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Depuis sa création en 1996, l'Association FORCED LANDING a pour objectif d'honorer la mémoire de tous les aviateurs qui ont combattu (et souvent donné leur vie) durant la seconde guerre mondiale pour repousser l'occupant nazi et redonner à la France sa liberté. Notre travail se concentre sur le Département de l'Eure-et-Loir (28).
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| JOURNEE DU 24 JUIN 1944 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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. La journée du 24 Juin 1944 est
marquée par le beau temps et donc par de nombreuses attaques
aériennes sur l’ensemble du territoire d’Eure-et-Loir. Le combat aérien du 65
Squadron au-dessus de Dreux Le 24 Juin 1944, les Mustang
III du 122 Wing (19, 65 et 122 Squadron) décollent à 06H05
de leur base de Funtington, menés par le Wg Cdr Robin
JOHNSTON pour une reconnaissance armée, un bombardement et
un straffing avant d'atterrir sur le terrain provisoire B-7
(Martragny au Sud-Est de Bayeux) pour s'approvisionner en
carburant. Ils opéreront désormais à partir de cette base
normande (et non plus à partir de leur base anglaise). Après leur ravitaillement, les
Mustang III du 122 WING redécollent pour une mission de
patrouille vers Verneuil -Dreux. Les Mustangs du 65 Squadron
avaient plus spécifiquement comme mission de bombarder les
voies ferrées vers Dreux. En effet, on relate à
07H15 un bombardement à Maintenon et
Mévoisins par une quinzaine de
chasseurs-bombardiers qui attaquent successivement en piqué
à très basse altitude (six bombes et un immeuble endommagé).
La Dépêche
d’Eure-et-Loir du 26 Juin 1944
Un même bombardement a lieu à
Epernon à 07H20 par 18
chasseurs-bombardiers répartis en trois escadrilles qui
larguent 20 bombes de 500 livres. On dénombre 4 blessés, 8
immeubles détruits et 12 endommagés. Toutefois, vers 07H20, les
chasseurs britanniques rencontrent une grande formation
d’une vingtaine de Me-109 et de Fw-190 qui tournait à
environ 3.000 mètres d’altitude au Sud de Dreux. Les
archives allemandes révèlent qu’il s’agissait des Fockes
Wulf du II./JG 26, associés à ceux du III./JG 54 et des
Me-109 du III. Les pilotes allemands
attaquèrent les premiers et un important combat aérien
s'engagea alors dans le ciel drouais, entre Dreux, Verneuil
et Saint-André-de-l'Eure, entraînant de lourdes pertes au
sein des deux camps. Au total, les pilotes
allemands revendiquèrent 9 appareils ennemis (8 Mustang
et 1 Spitfire) et ils perdirent officiellement un Me-109 et
deux Fw-190...
La réalité est bien souvent
différente, les pilotes des deux bords ayant une fâcheuse
tendance à gonfler leurs exploits. En effet, seuls quatre
Mustangs, tous du 65 Squadron, seront déclarés perdus lors
de cette mission:
![]() Lt Wilhelm HOFMANN
De même, les pilotes des 19,
65 et 122 Squadron revendiquèrent 9 Fw-190 détruits et 2
endommagés (dont un au sol) alors que les pertes réelles
allemandes sont limitées à quatre appareils.
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L'évasion du Sgt Dudley C. WEBB Le Mustang III FZ109 piloté par le Sgt D.C. WEBB fut touché par un tir qui endommagea son aile gauche. Après quelques manoeuvres, il dut engager un atterrissage forcé à l'Ouest de Brezolles, près de Mittainvilliers. Il courut vers le Nord et fut recueilli dans un premier temps par un paysan qui l'emmena dans une grange puis lui donner à manger et à boire. L'aviateur resta caché dans la grange jusqu'à 22h00 puis il marcha en direction du Nord-Ouest durant environ 8 heures jusqu'à une ferme au Sud-Est de Breteuil. Le lendemain (25 Juin), il fut emmené au Chesne chez des personnes où il fut caché et nourri durant cinq semaine. Le 6 Août, il fut caché dans une autre maison du quartier où il rencontra deux autres aviateurs évadés: le F/Sgt TOOMBS et le Lt Brickers. Il est fort probable que ces résistants français étaient Georges SALMON habitant au Chesnes qui cacha également le F/Sgt canadien Larry TOOMBS et le 2nd Lt Frank J. BORYCZKA du 405th FG. Le matin du 23 Août 1944, il fut libéré lors de l'avancée des troupes américaines terrestres. Le 27 Août, il quitte Bayeux pour regagner la Grande-Bretagne.
