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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| NUIT DU 04 AU 05 JUILLET 1944 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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LE
BOMBARDEMENT DE LA GARE DE VILLENEUVE-ST-GEORGE Durant cette nuit du 04 au 05 Juillet 1944, les bombardiers du Commonweath sont chargés de bombarder les installations ferroviaires de Villeneuve-Saint Georges (Val de Marne), une cargaison importante de munitions et de matériel était attendue par les Allemands en gare de Villeneuve-Saint George. La formation sera formée de 38
Lancaster des 408, 419 et 428 Squadron ainsi que de 64
Halifax des 424, 427, 429 et 433 Squadron. Les rapports alliés révélèrent
que 358 tonnes de bombes furent larguées d’une altitude
comprise entre 9.000 et 13.000 pieds et que la gare fut
lourdement endommagée. Toutefois, les chasseurs de
nuit allemands furent mis en alerte et purent intervenir
activement pour intercepter les vagues de bombardiers. L’Eure-et-Loir verra tomber
quatre bombardiers sur son territoire.
A l’approche de l’objectif et en arrivant au-dessus de l’Eure-et-Loir, le bombardier canadien fut pris en chasse par un appareil allemand au-dessus de Blévy. Le pilote fut mortellement
touché et, très vite, le bombardier partit en dérive et
entama sa chute. Le Halifax s’écrasa finalement sur la Commune de Laons, 1km au Sud du lieudit « Thessily », avec cinq hommes à son bord. L’opérateur-radio eut le temps de sauter en parachute mais l’altitude fut insuffisante pour permettre au parachute de se déployer. Il sera retrouvé mort par un habitant de Blévy. Seul le navigateur canadien, John HARVIE put attraper son parachute et sauta alors que l’apparteil n’était plus qu’à 3.000 pieds d’altitude.
L'EVASION DU P/O John HARVIE L’évasion de John HARVIE
débuta au Nord de Blévy où il atterrit sur le côté de la
route départementale n°133. Il cacha immédiatement son
parachute dans un champ de blé. Son parachute fut
vraisemblablement découvert plus tard par un agriculteur
lors de la moisson de son champ au lieudit « les
commanderies ». John HARVIE passa la première nuit un peu
plus bas. Dans la nuit du 05 au 06 Juillet, il se dirigea
vers le Sud en coupant à travers champs, après avoir
traversé la D133 et descend la route en direction de Blévy
mais erra durant trois jours dans la campagne environnante.
Il observa les restes d’un Halifax, celui du 431 Squadron,
qui se crasha le 08 Juin 1944 au lieudit « Les Touches ». Il
marcha alors plein Sud en prenant soin d’éviter
Chateauneuf-en-Thymerais. Epuisé et affamé, il se décide à
demander le gîte et le couvert dans une ferme. Durant trois
jours, il fut caché dans la ferme permettant ainsi à sa
propriétaire (Mme Jeanine DESMUDOIS) de contacter la
résistance locale, le Colonel LECOINTRE, un officier
retraité, résistant dans le secteur de Brezolles. Des
vêtements civils et des chaussures lui seront donnés et il
retrouva deux de ses compatriotes, les Lt GRENON et
HETHERINGTON (tombés la même nuit près de
Saint-Arnoult-des-Bois), chez M. AUGOULVANT, résistant de
Thimert. Et pourtant, son calvaire ne fait que commencer… En
effet, John HARVIE est pris en charge par un couple de
nouveaux résistants qui l’emmène à Paris avec trois autres
aviateurs britanniques. Mais ce « faux » résistant, nommé
DESOUBRI, était un traître qui livrait les aviateurs à la
Gestapo, Rue
des Saussaies à Paris. L’aviateur canadien fut enfermé à la
prison de Fresnes puis déporté en train à Buchenwald du 20
Août au 19 Octobre 1944, avant d’être reconnu comme
prisonnier de guerre
puis interné au Stalag Luft III de Sagan en Pologne. Il ne
sera libéré qu’au printemps 1945 à Lübeck (Allemagne) par
les troupes anglaises.
Inscriptions réalisées par
John HARVIES dans sa cellule de la prison de Fresnes lors
de son départ pour l’Allemagne, face à l’avancée des
troupes alliées en Normandie. Il y fut détenu du 14
Juillet au 10 Août 1944.
A noter, les
inscriptions :
“GOD SAVE
THE KING!” – Que Dieu sauve le Roi (hymne national des Pays du
Commonwealth) “LONG LIVE THE ALLIES” –
Longue vie aux Alliés
En 1991, John HARVIE vient se
recueillir sur les tombes de ses six camarades dans le
cimetière communal de Laons, où ils demeurent aujourd’hui
encore.
