|
|
|
Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
|
| NUIT DU 28 AU 29 JUILLET 1944 | ||||||||
|
Tout comme les nuits du 24 au 25
Juillet et du 25 au 26 Juillet 1944, celle du 28 au 29 Juillet
1944 voit passer dans le ciel d’Eure-et-Loir de nombreuses
formations de bombardiers de la RAF à destination de la ville de
Stuttgart. Comme à son habitude, la Nachtjag
est encore présente et fera deux victimes dans le ciel dunois. LE CRASH DU LANCASTER D'YEVRES Vers minuit, le LANCASTER III NE148 (Code "AA-H") du 75 Squadron est abattu à Yèvres (lieudit « Ménard », près de Brou). Le bombardier Néo-zélandais avait décollé de sa base anglaise de Mépal à 21H55 et avait pour objectif la ville de Stuttgart. Voici les membres de son
équipage :
En route vers l’objectif, le
Lancaster est atteint par des tirs de chasseurs de nuit
allemands à hauteur de Chartres. Un moteur en feu, le pilote, Fl/Lt STOKES effectue un demi-tour et fait larguer les bombes en rase campagne à une altitude de 6.000 pieds. L'appareil commence alors à tomber en piqué, tandis qu'un incendie se déclare dans la soute à bombes, remplissant l'habitacle d'une fumée acre. . Le mitrailleur arrière, le Sgt Norman WILDING fut tué durant l'attaque par les tirs directs du chasseur allemand. Conjuguant leurs efforts, les pilote et co-pilote (F/L STOKES et F/O MORRIS, leurs pieds sur le tableau de bord, parviennent à redresser l'avion, qui poursuit son vol au-dessus de la France. Le feu s'intensifie et le pilote donne à son équipage l'ordre d'évacuer. Le pilote, le F/L Noel STOKES, qui avait maintenu le contrôle de l'avion pour permettre à ses hommes de sauter, trouva la mort dans le crash. Le Sgt WILDING et le F/L STOKES furent inhumés dans une sépulture commune au Cimetière Communal d'Yèvres. .
Le F/O SANDERS atterrit dans un champ de blé, près de Châtillon. Après avoir caché son parachute et sa Mae West, il marcha quelques heures vers le Sud. Il finit par s'approcher d'une ferme et frappe à la porte. Il fut accueilli et nourri. Peu de temps après, un membre de la résistance vint lui rendre visite, lui donna des vêtements civils. L'aviateur resta caché dans la ferme durant une semaine. Le 31 Juillet 1944, il fut rejoint par son camarade, le Sgt MEANLEY. . Pour sa part, le Sgt MEANLEY atterrit dans un champ de blé, près de Gohory. Conformément aux instructions, il cacha son parachute et sa Mae West puis il dormit sur le bord du champ jusqu'au jour. Il commença à marcher vers le Nord jusqu'à une ferme près de Loiville. Le paysan lui donna à manger puis l'aviateur reprit sa marche. Il pénètre un petit village près de Brou (qu'il pensait être Yèvres) et se présenta à une maison où on lui donna de la nourriture.Une des filles alla chercher deux personnes qui parlaient l'anglais, qui l'interrogèrent et qui l'emmenèrent dans une autre maison du village où on lui donna un repas et des vêtments civils. Le 31 Juillet, il fut emmené dans une ferme et retrouva son camarade, le F/O SANDERS. Tous les deux restèrent dans cette ferme jusqu'au 04 Août, date à laquelle ils furent emmenés en voiture dans une maison à Langey où ils restèrent deux jours puis ils furent conduits au camp d'évasion de Fréteval le 06 Août où ils retrouvèrent le F/Sgt RAYNEL et le Sgt MORRIS.
Le F/O John MORRIS est le dernier aviateur à quitter l'appareil sain et sauf et atterrit près de l'avion au Nord Ouest de Châteaudun. Il cacha son parachute et sa Mae West et prit la direction du Nord. Quelques heures plus tard, il atteint Dangeau où il se reposa dans un bois durant la journée. Le soir venu, il s'approcha d'un homme habitant une cabane dans le bois. Cet homme était lui-même un réfractaire STO et il hébergea l'aviateur durant une nuit. Le lendemain, l'homme le mit en contact à un autre homme de Dangeau qui lui donna un repas et des vêtements civils. Il l'emmena dans une autre maison du village où se trouvait une jeune femme qui parlait anglais (Mme VOULIZAUD). L'aviateur passa la nuit dans cette maison puis il fut emmené à Brou en vélo dans un atelier de réparation de vélos. La femme de son aide l'emmena ensuite à Courtalain où il passa la nuit chez un médecin. Le lendemain (1er Août), il fut emmené en voiture à Langey où une femme l'emmena à vélo jusqu'au Camp d'évasion de Fréteval. Il retrouva son camarade, le F/Sgt RAYNEL.