Un rapport allemand confirme qu'un Mustang s'écrasa ce 24 Juin 1944 vers 07H30 à Mittainvilliers:
Le témoignage de Raymond DIVE (résistant du maquis de Crucey-Brezolles) nous éclaire sur le sort de l'appareil: " A la Drouetterie, non loin de la route de Beauche, un chasseur américain vient de se poser sur le ventre, l'hélice tordue, le train d'atterrisage arraché. Le pilote s'éclipse avant l'arrivée des Allemands, mais ceux-ci font assurer immédiatement la garde de l'appareil par les autorités civiles locales. Des techniciens allemands viennent inspecter l'avion et ordonnent aux gardes de redoubler de vigilance jusqu'à ce qu'ils reviennent procéder à l'enlèvement de l'épave. Nous décidons la destruction de l'appareil pour le lendemain. Dimanche juillet à 13H00, grenades incendiaires en poche, je pars reconnaître l'avion blessé. La route est calme, le soleil tape dur. Je rencontre quelques agriculteurs mais pas un Fritz. J'ai revêtu ma tenue habituelle de chef cantonnier, et j'arrive à la Drouetterie sans attirer l'attention. Il n'en est pas de même de l'avion. C'est une procession ininterrompue qui défile autour. De Brezolle, de Beauche et des fermes environnantes, les gens endimanchés viennent en curieux contempler l'épave. Au milieu de tout ce monde, je serre des mains et réponds aux questions indiscrètes de gens qui s'étonnent de ne plus me rencontrer depuis un mois. Les gardiens, des civils réquisitionnés et non armés, font des efforts désespérés pour éloigner les curieux. Les enfants sont intraitables, ils s'installent au poste de pilotage et tirent sur toutes les commandes. Impossible d'incendier l'avion sans risquer de faire des victimes. Il faut remettre çà à plus tard. A 23H00, PESCHEUX et CHAUVIN, partis en éclaireurs, rapportent que les curieux sont rentrés chez eux et que les gardiens ont disparu. Avec VAUCHER, me voilà à nouveau sur les lieux. Vite! Les grenades! Une dans le réservoir d'huile, une dans la distribution, et comme ça ne suffit pas, deux autres dans le poste de pilotage. L'incendie s'aperçoit à 5Km à la ronde".
. L'évasion du F/Lt Basil CLAPIN Le rapport d'évasion du F/Lt Basil Philip CLAPIN indique qu'il décolla avec ses coéquipiers à 06H00 pour une mission de bombardement près de Dreux. Après avoir bombardé l'objectif, les Mustang du 65 Squadron furent attaqués par 20 à 30 Fw-190 près de Dreux. Le F/Lt CLAPIN réussit à abattre l'un des assaillants. Dans le combat, le Mustang III FX944 fut endommagé et un retour à la base ne pouvait être envisagé. Le F/Lt Basil Philip Waterlaw CLAPIN tenta alors un atterrissage forcé qu'il réussit avec succès à 1Km au nord de Tilleul-Dame-Agnès (27), au Nord-Ouest de Conches. Il marchera jusqu'à Beaumont-le-Roger où il fut caché par un Français jusqu'au 29 Août, date de la libération de la ville. Il regagna la Grande-Bretagne, via Bayeux.
La capture du F/Sgt WILLIAMS Le F/Sgt Emrys Thomas WILLIAMS est lui aussi touché par les tirs des Fw-190. Dans des circonstances inconnues, il arrive à évacuer son Mustang III FX988 mais il est finalement capturé par les soldats allemands. Sa trace est retrouvée dans le Stalag Lutf 7 de Bankau, près de Kreuzburg.
