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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| BOMBARDEMENT DE CHATEAUDUN LE 28 MARS 1944 | |||||||||||||||||||||||||
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Ce 28 Mars 1944, Châteaudun
s’apprête à vivre son troisième bombardement massif allié de son
histoire : 121 bombardiers américains B-17 sont chargés de
larguer 209 tonnes de bombes explosives et 88 tonnes de bombes
incendiaires sur le terrain d’aviation de Châteaudun afin de
détruire sa base qui abrite des bombardiers allemands à long
rayon d’action. Ces derniers bombardent la Grande-Bretagne (les
He-177, en l’occurrence).
A 14H00, le poste de guet de la Défense
Passive de Châteaudun signale l'approche
inquiétante de deux groupes importants de
bombardiers alliés venant du Sud-Ouest et se
dirigeant vers la ville.
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Photos des B-17 du 452nd BG le 28 Mars 1944 en direction de Châteaudun (Source NARA) Le déroulement du bombardement
.
A 14H15, six groupes de 21 bombardiers (95th BG, 100th BG, 390th BG et 452nd BG) attaquent massivement le terrain d'aviation de Châteaudun. Le bombardement commence tandis que la Flak tire vigoureusement et, une même salve, abat deux bombardiers qui tombent en flammes, l'un de ces bombardiers ayant littéralement éclaté en l'air, provoquant la chute du second. Le camp est recouvert de fumée et de flammes depuis le Sud jusqu'au Nord. Des hangars d'aviation flambent. Des incendies à la Chambrie (les bergeries brûlent, tuant 175 moutons), à la Rabellière et à Villechêvre. Le village de Thiville est environné par les flammes et de fumée. Le hameau de Malainville (proche du camp de munition) n'est pas touché. La plupart des bombes larguées sont des bombes incendiaires qui ont détruit les meules, les récoltes et les stocks de fourrage de la Ville de Châteaudun. Les résultats du bombardement furent jugés très bons pour le 390th BG et le 100th BG et bons pour le 452nd BG.
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Bombardement du 28 Mars 1944 par les B-17 du 452nd BG (Source NARA)
La Flak
était modérée mais très précise.
- Le B-17 n°42-32082 piloté par le Lt COOK tombe à l'intérieur de la base allemande - Le B-17 n°42-97200 piloté par le Lt ROBINSON s'écrase à proximité du poste de Flak, près de la Ferme de Malainville. .
Le Crash du B-17 du Lt Robert M.
COOK
.
Le B-17 N°
de Série 42-32082
(nommé "Passionate Witch II")
piloté par le Lt COOK
reçut un tir direct de canon anti-aérien en plein
réservoir d’essence N°4. Une aile éclata et
s’arracha. L’avion se mit alors à tournoyer et
tomba à l’intérieur du
terrain d’aviation sur le hangar militaire n°6.
![]() Photo du B-17 n°42-32082 prise par un autre appareil du groupe (source NARA) . Voici la composition de l'équipage en perdition:
Sept des dix aviateurs périrent dans le crash de leur appareil. Seuls le Lt Robert COOK, le Sgt George SILVA, le Sgt THAYER et le Sgt McLAUGHLIN réussirent à évacuer le bombardier avant que ce dernier n’explose. Par chance, ils atterrirent à proximité mais à l’extérieur du terrain d’aviation que les B-17 étaient en train de bombarder. Ils furent très vite fait prisonniers. Le Sgt THAYER fut « accueilli » au sol par deux soldats allemands qui l’autorisèrent à rejoindre le Sgt McLAUGHLIN qui était resté allongé au sol, le parachute toujours attaché et visiblement gravement blessé. Il saignait de la bouche mais quand le Sgt THAYER lui demanda s’il avait mal, il répondit « non » et dit « Dick, allume-moi une cigarette », ce qu’il fit. Puis les soldats allemands les séparèrent. Jusqu’à sa mort le 1er Janvier 2001, le Sgt THAYER crut que son compagnon était mort ce 28 Mars 1944 sur le sol du terrain d’aviation. En réalité, le S/Sgt McLAUGHLIN mourut le lendemain des suites de ses blessures (un bras, une jambe cassés et une hémorragie interne) à l’hôpital d’Orléans. Il fut enterré au cimetière d’Orléans puis ré-enterré au cimetière américain de Solers à Melun.
Rapport allemand confirmant le décès du S/Sgt Mc LAUGHLIN à Orléans
Sgt
Richard L. THAYER
Né en Pennsylvanie en 1924, le Sergent John C. MCLAUGHLIN était le plus jeune de trois enfants de la famille. Il grandit dans le New Jersey et intégra la Haddon Heights Hight School jusqu’en 1940 où il commença à travailler comme apprenti à la Philadelphia Navy Yard. Le 12 Février 1942, il s’engagea dans l’Armée à Philadelphie, intégra l’école des mitrailleurs aériens à Kingam AZ. Il compléta son parcours et devint sergent en Septembre 1943. Il alla à Salt Lake City UT pour recevoir un entrainement plus pointu, avant de se rendre sur le front européen. Il servit d’abord comme mitrailleur dans le B-17 n° 42-38124. Le Sgt Mc LAUGHLIN fut le premier mitrailleur de bombardier à abattre un chasseur ennemi au-dessus de Berlin, un Fw-190, le 6 Mars 1944. Lors de sa mission du 20 Mars 1944 sur Frankfort, son
B-17 n°42-38124 fit un atterrissage forcé à Dunsfold
(Angleterre) avec d’importants dommages. Le Sgt LAUGHLIN fut
blessé mais il reprit du service trois jours après.