De gauche à droite :
R. Longley - W.
Winder - J. Marler - T. Jenkins - D. Wilson - W. Baird LE HALIFAX DE SAINT-ARNOULT-DES-BOIS Un second Halifax du même
squadron est abattu dans des circonstances similaires à
quelques kilomètres. Le
HALIFAX n°
LW120 (Code
« BM-E ») du 433 Squadron
s’abat en flammes à
Saint-Arnoult-des-Bois au nord du lieudit
« Tronchet-Maquereau » vers 03H00. La ville de
Villeneuve-Saint-George était également son objectif
initial. Les dommages subis par le
bombardier sont moindres, ce qui permit au pilote d’ordonner
l’évacuation de l’appareil. Tous sauterèrent en parachute,
excepté le pilote Bernard YUNKER et un des mitrailleurs,
William GRACIE.
Les corps du F/L YUNGER
et du Sgt GRACIE reposent aujourd’hui encore au cimetière
communal de Saint-Arnoult-des-Bois.
Une plaque commémorative fut
également apposée au cimetière canadien de Saint-Joseph, en
l’honneur du F/L YUNKER.
F/Lt Bernard YUNKER![]()
![]() Sgt William GRACIE
Le F/S GRENON et le F/O HEATHERINGTON sautèrent en parachute et regagnèrent le sol sain et sauf. Ils furent recueillis dans un premier temps par M
ANGOULVANT de Thimert qui appartenait à la résistance locale
de Chateauneuf-en-Thymerais. Voici son témoignage : « Le
6 Juillet 1944, je fus informé par mes ouvriers de retour
des champs du passage d’un homme leur ayant demandé des
renseignements sur les patrouilles allemandes. Pensant
aussitôt que c’était un aviateur anglais tombé en parachute,
j’ai retrouvé celui-ci dans les champs et ramené chez moi,
habillé en civil, fait une carte d’identité et, après
l’avoir restauré, nous avons essayé de retrouver ses
camarades d’équipage. Nous en avons retrouvé un à 16H00 et
je les ai logés et couchés chez moi durant deux jours et les
ai ensuite passés à M. Ch. BAZILLE, chef local de la
résistance. Voici les noms et matricules de ces deux
hommes :
-
Airman Lt GRENON RCAF Can R 135 306
-
Officier S. G. HETHERINGTON B. RCAF
Can J 29 688 Le 8 Juillet suivant, sur
ordre de M. BAZILLE, j’ai été chercher trois aviateurs
supplémentairers chez
M. SEYERY et les ai hébergé et logé pendant trois jours dans
une maison inhabitée de la Picotière, Commune de Thimert.
Ces hommes ont été remis par la suite entre les mains de M.
BAZILLE ». Ces trois aviateurs étaient STEVENSON, GIBSON et HARVIE : - Le F/O STEVENSON et le Sgt GIBSON appartenaint à l’équipage du Lancaster KB727 qui s’écrasa à Chartrainvilliers dans la nuit du 04 au 05 juillet 1944. - Le Sgt HARVIE appartenait au Halifax LW123 de Laons tombé dans la même nuit du 04 au 05 juillet 1944. Les cinq aviateurs furent ensuite confiés
au couple diabolique DESOUBRI/ORSINI qui les livra à la
Gestapo. Les aviateurs furent incarcérés à Fresnes puis
emmenés au camp de concentration de Buchenwald.
Le F/S Leo GRENON, qui parlait
le français (québécois), se rappelle avoir sauté en
parachute à l’Ouest de Chartres. Quelques jours après, il
fut caché et on lui donna des vêtements civils et de faux
papiers d’identité. Il observa notamment des soldats
allemands travailler sur une installation radar, sans nul
doute, celle de Favières, près de Saint-Arnoult-des-Bois.
Après sa capture, il fut roué de coups par les SS et la
gestapo, allant plusieurs fois à l’hôpital. Le Sgt Georg Frank WATMOUGH atterrit en parachute à Gauville (???, peut-être Belhomer-Guéhouville?) près de Chartres. Il entrera son parachute dans un champ de maïs et s'endormit quelques heures. Au petit matin, il rencontra un paysan qui le cacha dans un bois à proximité. Il lui ramena ensuite des vêtements civils et de la nourriture. Il revint une nouvelle fois avec l'instituteur local qui parlait anglais et WATMOUGH demanda l'aide de la résistance locale. Le paysan l'emmena à Pontgouin où il resta caché dans une ferme durant trois jours. Le second jour, il fut rejoint par son camarade, le P/O Patrick SCULLION. Au matin du troisième jour, ils partirent à Villebon où ils furent cachés dans le chateau. Le fermier les informèrent qu'il était possible qu'un avion vienne les chercher pour les ramener en Angleterre mais, le lendemain, il ajouta qu'il allait emprunter un chemin différent. Une voiture arriva avec un homme anglais et deux gendarmes (sans doute pour les interroger). Ensuite, ils marchèrent jusqu'à Chartres accompagné d'un guide et, après le déjeuner, ils empruntèrent une voiture qui les attendait. Etaient présents dans la voiture, deux autres aviateurs américains (Sgt HORRIGAN et Lt SMITH) et un aviateur anglais (Sgt MARSHALL). Ils furent conduits jusqu'à Voissen, dans la maison d'un constructeur automobile à la gare de St-Cloud. Ils y restèrent une nuit et, l'après-midi suivant, vers 17H00, ils furent emmenés à Paris jusqu'à un camion rempli d'envion 15 autres aviateurs alliés. Ils furent alors trahi et remis au quartier général de la Gestapo. .
