Balss

 

Listing des pertes de la II./NJG2 (source: Philippe DUFRASNE)

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Il semble qu'il ait été abattu le Mosquito piloté par les officiers Percy George BAILEY (pilote n°120.522) et James Osmond MURPHY (navigateur n°148.460) du 169 Squadron.

Source : Livre « Moskitopanik ! » de Martin W. Bowman

Ju-88 R-2 du NJG2


Fritz FARRHERR est né le 05 Octobre 1914 à Guben.

Il fut tué près de Chartres le 04 Juillet 1944.

Son corps repose désormais au cimetière militaire allemand de Solers (77). Bloc 2, Rang 15, Tombe 733.

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Heinz BÖHME est né le 05 Août 1923 à Nordhaussen.

Il fut tué à Chartres le 04 Juillet 1944, à l’âge de 20 ans.

Son corps repose désormais au cimetière militaire allemand de Solers (77). Bloc 1, Rang 16A, Tombe 686.

    
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LE CRASH DU B-24 CARPETBAGGERS DE TRANCRAINVILLE

 Dans la nuit du 04 au 05 Juillet 1944, une nouvelle mission codée "Ventriloquits 35" fut confiée à un des équipages du 801st BG surnommé le « CARPETBAGGERS ». Elle consistait à parachuter des armes et du matériel aux maquisards du Loir-et-Cher. Cette mission sera confiée à l’équipage du Lt BROTEN (9ème mission pour cet équipage).

D’une façon plus générale, le 801st Bomber Group était une structure particulière de la 8ème Air Force. En effet, dès l'engagement des forces américaines dans le conflit européen, il fut convenu que les bombardiers lourds du Commonwealth voleraient de nuit et que les bombardiers américains voleraient de jour.

Or, les B-24 du 801st Bomber Group volaient également de nuit pour ravitailler les maquis français en armes, munitions et autres, par parachutages. Ces ravitaillements étaient bien souvent vitaux pour la résistance française et l'action du 801st BG permettait d'harceler sans cesse l'ennemi. Les hommes d'équipage de ces bombardiers furent appelés les "CARPETBAGGERS" à partir des années 1960-70 lors de la naissance d'une association leur rendant hommage.

Dans la soirée du 04 Juillet 1944, à 23H13, le bombardier B-24 D n° 42-72873 du Lt BROTEN du 36th Bomber Squadron décolla de sa base d'Harrington (Northamptonshire) à 23h13 pour sa 8ème mission depuis le 03 Juin 1944. Depuis la mission du 15 Juin 1944, le Lt Alfred EMERT remplace le Lt ZUCKERMAN dans sa fonction de navigateur.

L’appareil prit la direction du Loir-et-Cher en prenant soin de contourner les zones sensibles telles que les bases aériennes allemandes (Evreux, Châteaudun, Dreux, Orléans,...).

Arrivé au-dessus du lieu de largage, la mission est réalisée avec succès et l'appareil prend immédiatement le chemin du retour, en prenant le soin de passer au Nord d'Orléans vers 01H45-02H00.

Comme nous l’avons vu précédemment, au même moment (vers 01H30), les Lancaster de la RAF ont comme mission de bombarder la ville d'Orléans et la base aérienne de Bricy. Cette importante activité aérienne eut pour inconvénient d'attirer les chasseurs de nuit allemands et un véritable carnage eut lieu dans le ciel s'étendant d'Orléans à Rambouillet.

Par malchance, le bombardier B-24 fut pris dans ces combats aériens et fut touché par un chasseur de nuit allemand qui s’approcha par l’arrière, légèrement en-dessous. Ce dernier tira une vingtaine de balles incendiaires de calibre 50. Immédiatement, un incendie se déclencha et une terrible explosion s'en suivit.

L'appareil explosa en plein vol et s'écrasa à 02H00 dans un champ à Trancrainville.

Rapport de la Défense Passive (Source: AD28)

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Rapport allemand - Crash de Trancrainville (source: catalog.archives.gov)

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Trois corps brûlés furent retrouvés dans l'épave, deux à proximité et deux autres dans le champ voisin. Seul un des aviateurs eut le temps de sauter en parachute. Voici les membres de l'équipage :

 

Les corps furent inhumés dans les jours suivants par les soldats allemands au cimetière communal des Aubrais (Loiret). Après la guerre, le corps d'Harry SPARKS fut déplacé au cimetière militaire d'Epinal et les autres corps de l'équipage furent rapatriés aux USA.

 

Lors du crash, le co-pilote Edward TAPPAN aida son pilote à maintenir les commandes de l'avion. Toutefois, lors de l'explosion de l'appareil, il se trouva éjecté à l'extérieur et il ouvrit son parachute. C'est un arbre qui lui rendit l'atterrissage moins brutal. Aux dires des témoins, cet arbre était le seul des environs. Il traversa la plaine, se dirigeant au hasard vers Neuvy-en-Beauce puis il demanda de l'aide à deux dames qui passaient par là.

M. SEVESTRE intervint quelques temps après et conduisit l'aviateur jusqu'à Neuvy-en-Beauce, chez Lucienne BALLOT qui tenait un café, dont le mari était prisonnier de guerre. Il aurait ensuite été logé au fur et à mesure par différents résistants locaux puis orienté sur le camp de Fréteval, jusqu'à la libération de la région par les troupes américaines. Un document officiel précise que l'aviateur fut aussi hébergé par Mr Jean-Pierre FAUCON à Neuvy-en-Beauce.

Voici le témoignage du 2nd Lt TAPPAN:

Rapport d'évasion du 2nd Lt Edward TAPPAN

En savoir plus sur le camp d'évasion de Frèteval

 

Le 07 Juillet 1944, les soldats allemands évacuèrent les débris du B-24 pour les transporter sur la base aériene de Saran afin d'en y étudier la technologie américaine.

 

MACR n°5149 (B-24 piloté par le Lt BROTEN)

Lors de la commémoration du 50ème anniversaire, le 14 Août 1994, une stèle fut inaugurée sur les murs du cimetière communal de Trancrainville et le 2nd Lt TAPPAN marqua cette cérémonie de sa présence.

Edward TAPPAN, seul survivant de cet accident, décéda le 10 Octobre 1996.

 

B-24DSA (SA= modifié pour les opérations de parachutage). Archives Serge BLANDIN

 

 

Rang du fonds: Emert, Gehue, Tappan, Broten

Rang du devant : Non identifiés

Au printemps 1944 à la base d’Harrington (angleterre)

 

(Rang du fond: Gehue, Tappan, Broten, Emert)

Rang de devant : Non identifiés

Au printemps 1944

 

John O. BROTEN (Photo Serge Blandin)

Alfred EMERT ( Photo Serge Blandin)

 

               

Alfred EMERT et son épouse (Photo Serge Blandin)

Edward TAPPAN en 1943 (Photo Serge Blandin)

               

 

 

 


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