L’appareil fut malgré tout réparé mais, dès sa remise en
service le 23 Mars 1944, le bombardier fut violemment
percuté au sol par un Lancaster. Le B-17 n°42-38124 fut définitivement abandonné. Ainsi, un nouveau bombardier (le B-17 n° 42-32082) fut confié à l’équipage du Lt COOK et fut nommé « The Passionnate Witch II », par opposition au numéro 1. Ce premier nom de baptème avait été donné par le Lt COOK en référénce au célèbre roman de 1941.
Nose art du B-17 n° 42-38124
Ce deuxième B-17 est celui qui s’écrasa au-dessus de
Châteaudun le 28 Mars 1944. Ce même jour, le S/Sgt
McLAUGHLIN effectuait sa 24ème mission.
Témoignage du Sgt George A. SILVA En 1998, l’Association Forced Landing retrouve la trace
aux Etats-Unis du radio-opérateur, George A. SILVA et
recueille son témoignage : « Nos bombes étaient larguées
lorsque nous avons été touchés d’abord sur le nez, puis
immédiatement après, directement sur les réservoirs entre
les moteurs n°3 et n°4. L’explosion du réservoirs a cassé
l’aile entre les moteurs et l’avion est alors parti en piqué ».
Il tenta d’évacuer l’appareil en perdition « mais la
force centrifuge était telle que mes pieds restaient collés
au pont ». Un terrible bruit se produisit alors et il se
retrouva éjecté hors de l’avion qui s’écrasa sur le hangar
n°6 de la base : « J’atterris près d’un groupe de
batteries qui étaient encore en train de tirer sur le reste
du groupe. Je fus capturé immédiatement par deux soldats
armés ». Ses gardes lui permettent de s’approcher à
travers champ d’un de ses camarades gravement blessé (Sgt
McLAUGHLIN) : « il me demanda une cigarette, mais je fus
forcé de l’abandonner ». Il apprit plus tard que ce
dernier avait succombé à ses blessures.
Le Crash du B-17 du Lt ROBINSON . Le B- 17 n°42-97200, nommé "Kickapoo Joy Juice" et piloté par le Lt ROBINSON du 452nd, 728th FG fait partie de la même mission. La veille (le 27 Mars 1944) , il participait à une autre mission de bombardement de la base aérienne de Bordeaux et il fut photographié volant en formation à 20.000 pieds d'altitude.
B-17 n° 42-97200 le 27 Mars 1944 . Ce 28 Mars à Châteaudun, la malchance le frappa et il fut touché par la Flak, juste après le précédent B-17 n°42-32082. Il fut touché de plein fouet au niveau de la cabine de radio et chute dans un champ près de la ferme de Malainville, au Sud Ouest du terrain d’aviation de Châteaudun.
. Voici les membres de l’équipage :
Carcasse du B-17 n°
42-97200
(Collection James V. CROW)
Capture du Sgt Morris ANDERSON dans un champ puis transport du prisonnier dans un Sidecar allemand dans Châteaudun (Collection
J. CROW)
Sgt Dallas P. OLIVER (à gauche) et Sgt Conrad N. DESMARAIS (à droite)
Le radio-opérateur Conrad N. DESMARAIS fut soufflé par l’explosion à l’extérieur de l’avion et il put ouvrir son parachute. Morris W. ANDERSON et OLIVER résistèrent à la chute de 12.000 pieds et restèrent dans la section de queue. Ils survécurent. Le Sergent ABBOT fut poussé à l’extérieur de l’avion par Morris W. ANDERSON.
Les noms du Lt Charles W. MORGAN, du Lt William H. HARRISON et le Sgt Melvin E. BAUGHMAN figurent sur le murs des disparus de St James (en Angleterre).
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![]() Sgt Melvin BAUGHMAN (Source : Famille BAUGHMAN, via Sam KONSAVAGE) . Les quatre survivants sont immédiatement capturés et faits prisonniers: le Sgt Morris ANDERSON, Sgt Dallas P. DALLAS, Sgt Conrad N. DESMARAIS et William H. ABBOT. Ils passeront le restant de la guerre dans le Stalag 17B près de Krems en Autriche. Le Sgt Conrad N. DESMARAIS décédera le 15 Octobre 2013 aux USA (cimétière Notre Dame à Fall River) ![]() Rapport de la Défense Passive de Châteaudn le 28 Mars 1944 ![]() ![]() EXTRAITS DU RAPPORT ALLEMAND (KU1294) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
24/02/2026 |
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