Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


NUIT DU 07 AU 08 JUIN 1944

 

Dans la nuit du 07 au 08 Juin 1944, de nombreuses formations de Lancasters et d’Halifax sont chargées de bombarder massivement des voies ferrées des villes situées au Sud Ouest de Paris (Versailles, Achères, Chevreuse, Juvisy et de Massy-Palaiseau).

Tout comme les précédents bombardements du Commonwealth, l’objectif principal est de détruire massivement les voies d’acheminement des renforts en homme et matériel vers le front normand.

Toutefois, c’était sans compter sur le renforcement de la chasse de nuit allemande déjà présente depuis le débarquement allié : quelques de groupes de chasse de nuit allemands arrivèrent d’Allemagne le 07 Juin 1944 pour se rapprocher des têtes de pont alliées ( la I./NJG2 à Châteaudun avec ses Ju-88, la III./NJG5 à Châteaudun avec ses Me-110 et la II./NJG2 à Coulommiers avec ses Ju-88).

Ainsi, la chasse de nuit allemande aura été mise en alerte suffisamment tôt pour intervenir en force : de nombreux bombardiers seront abattus par les chasseurs Me-110 et Ju-88 allemands au-dessus du département des Yvelines.

Deux Halifax participant au bombardement de Versailles s’abattront sur le département d'Eure-et-Loir vers 03H00, à Soulaire et Blévy.

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 LE CRASH DU HALIFAX MZ602 DE BLEVY

Le Halifax III MZ602 (Code « SE-U ») du 431 Squadron s'écrase à Blévy, au Nord Ouest de Chateauneuf-en-Thymerais, au lieudit "La Touche". Il avait décollé de sa base de Croft, en Angleterre à 23H54 avec pour mission de bombarder la gare de Versailles.

Les huit membres d'équipage sont tués. En voici la liste :

 

 

 

 

Sgt William TEAPE

 

Les tombes communes au cimetière de Blévy

P/O Gordon Beverley JOSE

 

Sgt MULLIN William Dakin

F/O MORRISON Hugh Allan

F/O GANDY Peter Joseph

P/O ARTYNIUK John Peter

 

P/O JOSE Gordon Beverley

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Action du groupe de résistance FTP de Dreux:


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 LE CRASH DU HALIFAX LK866 DE SOULAIRE

Un second appareil, le Halifax III LK866 (Code « C8-L ») du 640 Squadron s'écrasa à 500 mètres au Nord-Est de Soulaire, au Nord Est de Chartres, près du Chemin de Boigneville. Ce dernier avait décollé de sa base de Leconfield à 00H24 et transportait 16 bombes 500 GP et 2 bombes 500 LD.

Lors du retour de mission, un chasseur de nuit allemand attaqua le Halifax en venant par-dessous. Le fonds du fuselage prit feu, l’interphone est hors d’usage  mais les moteurs fonctionnaient parfaitement.

Le pilote donna l’ordre d’évacuer l’appareil. Les aviateurs Harold BASTABLE (navigateur), Alexander NOBLE (bombardier) et Ivan HORLER (radio-opérateur) utilisèrent leur trappe d’évacuation. Le mitrailleur arrière (John LANE) tenta d’utiliser la trappe d’évasion principale mais cette dernière ne voulut pas s’ouvrir et il utilisa un trou dans le fuselage. Le Sgt DE VETTER s’apprêta à utiliser le même trou que le Sgt LANE mais il se rendit compte que le feu était peu important. Avec le pilote HAMILTON et le mécanicien ROWE, ils tentèrent tous les trois de maîtriser l’appareil afin d’atteindre la Normandie, en zone libérée mais le chasseur allemand revint et attaqua de nouveau. Cette fois-ci, les réservoirs de carburant s’enflammèrent et le Sgt DE VETTER se décida à sauter en parachute, sans connaître le sort de son pilote.

Les corps du Sergent LANE et du P/O HAMILON furent inhumés dans le cimetière communal de Soulaire. Lors de l’enterrement, la population locale vint nombreuse, les tombes étaient couvertes de nombreuses fleurs et la Marseillaise fut chantée.