. Le témoignage du Sgt MARSHALL (mécanicien
dans le Lancaster ND627 qui s’écrasa à Orléans dans la nuit
du 04 au 05 Juillet 1944) confirme les circonstances de
cette trahision par l'agent double dénommé Jean-Jacques
DESOUBRI : « Je fus abattu lors de ma
troisième mission qui était un raid de nuit sur Orléans. Je
m’éjectai de mon appareil avec succès, bien que blessé.
Comme je marchai le long d’une route, je rencontrai une
partie des Français qui avaient vu le raid. Un français et
sa femme m’accueillirent dans leur maison et je restai
jusqu’au matin du 06 Juillet 1944. De là, un résistant me
fournit des papiers d’identité et une bicyclette. Un guide
fourni par ce même homme m’accompagna à Orgères-en-Beauce,
sur la route Orléans-Chartres. Je restai avec une femme
jusqu’au matin du 10 Juillet 1944. Elle avait déjà hébergé
le Major MAHURIN de l’USAAF qui rentra chez lui
précédemment. Une voiture conduite par un
jeune homme, accompagné d’une femme aux cheveux roux
(29 ans environ tous les deux), de noms inconnus,
m’emmenèrent à Chartres. En route, nous avions pris deux
aviateurs américains (Sgt HORRIGAN et Lt SMITH). A Chartres,
nous avons pris le F/O SCULLION (RCAF) et le Sgt WATMOUGH
(RAF). Nous avons été conduits à la Gare de Saint-Cloud.
Nous avons été pris par une autre voiture conduite par un
homme obèse âgé de 45/50 ans, portant des lunettes et
parlant un bon anglais mais avec un accent allemand. Il
précisa qu’il venait de Pasedena. Il nous conduisit dans une
maison à Paris où nous rejoignions six autres aviateurs qui
partaient une heure et demie après. On nous apprit que nous
partirions également le lendemain. Le lendemain, nous fûmes
conduits à deux miles environ et cachés ensuite dans un
camion. Le camion était entouré de civils armés et nous
fûmes transportés au quartier général de la Gestapo…Nous
étions 16 dans ce camion. Je suis convaincu que la trahison
se fit au niveau du jeune homme accompagné de la femme aux
cheveux roux mais je n’en suis pas sûr. Après avoir été
interrogé, menacé d’être exécuté et accusé de sabotage, nous
fûmes transportés à la prison de Fresnes vers 22H30 le 11
Juillet 1944. Je fus mis en cellule d’isolement jusqu’au 15
Août 1944. Durant cette période, je fus interrogé à trois
reprises. Je fus transporté au camp de concentration de
Buchenwald du 20 Août 1944 au 21 Octobre 1944 puis au Stalag
Luft 2 du 21 Octobre 1944 au 10 Avril 1945. Le 27 Janvier
1945, nous marchions de Sagan à Spremburg et, de là, jusqu’à
Tarmsted en train. Nous fûmes libérés le 02 Mai 1945 par la
11th Armoured Division » (récit daté du 26
Septembre 1945).
Seul le F/O Michael WIOME
(matr. J/29929 RCAF) réussit réellement son évasion. Il
atterrit vers Digny et fut recueilli par un agriculteur qui
le transporta dans une charrette jusqu’au camp de maquisards
de Fréteval. Il fut libéré le 13 Août 1944, à l’arrivée des
troupes terrestres américaines dans la région de Châteaudun.
Vers 01H30, il fut attaqué à
son retour par un Ju-88 et le moteur gauche prit feu.
L’ordre d’évacuation fut immédiatement donné par le pilote
et l’ensemble des aviateurs purent regagner le sol
sain-et-sauf.
