Traduction

Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).

 


PREMIERES INCURSIONS ALLIEES

 

 

Après la chute de la France en 1940, la Grande-Bretagne dut riposter à son tour aux attaques allemandes par le bombardement régulier des grandes villes et industries situées sur le territoire de l’Allemagne.

En raison de la solide défense antiaérienne allemande, les bombardiers de la RAF ne pouvaient opérer que de  nuit. Au début, les résultats furent mitigés et les pertes en avions, lourdes. Mais en 1942 et 1943, de nouveaux bombardiers lourds quadrimoteurs pouvant emporter beaucoup plus de bombes, des aides à la navigation (radio et radar) améliorées et un meilleur entraînement améliorèrent considérablement l'efficacité du Bomber Command de la RAF.

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PREMIER CRASH ALLIEE EN EURE-ET-LOIR

Lors de la nuit du 23 au 24 Mars 1943, 21 appareils OTU (Operationnal Training Units) sont chargés de larguer des Leaflets sur les villes françaises.

Généralement, après leur stage de formation, les aviateurs ne sont pas encore prêts pour les opérations aériennes et ils intègrent des unités d’entraînement opérationnel (O.T.U. Operational Training Units) qui les prépareront à la réalité des combats sur les appareils qu’ils seront appelés à utiliser.

 

Un de ses appareils était un WELLINGTON n°X3391 du 24ème OTU qui explose au sol à 2,5 Km au Nord de Pontgouin. Les six occupants sont tués et enterré au cimetière communal de Pontgouin.

La cause de la perte de cet appareil est inconnue mais aucun pilote allemand ne revendiqua de victoire aérienne dans cette région lors de la nuit du 23 au 24 Mars 1943.

Voici les membres de l’équipage :

Wellington (du 104 Squadron)

DICKER Albert Raymond (Photo Dereck Rouse)

 

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La 1ére VICTOIRE RAF SUR UN APPAREIL ALLEMAND

Le 12 Juillet 1943, à 16H05, deux appareils de chasse « Mustang I » du 400 Squadron (RCAF) décollent de leur base de pour une mission de type « Rhubarb » ( attaque d’objectifs d’opportunité par des formations réduites).

En arrivant dans la région de Chartres, les pilotes canadiens aperçoivent un bombardier allemand volant à basse altitude qu’ils prennent immédiatement en chasse. Le F/O Duncan Marshall GRANT (matricule J5982) du 400 Squadron tire et touche mortellement le bombardier qui se révèle être un Do-217. Il revendique cette victoire vers 17H00 au Nord de Chartres.

Un document de la Défense Passive d’Eure-et-Loir confirme cette victoire indiquant : « vers 18H00, un bombardier allemand tombe en flammes après un combat aérien à Bel-Air, Commune de Laons. Probablement un mort et trois occupants sautent en parachute ».

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Ce bombardier allemand était le Dornier 217 M n°56057 (Code "U5-KT") du 9./KG2. Ce dernier était en vol de transfert vers Coulommiers.

L'Uffz Friedrich NIEBERLEIN (FF) fut tué et l'Ogfr. Josef ZERWAS (BM) fut blessé, touché à la main gauche (source: NVM).

Modèle du bombardier allemand Dornier-217

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Le pilote canadien victorieux, le F/O Duncan Marshall GRANT, âgé de 21 ans, s’était engagé dans l’Aviation Royale du Canada, le 12 septembre 1940.

Moins d’un an après, il se retrouvait en Angleterre à ODIHAM où il intégra le 400 Squadron, le 03 Août 1941.

Il fut promu Flight Officier le 04 Juillet 1942 puis Flight Lieutenant le 03 Juin 1943. Surnommé « Bitsy » en raison de sa petite taille, sa grande spécialité était l’attaque des locomotives ennemies. C’est ainsi qu’il reçut la décoration « Distinguished Flying Cross ».

