Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 23 JUIN 1944

 

La destruction du Ju-87 de Mézières-au-Perche

Dans la nuit du 22 au 23 juin 1944, vers 00H15, deux requis civils, assurant la garde d"un avion allemand ayant fait un atterrissage forcé à Mézières-au-Perche le 06 juin 1944, ont été attaqués par 7 ou 8 individus . Ceux-ci ont ligoté les gardiens et ont mis le feu à l'appareil qui a été détruit (constat de gendarmerie française de Châteaudun le 24 juin 1944).

De sources différentes (autre document de la défense passive), cet avion serait tombé le 06 juin 1944 à 21H30 à Mézières-au-Perche à la sortie Sud du bourg, en bordure de la route départementale. Un officier fut tué et un aviateur fut blessé.

Le livre "L'occupation et la Résistance en Eure-et-Loir" précise 7 ou 8 juillet 1944, vers 14H00, un agent de liaison vient me prévenir: "un avion a atterri au carrefour des routes de Mézières-Bullou-Brou. Il est intact et gardé par des civils. Il faut le détruire. Prends tes précautions. A bicyclette, je vais me rendre compte sur place et reconnaître l'itinéraire. Je repère les gardes et l'emplacement de l'avion, tout près d'un champ de pommiers. Je me dis: "Les gardes se laisseront faire, on va les attacher aux pommiers, comme ca les boches ne prendront pas d'otages. Arrivé chez moi, j'envois un cycliste convoquer le groupe.

Je prends quelques précuations pour intilider les gardes car ils ont peur d'être fusillés. Cela va de soit. Nous les attachons aux pommiers et pendant ce temps, les gars mettent de la paille sur l'avion que j'arrose d'essence et je mets le feu. Cela a pris sans difficulté et vite. Nous avons eu peur pour les gars qui sont attachés car l'avion explose et ca part assez loin. Nous allons les rassurer avant de partir car la relève de la garde est prête à venir, c'est par eux qu'ils ont été détachés. Nous sommes tous bien rentrés" (témoignage du Lt CHARLOT, Groupe de résiustance Delorme, PC Ouest).


Le bombardement de La Loupe

A 10h30, la ville de La Loupe est de nouveau la cible d’un bombardement. Des bombes tombèrent notamment Rue de la Gare, mettant le feu à une maison. Des projectiles tombèrent également Rue du Lt Pierre-Gauquelin, et sur le garage agricole de M. Albert de Hello et sur une ferme, à la Gauderie sur la Commune de Meaucé.

Il s'agissait de deux escadrilles de 6 P-38 qui bombardent successivement en piqué et mitraillent la ville et sa gare à basse-altitude. 24 bombes de 25 à 50 Kg furent larguées. Six civils sont tués et six blessés furent déplorés. 2 immeubles détruits et 8 inhabitables.

 

Le crash du P-38 du 55th FG à Prasville

 A 11H35, 49 P-38 du 55th FG décollent de leur base pour bombarder un embranchement ferroviaire et un pont à Sens. Le Lt Robert B. HOFFMAN (dont le surnom était "Old Dog") vole au sein du flight blanc mené par le Capitaine Clair W. DES VOIGNES.

Lors de leur retour, les chasseurs-bombardiers passèrent au Nord puis à l'Ouest de Paris pour arriver dans le secteur de Dreux/Etampes.

Au même moment les appareils du III./JG26 sont de sortie dans les environs.  Deux Me-109 surgirent par l'arrière à 10.000 pieds. Quatre autres Me-109 servaient de couverture puis s'engagèrent dans le combat.

Le pilote américain, le Lt LITTLEFIELD, reçut un tir de canon dans une de ses ailes mais put continuer sa route et rentrer sain et sauf en Angleterre.

 

 

Lt Littlefield M.Robert et son P-38 lors de la mission du 23 Juin 1944

.

Un premier P-38 est abattu à Etampes n°42-104284, code « CG- » piloté par le Lt Grant.H. CORY du 55th FG, 38th FS.

Des témoins rapportent qu'il y ait eu un combat tournoyant avec un "deux queues" à l'ouest d'Etampes peu de temps avant sa chute.  Le P-38 s'est écrasé à l'ouest d'Etampes sur les hauteurs de la ville en provenance de l'est et a survolé la ville en flammes. Un témoin qui a été le premier sur le lieu du crash d'Etampes constata le corps meurtri du pilote avant d'être chassé par les allemands. Le corps fut emmené par les allemands dans un lieu indéterminé. Le Lt CORY figure sur le mur des Disparus au cimetière militaire de Saint-James (Normandie).

 

Lt Grant H. CORY

 

Puis un second P-38 fut également abattu. Le Capitaine DES VOIGNES put observer le P-38 n°42-67578 du 2nd Lt Robert B. HOFFMAN (matr.: 0-758172) du 55th FG, 38th FS avec ses deux moteurs en feu.

Voici son témoignage : "Le Squadron HELLCAT était en train de se reformer après un "break" à environ 12 miles au Nord Est de Dreux. Je menai le Flight Blanc des HELLCAT qui s'était éparpillé après le "break". J'observai deux Me-109 plongeant en ligne sur un des appareils arrière de la formation. J'ordonnai à trois reprises à la formation de se disperser mais l'appareil prit en chasse ne put réaliser une manoeuvre évasive. J'observai le moteur droit en feu puis l'appareil plongea vers le sol pour se crasher. Je ne constatai pas de parachute. Cette attaque eu lieu à 10.000 pieds d'altitude à 14H05 le 23 Juin 1944. L'appareil fut ensuite identifié comme étant celui du 2nd Lt Robert B. HOFFMAN".