Le F/O Allan SMITH
effectua un atterrissage en douceur, cacha immédiatement son
parachute dans un sous-bois et se débarrassa de son revolver
« Smith et Wesson ». Au cours de son deuxième jour d’errance
dans la région de Chartres, il entra en contact avec la
résistance locale qui le cacha chez Jean LEGRAND,
cultivateur et chef de maquis dans le petit village de
Berchères-la-Maingot et ce, jusqu’au 15 Juillet 1944. La
nuit, il se cachait dans un placard. Peu après, il fut
rejoint par un autre aviateur en perdition, le Sergent David
HIGH, radio-opérateur du Lancaster n°KB718 qui s’écrasa à
Chailly-Fontainebleau dans la nuit du 4 au 5 Juillet 1944. Après deux semaines, il fit la
connaissance d’une résistante, une opératrice-radio du nom
de « Ginette » (nom de Code). Cette Ginette était une femme
remarquable qui transmettait en moyenne trois messages codés
de vingt minutes par jour vers Londres et en recevait
autant. Au cours du mois de Juillet 1944, elle fut
continuellement traquée par l’occupant nazi qui cherchait à
la localiser par triangulation. Plusieurs fois, elle manqua
d’être repérée mais son sang-froid et la protection de ses
camarades résistants (Réseau de résistance du Secteur Nord)
lui permit d’échapper à l’ennemi. Les émissions devant donc être
effectuées de lieux différents, Ginette vint un jour de
Juillet émettre à partir de la maison de
Berchères-la-Maingot où elle rencontra à des aviateurs
alliés recueillis par la résistance. Ces aviateurs étaient
Allan SMITH et le Sgt David HIGH qui purent échanger
abondamment avec Ginette qui parlait couramment l’anglais.
Bien plus, ils furent pris d’admiration pour cette femme
courageuse et ses camarades qui exerçaient en milieu ennemi,
au péril de leur vie. Vers le 15 Juillet, des gens
vinrent frapper à la porte de la maison à la recherche d’un
officier anglais et la situation imposa de cacher le F/O
SMITH et le Sgt HIGHT dans un autre lieu plus sûr. Il fut
décidé transférer les deux aviateurs vers l’Espagne, en
passant par les Pyrénées.
Le 18 Juillet, Jean-Jacques
DESOUBRI, un agent de la Gestapo qui a infiltré les réseaux
d’évasions de la région de Chartres se rend en voiture à
Berchères-la-Maingot pour prendre possession de ses
« colis » et les emmener à Paris. Ce dernier était
accompagné de sa maîtresse aux cheveux roux, Mme ORSINI
surnommée « the red haired woman ». Arrivés à Paris, ils dormirent
à Paris mais, très vite, ils perçurent un certain malaise.
Le lendemain, ils traversèrent Paris en voiture et à toute
allure, passant à proximité de la Tour Eiffel jusqu’à un
barrage routier allemand. Visiblement, les aviateurs étaient
attendus, deux soldats allemands montèrent dans le véhicule
et ordonnèrent au chauffeur de continuer sa route et, après
un court trajet, ils arrivèrent à la Prison de Fresnes. Les
aviateurs furent vendus à l’ennemi. Le F/O Allan SMITH
ajouta « la prison de Fresnes était un sale endroit. Un
bâtiment de quatre étages, avec plus de 1.500 cellules.
L’entrée d’un camp de concentration… Un endroit dégoûtant.
Des rongeurs avec des puces et des bestioles de toutes
sortes. Il y avait régulièrement des exécutions et entendait
des hurlements toute la nuit, ainsi que le bruit des tirs de
fusils des exécutions ». Le 15 Août 1944, face à l’avancée des alliés, la prison fut évacuée et les 168 aviateurs furent entassés en surnombre dans des wagons à bestiaux. Le transfert dura cinq longs jours pour arriver au camp de Buchenwald. Le 20 octobre, il semble que l’un des officiers de la Luftwaffe visita l’hôpital du camp de Buchenwald et constata que des aviateurs alliés y étaient emprisonnés alors que le Stalag III était dédié à ce type de prisonniers. L’ordre de transfert vers le STALAG III fut immédiatement donné et le F/O SMITH qualifia ce nouveau camp de beaucoup plus confortable. Il fut libéré par les forces allées en Mai 1944. . De son coté, le Sgt J.T.
PETT réussit dans un premier temps son évasion mais il
fut finalement capturé le 8 Juillet puis interné dans le
Stalag Luft 7, à Bankau.
Quant au pilote du Lancaster
n° KB727, le F/O Joel STEVENSON, il réussit à sauter
en parachute et à regagner le sol sain et sauf. Il enterra
son parachute dans un champ de blé pour le cacher et fut
rejoint par le Sergent GIBSON. Tous deux prirent la
direction du Nord-Est pendant environ 18 miles. Bien cachés,
ils dormirent dans un champ de blé jusqu’à midi. Le F/O
STEVENSON se débarrassa de son révolver et de ses munitions
mais conserva son uniforme. Vers 17H00, il s’approcha d’un
fermier qui leur apporta de la nourriture et qui les
accueillit quelques heures chez lui avant de les conduire
dans une ferme où ils passèrent la nuit.