Le 28 Septembre 1943, il fut abattu par la Flak lors d’une attaque aux environs d’AULT (Somme).


     

F/O D. M. GRANT en Avril 1942

(Photo Bill Bishop, 400 squadron)

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Rapports de crash de l'appareil allemand le 13/07/1943 (Source: AD28)

 

 

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CRASH DU HALIFAX DU 78 SQUADRON A NOGENT-LE-ROTROU

 

Le 15 Juillet 1943 à 22H20, le Halifax Mk. II. n°DT768 (Code « EY-W ») du 78 Squadron décolle de sa base anglaise de Breighton pour une mission de bombardement des usines Peugeot de Sochaux/Montbéliard. Réquisitionnées, ces usines fabriquaient des véhicules pour l’Allemagne nazie et montaient des moteurs d’avions (Fock Wulf) pour la Lutwaffe. La formation de bombardiers était composée de 137 Halifax et Lancaster.

Dans la nuit du 15 au 16 Juillet, vers 00H30, le bombardier qui volait en direction du Sud rencontre des problèmes mécaniques sévères et perd rapidement de l’altitude, à tel point qu’il survole Nogent le Rotrou à basse altitude. Finalement, il tombe en flamme à 200 mètres de la Ferme de la Grande Joisière (ou Petit Jouasière) sur la commune de Nogent-le-Rotrou. Aucune victoire aérienne allemande n'est revendiquée dans la région lors de cette nuit du 15 au 16 Juillet 1943.

Cinq des sept membres réussirent à évacuer l’appareil. Arrivé au sol, un aviateur fut capturé immédiatement par les soldats allemands.

Le pilote Oswald MARSHALL et le F/O Norman REID trouvèrent la mort dans le crash de leur appareil. Leurs corps reposent aujourd’hui encore dans le cimetière communal de Nogent-le-Rotrou.

La mission de bombardement des usines Peugeot de Sochaux fut finalement un échec car les avions éclaireurs furent gênés par la DCA et le vent. La cible fut également mal identifiée en raison d’une confusion possible avec les installations voisines de la Brasserie de Sochaux. 120 civils fut tués dans le quartier des ouvriers.

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Voici la composition de l’équipage du Halifax :

 

Halifax Mk II du 78 Squadron

 

 

L'évasion échouée de quatre aviateurs

 

Les aviateurs ABLETT, GIBSON, STEVENSON et LEE réussisent à regagner le sol sain et sauf. Toutefois, ils connaitrons des fortunes diverses et seront faits finalement prisonniers:

- Le Sgt ABLETT réussit initalement son évasion mais sera capturé le 29 août 1943, dans les Pyrénées (Stalag 4B puis Stalag 3, libéré le 20/05/1945).

- Le P/O GIBSON est capturé à Tours (prison de Fresnes, Stalag III et libéré le 20/05/1943).

- Le Sgt STEVENSON est capturé le 29 août 1943 dans les Pyrénées (Stalag Luft VI et autres et libéré le 06/04/1945).

- Le Sgt LEE est capturé le 09/06/1944 à Romorantin (Stalag Luft VII, Stalag II et libéré le 11/05/1945).

 

L'évasion réussie du Sgt Ivor SANSUM

Le Sergent Ivor John SANSUM (raiod-mitrailleur) réussit à regagner le sol sain et sauf et atterit dans un bois près de Nogent-le-Rotrou. Il se blessa en se foulant la cheville mais marcha, malgré tout vers le Sud. Vers 02H30, il s'allongea sur une meule de foin et s'endormit. Il continua à marcher avec douleur et dut s'allonger dans un champ car sa cheville était très enfluée. Un homme vint à sa rencontre et lui demanda de se cacher car les Allemands fouillaient la zone. Plus tard dans la journée, l'homme revint et le transporta en le cachant sous du foin à l’arrière de leur cheval et de leur charrette et l’ont hébergé dans une ferme locale.

