Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


JOURNEE DU 14 JUIN 1944

 

Le crash d'un avion allemand à Sainville

Dans la nuit du 13 au 14 Juin 1944,, le chasseur de nuit allemandd bi-moteurs Ju-88 G-1 n°710802 de la 1./NJG2 tombe en flammes sur la commune dee Sainville (28)) entre Chartres et Etampes, à proximité de la route de Sainville à Orgonville, entre Manterville et Oysonville. Les occupants sont carbonisés. Le pilote était le Fw. Storck Erwin et son corps repose aujourd'hui au cimetière militaire de Solers (Bloc 2, Rang 13, Tombe 641).

La cause de ce crash demeure indéterminée. La 1./NJG2 était alors basée à Châteaudun depuis le 07 juin dernier.

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Témoignage de Jacques Rousseau de Sainville (témoin direct de ce crash) : "Plus de 80 années après, j’ai encore des souvenirs précis sur cette chute de l’avion, notamment son passage très bas et très proche du village et de notre maison avec un bruit énorme. Par-contre, l’impact dans le champ ne me laisse pas d’impression de bruit.

Le matin, accompagnant mon pére sur les lieux, un champs de blé de la ferme, brulé à 60% et les restes de l’avion complétement désarticulé était impressionnant, les corps encore plus.

Les tôles de la carlingue sont restées longtemps dans les arriéres de la ferme. Une grosse mitrailleuse abimée a été récupérée.

La sortie de terre des deux moteurs a occupé les ouvriers pendant deux jours de travail. Ensuite, ils ont été jetés dans un trou avec un tracteur dans un bois.

Les allemands avaient reçu froidement mon père. Il fera remarquer qu’il était le fermier en place".

 

Correspondance de la Mairie de Sainville (Source : AD28) 

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Modèle de Ju-88 G-1 de la NJG2 

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BOMBARDEMENT DU TERRAIN DE CHATEAUDUN

Le 14 Juin 1944 est enfin une journée ensoleillée donc propice aux bombardements… A 07H00, 103 bombardiers B-24 attaquent et bombardent le terrain d’aviation de Châteaudun avec 276 tonnes de bombes (dont 97 tonnes de bombes à fragmentation). La Flak fut peu intense au-dessus de l’objectif, aucun chasseur allemand ne passa à l’attaque et les résultats du bombardement furent jugés excellents.

En effet, la I./NJG2 (unité allemande de chasse de nuit) occupe cette base au même moment et constate la destruction de six Ju-88 G-1 ainsi que des dommages importants sur cinq autres appareils. On peut supposer que des He-177 du KG40 doivent également être touchés ainsi que les Ju-188 du III./KG6.

Bombardements de la base aérienne de Châteaudun en 1944

 

LE CRASH DU  P-47 DU Lt LARKIN à Soulaire

Les P-47 du 362nd FG sont en mission de bombardement sur Beuil (78), près de Montfort l'Amaury lorsqu'ils sont attaqués par les Fw-190 du 9./JG54 vers 07H40.

Le P-47 n°42-75583 piloté par le Lt John Charles LARKIN (matr. 0-802041) du 362nd FG, du 377th FS est gravement endommagé et son pilote doit évacuer son appareil en urgence et saute en parachute. Il regagne le sol sain et sauf et atterrit à Méré (78), à 20 Km au Nord de Rambouillet. Pendant ce temps, le P-47 poursuit sa route pendant quelques dizaines de secondes et vient s'écraser à Soulaire (Chemin de Boigneville). Le Lt LARKIN sera secouru et caché par des résistants à Rambouillet jusqu'à l'arrivée des Américains vers le 15 Août 1944.

Rapport MACR n°6500 (P-47 du Lt LARKIN)

Rapport d'évasion du Lt LARKIN

Fiche du Réseau Comète

Le P-47 du Lt LARKIN fut très certainement abattu par le Fw-190 de l'Ofhr. Günther ZILLING du 9./JG54.

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LE CRASH DU B-17 DU Lt SUMMERVILLE à VILLEAU

Le 14 Juin 1944, vers 05H00, 48 B-17 du 384th BG, 544th BS (8ème Air Force) décollent de leur base de Grafton Underwood (en Angleterre) pour une mission de bombardement  du terrain d'aviation de Coulommiers.

Le B-17 G n°42-97188 (Code "SU-A" Little Barney) piloté par le Lt Robert SUMMERVILLE se situe alors en position n°5 dans le Wing "bas".