F/O Joel M. STEVENSON
RCAF
(Source: John Stevenson)
Le lendemain (6 juillet), un
homme leur fournit de la nourriture et des vêtements civils
et ils furent rejoints par le mitrailleur dorsal de
l’équipage YUNKER (qui fut abattus lors de la même nuit). Le 10 Juillet, les trois
aviateurs furent emmenés dans une autre ferme où ils
rejoignirent le Lt PRUDHAM ainsi que le bombardier et le
mitrailleur dorsal de l’équipage YUNKER. De toute évidence,
les trois membres réunis de l’équipage YUNKER étaient Louis
GRENON, Pat SCULLION, Stan HEATHERINGTON. Le 12 Juillet, les six
aviateurs furent conduits vers Paris en voiture par le très
cynique DESOUBRI (faux résistant infiltré de la Gestapo) et
passèrent la nuit dans une maison vide. Le lendemain, le
groupe fut divisé en deux (Gibson avec HEAD et PRUDHAM avec
STEVENSON) et ils furent conduits dans un hôtel en
périphérie de Paris. Au cours de l’après-midi du 14 Juillet,
un américain qui disait venir de Barcelone vient leur poser
des questions sur l’aviation alliée et ils devinrent
immédiatement suspicieux et décidèrent de ne pas répondre
aux questions. Peu après, ils furent conduits
au quartier général de la Gestapo par DESOUBRI. Le F/O
STEVENSON fut interrogé sur son emploi civil, son âge, sa
religion et ses sentiments envers les Russes. Un fourgon de
la Police les emmena à la prison de Fresnes. John HARVIE
(membre de l’équipage de BAIRD) et le bombardier et le
mitrailleur de l’équipage YUNKER étaient également dans le
fourgon. En prison, ils furent privés de tout, excepté de
leurs sous-vêtements, chemises et pantalons. Le 15 Août 1944, les
prisonniers furent emmenés en camion à la Gare de l’Est puis
montés dans un train en partance pour le camp de Buchenwald
(70 hommes par wagons). Dans ce wagon, se retrouvèrent
STEVENSON, les radio-opérateur, mécanicien et mitrailleur de
l’équipage de YUNKER, John HARVIE, F/O PRUDHAM, F/O SMITH,
W/O HEAD, Sgt GIBSON, Sgt VINECOMBE et le radio-opérateur de
l’équipage FRAKE, ainsi que le navigateur et le bombardier
de l’équipage VICKERMAN (432 Squadron). Le deuxième jour,
vingt hommes supplémentaires furent montés dans le wagon et
seule une miche de pain fut distribuée en trois jours mais,
heureusement, la Suisse et la Croix Rouge française
apportèrent de la nourriture supplémentaire. Le wagon comptait aussi un
aumônier prisonnier qui avait caché sur lui une lime à
ongles. Ils l’utilisèrent pour arracher quelques planches
dans le plancher du wagon et STEVENSON réussit son évasion
le 18 Août en se dissimulant dans un sous-bois avec deux
officiers français, à quarante kilomètres à l’Est de Paris
environ. Tous trois se rendirent à Mezy-Moulins où ils
passèrent les deux nuits suivantes. Puis, STEVENSON fut
emmené à Château-Thierry où il fut caché au-dessus d’une
boutique jusqu’au 28 Août, date de l’arrivée des Américains.
Il fut interrogé par le I.S.9 puis regagna l’Angleterre le 4
Septembre 1944, via Bayeux. Cette fois-ci, le F/O
STEVENSON réussit à atteindre la ligne de front, grâce à
l’avancée rapide des troupes terrestres américaines. Il fut
recueilli par les soldats américains et envoyé à l’arrière
du front. Il regagna l’Angleterre, via Bayeux, le 3
septembre 1944 et reçut la croix de guerre française le 10
Octobre 1945. . . LE BOMBARDEMENT D’ORLEANS Le bombardement de la ville
d’Orléans fut réalisé par une formation composée de 282
Lancaster et par cinq Mosquito. Quatre pertes de Lancaster
seront enregistrées dont une en Eure-et-Loir. Ce bombardier est le
LANCASTER III n° de série
NE174 (Code « AR-M ») du 460
Squadron qui s’abat en flammes, à
Donnemain-Saint-Mames (lieudit « Boucharville »)
vers 01H30. Il avait décollé de sa base anglaise de Binbrook
à 22H08 et son objectif était la ville d’Orléans.