Voici la liste des membres d’équipage :


Ian McKenzie HAMILTON

 

Tombe du P/O HAMILTON à Soulaire

LANE John William

(collection privée)

 

 

Les tentatives d’évasion échouées

Cinq des sept hommes d’équipage réussirent à évacuer sains et saufs l’appareil en perdition. Toutefois, une seule et unique évasion réussira :

- Le bombardier Alexander NOBLE réussit dans un premier temps son évasion, via le Réseau d'évasion Picourt mais il fut ensuite arrêté à Paris le 21 Juin 1944, puis emprisonné à Fresnes, Mainz et Wiesbaden puis au Stalag Luft 1 (à Barth).

- L’opérateur radio Sgt Ivan HORLER s’évada via le Réseau d'évasion Picourt mais peu de temps car capturé le 15 juin 1944 à Paris puis interné au Stalag Luft 1 (à Barth).

- Le navigateur Harold BASTABLE atterrit près d'Emancé (à l'Est de Maintenon) mais se blesse (cheville cassée). Il fut recueillit par un jardinier chez qui il resta durant 15 jours. Il fut ensuite mis en contact avec la résistance locale qui le cacha en différents endroits jusqu'au 14 juillet, dont Michel BLAISE. Le Réseau d'évasion Picourt le prit à son tour en charge et le transporta à Paris où il fut caché dans un appartement durant une nuit.

Il fut finalement arrêté par la Gestapo le 19 juillet 1944 à Paris avec David HIGH (RCAF - Lancaster KB718) et James Alan SMITH (RCAF - Lancaster KB727). Les trois aviateurs canadiens furent emprisonnés d’abord à la Prison de Fresnes, puis transférés en Allemagne, à Buchenwald durant 3 mois, puis au Stalag Luft 3 (Sagan). Il fut atteint d’une pneumonie et il sera soigné dans l’hôpital du camp jusqu’au début janvier 1945.

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Les aviateurs BASTABLE, NOBLE, HORLER avaient été secourus par la Résistance française et confiés au réseau d'évasion PICOURT. Malheureusement, ce réseau était infiltré par un agent double de la Gestapo Jean-Jacques DESOUBRI qui remettait les aviateurs alliés à la Gestapo. C'est ce qui arriva à ces trois aviateurs.

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Rapport de la capture du F/O Harold BASTABLE

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Document de Buchenwald - F/O Harold BASTABLE (source : site "buchenwaldairmen.com")

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- Le mécanicien Sgt Andrew ROWE fut aidé par de nombreuses personnes. Tout d’abord, Antoine NOBILI (de Gazeran) vient à l’aide du Sgt ROWE blessé au nez et l’emmena chez François VIGOUROUX à Rambouillet les 8 et 9 Juin. L’aviateur fut ensuite hébergé du 9 juin au 9 juillet chez Mme Christiane LEFEBVRE (résistante du réseau PROMPSAUD de MARATHON) au 44, Rue du Petit Parc à Rambouillet. Puis, il fut caché dans la librairie de Maurice CHERBONNIER au 76, Rue de Paris à Chevreuse. Le Sgt ROWE y rencontre d’autres aviateurs (Philip Lamason, Kenneth Chapman, F/S Davidson du 622 Squadron, le Sgt Hunter et le Lt Phelps du 367th FG). Le 02 Juillet, Lamasson et Chapman partent loger ailleurs.

Vers le 13 juillet, à Paris, la trace d’Andrew ROWE est retrouvée dans le studio d’un sculpteur lorsqu’Anne-Marie ERREMBAULT, (fille d'un diplomate belge, résidant à Saint-Rémy-les-Chevreuse) y amène John Clarke qui rencontre André Rowe et Byron Phelps. Les trois hommes y resteront jusqu'au 17 juillet.

Ce 17 juillet, Georges PREVOST les mène chez lui au 20 Boulevard de Sébastopol à Paris. Andrew Rowe, John Clarke et Byron Phelps y rencontrent une douzaine d'autres aviateurs britanniques et Américains. Le même soir, un nommé "Jack" les interroge séparément au sujet de leurs helpers, pour pouvoir les indemniser. Clarke refuse de livrer les noms conformément à sa formation de survie.