La mort du Sgt SUMMER Le
Sgt SUMMER trouve la mort dans le
crash de son appareil et son corps est inhumé dans le
cimetière communal de Dreux. Un rapport allemand confirme qu'un Mustang s'écrase ce 24 Juin 1944 vers 07H30, à Beauche:
Le bombardement du terrain d’aviation de Châteaudun A 08H10, la base aérienne
allemande de Châteaudun est à nouveau la cible des bombardiers
lourds américains. 45 B-24 du 34th BG et du 487th BG, répartis en quatre vagues de 12 bombardiers ont pour mission de larguer 111 tonnes de bombes explosives. Cette formation est défendue par une importante escorte de chasseurs-bombardiers. Leur arrivée se fit par l’Ouest à
une altitude de 4.000/5.000 mètres d’altitude, les premiers
bombardiers balisent la cible en tirant des fusées puis le flot
de bombes est largué. Le bombardement dure cinq minutes
et l’objectif est atteint, les résultats du bombardement étant
même jugés très bons. La Luftwaffe déclare alors deux Ju-88 de
la Nachtjagd détruits au sol et deux autres endommagés. Curieusement, les habitants de
Châteaudun voient tomber dans leurs rues de nombreuses ailettes
en aluminium équipées de roulement à billes et tiges filetées :
Ces ailettes fixée initialement sur la bombe américaines
permettaient d’armer les bombes durant leur chute (et donc après
le largage), la force du vent les faisant tourner à l’envers
puis elles se désolidarisaient de la bombe, l’amorçant ainsi. Une attaque, sans doute des
chasseurs d’escortes, vise un pont dans la ville de Cloyes à
08h30. Un civile est tué. Le bombardement du terrain d’aviation de Chartres Le 24 Juin 1944, vers 08H30, le
camp d’aviation de Chartres subit également un intense
bombardement par des projectiles de petits calibres largués par
de nombreux bombardiers. Les dommages causés aux pistes
seraient relativement faibles, par contre, une vingtaine
d’appareils allemands auraient été détruits au sol par incendie,
du coté des hangars dits « parapluies ». La population civile locale
souffrit peu de cette attaque car seule une maison située au 73,
Rue du Bourg-Neuf fut détruite. Quelques autres maisons situées
Chemin de la Croix Jumelin subirent de légers dommages. Ce bombardement fut mené par 32
B-24 du 486th BG qui larguèrent 629 bombes explosives de 250
livres (soit 79,9 tonnes) à 22.000 pieds d’altitude. Aucune
perte et les résultats furent jugés bons. Les bombardiers ne
subissent pas de dommages majeurs. Toutefois, douze de ces B-24
subissent des dommages mineurs. 48 P-38 du 55th FG menés par le Col. CROWELL sont chargés d'escorter ces B-24. Le décollage à lieu à 06H48 et le rendez-vous avec les bombardiers se fait à Cabourg à 07H39. L'escorte se fit sans problème, en trois petits box. Lors du bombardement, le 55th FG attaqua également, revendiquant des locomotives détruites et des véhicules détruits ou endommagés. Le Lt Kenneth I. CRAWFORD (Flight
Vert position n° 2) et le Lt Clifford C. SHERMAN (Flight Jaune
position n°3) du 55th FG, 38th FS participèrent à ce
bombardement sur Chartres.
Le
55th FG qui rentra à sa base à 10H50 enregistra une perte lors
du retour de mission : le Lt George KORINEK du 338th FS (après
avoir revendiqué la destruction d’une locomotive et de 8
véhicules) est abattu par la Flak près d'Acquigny (Eure) vers
09H30 en mitraillant un Me-109 au sol. Son moteur droit prit feu
et il sauta en parachute à 300 pieds. Son P-38 n° de série
42-68083 s'écrase à Lenhamel au Nord Est d’Evreux et il est fait
prisonnier.
Le crash du B-24 du 93rd BG à Aunay-sous-Crécy Au matin du 24 Juin 1944, très
tôt, les B-24 du 93rd BG décollèrent de leur base (Hardwick) en
Angleterre pour une mission de bombardement. L'objectif initial
fut Melun mais la couverture nuageuse obligea la formation à
chercher des cibles secondaires, autrement dit le terrain
d’aviation de Dreux. La formation de bombardiers
traversa la Manche sans difficulté et prit ensuite à direction
de Dreux. Parmi les appareils du 328th BS, se trouva le B-24 J
(n° de série 42-100294 , pin up "Victory Bell") piloté
par le Capitaine ROGGENKAMP et transportant 10 hommes
d'équipage.