. Seuls quatre corps furent
retrouvés et furent inhumés au cimetière communal de
Donnemain: Les corps de SOLOMON, WILLS, MICKEFIELD et McLEAN
reposent aujourd’hui encore dans le cimetière communal de
Donnemain-Saint-Mames. . Dans un premier temps, les
autorités locales pensèrent que les trois autres aviateurs
avaient pu s’échapper mais les trois aviateurs manquants
furent portés disparus après la guerre, malgré une longue
enquête menée jusqu’en Septembre 1947 par les autorités
australiennes: - M. PIGEON, secrétaire de
mairie de Donnemain se rendit dès le matin du 5 Juillet sur
les lieux du crash. Il vit 4 corps dans ou à proximité des
débris de l’appareil. Ils étaient gravement brûlés mais plus
ou moins intacts. M. PIGEON pensait peu probable qu’il y ait
d’autres restes humains dans ou à proximité des débris. - M. MORIZE de Donnemain vit
l’appareil chuter avec l’aile gauche et ses moteurs en feu et
vit deux parachutes quitter le bombardier et descendre de
façon normale. Le lendemain, il constate trois corps dans
les débris de l’avion et un quatrième à 30 yards de ce
dernier. - De son côté, un fermier de
Donnemain, M. PELLETIER vit un parachutiste sauter de
l’appareil en feu mais ses vêtements étaient également en
flammes. Il entendit ses cris alors que le parachute
dérivait avec le vent. Le parachute fut retrouvé le
lendemain matin par un ouvrier agricole (M. R. CORDIER) à
Douy, avec les bretelles complètement brûlées mais sans
corps. Le corps ne fut jamais retrouvé. Finalement, les noms des F/S
JOY, MOLLET et CLARK fut ajoutés au Mur des Disparus sur le
Mémorial de Runnymede.
Sgt
Fréderick David WILLS . . LE MOSQUITO DE DONNEMAIN-SAINT-MAMES Curieusement, les tombes des
aviateurs du Lancaster NE174 sont enterrés à
Donnemain près de deux
autres tombes militaires : W/O Bryan WARD (matr. 403484) et
Frederick Allen READ (matr. 1529486), tous deux du 487
Squadron (RNZAF) et morts dans la nuit du 4 au 5 Juillet
1944, également…
W/O Bryan
WARD Ces deux hommes constituaient
l’équipage d’un chasseur de nuit néo-zélandais, le
Mosquito
FB. VI n° de série HX917 (Code « E-EG ») appartenant
au 487 Squadron dont le pilote état l’officier Bryan WARD
(24 ans et 26 missions à son actif) accompagné de son
navigateur, Frederick READ.
Mosquito
HX917 Dans la nuit du 04 au 05
Juillet 1944, cet appareil disparut alors qu’il était chargé
d’une mission de patrouille de nuit pour surveiller (et
attaquer si nécessaire) tous mouvements sur les routes et
les voies ferrées. Compte tenu de ces deux crashs
en un lieu et à une heure identiques, il est vraisemblable
que la perte de ces deux appareils soit la conséquence d’une
collision en plein vol. La mort de l’ensemble des équipages
démontre la soudaineté de l’accident, ne laissant aucune
chance aux aviateurs.
