Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


LA CHUTE DU P-51 DU Lt LAING LE 28 AVRIL 1944

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Le 28 avril 1944, 42 chasseurs américains P-51 du 352nd FG sont chargés d'escorter des bombardiers lourds B-17 jusque sur leur objectif, le terrain d'aviation d'Avord, près de Bourges. A 10H35, le 352nd FG survole Dunkerque à 18.000 pieds puis Vatan à 11H40 à 20.000 pieds où le rendez-vous avec les bombardiers est réussi. Le bombardement d'Avord a lieu à 12H10 et les résultats sont jugés excellents.

Lors du retour de mission peu avant 13H00, les P-51 du 352nd FG furent relevés de leur tâche, l’escorte étant désormais assurer par des P-47 d’un autre groupe.

Le Red Flight du 328th FS, 352nd FG composé du Capt SHARP, du Lt FURR, du Lt POWELL et du Lt LAING décide d’attaquer un objectif d’opportunité identifié de façon incertaine comme étant le terrain d'aviation d'"Herbouville".

Lors de cette attaque, l’appareil du Lt LAING fut touché par la Flak. Perdant du liquide sur le coté droit du moteur, le Lt LAING ouvrit son cockpit s'apprêtant à sauter en parachute. En l’absence d’incendie, il reprit de l’altitude et continua à voler durant quelques minutes en direction du Nord Ouest mais son moteur finit par caler et le pilote n’eut pas d’autres choix que de sauter en parachute à 2.000 pieds d'altitude, lui permettant d'ouvrir son parachute à 300 pieds d'altitude.

A 12H00, le P-51 n° 42-103290 du 1st Lt James Loyd LAING (matr. 0-737146) s’écrasa sur la Commune d’Happonvilliers. 

. Rapport MACR n°4414

 

LA LOCALISATION DU TERRAIN D'AVIATION ATTAQUE

 

Le rapport mentionne l'attaque d'un terrain d'aviation d'Herbouville. Toutefois, ce terrain est inconnu.

A contrario, un rapport de la Défense Passive de Châteaudun confirme une forte activité aérienne au-dessus de la base aérienne ainsi qu'une météorologie défavorable.

On relève notamment, à 11H50, le mitraillage du terrain d'aviation et de l'ancien entrepôt de munitions. Un appareil biplace à double fuselage est alors abattu par la Flak.

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Ce même 28 Avril, aucun autre appareil que le P-51 du Lt LAING ne fut abattu en Eure-et-Loir et aucun P-38 (appareil à double fuselage) ne fut abattu sur le théâtre européen. L'heure corrobore également.

Ainsi, l'attaque des P-51 du 352nd FG prit pour cible le terrain d'aviation de Châteaudun, peu avant 12h00, lors de son retour de mission.

 

 L'EVASION DU Lt LAING

Le pilote atterrit en parachute 5 secondes après le crach, à 100 mètres de son appareil qui explosa au sol. L'atterrissage du pilote fut violent car ce dernier fonçait droit sur une clôture. Il leva les jambes pour passer juste au-dessus. Or, sa fesse gauche toucha un piquet et il atterrit au sol à plat ventre, convaincu de s'être cassé quelque chose. En réalité, il n'en était rien...

A l’époque, on pensait que le pilote avait vraisemblablement péri dans les flammes, ce qui eut le mérite de camoufler son évasion.

Lt James LAING

(Collection Jean PIERRE)

Il dégrafa son parachute et prit la direction du Sud pour tenter de gagner l'Espagne et s'évader par Gilbraltar... Dans un village voisin, à Chassant, il rencontra la famille BACCHI qui l'hébergea provisoirement et qui le mit en relation avec un réseau d'évasion chartrain, le Réseau PICOURT.

Lt LAING chez la famille BACCHI (Photo Famille Bacchi)

 

Il fut accompagné à Chartres en bicyclette et fut ensuite provisoirement hébergé chez M. et Mme LEMONNIER (Rue du Soleil d'Or à Chartres) puis, le 24 mai 1944, M. PICOURT vient le chercher pour le cacher ensuite dans sa pharmacie qui avait l'avantage d'être située à proximité de la gare de Chartres. Mme ORSINI et Jean-Jacques DESOUBRI prirent livraison du "colis" pour être transporté à Paris en train.

James LAING se rappelle qu'il avait voyagé en train avec un autre aviateur américain, navigateur dans un B-24 (sans doute le Sgt Harold OWENS tombé le 11 Mai 1944 à Bazoches-en-Dunois).

 

LA TRAHISON ET SA CAPTURE

Malheureusement, le Réseau PICOURT était infiltré par un agent double qui n'était autre que Jean-Jacques DESOUBRI. Ainsi, au lieu d'être transporté vers l'Espagne à partir de Paris, le 24 Mai 1944, les deux aviateurs alliés furent remis lâchement au quartier général de la Gestapo, Rue des Saussaies à Paris.

Rapport allemand KU542 du 26 Mai 1944 (source NARA)

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Les aviateurs furent incarcérés dans la prison de Fresnes jusqu'au 11 Juillet 1944 puis ils furent envoyés à Mayence, en Allemagne, où ils restèrent deux mois en isolement sous les bombardements alliés. De là, ils furent envoyés à Wiesbaden, puis le 15 septembre 1944, au centre d'interrogatoire de Dulag puis ensuite au Stalag Luft I à Barth qui était surpeuplé et qui manquait terriblement de nourriture et de chauffage. Le Lt James LAING perdit 52 kilos en 4 mois. Ils ne recevaient alors qu'au maximum un quart de livre de nourriture par homme et par semaine en provenance de la Croix Rouge. Puis, en Avril 45, les Allemands amenèrent 100.000 colis de nourriture de Rostock.

Le camp fut finalement libéré le 14 Mai 1945 et James LAING fut transporté dans un camp Lucky Stricke dans la soute d'un B-17....Il passa quelques temps à Paris avant d'être redirigé sur la ville du Havre pour embarquer sur le bateau USS BUTLER le 18 Juin 1945 pour arriver à NEWPORT le 26 Juin 1945.

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Autre source: Extrait du livre "Blue Nosed Bastards of Bobney".

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INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES SUR L'ATTAQUE DE 10H10

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A noter que l'attaque de la base aérienne de Chateaudun à 10H10 est l'oeuvre d'une autre mission, celle de 36 P-47 du 353rd FG menés par le Colonel DUNCAN. Ils décollèrent de leur base à 08H47, arrivèrent à Châteaudun à 10H05, attaquèrent par le Sud-Est puis plongèrent à 30 degrés de 16.000 à 4.000 pieds d'altitude puis larguèrent 65 bombes de 500 livres G.P.

Les explosions endommagèrent fortement un hangar situé au Sud-Est, 5 bombes touchèrent un hangar au Nord du terrain, 2 ou 3 bombes touchèrent un dépôt de munitions. Les résultats du bombardement ne purent être observés. Un groupe de P-47 plongea pour mitrailler au sol: Un appareil ennemi fut détruit et explosa, un second appareil ennemi fut endommagé. Le 353rd FG constata que la base aérienne était fortement défendue par une Flak lourde, une position de Flak lourde à 600 yards au S.E., une tour de Flak à l'Ouest des 4 hangars au Nord des pistes et une intense Flak légère dispersée. Toutefois, aucun chasseur ennemi ne fut rencontré en vol. Aucune perte enregistrée pour le 353rd FG.



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