La veille, le 13 juin 1944, cet appareil participa avec son escadrille au bombardement du terrain d'aviation de Dreux, mission réalisée avec succès.

Ce 14 Juin 1944, la même formation emprunta un trajet passant à proximité de Cherbourg puis au Sud de Paris.

A 07H35, sur le chemin "aller" et à une altitude approximative de 20.000 pieds, la formation est attaquée par une dizaine de chasseurs ennemis et le B-17 du Lt SUMMERVILLE est touché.

Plan de vol de la 384th BG le 14 Juin 1944

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Ces chasseurs ennemis sont les Me-109 du IV./JG27 qui, guidés par le contrôle au sol, interceptèrent cette formation de quadrimoteurs au Sud Ouest de Paris.

Les tirs du Lt Hientzsch de la 10./JG27 réussissent à toucher mortellement l’appareil du Lt SUMMERVILLE. D'abord en flammes (aile gauche et un moteur seulement), l'ordre d'évacuation fut donné par le pilote mais l'appareil explosa en vol avant que l'ensemble de l'équipage n'ait pu sauter en parachute. Trois parachutes furent aperçus selon un témoin se trouvant dans un autre appareil (Lt R.E. KELLEY, pilote du B-17 #7121 en position n°2 dans le même Wing). En réalité, tout l'équipage excepté le pilote et le co-pilote, réussit à évacuer l'appareil avant l'explosion. Le Lt SUMMERVILLE et le Lt VOGT furent aperçus une dernière fois par leurs camarades lorsqu'ils quittaient le cockpit et qu'ils s'apprêtaient à enfiler leurs parachutes qui se situaient derrière leur siège.

Le bombardier s'écrase à Villeau (près de Voves) au lieudit "La Pierre au Grés" (entre Bisseau et la Voie ferrée Paris-Tours, abattu par la chasse allemande.

Un témoin du hameau « Bisseau », se rappelle que le bombardier a explosé en vol, éparpillant des débris sur plus d'un kilomètre, des morceaux tombant aux portes de sa ferme de Villeau.

Composition de l'équipage:

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L’équipage original du Lt Summerville

Devant, de gauche à droite: Le pilote 2nd Lt Robert Summerville, le copilote 2nd Lt. Jean D. Vogt, le navigateur (nom?), le bombardier 2nd Lt. Ralph E. Eisenach,
Debout, de gauche à droite : le mitrailleur gauche (nom ?), l’opérateur radio John H. McClanahan Jr, le mitrailleur ventral Frank La Rocca, le mitrailleur droit Sylvester Marshall, le mitrailleur dorsal Alfred Holt et le mitrailleur arrière Thomas J. Harris.

Rapport MACR n°6800 (B-17 piloté par le Lt SUMMERVILLE)

 

Le sort de l'équipage

Le B-17 étant gravement endommagé, le pilote donna l'ordre d'évacuer le B-17.

Le Sgt HOLT et Lt WISEMAN sautèrent les premiers en utilisant la sortie par le nez de l'appareil. Lors de sa descente, le 2nd Lt Abraham WISEMAN vit la queue de l'appareil tombée à 1 Km à l'Ouest de YERVILLE et le fuselage tombé près de VILLEAU. A noter que le navigateur Abraham Wiseman ne figure pas sur la photo ci-dessus, ce dernier ayant remplacé en dernières minutes le navigateur habituel du Lt Summerville lors de la mission du 14 juin 1944.

Tout l'équipage réussit à évacuer l'appareil, exceptés le pilote et co-pilote.

Les corps du 2nd Lt Robert D. SUMMERVILLE et du 2nd Lt Jean D. VOGT seront retrouvés par les habitants dans la carlingue au lieudit "La Pierre au Grés".

Acte de décès - Commune de Villeau

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Robert Dana SUMMERVILLE (à gauche) et Jean Doville VOGT (à droite)

(Source: Site "Mémoire & Data")

 

Selon les témoins de l’époque, les Allemands n'auraient pas porté une grande attention aux restes de l'appareil, ces derniers étant déjà très occupés par le récent débarquement en Normandie.

Les habitants purent honorer ces deux aviateurs par des funérailles dignes de ce nom. Les deux corps furent ramenés à l'ancienne mairie de Villeau et déposés sur la table du Conseil Municipal. De nombreux habitants purent voir les deux corps meurtris, laissant un terrible souvenir à ces témoins. Des funérailles furent organisées le soir même et les corps furent inhumés au cimetière communal de VILLEAU.