La défense passive chartraine établit le rapport suivant : « A  14H00, un avion américain à double fuselage, un P-38 fut abattu par un chasseur allemand et s’écrasa en flammes dans un champ entre le bourg de Prasville et la RN154.

L’appareil est complètement détruit. L’aviateur a sauté en parachute mais s’est légèrement blessé. Quelques instants après la chute de l’avion, un feldgendarme et un officier allemand ayant aperçu deux civils près du parachutiste ont sommé ces deux personnes de s’arrêter. Ayant pris la fuite, les militaires ont fait feu les tuant tous les deux. Il s’agit de René FAUCONNIER et de Marcel PREVOST (ouvriers agricoles à Prasville) ».

 

2nd Lt Robert HOFFMAN et rapport allemand du crash de son appareil

 

Rapport MACR n°6246 (P-38 du 2nd Lt HOFFMAN)

 

Les revendications allemandes

Au final, les pilotes allemands du III/JG26 revendiquèrent trois victoires sur les P-38 vers 14H00, deux dans la région de Chartres (par le Major MIETUSCH) et une troisième dans la région Etampes/Chartres (par l’Uffz ZELLER). Seules deux de ces revendications seront réelles. 

Major Klaus MIETUSCH

 

La tentative d'évasion du 2nd Lt HOFFMAN

Le pilote américain erra dans la campagne beauceronne jusqu'à ce qu'il rencontra des français qui le mirent en contact avec la résistance d’Orgères-en-Beauce (FTP du Secteur Sud /Sous-Section Est d’Eure-et-Loir (Voves/Prasville/Janville): 

L'aviateur fut confié au réseau d’évasion Picourt puis prit en charge par un homme parlant courament l'anglais (sans doute le dénommé Desoubri) qui l'accompagna jusque dans le Sud de Paris. Le réseau était toutefois infiltré par un traitre (le dénommé Désoubri) et le 2nd Lt HOFFMAN fut arrêté à un barrage routier dans Paris. Il fut emprisonné à la prison de Fresnes puis à Buchenwald en Allemagne.

Réseau d'évasion PICOURT

 

  

Le crash du P-47 du 406th FG à Gellainville

 En fin d’après-midi du 23 Juin 1944, vers 18h15, les P-47 du 406th FG sont en mission de bombardement en piqué dans la région Chartres.

En effet, la voie ferrée est bombardée au même moment entre Maintenon et Villiers, ainsi que le viaduc. Des bombes tombent également sur la voie ferrée, à Saint-Piat, près de la Gare (sans faire de dégâts).

Pendant l’attaque d’un camion, le P-47 D-11 n°42-75223 piloté par le Lt Raymond E. DEMERITT du 406th FG, 513rd FS est touché par la Flak et le feu se déclare dans l’appareil. Le pilote évacue son appareil et saute en parachute.

Voici le témoignage de son camarade, le 2nd Lt Howard PARX: "Pendant une mission d'attaque au sol, le Flight du Major FOWLER, dans lequel j'étais en 4ème position, fit un passage au-dessus d'un camion. Mon leader (en position 3) et moi fîmes un passage au-dessus d'un camion, près d'un autre. Au moment d'ouvrir le feu et pendant la descente, je vis l'aile gauche de mon leader en feu. Mon leader dit à la radio "je suis en feu". Le feu se développa en quelques secondes mais il ne pouvait le voir de son cockpit. Il sauta en parachute et atterrit approximativement à 4 miles au Sud Ouest de Chartres. L'altitude était de 2500/3000 pieds. L'appareil explosa et brûla au sol. Il était alors 18H15. Je ne fis pas de cercle pour voir où il était sain et sauf car la Flak était intense".

La défense passive de Chartres confirme ses faits : « A 17H00, un avion allié s’écrase sur la commune de Gellainville à 5 Km au Sud-Est de Chartres, à 400 mètres de Bonville. Le pilote descend en parachute et a été fait prisonnier par les autorités allemandes. L’avion fut presque totalement détruit car il prit feu en touchant le sol ».

Le 2ème Lt Raymond E. DEMERITT (matr. 0810328) fut fait prisonnier.

Certaines informations laissent à penser que le Lt DEMERITT serait mort le 25 Juin 1944, soit deux jours après son crash. Il aurait été inhumé au cimetière belge de Neuville-en-Condroz puis son corps aurait été rapatrié après guerre en Floride.

 

Lt Raymond E. DEMERITT

Rapport MACR n°6109 (P-47 n°42-75223 du Lt DEMERITT)

Un extrait de rapport allemand confirme ce crash à Bonville à 18H30 (et non pas Bouville), sans autre information concernant le sort du pilote américain :

 


 

 

 


Retour haut de page

Nombre de visiteurs:


compteur de visite html
Dernière mISE d

Dernière mise à jour: 07/04/2024
Mentions légales
: Association Forced Landing (Loi 1901 à but non lucratif) - 2, Hameau du Nivernais - Lucé (28110).
Nous contacter: associationforcedlanding@gmail.com -

- Président: M. Jean PIERRE - Trésorier: Stéphane TESSIER - Secrétaire: Olivier LE FLOCH -
RGPD
: Ce site ne collecte pas de données personnelles - Copyright 2003-2024 -