Toujours dans la nuit du 04 au 05 juillet 1944, le Lancaster ND627 du 12 Squadron (RAF) est chargé de bombarder les voies ferrées aux Aubraies, au Nord d'Orléans. Vers 02h00, et dans des circonstances inconnues, le bombardier s'écrase Rue de la Barrière St-Marc à Orléans. Quatre des sept membres d'équipage périront dans ce crash. Deux membres furent capturés très rapidement et un troisième réussit dans un 1er temps à échapper à l'occupant. Cet aviateur, le mécanien, le Sgt William MARSHALL (matr. 1049396) effectuait sa 3ème mission lorsqu'il sauta en parachute dans la périphérie d'Orléans. Il se mit à matrcher le long d'une route principale lorsqu'il rencontra un groupe de français qui avait assisté au bombardement. Un français et sa femme l'emmèrent chez eux où il resta jusqu'au matin du 06 juillet. Pendant son séjour là-bas, un homme vint le voir. Il prétendait avoir été un agent de liaison entre les Français et les Américains pendant la 1ère guerre mondiale. Il lui fournit une carte d'identité et un vélo. Un guide fourni par le même homme l'accompagna à Orgères, entre Orléans et Chartres. Là, il séjourna jusqu'au matin du 10 juillet. Elle précisait avoir également hébergé le Major MAHURIN. Une voiture conduite par un jeune homme (Jean Jacques DESOUBRI) accompagné d'une jeune fille rousse (Mme ORSINI) m'a emmené à Chartres. Sur la route, nous avons pris en charge deux aviateurs américains (Sgt Roy Joseph HORRIGAN et le Lt James Henry SMITH du 493rd BG - B-24 n° 42-52759 crashé le 22/06/1944 à Chambord) puis, à Chartres, les P/O Patrick SCULLION et Sgt George Frank WATMOUGHT (RCAF du 433 Squadron). Ils furent conduits à la station Saint-Cloud puis pris en charge par une autre voiture conduite par un homme corpulent, entre 45 et 50 ans, portant des lunettes à monture à écailles et parlant un bon anglais avec un accent allemand. Il disait venir de Pasadena. Les 4 aviateurs furent conduits dans une maison à Paris (adresse inconnue) où ils retrouvèrent 6 autres aviateurs qui partirent une demi-heure après pour une destination inconnu. Il fut annoncé aux 4 aviateurs qu'ils partirait à leur tour le lendemain. Le lendemain, ils furent accompagnés sur 3 kilomètres puis ils montèrent dans un camion qui était entouré de civils armés de pistolets-mitrailleurs. Les ridelles du camion furent abaissées et l'homme de Pasadena leur dit de garder la tête à l"ntérieur. Ils furent malheureusement directement conduits au quartier général de la Gestapo. Ils étaient au nombre de 16 dans le camion. Le Sgt William MARSHALL eut le sentiment que la trahison provenait du jeune homme et de la jeune femme rousse qui virent le chercher à Orgères. Il fut giflé, accusé d'être un saboteur et prévenu qu'il allait être fusillé, il fut emmené à la prison de Fresne vers 22h30 le 11 juin et placé en isolement jusqu'au 15 août. Il fut interrogé à trois reprises. Sa suite de son parcours est celui des 168 aviateurs conduits à Buchenwald.
.
Durant cette nuit du 04 au 05
Juillet 1944, les pilotes de chasse de nuit allemands
revendiquèrent de nombreuses victoires sur des quadrimoteurs
dont voici la liste partielle :
Bien entendu, il est difficile
(voire impossible) d’attribuer tel ou tel crash à un pilote
allemand puisque les combats furent nombreux, confus lors de
cette nuit du 04 au 05 Juillet 1944 dans la région de
Chartres-Orléans. La localisation des victoires
allemandes demeurent imprécises, notamment en raison des
vols de nuit.
Ju-88 C
LE CRASH D'UN CHASSEUR
DE NUIT ALLEMAND A BAILLEAU-LEVEQUE
Lors de ces combats aériens, un
appareil allemand
fut également abattu et s'écrasa sur la Commune de
Bailleau-Lévêque.
Les archives de la Défense Passive confirme que l'un
des aviateurs est tué, l'autre est blessé.
![]() Cet appareil allemand semble
être le Ju-88 R-2 n° de série 751065 (Code tactique
4R+LN) du 5./NJG2 qui avait décollé de Coulommiers à
22h42. Il a
été déclaré "détruit" à 100% après s'être écrasé près de
Chartres et après avoir été abattu par un appareil
« ennemi ». Les membres de l'équipage étaient: - Pilote: Ofw. Fritz FARRHERR (tué) - Bf: Gefr. Josef SCHMIDT (blessé mais saute en parachute) - Bs: Ogfr. Heinz BÖHME (tué)
Source : Livre Deutsche
Luftwaffe Losses & Claims du 1er
au 15 Juillet 1944 de Michael Balss
Source : Livre « Moskitopanik ! » de Martin W. Bowman ![]() Ju-88 R-2 du
NJG2 Fritz FARRHERR est né le 05
Octobre 1914 à Guben. Il fut tué près de Chartres le
04 Juillet 1944. Son corps repose désormais au
cimetière militaire allemand de Solers (77). Bloc 2,
Rang 15, Tombe 733.
Heinz BÖHME est né le 05 Août
1923 à Nordhaussen. Il fut tué à Chartres le 04
Juillet 1944, à l’âge de 20 ans. Son corps repose désormais au
cimetière militaire allemand de Solers (77). Bloc 1,
Rang 16A, Tombe 686.
![]() . . LE CRASH DU B-24 CARPETBAGGERS DE TRANCRAINVILLE D’une façon plus générale, le
801st Bomber Group était une structure particulière de la
8ème Air Force. En effet, dès l'engagement des forces
américaines dans le conflit européen, il fut convenu que les
bombardiers lourds du Commonwealth voleraient de nuit et que
les bombardiers américains voleraient de jour. Or, les B-24 du 801st Bomber
Group volaient également de nuit pour ravitailler les maquis
français en armes, munitions et autres, par parachutages.