Lors de l'évacuation du Lancaster en feu, le F/Sgt RAYNEL atterrit dans un champ à l'Ouest de Châteaudun. Il cacha son parachute, son harnais et sa Mae West dans du maïs. Il retrouva le F/Sgt SAMPSON. Tous les deux s'éloignèrent de la carcasse en feu et marchèrent durant deux heures vers l'Ouest. Ils se reposèrent ensuite dans un bois jusqu'à l'aube. Près d'une ferme, ils observèrent ses occupants et se manifestèrent auprès d'un homme travaillant dans un champ. Ce dernier leur apporta de la nourriture puis des vêtements civils. Ils dormirent dans la grange de la ferme. Au cours de la journée, le F/Sgt DRUMMOND (qui avait été blessé lors du saut en parachute) rejoint les deux autres aviateurs. Le lendemain (30 Juillet), le fermier emmena le F/Sgt RAYNEL et le F/Sgt SAMPSON furent emmenés en charrette jusqu'au camp d'évasion de Fréteval. Le F/Sgt DRUMMOND demeura dans la ferme afin d'être soigner par un médecin français. Le 12 Août, les choses se sont quelque peu désorganisées en raison de la proximité des troupes américaines qui avançaient. Le 13 Août, le F/O MORRIS, le F/O SANDERS, le Sgt MEANLEY et le F/Sgt RAYNEL quittent le camp de Fréteval pour aller à la rencontre des soldats américains. Ils atteignirent Mondoubleau et furent conduits jusqu'au Mans en voiture. Depuis Le Mans, ils firent de l'auto-stop jusqu'à Cherbourg, d'où ils furent ramenés en Angleterre par mer dans une vedette jusqu'à Calshot le 16 Août 1944.
Le F/Sgt RAYNEL et F/Sgt SAMPSON atterrirent tous les deux dans un champ de blé et ils se cachèrent jusqu'au matin. Ils prirent contact avec un ouvrier agricole qui leur donna à manger et des vêtements civils. Ils furent cachèrent dans une grange près de Logron. Là, ils retrouvèrent DRUMMOND dont la jambe était cassée. Le 30/07, les résistants leur apportèrent des bottes puis ils furent transportés par camion puis à pied jusqu'à camp d'évasion de Fréteval.
Lors de l'évacuation du Lancaster, le F/Sgt DRUMMOND se cogna la tête dans l'appareil et perdit connaissance jusqu'à très près du sol. Le parachute s'ouvrit et il heurta le sol lourdement. Après deux heures, il rampa au sol et se cacha dans des buissons puis dans un bois jusqu'à 16H00. Il interpella un fermier qui arrivait en charrette. Sa jambe était cassée. Le fermier revint le chercher quelques heures après et l'emmena retrouver ses camarades le F/Sgt SAMPSON et le F/Sgt RAYNEL. Il fut pris en charge par Raoul DUBOUCHAGE à Langey.
Nose Art du Lancaster NE148 avec le
marquage des 20 opérations (Photo Jann Sampson)
.
LE CRASH DU LANCASTER DE LUTS-EN-DUNOIS Quelques minutes après, un second
Lancaster est abattu par un Junker 88 près d’Orléans et s’écrase
sur le territoire de la commune de
Lutz-en-Dunois au lieudit « Gaugeville ». Il s’agit du
bombardier canadien LANCASTER Mk II
du 514 Squadron
portant le n° de série LL692
et le code « JI-C2 ». Son objectif était la
ville de Stuttgart (25ème mission du bombardier). Il
avait décollé de la base de Waterbeach à 21H47. Voici les membres de son
équipage :
Image séparée : JONES Grande image, rang du
font : DONALDSON, CAMPBELL, CHAPMAN, LYONS. Rang de devant : HARVEY,
GARLAND Un bref compte-rendu
de la Défense passive de Châteaudun daté du 31 juillet 1944
mentionne la perte de ces deux Lancaster : « Dans la nuit du 28 au 29
juillet 1944, un avion anglo-américain a été abattu à
Gaugeville, Commune de Lutz-en-Dunois. Un des occupants a été
tué, un autre blessé. Quelques dégâts aux propriétés. Dans la même nuit, un avion
anglo-américain a été abattu au Ménard, Commune de Yèvres, aucun
des occupants n’a été retrouvé. Quelques dégâts aux
propriétés ». Touché à plusieurs reprises par un chasseur de nuit allemand, deux moteurs du Lancaster LL692 s’enflamment et le pilote donne l’ordre d’évacuation. Tous les aviateurs purent sauter en parachute. . Toutefois, le F/O Robert
Roy GIFFIN fut gravement blessé durant
l’attaque aérienne et mourut de ses blessures le 30 Juillet
1944. Récemment promu pilote, il avait été désigné spécialement
ce jour-là pour sa première mission en tant que huitième homme,
l’équipage habituel d’un lancaster n’en comptant que sept.