B-24 n°
42-100294 (NARA) Vers 08H40, la formation arriva à
proximité de Dreux à 21.000 pieds d'altitude et l'objectif était en vue. C'est alors que
la Flak locale s’activa formant un véritable barrage
anti-aérien au-dessus de Tréon. Les bombardiers ouvrirent leurs
soutes s'apprêtant à larguer leurs bombes quand tout d'un coup,
le B-24 du Capitaine ROGGENKAMP fut touché de plein fouet au
niveau des soutes encore remplies de bombes ainsi qu’au moteur
N°2 alors que son appareil vole alors à 6.500 mètres d’altitude. Trois aviateurs situés dans des
bombardiers de la même formation purent observer le terrible
accident: L'appareil prit feu et immédiatement, l'équipage
commença à larguer ses bombes pour libérer l'issue de secours et
tenter un éventuel atterrissage forcé, il perdit rapidement de
l'altitude quittant la formation puis tourna vers la droite. Le pilote et le co-pilote
restèrent aux commandes de leur appareil pour permettre à leur
camarade d'évacuer l'avion d'urgence et de sauter en parachute.
Selon le témoignage du Capitaine SCHILLING, le T/Sgt ARNOLD ne
trouvait pas son parachute lors de son évacuation de l’appareil. Le bombardier ne put aller plus
loin et explosa en plein air avec encore 4 hommes à l'intérieur.
Le bombardier B-24
n°42-100294 piloté par le
Capitaine ROGGENKAMP du 93rd BG, du 328th SB s'écrasa à
Aunay-sous-Crécy,
au Sud-Ouest de Dreux, avant de n'avoir
pu larguer ses bombes. 7 aviateurs eurent le temps de sauter en
parachute mais le denier (Lt John BOYLE) n'eut pas de chance car
des débris de l'explosion retombèrent sur son parachute et
l'enflammèrent. L'aviateur s'écrase au sol et trouve la mort. Le Bombardier du Capitaine
ROGGENKAMP transportait 10 hommes d'équipage dont voici les
noms:
En bas:
Walter BIES, Adam STACZEMSKI, Eugene MLOT, Lowell ARNOLD
(Collection Jean PIERRE)
Le B-24 avait une Pin-Up "Victory
Belle" (Droits
réservés)
Un
habitant de la région, M. STINAT, fut témoin de ce terrible
accident alors qu'il travaillait dans un champ avec trois
chevaux. Le temps était beau et un groupe de bombardier
américain passait à très haute altitude. Dans la formation, un
appareil était en feu, touchée par la DCA de la région puis tout
d'un coup, explosa ! Quatre parachutistes furent observés et des
débris de l'avion tombaient tout autour de lui. Les débris en
flammes tombèrent également sur le parachute du quatrième et
dernier parachutiste qui s'écrasa au sol, se tuant. M. STINAT
courut se mettre à l'abri dans une ferme toute proche. Après la
chute des derniers morceaux, il retourna constater les dégâts:
les chevaux n'avaient pas bougé mais un des quatre moteurs
étaient tombés à 50 mètres des animaux sur la bordure du champ.
Les Allemands ne tardèrent pas à arriver. Parmi les débris, les
habitants purent constater la pin-up du B-24, une femme peinte
allongée avec l'inscription "Victory Bell". Dans la carlingue, quatre corps
furent retrouvés, plus celui du parachutiste malchanceux. Les
Allemands voulurent les enterrer sur place mais les anciens du
village contestèrent et les corps furent finalement enterrés
dans le cimetière communal du lieu du crash le 25 Juin 1944.
Après la guerre, les corps furent relevés par les autorités
américaines. Comme l’indique le témoignage de
M. STINAT, les trois parachutistes observés dans le ciel de son
village disparurent. Mieux, M. STINAT n'observa pas tous les
parachutes car, en réalité, il y en eut 6. Deux d'entre eux
(ASHTON et STRACZEWSKI) furent capturés par les Allemands mais
les quatre autres purent s'évader. Walter Bies, sérieusement brûlé au
visage, saute à 7.000 m et n'ouvre son parachute qu'à 1.000 m.