Deux bagues et photos furent trouvées sur les corps. Ces objets furent remis aux gendarmes de Voves qui les donnèrent ensuite aux autorités américaines, après la libération. Leurs tombes furent recensées et relevées après la guerre.

Le corps du Lt SUMMERVILLE fut ré-enterré au cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer (Plot A, Row 19, Grave 43). Celui du Lt VOGT fut rapatrié aux USA et inhumé au cimetière George Washington Memorial Park.

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Gravement blessé au genou gauche par les tirs des chasseurs allemands, le Sgt Thomas James HARRIS réussit à sauter en parachute et fut transporté dans un hôpital de Chartres par les gendarmes de Voves. Il fut amputé d'une jambe et il mourut suite au choc et à des hémorragies le 16 juin 1944. Son corps fut inhumé provisoirement au cimetière St-Chéron (section n°61, tombe n°37) puis transféré au cimetière de Saint-André le 15 Mars 1945. Son corps repose désormais aux USA, au Holy Name Cemetery (New Jersey).

Liste des tombes militaires au cimetière St-Chéron en 1945

(Source: Archives minicipales de Chartres)

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Le Lt EISENACH, le Sgt LAROCCA et le S/Sgt MARSHALL réussirent à s'échapper et furent recueillis par la résistance française. Le S/Sgt Sylvester Joseph MARSHALL aida le Sgt Frank LAROCCA à enlever son parachute puis ils s'évadèrent ensemble.

Les trois aviateurs furent ensuite pris en charge par le Réseau d'évasion PICOURT mais, ce dernier étant infiltré par un traître en relation avec la Gestapo, ils furent "vendus" et remis à la Gestapo (le 22 juin 1944 pour le S/Sgt MARSHALLet le 30 Juin 1944 pour le Lt EISENACH et le Sgt LAROCCA). On retrouve bien leurs trois noms dans la liste des aviateurs remis à la Gestapo par le Traître DESOUBRI. Le Lt EISENACH est admis à la prison de Fresnes le 20 Juin à 16H10, tandis que ses compagnons LAROCCA et MARSHALL le rejoignent deux jours après à 17h00.

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Ralph Eugène EISENACH (Site vets-hall-org)

. Réseau d'évasion PICOURT

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Le radio-opérateur (S/Sgt John MacCLANAHAN) eut un parcours à la fois extraordinaire et tragique.

Il fut tout d'abord capturé par les gendarmes de Voves et soigné temporairement à l’hospice de Voves (blessé au pied en touchant le sol).

Le 18 juin suivant, il fut toutefois libéré par le Groupe de résistants de Vovette. En effet, avec la complicité du médecin de Voves, les trois frères Victor, Paul et Fernand BERNARDIN (dont la ferme familiale est située à Nicorbin) vinrent chercher l'aviateur à Voves en charrette et un cheval (avec des linges autour des roues pour réduire le bruit du convoi).

Action du Groupe de résistants de Vovette

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S/Sgt John MacCLANAHAN

 

Il restera ensuite caché 13 jours chez Victor BERNARDIN, sous l'escalier, à Nicorbin où les photographies ci-après furent prises pendant son évasion.

John MacCLANAHAN (à droite) - John et Fernand BERNARDIN (à gauche)

(Source: Famille BERNARDIN/CARSENAT)

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Victor, Jacqueline, Colette, Maurice et John MacCLANAHAN

Source : Famille BERNARDIN/CARSENAT)

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Les frères BERNARDIN prirent une part active dans la résistance locale, notamment dans l'évasion du Camp de Voves et les parachutages locaux.

Ancien prisonnier de guerre revenu en 1943, Paul BERNARDIN ne figure pas sur les photos ci-dessus en raison de sa grande discrétion liée à son activité dans la résistance (agent de liaison). Il était agent de sécurité à Montparnasse et faisait les allers-retour Chartres/Montparnasse.

 

Vers le 1er juillet 1944, John MacCLANAHAN fut remis à un réseau d'évasion pour lui permettre de rejoindre l'Angleterre, via Paris et sans doute, via Gilbraltar. Cette étape de son parcours reste obscure et il semble que l'aviateur ait été confié à une femme.

 

Sa trace est retrouvée le 04 juillet, fait prisonnier par les allemands, après avoir séjourné 4 jours dans l'hôtel Piccadilly à Paris. Il fut très certainement remis à Mme Orsini et trahi par l'agent double de la gestapo (Jean-Jacques DESOUBRI) qui avait infiltré les réseaux de résistance de la région chartraine.