Ces ravitaillements étaient bien souvent vitaux pour la
résistance française et l'action du 801st BG permettait
d'harceler sans cesse l'ennemi. Les hommes d'équipage de ces
bombardiers furent appelés les "CARPETBAGGERS" à partir des
années 1960-70 lors de la naissance d'une association leur
rendant hommage. Dans la soirée du 04 Juillet
1944, à 23H13, le bombardier B-24 D n° 42-72873 du Lt BROTEN
du 36th Bomber Squadron décolla de sa base d'Harrington
(Northamptonshire) à 23h13 pour sa 8ème mission
depuis le 03 Juin 1944. Depuis la mission du 15 Juin 1944,
le Lt Alfred EMERT remplace le Lt ZUCKERMAN dans sa fonction
de navigateur. L’appareil prit la direction
du Loir-et-Cher en prenant soin de contourner les zones
sensibles telles que les bases aériennes allemandes (Evreux,
Châteaudun, Dreux, Orléans,...).
Arrivé au-dessus du lieu de
largage, la mission est réalisée avec succès et l'appareil
prend immédiatement le chemin du retour, en prenant le soin
de passer au Nord d'Orléans vers 01H45-02H00. Comme nous l’avons vu
précédemment, au même moment (vers 01H30), les Lancaster de
la RAF ont comme mission de bombarder la ville d'Orléans et
la base aérienne de Bricy. Cette importante activité
aérienne eut pour inconvénient d'attirer les chasseurs de
nuit allemands et un véritable carnage eut lieu dans le ciel
s'étendant d'Orléans à Rambouillet.
Par malchance, le bombardier
B-24 fut pris dans ces combats aériens et fut touché par un
chasseur de nuit allemand qui s’approcha par l’arrière,
légèrement en-dessous. Ce dernier tira une vingtaine de
balles incendiaires de calibre 50. Immédiatement, un
incendie se déclencha et une terrible explosion s'en suivit. L'appareil explosa en plein vol et s'écrasa à 02H00 dans un champ à Trancrainville.
Rapport de la Défense Passive (Source: AD28) .
Rapport allemand - Crash de Trancrainville (source: catalog.archives.gov) . Trois corps brûlés furent retrouvés dans l'épave, deux à
proximité et deux autres dans le champ voisin. Seul un des
aviateurs eut le temps de sauter en parachute. Voici les
membres de l'équipage :
Les corps furent inhumés dans
les jours suivants par les soldats allemands au cimetière
communal des Aubrais (Loiret). Après la guerre, le corps
d'Harry SPARKS fut déplacé au cimetière militaire d'Epinal
et les autres corps de l'équipage furent rapatriés aux USA.
Lors du crash, le co-pilote
Edward TAPPAN aida son pilote à maintenir les
commandes de l'avion. Toutefois, lors de l'explosion de
l'appareil, il se trouva éjecté à l'extérieur et il ouvrit
son parachute. C'est un arbre qui lui rendit l'atterrissage
moins brutal. Aux dires des témoins, cet arbre était le seul
des environs. Il traversa la plaine, se dirigeant au hasard
vers Neuvy-en-Beauce puis il demanda de l'aide à deux dames
qui passaient par là. M. SEVESTRE intervint quelques
temps après et conduisit l'aviateur jusqu'à Neuvy-en-Beauce,
chez Lucienne BALLOT qui tenait un café, dont le mari était
prisonnier de guerre. Il aurait ensuite été logé au fur et à
mesure par différents résistants locaux puis orienté sur le
camp de Fréteval, jusqu'à la libération de la région par les
troupes américaines. Un document officiel précise que
l'aviateur fut aussi hébergé par Mr Jean-Pierre FAUCON à
Neuvy-en-Beauce.
Le 07 Juillet 1944, les
soldats allemands évacuèrent les débris du B-24 pour les
transporter sur la base aériene de Saran afin d'en y étudier
la technologie américaine.
Lors de la commémoration du
50ème anniversaire, le 14 Août 1994, une stèle fut inaugurée
sur les murs du cimetière communal de Trancrainville et le
2nd Lt TAPPAN marqua cette cérémonie de sa présence. Edward TAPPAN, seul survivant
de cet accident, décéda le 10 Octobre 1996.
B-24DSA (SA=
modifié pour les opérations de parachutage). Archives Serge
BLANDIN
Rang du fonds: Emert,
Gehue, Tappan, Broten Rang du devant : Non
identifiés Au printemps 1944 à la
base d’Harrington (angleterre)
(Rang du fond: Gehue,
Tappan, Broten, Emert) Rang de devant : Non
identifiés Au printemps 1944
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Dernière mise à jour:
15/04/2026 |
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