Quant au F/S Earl
Frederick GARLAND, gravement
blessé à la jambe, il réussit à sauter en parachute mais ne put s’échapper et fut fait prisonnier
par les autorités allemandes. En revanche, les autres survivants
furent récupérés par la résistance française.
En descendant en parachute,
le Sgt William Alexander DONALDSON voit sous lui son mitrailleur
(Jones) qui atterrit dans
un champ. Ayant touché le sol, il appelle le F/S Earl
Russell JONES et se met
à sa poursuite. Jones, l'ayant pris pour un Allemand à ses
trousses, détale à toute vitesse. Jones force l'allure, arrive à
une clôture et tandis qu'il essaie d'enjamber l'obstacle,
l'homme s'adresse à lui et il reconnaît alors DONALDSON qui lui
dit de le rejoindre pour retourner d'où ils étaient venus. Jones
réalise alors que ce qu'il avait pris pour de l'allemand était
en fait le fort accent écossais de son co-équipier. Dans un premier temps, le F/S
JONES et le Sgt DONALDSON trouvèrent refuge dans la ferme
d’Arthur JOUSSEAU à Bassonville. Il est le cantonnier de
Lutz-en-Dunois. Quelques jours après, deux autres membres
d’équipage vinrent les rejoindre (CAMPBELL et LYONS).
Le Sgt LYONS avait été blessé dans
l’avion en perdition par des éclats d’obus dans les jambes et
sous les bras. Deux jours plus tard (le 31
juillet vers midi), une activité inhabituelle des Allemands et
la visite curieuse d’inconnus obligèrent les quatre aviateurs à
quitter la ferme à pied en direction d’un camp dans une forêt,
accompagnés d’un guide et habillés en civils. Ils se déplacèrent
deux par deux (CAMPBELL avec JONES et DONALDSON avec LYONS qui
se déplace en vélo en raison de ses blessures). L’ordre formel leur est donné de
ne pas parler, à tel point qu’ils ne répondent pas à leur
camarade le F/S HARVEY lorsque ce dernier les dépasse sur la
route, assis entre deux hommes sur une charrette tirée par un
cheval. En chemin, ils doivent se cacher à
l’approche d’une limousine noire emportant des officiers
allemands vraisemblablement en retraite accélérée. Chacun ayant
depuis longtemps bu sa propre bouteille de vin reçue de la
fermière, ils sont assoiffés après ces heures de marche et
s’arrêtent près d’un champ. Ils pensent trouver de l’eau dans un
baquet destiné aux moutons, mais découvrent un liquide recouvert
de mousse verdâtre. Ils écrèment la mousse pour plonger une
bouteille dans l’ "eau", y mettent quatre tablettes d’halizone
(quatre fois la dose normale pour la quantité), secouent le
mélange pendant vingt secondes (au lieu de "laisser reposer 20
minutes") et se partagent immédiatement le breuvage. En chemin,
ils s’arrêtent à une ferme où une femme leur donne de la viande
et du fromage. La fermière fut interpellée par les pieds
meurtris de CAMPBELL qui portait des sabots trop petits (fournis
initialement par Mme ARTHUR), elle lui donna des chaussures en
ersatz de caoutchouc. Il poursuit sa route avec ses nouvelles
chaussures, mais il marchait sur le bas coté de la route, plus
tendre pour ménager ses pieds en sang. Dans la soirée, après une marche
d’environ 35km, le petite troupe arrive au camp de Frèteval où
ils retrouvent le F/O CHAPMAN. Après deux semaines dans le camp,
ils furent libérés en Août 1944 par l’armée américaine.
Sgt Sam A. HARVEY
Sgt A. R. LYONS dit « Ben »
CAMPBELL et l’équipe au sol
LES REVENDICATIONS ALLEMANDES Les revendications allemandes de cette
tragique nuit du 28 au 29 Juillet 1944 sont difficilement
attribuables à tel ou tel pilote de chasse de nuit. On peut
toutefois noter les victoires allemandes suivantes dans la
région:
-
Le Hptm Heinz RÖKKER de la 2./NKG2
abat un quadrimoteur près d’Orléans (sans doute Lancaster III n°
de série LM462 du 101 Squadron abattu à Rébréchien)
-
L’Ofhr. Johannes STRAßNER de la
2./NJG2 abat un Halifax (sic !) à 4 km à l’Est de Chartres à
2.200 mètres d’altitude (il s’agit sans nul doute du Lancaster
LL692 de Lutz-en-Dunois). Cet équipage allemand subit toutefois
le feu défensif des bombardiers et leur appareil, le Ju-88 Code
« 4R+EK" de la 2./NJG2 s'écrase près de Châteaudun. Les trois
membres d'équipage étaient l'Uffz HAHN Hans, le Gefr. PAREIDT
Helmut et le Ofhr. STRAßNER Johannes. ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
22/07/2024 |
Mentions légales: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110). Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com - - Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH - RGPD: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 - ![]()
|