Le sort de John Mac CLANAHAN sera identique à celui de ses camarades les Lt EISENACH, le Sgt LAROCCA et le S/Sgt MARSHALL qu'il retrouva dans la prison de Fresnes. Ils feront partis des 168 aviateurs alliés déportés à Buchenwald (camp d'extermination nazi) le 15/08/1944 puis envoyé au Stalag III de Sagan (Pologne) le 28 novembre 1944. Son transfert dans ce 2ème camp d'internement (camp dédié aux prisonniers de guerre) fut retardé au 28 novembre alors que ses camarades partirent le 20 octobre, suite à une intervention chirurgicale à l'oreille.

Carte de prisonnier du S/Sgt MacCLANAHAN

 

Article de journal/Capture du S/Sgt MacCLANAHAN

 

A partir du 27 janvier 1945, les 11.000 prisonniers du Stalag III entament une marche forcée face à l'arrivée des troupes russes. Cette évacuation fut réalisée dans des conditions épouvantables en raison d'un hiver glacial.

Il fut d'abord transféré au Stalag Luft XIIID de Nuremberg puis au Stalag VIIA du 2 au 16 avril 1945. 

Le 29 avril 1944, John MacCLANAHAN et ses compagnons furent finalement libérés par les troupes américaines (14ème unité de Division Blindée). Ils repartiront également ensemble aux USA après leur libération.

 

Le S/Sgt MacCLANAHAN fut hospitalisé durant plus d'un an en raison de son état de santé et il put retrouver son épouse. Le 24 février 1946, il écrivit à Victor BERNARDIN et sa famille pour leur raconter son parcours, prendre de leurs nouvelles et les remercier chaleureusement de leur aide en ce mois de juin 1944. Voici cette lettre très émouvante :

Lettre de John MacCLANAHAN datée du 24 février 1946

Traduction française par Lucienne Douin Bernardin, épouse de Paul Bernardin

(Source: Famille Bernardin/Carsenat)

 

Après la guerre, Victor BERNARDIN fut décoré "Citoyen d'Honneur USA".

John Howard MacCLANAHAN décèda le 31 mai 1977 et il fut inhumé au cimetière de Forest Hill à Moores Hill (Indiana).

 

 

L'Association Forced Landing remercie vivement Mme CARSENAT (fille de Paul BERNARDIN) pour cette page de son histoire familiale. Si vous êtes en possession d'informations complémentaires, nous invitons nos lecteurs à les partager avec Mme CARSENAT afin de l'aider dans ses recherches (danielecarsenat@gmail.com).

 

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Le Sgt HOLT et Lt WISEMAN atterrirent à 1/2 mile l'un de l'autre et ils furent recueillis et cachés ensemble par, M. CAUDAL, un habitant de YERVILLE. Ce résistant français obtint le jour même de précieuses informations sur les autres membres de l'équipage : McCLANAHAN était blessé à une jambe et il était soigné chez des habitants de Voves et trois autres aviateurs étaient recueillis par la résistance française. Le lendemain, il apprit que le Sgt HARRIS était fait prisonnier à l'hôpital de Chartres et que deux corps furent retrouvés dans le fuselage et que leurs noms étaient "Jean et Robert". Il leur précisa que les deux corps étaient enterrés au village de VILLEAU. Le même jour, une voisine, Mme FLEURY, alla à VILLEAU pour mettre des fleurs sur les deux tombes et vérifier les noms des malheureux.

Le 17 Juin 1944, le Sgt HOLT et Lt WISEMAN sont amenés au camp de Frèteval, près de Châteaudun.

Le 29 Juillet 1944, le Lt WISEMAN (avec le T/Sgt George SOLOMON) enfreint les consignes de sécurité et quitte le camp de Frèteval pour aller à l’encontre des troupes américaines en Normandie. Les deux hommes suivent la Route Nationale n°10 en direction de Bordeaux et sont aidés par diverses personnes (propriétaire d’un garage à Saint-Amand-Longpré, propriétaire d’un second garage à l’entrée de Poitiers, un cafetier de Ruffec (Charente), puis par M. JAULIN à Jarnac, M. GUICHENEY qui les aide à traverser la Garonne à Le Tourne, puis par M. CAPDEVILLE qui organise leur traversée des Pyrénées le 12 Août 1944. Le 13 Août, ils atteignent la ville d’Arizkun où ils sont appréhendés par la Guardia Civil pour être emmené à Elizondo, puis à Pampelune où ils entrent en contact avec le consulat. Le 25 Août, ils sont emmenés à Gilbraltar où un avion les attend pour regagner l’Angleterre le 27 Août 1944.