Il atterrit dans un champ à proximité de Tréon où des villageois
vont à son encontre et l’aident à dissimuler son parachute et sa
Mae West. Il court ensuite se réfugier dans un bois où un
Français âgé lui apporte à manger. Une demi-heure plus tard,
l'homme réapparaît, accompagné de son co-équipier Burl Huitt
puis du Sgt Wright quatre heures plus tard. Vers 16 heures, ils reçoivent un
papier écrit de la main de leur navigateur Lt Morton R. Ashton
leur signalant qu'il se trouvait dans une maison à environ 250 m
de là. Huitt, Bies et Wright rejoignent Ashton dans ce qui est
en fait un vieux château. Leur navigateur, déjà en vêtements
civils, a une cheville cassée et ils sont emmenés dans les
dépendances où on leur donne à manger après avoir soigné leurs
blessures. On leur retire leur équipement, on prend leurs
mesures afin de leur procurer des effets civils et, au fur et à
mesure, des pièces de vêtements arrivent. Vers 18 heures, après
un léger repas, ils vont se coucher, et une heure plus tard
arrive leur opérateur-radio T/Sgt Adam J. Straczewski, également
brûlé, avec une cheville tordue et qui avait été caché dans une
ferme voisine. Au matin du 25 juin, Bies, Wright,
Huitt et Ashton sont donc tous habillés en civil lorsqu'arrive
le maire de Saint-Sauveur-Marville (M. Pedoux) qui leur annonce
que leur bombardier, le Capitaine Schilling se trouve dans une
maison voisine. Vers 13 heures, le maire revient accompagné de
quelques membres de la Résistance. Le lendemain suivant au matin, le
chef de la résistance locale arrive et leur dit de se préparer à
bouger vers 16 heures dans l'après-midi. Seuls quatre hommes
sont capables de marcher, Bies, Wright, Huitt et Schilling et
ils marchent jusqu'au centre de Saint-Sauveur où ils montent
dans une charrette à deux roues (une vachère à fourrage) tirée
par un cheval et conduite par le maire et un jeune résistant.
Après environ une heure, ils arrivent à une ferme où on les
place dans une étable avant d'y être rejoints vers 17 heures et
demie par un homme de petite taille qui a amené en voiture
Starczewski et leur navigateur Ashton. Starczewski et Asthon
furent ensuite séparés du groupe, ils reçurent des
couvertures et resteront loger là, en attendant d'être guidés
vers Paris, puis Le Mans pour y être soignés. Tous deux furent
arrêtés et envoyés en camps en Allemagne. Curieusement, les résistants
locaux crurent durant de nombreuses années que ces deux
aviateurs avaient été conduits au Sud de l’Eure où un avion de
mission vint les chercher pour les ramener en Angleterre 24
heures après leur chute. Malheureusement, il n’en fut rien. Les quatre autres (BIES,
SCHILLING, HUITT et le S/Sgt Norman WRIGHT) sont
alors menés en voiture par le petit homme à travers les
faubourgs de Chartres, passent par Châteaudun avant d'arriver à
une forêt au Sud-Ouest de Cloyes. Il s'agit du camp secret de
Bellande dans la Forêt de Fréteval où se trouvent déjà environ
35 aviateurs. Les aviateurs furent cachés
pendant environ 1 mois au camp de Bellande dans la Forêt de
Fréteval avant d'être transférés dans le 2e camp à Richeray.
C'est là qu'ils sont libérés le 13 août par des troupes
américaines puis transférés vers Le Mans le 14 dans des
véhicules du 818th Tank Destroyer Battalion. Le 15 Août 1944, Bies et Wright
sont transportés en camion du Mans vers la côte en direction de
Laval mais, près de Vitré, le camion fait une embardée et se
renverse. Les deux aviateurs sont blessés, BIES ayant une
clavicule cassée. Ils sont alors rapatriés par avion médical en
Angleterre le 16, et est soigné au 102nd General Hospital
jusqu'au 23 septembre. Il est interrogé le 1er octobre 1944 par
l'I.S.9 avant de regagner son unité puis les Etats-Unis.
Les cinq aviateurs qui trouvèrent
la mort pour la liberté de la France reposent désormais:
Le Capitaine Norman Albert
ROGGENKAMP naquit le 26 Mai 1923 et ses parents étaient
agriculteurs dans une ferme à Shively, dans le Kentucky, près de
Louisville. Norman fut un très bon élève, fut diplômé à l'école
de Miltown dans l'Indiana en 1941 puis s'engagea dans des études
d'ingénieur à l'Université de Louisville en Septembre 1941.