Le 18 juillet, "Jack" prend dix des évadés et revient le prendre avec Andrew Rowe, Jack Ward et le Lt Phelps. Ils marchent environ 3 Km avant qu'une voiture ne les emmène dans l'hôtel vide d'un centre commercial. Le chauffeur de la voiture les guide dans des chambres et leur explique de n'ouvrir à personne, sauf à un certain signal. Ce chauffeur revient ensuite avec de la nourriture, de la bière et du champagne et leur dit qu'il les prendrait le lendemain pour partir en Espagne.

Le 19 juillet après-midi, un homme parlant anglais avec un accent américain les emporte rapidement en voiture "vers l'Espagne". Ils montent dans la camionnette, où ils retrouvent la dizaine d'autres évadés. Dix minutes plus tard, le véhicule passe un porche et s'arrête dans une cour de l’Avenue Foch, au quartier général de la Gestapo. Un groupe d'Allemands les y attendent. Sans être interrogés, ils sont directement conduits à la prison de Fresnes où ils resteront jusqu’au 15 Août suivant.

Durant leur captivité dans la prison de Fresnes, le mécanicien ROWE et le radio-opérateur HORLER s’entrecroisèrent.

Le 15 Août, Rowe fait partie, avec 167 autres aviateurs, du dernier train de prisonniers en partance de Paris vers l’Allemagne. Le 20 Août 1944, il arrive au camp de Buchenwald.

L’intervention d’un officier de la Luftwaffe permettra aux aviateurs prisonniers d’être   transférés le 19 Octobre vers le Stalag Luft 3 (à Sagan-Pologne) où les conditions étaient un peu moins difficiles. Devant l’approche des troupes soviétiques, ce camp fut évacué en marche forcée à la fin janvier 1945 et les prisonniers transférés dans d’autres camps plus à l’Ouest. Libéré vers la fin avril/début mai 1945, Andrew Rowe fut rapatrié en Angleterre peu de temps après.

 

Le mitrailleur DE VETTER eut un sort différent de ses camarades. Aidé par la résistance locale, il ne transita pas par le réseau Picourt (infiltré par un traître) et il sera emmené au camp d’évasion secret de Fréteval, près de Châteaudun et il sera libéré le 13 Août 1944 par les troupes américaines.

 

La vie du pilote HAMILTON

Le pilote Ian MacKenzie HAMILTON trouva la mort dans le crash de son Halifax lors de cette nuit du 8 Juin 1944. Il était en 1921 à Orangeville (Ontario) et commença ses études en 1935 puis il alla à Toronto. Il s’engagea dans la RCAF  en 1942 et il fut immédiatement recommandé, jugé comme étant solide et déterminé. Son principal instructeur à Centralia fut le P/O George PONECH qui voyait en lui un futur pilote très compétent.

Pendant les formations d’entrainement, l’équipage fut formé avec Ian HAMILTON comme pilote. Les formateurs jugèrent cet équipage « motivé et supérieur à la moyenne ». L’équipage du 8 Juin 1944 sera dans sa totalité celui formé lors de ces entraînements.

Le 9 Mai 1944, le P/O HAMILTON et son équipage effectuèrent leur première mission au sein du 640 Squadron  (RAF).

Le 24 Mai 1944, l’équipage assiste à son premier combat aérien lors d’une mission sur Aix-la-Chapelle : un Ju-88 réalisa deux attaques frontales et un avion ennemi fut abattu.

Le 6 Juin 1944, l’équipage participa au débarquement en Normandie avec un bombardement sur les batteries côtières à Maisy en Normandie à 04H20 puis sur la gare ferroviaire de Châteaudun dans la nuit du 6 au 7 Juin.


Les revendications allemandes
Les victoires allemandes furent nombreuses durant cette nuit du 7 au 8 Juin 1944.
Toutefois, il semble que la perte du Halifax LK866 puisse être attribuée au pilote allemand Heinz REUTER de la 7./NJG2 (qui volait sur un Ju-88 G-1) :

 


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