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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| NUIT DU 25 AU 26 JUILLET 1944 | ||||||||||
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Le bombardement nocturne de
STUTTGART et les pertes de deux Halifax Faisant suite aux bombardements
nocturnes de la veille destinés à détruire totalement de la
Ville de Stuttgart, la deuxième vague de bombardement a lieu
dans la nuit du 25 au 26 Juillet 1944 avec 412 Lancaster et 13
Halifax. La Nachtjag (chasse de nuit
allemande) est encore une fois présente dans le ciel
d’Eure-et-Loir et affrontera, non pas des Lancaster comme la
veille, mais des formations d’Halifax. Alertés par les radars au sol, les
chasseurs de nuit allemands Ju-88 du I./NJG2 qui occupent la
base aérienne de Châteaudun décollent pour poursuivre les
bombardiers du Commonweath. Parmi eux, l’Oblt Heinz RÖKKER de
la 2./NJG2 décolla avec son Ju-88 G-1 et se mit à la poursuite
d’un bombardier isolé à l’aide de son radar emporté, s’en
approcha par l’arrière pour se mettre en embuscade dans
l’obscurité et l’attaqua à la mitrailleuse lourde pour
l’incendier. Lorsque l’appareil fut
mortellement touché, les membres d’équipage disposèrent de peu
de temps pour l’évacuer avant qu’il n’explose. Crédité d’une victoire, le
chasseur de nuit allemand prit alors en chasse une nouvelle
proie, en fonction de ses réserves de carburant. C’est ainsi que l’Oblt Heinz
RÖKKER revendiqua deux quadrimoteurs abattus, l’un à Romilly-sur
Aigre (à 03H21 et 3.000 mètres d’altitude) et un second au
Nord Ouest de Châteaudun (à 04h38 et 800 mètres d’altitude).
Un second pilote de nuit allemand
basé à Coulommiers survola les environs et revendiqua deux
victoires avec son Bf-110 : l’Oblt Helmuth SCHULTE de la 4./NJG4
déclare avoir abattu deux quadrimoteurs, l’un à
Chateauneuf-en-Thimerais (à 00H07 et 3.100 mètres d’altitude),
l’autre à Saint-Sauveur (à 00H41 et 4.000 mètres d’altitude).
En lien direct avec les victoires
aériennes citées ci-dessus, à 00H30, un premier
HALIFAX III
du 429 Squadron
(RCAF) s’écrase à
Saint-Maurice-St-Germain, près de la Loupe. Il
portait le n° de série MZ362
et le code tactique « AL-Y ». Le bombardier canadien avait
décollé de sa base anglaise de Leeming à 20H54 et l’objectif
était la ville de Stuttgart. Il bombarda son objectif avec
succès mais, sur le chemin du retour, il fut touché par la Flak
puis par un chasseur de nuit allemand. Le Sgt VAN DROOGENBROECK et le Sgt
WASYLKOW furent tous les deux gravement blessés ainsi que le
pilote Martin TRACEY qui fut blessé au poignet durant cette
attaque. Un incendie se déclara sur l’aile tribord et le safran
tribord s’arracha. L’ordre d’évacuation fut donné par le P/O
TRACEY qui resta aux commandes de son appareil durant encore 10
minutes puis il sauta lorsque l'appareil devint incontrôlable. Voici le nom des
membres d’équipage:
Le P/O Martin Bernard
TRACEY atterrit dans un bois, à 8 Km à l’Est de
Nogent-le-Rotrou. Il enterra immédiatement son parachute et sa
veste de survie. Il entendit des voix allemandes et vit des gens
cherchant avec des torches. Il coupa le haut de ses bottes et
marcha vers le Nord jusqu’au levé du jour. Il marcha vers le
Nord durant les 3 nuits suivants, en prenant soin de se cacher
le jour. Le 31 Juillet, près de Senonches, il prit contact avec
un français pour lui demander à manger. Il revint quelques temps
après accompagné du curé CORRE et d’un gendarme. On me donna des
vêtements de civils et le gendarme m’emmena dans la prison de
Senonches. Les Allemands occupaient la partie basse du bâtiment
et je me cachais dans une chambre à l’étage dans laquelle le
gendarme vivait. Le 3 Août, le gendarme et le P/O TRACEY
quittèrent la prison et se rendirent en vélo au Camp de
Fréteval, dans un bois au Sud de La Chapelle-Fortin. L’aviateur
resta avec le maquis jusqu’au 15 Août 1944, date à laquelle les
troupes américaines arrivèrent. Le pilote fut interrogé dès le
17 Août par les services secrets et il quitta Arromanche le 22
Août 1944 pour arriver en Grande-Bretagne.