Suite à l'attaque de Pearl Harbor le 07 Décembre 1941, il
s'engagea dans l'armée dès Février 1942 où il obtint avec succès
son brevet de pilote dans l'US Air Force. Après un entraînement
approprié, il devint pilote de B-24 dans la 8ème Air Force et un
poste lui fut offert dans le 93rd Bomber Group, 328th Bomber
Squadron. Avant de quitter les Etats-Unis
pour venir en Angleterre, il se maria avec sa fiancée, Virginia
BEZY. De cette union, naquit une petite fille, Nancy qui n'eut
jamais la chance de connaître son père. Après l'explosion de son
appareil, son corps fut retrouvé dans l'appareil et il fut
enterré dans le cimetière communal. Mort à l'âge de 22 ans, Norman
ROGGENKAMP repose désormais dans un petit cimetière aux USA,
dans la commune où il se maria...
Grâce à l'Association Forced
Landing, le trace du frère du pilote fut retrouvée et Milton W.
ROGGENKAMP put se rendre en France pour se recueillir sur les
lieux de l'accident survenu le 24 Juin 1944.
Le frère
du Capt Norman ROGGENKAMP, Milton ROGGENKAMP et Mr Morton R.
ASHTON, navigateur de cet équipage
Le frère
du Capt Norman ROGGENKAMP, Milton ROGGENKAMP et Mr PIERRE,
président de l'Association Forced Landing, en recueillement sur
les lieux du crash du B-24.
Ce 24 Juin 1944, à 08H40, les
autres bombardiers de la formation (8 B-24 du 93rd BG)
exécutèrent leur mission et bombardèrent le terrain d’aviation
de Dreux (19 tonnes de bombes explosives). Des bombardements en série Le début de soirée du 24 Juin 1944
sera marqué par de nombreux bombardements. A 19H25, Chartres
est bombardé par six chasseurs-bombardiers qui attaquent à basse
altitude le viaduc de la voie ferrée de Gallardon et le pont de
Lèves. 12 bombes de 500 livres sont ainsi larguées (une demeure
non éclatée). On dénombre un civil tué, 8 blessés, un immeuble
détruit, deux endommagés et cinq inhabitables. A 19H30, la ville de Courville est
également bombardée par 4 chasseurs-bombardiers qui venaient de
la direction du Mans. L’objectif est le croisement de la RN23,
la Rue d’Huis et le pont sur l’Eure. Deux habitations (soit 6
habitants) sont sinistrées. A 19H35, le terrain
d’aviation de Châteaudun est visité par les P-51 du 363rd
FG qui larguent leurs bombes en piqué. Le temps est beau et la
visibilité est illimitée. Toutefois, un des appareils est
atteint par le souffle d’une des bombes. Le P-51
B-10 n°42-106729 du 2nd Lt
Paul Franklin CLARK (matr. 0-810473) du
363rd FG, 381st FS
tenta de reprendre de l'altitude et réussit à remonter jusqu'à
5.000 pieds pour tenter de regagner la zone libérée en
Normandie. Malgré tout, la 15ème mission
opérationnelle de ce pilote l’obligea à procéder à l'évacuation
rapide de son appareil et sauta en parachute à 15 miles au Nord
Ouest de Châteaudun. L’appareil s’écrasa et explosa. Le
parachute du pilote fut aperçu ouvert par ses camarades et ils
virent ensuite le Lt CLARK en train de courir vers une ferme
dans la région de Chassant. Il
fut immédiatement pris en charge par des français qui
enterrèrent son parachute pour le cacher. Il resta 10 jours chez
les BACCHI avant d’être caché au camp de Fréteval. Le 18 août 1944, il put regagner
l’Angleterre.