De son coté, le Sgt HOLT fut libéré, avec l’ensemble du camp de Frèteval, par ses compatriotes américains le 13 Août 1944.

 

Sgt Alfred HOLT (droits réservés)

Camp de Fréteval
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LE BOMBARDEMENT DES « TROIS-PONTS" A CHARTRES

Le 14 Juin 1944, à 08H50, les « Trois-Ponts » de Chartres sont pris pour cible par cinq groupes de neuf bombardiers B-26 à haute altitude qui larguent une centaine de bombes de 500 livres. Cette formation appartient au 596th BS du 397th BG. On dénombra 9 civils tués, 30 blessés, 26 immeubles détruits et 439 endommagés.

Le viaduc des « Trois Ponts » sera à nouveau bombardé le même jour à 20H45 par 24 bombardiers.

Les dommages sont très importants : la station d’épuration et de pompage des eaux de la compagnie « l’Ozone » a été détruite et la ville est privée d’eau jusqu’au 10 juillet.

De même, la Rue des Perriers est fortement endommagée, Idem au 36, Rue des Réservoirs, au 36 Rue des Comtesses, au 04 avenue Hippodrome et 75, rue de St-Brice, Rue de la Croix blanche, Rue Jules Siegfried, Rue d'Amilly, Rue de Villeine.

La Dépêche de l’Eure-et-Loir précise que les  principaux points de chute se situent entre l’Avenue du Docteur Maunoury, Rue Reverdy, des Perriers, ainsi qu’au Puits-Drouet et à Beaulieu.

 

Maison au 75, Avenue Maunoury détruite ce 14 Juin 1944
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LE BOMBARDEMENT DE GALLARDON

De 09h05 à 09h25, Bailleau-sous-Gallardon (hameaux de Pont et de Baillolet) est la cible d’un bombardement massif par trois vagues de 12 bombardiers et suivi par 8 appareils opérant en piqué.

Environ 200 bombes furent larguées dont 142 bombes de  500 livres à une altitude approximative de 11.000 pieds. Deux civils furent tués et 9 furent blessés avec 12 immeubles détruits, 3 inhabitables et 7 endommagés.

En réalité, il s’agit de 36 B-26 du 391st BG qui ont pour mission de détruire le pont ainsi que la jonction ferroviaire, près de Gallardon. Un des appareils fut légèrement endommagé par la Flak et les résultats furent jugés de bons à excellents. En effet, 22 bombes sont tombées sur la voie ferrée Massy-Palaiseau-Chartres.

Cette mission reposait sur le fait que la destruction du viaduc de Maintenon obligeait désormais les trains Allemands à passer par Gallardon pour regagner Paris.
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LE CRASH D'UN CHASSEUR ALLEMAND à Ecrosnes

À 11h40, douze Mustang III du 19 Squadron (RAF) décollent pour leur deuxième sortie de la journée, à l’ouest de la région parisienne. L'objectif est les voies ferrées près de Rambouillet.

Composition de la mission du 14 juin 1944

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En raison d'une couverture nuageuse totale (10/10) à 5.000 pieds d'altitude, ils abandonnent leur mission initiale. Toutefois, vers 12h30,  trois Me-109 furent repérés, les Mustang larguèrent leurs bombes et les prirent en chasse.

Ces appareils allemands sont trois Me-09 de la 8./JG3 volaient en direction du nord-est, à environ 2000 pieds d'altitude. Ils avaient décollé de leur terrain à 11h50 pour une mission de chasse libre et de défense aérienne.

Toutefois, ils furent surpris par l'altitude supérieure de leurs adversaires, ainsi que leur supériorité numérique.

Dès le début du combat, deux des Me-109 furent abattus et le troisième réussit à s'échapper.

Ces victoires furent revendiquées par les pilotes du 19 Squadron :

- Une victoire partagée entre le F/O J. PATON, le W/O A. SIM, le F/S C. R. WELLS et le P/O F. D. SCHOFIELD

- Une victoire attribuée au W/O Maxell Heron BELL. Ce pilote canadien trouvera la mort le 09/09/1944 lors d'une mission de reconnaissance au-dessus des Pays-Bas.

Le F/O John Dakin BARAGWANATH (pilote australien) a eu une panne moteur avec son mustang "FZ181" mais il réussit à atteindre la tête de pont sur les plages normandes libérées et à se poser en toute sécurité sur une piste d’atterrissage d’urgence.