Le Sgt Donald FAIRBORN
atterrit près de Brabant. Il loge une nuit chez Marcel Vouzelaud
à Brou puis il est emmené par Mme Lucienne Vouzelaud vers Langey
et enfin au camp d’évasion de Frèteval. Il est libéré par les
troupes américaines et il quitte la France pour Northolt, en
Angleterre, le 18 Août 1944. Le Sgt COWAN fut aussi recueilli
par le camp de Frèteval.
Rapidement, les parents du Sergent
Raymond E. COWAN (installés au Canada), furent informés que leur
fils était porté disparu dès le 28 Juillet 1944. Sa disparition
fut annoncée dans le journal local, le 29 Juillet 1944. Sans connaître les circonstances
précises de son évasion, on retrouve la trace du Sgt
COWAN parmis les membres du camp de Fréteval et il
libéré le 13 Août 1944. Il pourra ainsi fêter ses 20 ans (23
Août 1944) en homme libre. Il s’était engagé dans la RCAF en décembre 1942, à l’âge de 18 ans et traversa l’Atlantique en Novembre 1943 pour incorporer le 429 Squadron, sur le sol anglais.
Quelques minutes après, un second Halifax est lui aussi victime des tirs d’un Ju-88. Un incendie se déclare dans l'appareil qui devient vite incontrôlable. Toutefois, son pilote réussit à maintenir le Halifax suffisamment haut pour permettre à l’équipage de sauter en parachute après avoir donné l'ordre d’évacuation. Ce pilote n’était pas moins que le
commandant du 432 Squadron, le Wing Commander Mac DONALD.
Un compte-rendu de la Gendarmerie
de Châteaudun précise « Le 26 Juillet 1944, vers 00H30, un
avion anglo-américain est tombé en flammes sur le territoire de
la Commune de VILLAMPUY (Eure-et-Loir). Un aviateur anglais a
été retrouvé mort à proximité de l’appareil. Les autres
occupants n’ont pu être découverts. Pas de victime civile ».
Le parachute du F/O WRIGHT fut
retrouvé fermé et son corps fut inhumé dans le cimetière
communal de VILLAMPUY, là où il repose aujourd’hui encore.
Equipage du Halifax
NP687
Le Wing Commander Mac DONALD
atterrit à Juvrainville vers 00H30 et fit le récit de son
aventure : « J’étais le pilote d’un
bombardier Halifax avec pour mission de bombarder Stuttgart dans
la nuit du 25 au 26 Juillet 1944. Nous avons été escortés
jusqu’à l’Est de la tête de pont sur la côte normande. Sur le
chemin aller, à environ 10 miles au Nord-Est de Châteaudun, nous
avons été attaqués par un Junker 88, sans balles traçantes.
L’attaque est survenue par derrière. La visibilité était bonne.