Le fermier sollicta l'aide d'un enseignant local (George LEMOURIER) qui lui même fit appel à une jeune parisienne qui était en vacances à Nogent-le-Rotrou avec son fils de 3 ans, Hélène GILL, car elle parlait couramment anglais.

A son tour, elle fit appel à une amie proche de Paris (Jacqueline Frelat) qui contacta les Services Secrets Britanniques de Paris. Il fut décidé d'envoyer une jeune recrue (Carmen) à Nogent-le-Rotrou afin d'emmener l'aviateur dans une maison sécurisée à Mortrée.

Trois semaines après le crash, Carmen arriva à Nogent-le-Rotrou. Compte tenu de son peu d'expérience et ne parlant pas anglais, Carmen sollicita l'aide d'Hélène qui accepta d'accompagner le Sgt SANSUM et Carmen à Mortée, mais avec son fils.

Le lendemain matin, ils se rendirent à la gare. L’aviateur était accompagné du fermier qui lui avait donné son seul et unique costume du dimanche à porter durant son évasion.

Ils montèrent dans un train bondé et arrivèrent au Mans deux après. La gare était bondée de soldats allemands mais Sansum sur se frayer un chemin avec confiance. Le groupe prit un nouveau train pour la ville de Sées puis marchèrent 10 Km jusqu'à Mortrée, accueillis chez le Maire de la Commune  (Victor Chevreuil) et le le chef de la Résistance locale.

M. CHEVREUIL avait caché deux autres aviateurs dans les bois et qu'il attendait les instructions de Paris afin que les trois aviateurs prennent la direction de Barcelone.

Carmen et Hélène rentrèrent à Paris et Hèlène manifesta la volonté de rentrer dans la résistance.

Deux semaines plus tard, les Services Secrets Britanniques sollicitèrent Jacqueline FRELAT afin de jouer le rôle de guide, de transporteuse. Sa 1ère mission consista à se rendre à Mortrée pour récupérer les trois aviateurs et les emmener à Lyon pour un éventuel transfert vers Barcelone. Inquiète, elle sollicta l'aide de son amie Hélène GILL qui, malgré de nombreuses difficultés, accepta.

Le RDV fut convenu à la gare du Mans mais les Allemands étaient nombreux et vérifiaient tous les papiers car un nouveau bombardier venait de s'écarser près du Mans et l'ensemble de l'équipage s'était évadé. Le groupe ne prit pas le train et s'entassa dans la voiture du chef de la résistance pour la prochaine gare (Ecommoy) en direction de Tours. Ils dormirent dans un bois à Ecommoy puis prirent le 1er train du matin jusqu'à Vierzon puis Bourges, jusquà Saint-Florent-sur-Cher, près de la ligne de démarcation. Avec l'aide locale, le groupe traversa la ligne de démarcation le lendemain et prit un nouveau train jusqu'à Montuçon. Ils voyagèrent pendant de nombreuses heures pénibles, ils prirent un autre train pour Lyon où ils arrivèrent à minuit. En raison du retrad du train (2 heures) et du crouvre-feu, ils dormirent dans la gare de Lyon puis se rendirent dans la planque, chez M. BONNAMOUR. Le chef du réseau d'évasion, Julien CARTER, vint à leur rencontre à 15H00

Jacqueline et Hèlène repartirent pour Paris, par train, dès le lendemain matin, sans incident majeur.

Le Sergent SANSUM fut ensuite transporté jusqu'en espagne et arriva enfin au bureau du Consul britannique à Barcelone le 29 pctobre 1943. Il regagnera ensuite la Grande-Bretagne, via Gilbraltar. Son évasion, bien que complexe, fut une réussite.

Le Sergent SANSUM trouvera la mort le 07 Octobre 1946, suite à un accident de moto, à Swindon (Angleterre).

 

 


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Dernière mise à jour: 25/08/2024
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