Le restant du squadron rentra à la base à 13H30.

Rapport de la mission du 19 Squadron le 14 juin 1944


Les archives allemandes confirment que ces deux pertes :
- Le Me-109 G-6 n°163937 ("22 blanc") piloté par l'Uffz Ulrich HOFFMAN de la 8./JG3 s'écrase au Sud-Ouest de Dreux avec son pilote.
- Le Me-109 G-6 n°163910 piloté par l'Ofhr. Erich SCHAUER de la 8./JG3 est porté disparu à l'Ouest de Saint-André-de-l'Eure (lieu où il est aperçu la dernière fois en vol).
Au même moment, à 12h30, un chasseur allemand s'écrase au lieudit "Jonvilliers" à Ecrosnes. Son pilote est tué. Il est difficile de préciser s'il s'agit du Uffz HOFFMAN ou bien de l'Ofhr. SCHAUER.
Rapport de la Défense Passive du 14 juin 1944 (source : AD28)
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LES BOMBARDEMENTS DE FIN DE JOURNEE
15H30: Bombardement de la voie ferrée à Coudray-au-Perche par six chasseurs-bombardiers. 6 bombes. 1 tué et 1 blessé.

16H00: Bombardement de la voie ferrée à la Bazoche-Gouet par 4 chasseurs-bombardiers. 8 bombes sont larguées, endommageant 5 immeubles.

16H00: Bombardement de la voie ferrée à Coltainville.

Au même moment, entre 15H33 et 16H05, 49 P-38 du 370th FG bombardent les voies ferrées entre Nogent-le-Rotrou et Châteaudun. Ces bombardements de fin de journée peuvent très certainement leur être attribués.
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LE CRASH DU P-38 DU Lt PHELPS

Le 14 Juin 1944, en fin d’après-midi, les P-38 du 367th FG sont chargés de bombarder le pont de Chérisy, près de Dreux.

Ce jour-là, le Lt Byron PHELPS devait être en congé et devait se rendre à Londres avec ses camarades. On lui demanda de remplacer le commandant de la 393rd FS

(Caroll JOY) et il accepta. Il fut alors le chef de vol, accompagné de ses ailiers, les Lieutenants DOBROWOLSKI (n°2), JOHNSON (n°3) et HAYDEN (n°4).

Arrivée sur l’objectif, la formation attaque en piqué, bombarde la voie ferrée puis reprend la direction de l’ouest vers Dreux lorsque le P-38J-15 n°42-104211 du Lt Byron F. PHELPS (matr. 0-743083) du 367th FG, 393rd FS est touché par la Flak légère. Les dommages semblant mineurs, le pilote reprit de l’altitude et prit la direction du retour. Toutefois, son appareil prit feu après quelques minutes et s'écrasa dans la forêt d'Hellenvilliers (Eure, près de Breteuil sur Iton).

Voici le témoignage d'un de ses camarades: "Je (2nd Lt Burnus W. HAYDEN) volait en position n°3 dans le Flight Jaune mené par le Lt Byron F. PHELPS, sur une mission de bombardement en piqué le 14 Juin 1944 sur une voie ferrée près de Dreux, en France vers approximativement 18H15. Le Flight largua ses bombes et nous remontions vers les quartiers extérieurs de Dreux lorsque nous avons rencontré la Flak légère. A ce moment, je m'aperçus que le moteur droit du Lt PHELPS fumait. Lt PHELPS utilisa sa radio pour indiquer que son appareil brûlait et qu'il allait s'éjecter. Il sauta en parachute à approximativement 1.800 pieds. Je vis son parachute s'ouvrir et le Lt PHELPS atterrir près d'une rangée d'arbres. Il cacha immédiatement son parachute sous les arbres et disparut à ce moment".

Selon le témoignage du Lt PHELPS, son atterrissage fut violent et se fit dans une zone boisée. Il marcha mais fut arrêté par un policier puis enfermé dans une prison. Il fut envoyé  à Chevreuse, à l’ouest de Paris  où il pensait rencontrer un contact de la résistance mais il fut capturé par la Gestapo. Il fut à nouveau emmené dans une prison près de Paris avec d’autres pilotes américains (certainement la prison de Fresnes), puis envoyé en Allemagne le 20 Août  1944 au camp de Buchenwald puis au Stalag de la Luftwaffe en Octobre 1944.

Lt Byron F. PHELPS (Collection Jean-Luc GRUSON)

 

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