Les projectiles atteignirent le moteur gauche ainsi que le
compartiment des bombes. Les deux moteurs s’arrêtèrent et, je
crois, qu’un des moteurs se détacha de l’appareil qui devint
incontrôlable, puis un incendie se déclara à bord. J’ai donné
l’ordre d’abandonner l’avion dans l’interphone, environ une
minute après le début de l’attaque. A l’interphone, j’ai
entendu que le mitrailleur arrière allait bien et le reste de
l’équipe à l’avant à entamer la procédure d’évacuation. J’étais
le quatrième à quitter le Halifax par la porte avant. Le
mécanicien a, quant à lui, utiliser la sortie arrière. Mon
évacuation fut réussie à environ 7.500 pieds et j’observai six
parachutes plus bas que moi. J’ai suivi de vue mon avion en
flammes et il semblait avoir explosé avant même d’avoir touché
le sol. J’ai atterri dans un champ labouré, mettant à rude
épreuve mon dos. Blessé au dos, je ne pouvais plus bouger et je
restai là immobile durant trois heures. Au lever du jour, j’ai réussi à
ramper vers un champ de maïs où je cachai mon parachute et mon
gilet de sauvetage. Vers midi, je réussi à me lever et je me
suis approché d’un agriculteur qui travaillait à proximité. Il
m’a demandé de me cacher dans un bois à environ 1,5 mile, ce que
je fis. A environ 18H00, il revint avec
un autre français, apportant de la nourriture et de la boisson.
Il me demanda de rester là jusqu’à nuit tombée où l’un deux
reviendrai me chercher. A 23H00, le second homme vint avec un
panier et m’emmena à sa ferme qui était située à environ trois
miles à l’Ouest de Villamblain. J’informai les résistants que
le bombardier transportait neuf bombes de 500 livres dont deux à
retardement longue durée. Ainsi, la carcasse de l’appareil était
dangereuse. Malheureusement, six personnes[1]
furent tuées lors de l’explosion de ces deux bombes. Ici, j’ai dormi jusqu’à 03H30
jusqu’à ce que l’agriculteur et moi-même partions en vélo
jusqu’au village de Villamblain. Mon dos me faisait désormais
moins souffrir. On m’emmena dans la maison d’un marchand qui me
nourrit. Je ne connais pas son nom mais son magasin était un
petit magasin général. Il m’emmena ensuite chez un meunier qui
vivait de l’autre coté de la rue de l’église. Ce dernier me
donna des vêtements civils et me donna à manger. Environ une
heure après, mon mitrailleur, le Sgt JUSTAVSON me rejoignit.
Il était en forme. A 11H00, un garçon vint nous
chercher avec pour instruction de nous emmener en bicyclettes à
Orgères-en-Beauce. Nous avons été conduits dans la maison de M.
et Mme DE LAUBERT où j’ai retrouvé le Lt CALDERWOOD, mon
opérateur radio qui était arrivé la veille. A mon arrivée chez
M. DE LAUBERT, j’ai rencontrai Jean-Baptiste LECUREUR qui était
le chef de la résistance locale. Une heure après, nous fûmes
ensuite transférés chez M. PINSARD et Mme Claire MALAURE (sa
sœur), tous deux bouchers. Nous sommes restés cachés dans
cette maison durant onze jours. On nous informa que nous serions
pris en charge par M. PICOURT de Chartres, un pharmacien et
ancien officier de l’Armée Française âgé de 44 ans et résistant
depuis 1940. Il était, semble t’il désormais recherché par la
Gestapo. Le 9 Août, il déclara arrêter sa participation dans
l’organisation des maquis dans la région de Chartres. Il
organisait notre transfert vers Paris d’où nous devions être
emmenés vers l’Angleterre par avion. Le contact à Paris état un
homme de nationalité Belge. Le 2 Août, un nouvel aviateur
fut ramené par un gendarme d’Orléans. Son nom était Sgt BALFOUR[2],
mécanicien dans un Lancaster abattu sur la route de Stuttgart
dans la nuit du 24 au 25 Juillet. Le 11ème jour, M.