Paul Franklin
Clark, chez Monsieur et Madame Bacchi (photo C Bacchi) A 19h45, la ville de
Courville est bombardée à sa sortie, causant 4 blessés. LA PERTE D’UN PERTE D’UN P-47
DU 373rd FG A 21H30, le terrain d’aviation de
Châteaudun est à nouveau la cible des chasseurs-bombardiers qui
perdront à nouveau un des leurs. En effet, les P-47 du 373rd FG,
410th FS sont chargés de bombarder Châteaudun lors d'une mission
de type "Dive-Bombing". Le
P-47D
21 RA Nr 43-25573
piloté par le 2nd Lt William
R. EICHELBERGER (matr. 0-706372) du 373rd FG,
410th FS est abattu à 21H32 en combat aérien au
Nord de
Bailleau-le-Pin. Ses camarades (au nombre de 4) aperçoivent un
parachute.
Carte du lieu du
crash décrit par Oscar W. WYLIE Voici le témoignage du Lt Oscar W.
WYLIE: "Je volai en couverture dans le Flight Green en
position 2 à 15.000 pieds, l'un à coté de l'autre au-dessus de
la ville de Bailleau, le 24 Juin 1944, quand nous fûmes attaqués
par trois Fw-190 peint en gris sombre, caché dans le soleil à
15/20 degrés, en position 4 o'clock. Nous avons tourné à gauche
et les avons pris en chasse. Mon leader ouvrit le feu mais je ne
vis pas de tirs. Nous avons tourné en cercle en attendant le
Green 6 et 4 qui avait commencé à être séparés de nous. Je vis
le green 4 en flammes, puis le pilote sauter en parachute et le
parachute s'ouvrir. Je le vis descendre jusqu'à 12.000 pieds
au-dessus de la ville de Bailleau. Je ne pus l'observer
longtemps car autres appareils ennemis étaient dans les
environs". Il ne fait nul doute que cette
attaque de l’ennemi était le fruit des appareils du I./JG26 et
du II./JG26 : - Le Lt Kemethmüller, Staffelführer de la
4./JG26 revendique une victoire sur un P-47 à 21H37 au Sud de
Dreux. - Les Lt HOFMAN et VOGT de la 8./JG26
revendiquèrent pour leur part une victoire chacun sur des P-47 à
21H30 à l’Ouest de Dreux Bien entendu, ce tableau de chasse
est erroné, une seule perte ayant été enregistrée dans les rangs
du 373rd FG.
Lt HOFMAN
Lt VOGT Il s’agissait de la 12ème
mission du 2nd Lt William R. EICHELBERGER. Il fut gravement
brûlé aux mains, visage et à la jambe droite lors de l’attaque
mais il réussit tout de même à sauter en parachute vers 14.000
pieds d’altitude. Il situe le lieu du crash à environ 25 miles
au Nord de Chartres ( ???). Sain et sauf, il courut jusqu’à une
route où il rencontra des enfants. Il demanda des vêtements
civils à une jeune fille qui lui suggéra d’attendre en se
cachant dans un petit bois en bordure de la route. Un soldat
allemand arriva près du bois et l’aviateur américain se rendit
immédiatement en raison de ses brûlures importantes aux mains.
Le soldat allemand était effrayé d’utiliser son pistolet et
l’emmena dans le village où un véhicule allemand le prit en
charge pour l’emmener à l’hôpital dans une ville située à 30
miles du lieu du crash. Après avoir été soigné, il fut emmené
dans un camp-prison à Chartres où il fut interrogé et reçut de
nouveau des soins médicaux par un docteur français. Deux jours
après, il fut emmené dans un dispensaire et, quatre jours après,
il fut emmené avec d’autres prisonniers blessés à Orléans dans
un vieux couvent, situé sous un hôpital. Il y resta jusqu’au 16
Août, avec les soins d’un docteur français jusqu’à la libération
de la ville par les FFI. Les résistants français l’emmenèrent à
l’hôpital mais l’aviateur alla à l’encontre les troupes
américaines puis il fut pris en charge à l’hôpital du Mans
pendant trois jours, puis fit son retour dans son Fighter Group
avant de rejoindre le quartier général à Laval puis la Grande
Bretagne le 31 Août 1944. LE
BOMBARDEMENT DE LA GARE DE LA LOUPE La journée du 24 Juin 1944 se
terminera par un dernier bombardement de la gare de La Loupe à
22H00. Seize chasseurs-bombardiers bombardent successivement à
basse altitude avec des 32 bombes de 25 à 50 Kg. Quatre
immeubles sont détruits. ![]() Retour haut de page
Dernière mise à jour:
28/10/2024 |
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