PICOURT arriva et nous informa que son contact belge ne s’était
pas manifesté. Il décida alors de nous transporter vers le
front, vers Mortagne qui était désormais aux mains des
Américains. Nous avons pris la route de Chartres à vélo,
CALDERWOOD et moi-même étions devant avec François DE LAUBERT
(fils) en tant que guide, suivis de JUSTAVSON, BALFOUR et
PICOURT, une demie heure après. Arrivés à trois miles au Sud de
Chartres, nous avons attendu M. PICOURT. Quand il est arrivé,
nous nous accompagna dans Chartres et DE LAUBERT retourna à
Orgères. A la périphérie de Chartres, nous avons rencontré Mme
PICOURT et ses deux fils. L’aîné emmena CALDERWOOD et moi-même
dans une maison à deux miles à l’Ouest de Chartres où nous
passions la nuit (il s’agit en fait de la ferme de Poiffonds où
demeurent la famille FOREAU, dont la jeune femme Denise est une
fidèle et loyale résistante du réseau PICOURT). Le lendemain matin, JUSTAVSON,
BALFOUR et PICOURT nous rejoignirent à 11H00. Accompagné d’un
nouveau résistant, CALDERWOOD et moi-même partions pour
Courville, suivi une heure plus tard par PICOURT, JUSTAVSON et
BALFOUR. A COURVILLE, nous fûmes rejoints par M. Ernest CHATEAU,
un ancien officier de l’Armée française qui eut la Croix de
Guerre. Nous fûmes emmenés au village de VILLEBON, dans la
maison de M. CHATEAU et ce, jusqu’à l’arrivée d’une patrouille
de reconnaissance américaine dans la soirée du 14 Août. Nous
avons transporté à l’arrière du front, au Mans, puis à
Saint-Jacques à 20 kilomètres au Sud d’Avranches. De Saint-Jacques, nous fûmes
transférés à Rennes par des aviateurs américains. Après deux
nuits, nous avions été à nouveau transportés à Bayeux où
nous avons été enfin dirigés vers IS.9 après quatre nouvelles
nuits sur place, avant de retrouver le centre d’interrogatoire
destiné aux aviateurs du Commonwealth qui réussirent leur
évasion ».
[1]
Parmi les personnes tuées figure M. MAURY, tueur de cochons,
qui passait en vélo et s’était arrêté à une centaine de
mètres de l’épave.
[2] Le
Sergent Alexander BALFOUR appartenait l’équipage du
Lancaster n°PB265 du 576 Squadron qui fut également attaqué
par un chasseur allemand dans la nuit du 24 au 25 Juillet
1944. Le pilote, le F/O SARVIS ordonna l’évacuation de
l’appareil mortellement touché. Tous sautèrent en parachute
au-dessus de la région d’Orgères. Toutefois, le pilote
reprit le contrôle de son appareil et tenta un retour vers
les cotes normandes. Par malchance, il fut pris pour cible
par la DCA américaine qui le descendit. Le pilote trouva la
mort dans le crash de son appareil à Liesville (Manche). Le
Sgt BALFOUR fut secouru dans un premier temps par M.
BERNARDEAU de St-Denis-en-Val puis redirigé vers la
résistance d’Orgères-en-Beauce.
Famille Foreau de Poiffonds en 1948
(Denise Foreau employée chez Mr Picourt)
Les trois autres survivants du Halifax NP687 (CHAMBERLAIN, GRIMSEY et KENLEY) trouvèrent refuge dans la maison de M. PARENT, le cantonnier de Villamblain (près de Villampuy). Les échanges avec les aviateurs furent facilités grâce à la présence de la fille de M. PARENT qui parlait couramment anglais.
Après les vérifications d’usage
pour éviter l’infiltration de traites dans le réseau d’évasion,
les quatre hommes sont conduits le 31 Juillet 1944 au camp n°1 à
BELLANDE dans la forêt de Frèteval. Quelques jours plus tard,
CHAMBERLAIN fut transféré dans le camp n°2 à Richeray. Le camp de Frèteval sera libéré le
12 août 1944 vers 19H00 par les troupes terrestres américaines
(Reconnaissance Company du 818th TD Battalion). Les hommes sont
interrogés par l’IS9 le 17 Août 1944.
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Dernière mise à jour:
20/07/2024 |
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